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lundi 5 novembre 2018

La trilogie de l'arbre kauri de Sarah Lark




Après Les rives de la terre lointaine, volume 1 de la trilogie du kauri, la deuxième saga néo-zélandaise de Sarah Lark se poursuit avec toujours un peu les mêmes ficelles : des familles dont on suit les générations qui se croisent et se mèlent, une énorme dose de romantisme, des éléments historiques détaillés "in vivo" afin de découvrir quelques événements clés qui ont façonné la Nouvelle-Zélande.

Dans l'ombre de l'arbre Kauri/The kauri tree, il est ainsi question de la lutte des suffragettes qui se sont battues pour obtenir le droit de vote sachant qu'en la matière, le pays fut véritablement pionnier en accordant ce droit aux femmes (et aux maoris) dès 1893. Les motivations et les circonvolutions complexes liées à ce progrès sont bien abordées dans le livre, notamment la question de la "tempérance" et des mouvements religieux. Le volet maori est un autre grand sujet bien développé dans ce deuxième volume avec notamment l'expérience unique du village de Parihaka dans la région de Taranaki. Son guide sprirituel, Te Whiti o Rongomai, est parfois qualifié de "Gandhi" avant l'heure pour son approche pacifiste visant à contrer les blancs trop avides de récupérer les terres maories. On découvre également des éléments sur la côte ouest de l'île du sud avec ses mines de charbons ou sur les début des courses de chevaux, les paris et entourloupes qui les entourent.  
        
Avec les larmes de la déesse maorie / Flight of a Maori goddess, on poursuit la saga familiale et historique au tout début du XXème siècle. Une partie de la nouvelle génération va se porter volontaire pour renforcer les troupes qui partent combattre en Afrique du Sud dans la terrible guerre menée contre les Boers. On sort du territoire de la Nouvelle-Zélande mais cet épisode marque le début de ses engagements militaires avec ses premiers traumatismes. Il est également question d'un exploit aérien non enregistré officiellement mais qui aurait précédé celui des frères Wright ... 

Des livres faciles à lire, romantiques parfois à l'excès avec des destins de femmes malmenées mais réslientes. Des romans surtout très bien documentés ce qui en fait, pour moi, tout l'intérêt : une très bonne introduction au pays.

Nota : les deux sagas, celle du Pays du long nuage blanc et celle du kauri sont très complémentaires dans la mesure où elles creusent des aspects historiques différents (avec en guise de clin d'oeil quelques références à la première dans la deuxième). 

Voir aussi :
LIVRES - Les rives de la terre lointaine / Toward the sea of freedom de Sarah Lark (Saga du kauri)
LIVRES - Saga "Le pays du nuage blanc" - Sarah Lark


mercredi 27 juin 2018

Les chutes d'Okere - Rotorua (6)

C'est à proximité de la rive nord du lac de Rotorua qu'on trouve les chutes d'Okere longées par un sentier d'un peu plus d'un kilomètre (Okere Falls Track), un objectif d'excursion facile et sympa que l'on peut facilement combiner avec la visite des sources d'Hamurana. Okere Falls Track dispose de deux parkings, en amont et en aval du parcours, de toilettes, de plusieurs points de vues pour observer les chutes qui s'étagent à quatre endroits différents sur le cours inférieur de la rivière Kaituna avant qu'elle se jette dans le lac Rotoili. Le chemin est en grande partie ombragé, en forêt, et agrémenté de panneaux informatifs sur les éléments naturels et historiques de l'endroit.  

Photo de Tutea Falls Okere Falls Track Rotorua Nouvelle-Zélande
Tutea Falls en fin de journée - Okere Falls Track   ©DM
Pour la lumière et les photos, la fin de journée n'était pas le meilleur moment pour la visite (pour ça, il vaut sans doute mieux privilégier le milieu de journée quand le soleil est haut) mais nous avons fait "avec" sans que cela gâche véritablement le spectacle. Nous avons effectué la marche en remontant le cours de la rivière, en commençant par le point de vue sur la chute d'Okere surplombant les ruines de la quatrième centrale électrique construite en Nouvelle-Zélande qui exploitait la force du courant à cet endroit.

Photo des chutes d'Okere et de l'ancienne centrale électrique Rotorua Nouvelle-Zélande
Okere Falls en fin de journée - Chute du bas, site de l'ancienne centrale électrique  ©DM

Les travaux de la centrale débutèrent en 1899 et la mise en production en 1901; la demande dépassant rapidement l'offre, il fallut construire un barrage complémentaire en 1907-08 pour ajouter une turbine de 100 kW. Rapidement obsolète, la centrale fut décommissionnée à la fin des années 1930. Dans le cadre de la préservation de l'héritage historique du site, l'une des turbines fut remontée en 1955 pour être traitée et exposée au bord du chemin où elle s'exhibe toujours.

Photo de la turbine de l'ancienne centrale d'Okere Falls Rotorua Nouvelle-Zélande
Turbine "historique" de la centrale d'Okere Falls   ©SM
Un peu plus haut, un crochet permet de descendre jusqu'à la chute de Tutea* et d'emprunter les escaliers d'Hinemoa* (Hinemoa's steps) sculptés dans la roche pour descendre jusqu'aux grottes situées en contrebas de la chute. Elles auraient servi de refuge aux femmes et enfants en temps de guerre, un endroit alors protégé et difficilement accessible nécessitant des cordes pour aller s'y cacher. La plateforme de bois qui surplombe la chute de Tutea est un bon point d'observation pour voir et photographier les kayaks et les rafts en recherche de sensations qui la saute avec certainement une bonne montée d'adrénaline au passage. 

Photos des escaliers d'Hinemoa Tutea Falls Rotorua Nouvelle-Zélande
Hinemoa's Steps / Tutea Falls  ©SM
La partie amont est constituée d'autres cascades un peu cachées au milieu de la végétation et de Trout Pool, une pièce d'eau tranquille précédant le goulet d'étranglement formé par le canyon où dévale ensuite la rivière qui forme alors un trait d'union bouillonnant et sautillant entre ce réservoir et le lac Rotoili.

Photos des chutes sur la partie supérieure d'Okere Falls Track Rotorua Nouvelle-Zélande
Chutes sur la partie amont de Okere Falls Track   ©DM
Une demi-heure grand maximum dans chaque sens, une marche facile avec un peu de dénivelé mais sans grande difficulté, adaptée à toutes les conditions. La zone publique toujours ouverte est sous la tutelle du Department of Conservation et ses chutes justifient la balade alors il ne faut pas hésiter à s'y arrêter sachant que les plus aventureux pourront toujours y passer un peu plus de temps pour les chevaucher avec le choix de plusieurs sociétés proposant la descente en rafting, attention, ça secoue !

Photo ed raft sur la rivière Kaituna Okere Falls Rotorua Nouvelle-Zélande
Raft - Mise en condition dès la mise à l'eau sur la Kaituna ©DM
Nota :
*Hinemona était le nom d'une femme maorie; Tutea, celui d'un ancien chef.

Photo du panneau d'information Okere Falls Track Rotorua Nouvelle-Zélande
Panneau d'information et carte - Okere Falls Track  ©DM
Plus d'infos :
Okere Falls track - Department of Conservation ICI

jeudi 24 mai 2018

LIVRES - Les rives de la terre lointaine / Toward the sea of freedom de Sarah Lark (Saga du kauri)


Au début du XIXème siècle, les conditions de vie sont difficiles en Irlande. Kathleen et Michael sont jeunes et amoureux et rêvent d'une vie meilleure mais le jeune homme qui cherche à financer leur immigration vers l'amérique est arrêté pour un vol de sacs de grains utilisés pour produire du whisky de contrebande, condamné et envoyé purger sa peine à l'autre bout de la terre, sur l'île de Van Damien (Tasmanie / Australie). Michael a promis de revenir mais la jeune femme, enceinte, se retrouve mariée à Ian Coltrane, un marchand de chevaux fourbe qui l'emmène vers la Nouvelle-Zélande où il lui fait payer le prix du nom qu'il donne au fils de Kathleen. Entre Tasmanie et Nouvelle-Zélande on va alors suivre le destin romanesque et aventureux de ces personnages qui passent par différents lieux marquant l'histoire de la région : la colonie pénitentiaire de Van Damien, la colonie de Christchurch, la station baleinière de Kaikoura, l'établissement de Dunedin dans l'Otago avant et après la ruée vers l'or, les relations avec les Maoris, etc.     

Après le succès de la saga du Pays du nuage blanc, Sarah Lark remet le couvert avec une nouvelle saga néo-zélandaise, celle du "kauri" (arbre emblématique de Nouvelle-Zélande) dont Les Rives de la Terre lointaine / Toward the sea of Freedom est le premier volume. Ses héroïnes ont le beau rôle même si elles subissent encore une fois les abus des hommes avant de révéler des capacités de résilience et d'adaptation extraordinaires leur permettant de rebondir et de tracer leur chemin dans un pays où tout est à faire. Une trame romanesque qu'on appreciera, ou pas, mais qui sert de mise en scène dans un décor et un contexte historique soigneusement documentés (et décortiqués dans la postface) sur la Nouvelle-Zélande, tout l'intérêt de cette lecture facile et divertissante.

Titre anglais : Toward the sea of Freedom
Titre français : Les rives de la terre lointaine
Premier volume de la saga du Kauri
Auteur : Sarah Lark (Christiane Gohl)
Première édition : 2010

Saga du Kauri :
Volume 2 : À l'ombre de l'Arbre Kauri / Beneath the kauri tree
Volume 3 : Les larmes de la déesse maorie (à paraitre 06/2018) 

jeudi 10 mai 2018

Rainbow Mountain - La montagne arc-en-ciel - Rotorua (5)

Rainbow Mountain (la montagne arc-en-ciel) / Maungakakaramea ("Montagne à la terre colorée" en maori) est située au bord de la route SH5, à 26 kilomètres au sud-est de Rotorua, entre la vallée de Waimangu et Wai-o-Tapu. Le parking est facile à trouver quand on vient de Rotorua puisqu'il est au bord de la nationale à hauteur du lac de Ngahewa, à gauche juste après l'embranchement de la SH38.

Photo de Rainbow Mountain Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain est ses parois colorées qui lui donnent son nom  ©SM
D'origine volcanique, la montagne doit son nom aux couleurs de ses parois striées de blanc et de rouge/orange. Elle reste une zone géothermale active même si les phénomènes y sont de plus en plus atténués et que la nature en profite pour reprendre ses droits. C'est une zone au statut de Scenic Reserve supervisée par le Department of Conservation, protégée pour ses particularités botaniques et scientifiques et ses associations de plantes rares et complexes spécifiques aux zones thermales. La montagne est également attachée à l'héritage culturel de deux tribus maories de la région. Tous ces aspects sont bien documentés sur place par des panneaux explicatifs complétés par une bonne signalisation des sentiers offrant différentes options aux marcheurs / randonneurs et/ou aux VTT*.  

Photo d'un panneau explicatif sur les plantes Rainbow Mountain Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain / Maungakakaramea - Panneau explicatif sur les plantes   ©SM
Quand on ne dispose pas de beaucoup de temps, on peut se contenter d'un aller-retour jusqu'à Crater Lakes, une marche facile d'un kilomètre à partir du parking et d'une quinzaine de minutes grand maximum dans chaque sens. On arrive jusqu'à un belvédère de bois aménagé au dessus de deux lacs aux couleurs bleues azur et blanches dont l'origine volcanique ne fait pas de doute et on profite d'une bonne vue au pied de la montagne et de ses parois colorées, un tableau qui vaut bien ce modeste effort.  

Photo de Crater Lakes Rainbow Mountain Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - Crater Lakes   ©SM
Si on aime marcher et qu'on a plus de temps, on peut attaquer ensuite le sentier de Summit Track pour monter jusqu'au sommet de la montagne; il faut alors ajouter 2,5 kilomètres au chemin déjà parcouru et un temps de marche annoncé à 1 heure 30 dans chaque sens, largement surrévalué comme toujours (on n'a pas regardé à la montée mais nous avons mis 50 minutes pour descendre du sommet au parking, et nous ne sommes pas des cabris !). Le sentier est globalement bien balisé et tracé, plus dégradé et abrupt vers le sommet (attention, ça doit glisser par temps humide) ; il traverse des espaces de verdure de plusieurs types, dégage de beaux points de vues et laisse parfois entrevoir quelques fumerolles.
Une fois le sommet atteint, l'ultime récompense, c'est évidemment la vue à 360º avec, en direction de Rotorua, la route qui serpente à travers les collines vertes ...

Photo de vue vers Rotorua Rainbow Mountain Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - La SH5 serpente en direction de Rotorua avec le Mont Tarawera sur la gauche  ©SM

... les lacs et la vallée de Waimangu quand on dévie le regard vers l'est ...

Photo de vue de Rainbow Mountain vers les lacs de Rotorua et la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - Vue vers les lacs de Rotorua avec la vallée de Waimangu qui descend jusqu'au lac Rotomahana
... alors que vers l'ouest, c'est Wai-o-Tapu qu'on aperçoit. 

Photo de vue de Rainbow Mountain vers wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - Vers Wai-o-Tapu à l'extrémité de la forêt
Vers le sud, d'autres sommets, ceux des pics volcaniques du Tongariro qui complètent le panorama.

Espace de nature ouvert à tous, sans droit de passage, pas trop fréquenté, Rainbow Mountain est l'une des nombreuses et agréables balades de Rotorua que les touristes de passage n'ont souvent pas le temps de découvrir - c'est dommage - dans une région qui ne peut finalement réellement s'apprécier qu'en y consacrant suffisamment de temps.

Nota :
* Pour les amateurs, piste VTT aménagée dans le parc (Te Ara Ahi) + une piste cyclable est aménagée au bord de la route depuis Rotoroa jusqu'au parc.
- Pour ceux qui sont intéressés, nous recommandons de passer à l'office de tourisme de Rotorua pour se procurer la dernière édition de la brochure "Walking and Hiking in Rotorua/Bay of Plenty" éditée par le Department of Conservation, un document utile qui recense et propose une trentaine de marches et randonnées autour de Rotorua et ses lacs, presque toutes gratuites (voir lien pour la version pdf).

À voir/faire dans les environs de Rainbow Mountain :
Wai-o-Tapu
La vallée de Waimangu
Kerosene Creek
Waikite Valley Thermal Pools

Plus d'infos :
Rainbow Mountain Summit Track - Department of Conservation ICI
Rainbow Mountain Crater Lake Walk - Department of Conservation ICI
Brochure Walking and Hiking in Rotorua / Bay of Plenty - Department of Conservation ICI

vendredi 20 avril 2018

Le village de Tirau - Capitale de l'art de la tôle ondulée

Tirau (anciennement Oxford) est un village situé à l'embranchement de deux nationales importantes, la route 1 qui traverse tout le pays*, du Cap Reinga à la pointe nord du Northland jusqu'à Wellington pour l'île du Nord et la route 5 qui part vers l'est jusqu'à Napier en passant par Rotorua et Taupo. En dehors de cette position particulière sur l'axe routier, ce village rural du Waikato était un lieu de passage sans aucun atout notable avant qu'il ne devienne la capitale de l'art de la tôle ondulée et une étape où s'arrêtent désormais beaucoup d'automobilistes, le temps d'une pause pour faire quelques clichés et parcourir la grande rue en musardant dans les boutiques et les cafés.

Amusant, le "School bus" signalant l'école primaire de Tirau ©SM
Tout a commencé en 1994 avec l'arrivée de Nancy et John Drake. Tous deux enseignants, ils s'étaient découvert au cours de leur carrière une passion pour la laine, du mouton à la tonte, du filage au tricot. La popularité des réalisations de Nancy dépassant largement le cadre familial et la retraite approchant, le couple souhaita se reconvertir et chercha un endroit pour ouvrir une boutique / salle d'exposition (Wool Gallery) dans l'île du Nord. Après bien des recherches, ils finirent par atterrir à Tirau où il achetèrent un grand terrain central, au bord de la route. John voulait pour sa femme une boutique qui attire l'oeil pour que les gens s'arrêtent. C'est ainsi qu'après plusieurs essais infructueux avec divers matériaux, il en vint à concevoir la première réalisation 3D en tôle ondulée de la ville constituée d'un long hangar au bout duquel il accola une tête de mouton géante en guise d'enseigne (pas de règlementation en la matière, il faut juste que ça ne tombe pas !). Nancy avait déjà ouvert sa boutique qui vivotait à peine mais une fois la vision de John réalisée et sans jamais faire d'autre publicité, le succès fut immédiat : non seulement les automobilistes s'arrêtaient mais en plus, la curiosité aidant, ils venaient voir d'un peu plus près, entraient et achetaient, le chiffre d'affaires décolla !

Photo du mouton et du bélier de Tirau Waikato Nouvelle-Zélande
Le mouton, la première réalisation de Tirau pour la boutique de laine. Le bélier est une réalisation plus récente  ©DM

Fort de son succès, John fit alors la promotion de la tôle dans le village mais la collectivité locale se montra d'abord frileuse, préférant revitaliser ses activités au travers de magasins d'antiquités, comme à Paeroa, pas si original. Il eût sa revanche lorsque la communauté le sollicita pour utiliser une partie de son terrain afin d'y installer des toilettes publiques. Il donna son accord à condition que le projet soit réalisé dans une continuité de style par rapport à ce qu'il avait lancé, il avait l'idée d'un chien. La conception du bâtiment qui devait être construit par des bénévoles commença sous la direction d'Henry Clothier, le propriétaire d'une boutique d'antiquité. Chacun avait un avis et voulait avoir son mot à dire mais Henry Clothier força la main de son fils Steven, un ingénieur, pour qu'il apporte son aide et s'assure de la solidité de la structure. Une fois embarqué, celui-ci s'investit totalement, modifiant le projet initial proposé par John qu'il remplaça progressivement par un chien de berger plus sophistiqué, terminé et dévoilé en 1998. 

Photo du chien de Tirau Waikato Nouvelle-Zélande
Le chien de Tirau, local des toilettes publiques et de l'office du tourisme  ©DM
Photo du chien du mouton et du bélier de Tirau Nouvelle-Zélande
Au bord de la nationale, le chien, le mouton et le bélier - Landmarks de Tirau  ©SM
Le mouton et le chien de Tirau devinrent immédiatemment des landmarks et des icones nationales reprises dans la presse, entrainant de nouvelles commandes qui n'ont jamais cessées depuis et une activité que Steven Clothier n'avait sans doute pas imaginée ni anticipée mais à laquelle il se dédie au sein de l'entreprise qu'il a créée, Corrugated Creations (Créations en tôle ondulée).
Aujourd'hui, la tôle est l'ADN du village de Tirau qui s'est d'ailleurs autoproclamé "Capitale Mondiale de la tôle ondulée" avec ses enseignes qui sont comme une galerie à ciel ouvert. Une réussite qui dépasse les frontières du village et même du pays puisque ces oeuvres, des modèles uniques, s'exportent.

Photo du panneau en tôle de l'école primaire de Tirau Nouvelle-Zélande
Panneau de l'école primaire avec le ti (cabbage Tree), l'arbre symbole du village de Tirau  ©SM
Inventée en Angleterre dans les années 1820 et longtemps utilisée dans les colonies comme matériaux bon marché pour faire des toits ou des réservoirs, la tôle ondulée a ainsi trouvé à Tirau une nouvelle jeunesse et de nouveaux débouchés. Ses qualités de légéreté, de souplesse et de résistance laissent une grande liberté d'utilisation pour toutes sortes de réalisations qui, à l'inverse d'une sculpture, doivent être réalisées de l'intérieur vers l'extérieur avec une bonne dose de technicité et d'ingénierie pour assurer équilibre et solidité. Corrugated Creation propose une large variété de réalisations uniques : des enseignes ...

Photo d'enseigne d'un café avec des pukeko en tôle Tirau Nouvelle-Zélande
Enseigne d'un café de Tirau avec des pukekos en tôle  ©SM
Devant la jardinerie de Tirau
Un café - boutique de Tirau
... des modèles de boîtes aux lettres  ...

Photo d'une boîte aux lettres en tôle Nouvelle-Zélande
Sur la route (au nord d'Auckland) - Boîte aux lettres en tôle  ©SM
... des réalisations en 3D ...

Photo de berger devant l'église de Tirau sur la rue principale Nouvelle-Zélande
Berger devant l'église de la rue principale de Tirau   ©SM
Chien dans la cours de l'école de Tirau  ©SM
... des animaux, des personnages, des plantes, des véhicules, etc.
Dans le village de Tirau, outre les enseignes multiples, les bâtiments du chien et du mouton ont été complétés d'un troisième hangar en forme de bélier, d'un berger et plus récemment, d'un autre local assez amusant de toilettes publiques qu'il faut aller chercher dans une rue perpendiculaire à l'axe routier principal :

Photo des toilettes de Tirau Waikato Nouvelle-Zélande
Toilettes de Tirau ©DM

À mi-étape entre Auckland et Rotorua, l'arrêt à Tirau est amusant et ne demande pas énormément de temps sauf si on traine dans les cafés et les boutiques parfois assez tentantes. On peut y commencer une collection de photos sur le thème de l'art de la tôle et l'enrichir ensuite en sillonnant le pays où ce type de réalisation fait figure de kiwiana*.

Et pour conclure la petite histoire : le magasin de laine existe toujours mais il est tenu par Sally, la fille de John et Nancy à qui ils ont passé la main. John rêvait d'ajouter un cochon à sa collection de bâtiments, pas sûr que cela se réalise un jour, il semble que ce soit le bélier qui lui a été préféré ...

À voir :
Vidéo youtube expliquant la réalisation d'une enseigne par Corrugated Creation (Anglais - 8'15) :


Nota :
* La route 1 traverse non seulement l'île du Nord mais aussi toute l'île du Sud, de Picton à Invercargill / Bluff.
* Les kiwianas sont les objets typiquement néo-zélandais. Dans le village d'Otohoranga qui se considère comme la "Capitale des Kiwianas", on peut voir deux grands et célèbres kiwis réalisés en tôle, à Tirau, par Corrugated Creations.

Un des kiwis en tôle d'Otohoranga, "capitale des kiwianas" - Source : Wikipedia Common
Voir aussi :
Paeroa - Village d'antiquaires
Katikati - Capitale de peinture murale en Nouvelle-Zélande

Plus d'infos :
Corrugated Creations ICI
Corrugated Creations Gallery ICI
Tirau's Tin Sheep turns ten - NZ Geographic Nov-Dec 2004 ICI
Tirau - South Waikato District Council ICI

vendredi 13 avril 2018

La vallée de Waimangu - Plus jeune sytème géothermal au monde - Rotorua (4)

Né le 10 juin 1886 à la suite de la dernière éruption du Mont Tarawera, le système géothermal de la vallée de Waimangu est considéré comme "le plus jeune au monde". C'est aussi le seul dont la création pleine et entière soit le résultat direct d'une éruption volcanique, un lieu de recherche et d'observation unique depuis 130 ans alors qu'un nouvel écosystème s'y est progressivement développé. Une vallée qui a aujourd'hui le double statut de Scenic Reserve (parc protégé) et de Wildlife Refuge (refuge pour la vie sauvage).

Photo de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
L'entrée de la vallée de Waimangu aujourd'hui (2017)

Au moment de l'explosion du Mt Tarawera de 1886, ce secteur de Rotorua fut entièrement détruit et remodelé alors qu'une crevasse de 17 kilomètres fissurait le mont Tarawera en deux. Le lac de Rotomahana explosa, multiplia sa taille par vingt en entrainant la destruction des célèbres terrasses roses et blanches englouties sous ses eaux.

Charles Blomfield - L'éruption du Mont Tarawera
Charles Blomfield - Les terraces blanches de Rotorua
Charles Blomfield - Les terraces roses de Rotorua
La vallée est constituée de sept cratères autour desquels, dans les quinze ans qui suivirent l'éruption, se sont développées les sources chaudes du système géothermique de Waimangu. Dans ces paysages ravagés, il fallu une trentaine d'années pour que les plantes refassent leur apparition et depuis, la nature s'est totalement regénérée, flore et faune y prospérent à nouveau si bien qu'il est difficile aujourd'hui d'imaginer la dévastation qui a pu régner à cet endroit ... alors pour aider un peu l'imagination, des fresques peintes à l'entrée du centre d'accueil en proposent une représentation, en contraste le plus complet avec la végétation qui dépasse de tous côtés !

Photo de fresque de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Une représentation de la vallée de Waimangu, renivelée et sans vie après les éruptions de 1886
Côté géothermique, le système reste lui aussi bien vivant et actif. Ainsi 1900 fut marqué par l'apparition du geyser de Waimangu, le plus grand jamais enregistré. Son explosion formait un jet brulant et puissant, expulsant vapeur et roches sur une hauteur de 450 mètres, un phénomène qui dura quatre ans, jusqu'en novembre 1904. Plus tard, en 1917, une série d'explosions massives amenèrent la formation du Frying Pan Lake (lac de la poêle à frire), la plus grande source d'eau chaude au monde.
    
Photo de Frying Pan Lake dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Dans Echo Crater, Frying Pan Lake (lac de la poèle à frire) est la plus grande source chaude au monde   ©DM
Waimangu est beaucoup moins fréquenté que Wai-o-Tapu et les visiteurs ont plusieurs options de découvertes avec un sentier plus ou moins long, avec ou sans croisière sur le lac Rotomahana et une navette de bus gratuite avec trois points d'arrêt dans le parc. Gérés par Waimangu Volcanic Valley Ltd, une société privée, en contrat avec le gouvernement néo-zélandais, le parking et le centre d'accueil sont situés tout en haut de la vallée d'où partent la route et le chemin de découverte, en descente jusqu'au lac en contrebas.

Photo de la route de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
La route intérieure de la vallée de Waimangu pour la navette de bus ...   ©DM
Photo du chemin de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
... ou le chemin des randonneurs !  ©DM
Le jour de notre visite, une partie du sentier était totalement impraticable dans le bas du parc, endommagée par des pluies torrentielles des jours précédents si bien que nous avons dû nous limiter aux chemins de la partie haute où sont concentrés, heureusement pour nous, les phénomènes géothermiques les plus spectaculaires. Nous avons  ensuite pu enchaîner par une descente en bus jusqu'au lac où nous avions choisi de profiter de l'extension croisière.  
Le lac de Southern Crater (le cratère Sud) est le premier que l'on aperçoit dans la descente en offrant une image plutôt calme et bucolique malgré quelques glissements de terrain récents, visibles sur ses flancs et apportant une décoloration passagère à ses eaux.

Photo de Southern Crater vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Waimangu - Le lac de Southern Crater  ©DM
On rejoint ensuite Echo Crater (le cratère de l'écho), et son lac bouillant, les plus grandes sources chaudes au monde que l'on domine avant d'en suivre la rive, impressionnantes ! ... et aucune envie d'aller y tremper les doigts !

Photo de Frying Pan Lake dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Echo Crater / Frying Pan Lake  ©DM
On se rapproche alors de la falaise dominant ces eaux fumantes, Cathedral Rocks d'où s'échappent des fumerolles qui apportent leur touche infernale, histoire de ne pas être en reste !

Photo de Cathedral Rocks la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Cathedral Rocks enveloppés de fumerolles   ©DM
De là, une échappée permet de rejoindre Inferno Crater (le cratère infernal), plus petit et rempli d'une eau turquoise ; c'est en fait le plus grand geyser du monde même si le phénomène n'est désormais plus visible, caché au fond du lac, perceptible par quelques fumerolles seulement, s'échapant des parois alentour. Il ne faut d'ailleurs pas se fier à l'apparente tranquillité et à la beauté de l'eau dont la température varie de 35 à 80ºC avec un pH d'acidité à 2,2. En suivant un cycle complexe d'environ 38 jours, ce lac connait des variations de niveau de +/- 12 mètres, jusqu'au débordement dont la hauteur est indiquée par les parois blanches de dépôt de silice donnant à l'eau sa couleur si particulière, elle aussi variable en fonction de l'ensoleillement.

Photo de Inferno Crater dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Inferno Crater et ses eaux fumantes bleues turquoise
Nous n'avons pas pu avoir accès aux quatre autres cratères Raupo Pond Crater (le cratère du bassin de Raupo), Fairy Crater (le cratère des fées) et Black Crater (le cratère noir) situés derrière Inferno Crater mais nous avons suivi le ruisseau brûlant (hot stream) dont le cours fumant est marqué de nombreux phénomènes géothermiques ...

Photo du hot stream de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Chemin du Hot Stream - Waimangu   ©SM
Photo du hot stream de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Waimangu Hot Stream   ©DM
... un monde en mutation avec des couleurs parfois étonnantes notamment autour du petit geyser de Bird's Nest Terrace (terrace du nid d'oiseau).

Photo de Bird's Nest Terrace et geyser dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Bird's Nest Terrace (et son geyser à gauche de l'image) - Un vert bouteille étonnant !   ©DM
Une fois à l'arrêt de bus, nous nous sommes faits conduire jusqu'au lac Rotomahana, en observant en passant et de loin, les Warbirck Terrace, Buttresses Marble Terrace et Iodine Pool.

Photo du lac Rotomahana dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Le lac de Rotomahana et sa jetée, au fond de la vallée de Waimangu   ©DM
De là, nous avons embarqué à bord du petit caboteur à la coque verte, le Waimangu Ariki Midawa, pour la croisière sur le lac Rotomahana remplaçant les anciens lacs (pré-1886) de Rotomahana et Rotomakariri, recouvrant une quinzaine de cratères et les célèbres terraces roses et blanches disparues dont la position et la trace ont été confirmées il y a peu par des plongées exploratoires. 

Photo du bateau de Rotomahana dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Le p'tit bateau du lac Rotomahana    ©DM
S'en suit une croisière commentée d'environ 45/60 minutes, sur le lac le plus profond de l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, rempli en une quinzaine d'année après l'éruption de 1886 du Mt Tarawera surplombant le bout du lac actuel, pour en faire le plus jeune des grands lacs naturels du pays devenu un sanctuaire pour la vie sauvage.

Photo du lac de Rotomahana dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
La masse du Mt Tarawera domine le bout du lac de Rotomahana à l'opposé de Waimangu   ©DM
Le circuit longe d'abord la rive sud du lac et l'île de Patiti, paradis pour les oiseaux endémiques depuis que les animaux nuisibles en ont été éradiqués. Il se poursuit jusqu'au cercle de l'anse formée par le cratère de Star Hill, presque complètement inondé, mais à la forme très caratéristique.

Photo de Star Hill Crater lac Rotomahana vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
À l'intérieur de Star Hill Crater   ©DM
L'aspect paisible du lac se fait plus contrasté au retour quand on passe près des zones actives de Pink Bay (baie rose), Fumarola Bay (baie des fumerolles) et Donne Cliffs (falaise de Donne) avec leurs couleurs et panaches de fumées.

Photo de fumerolles la Rotomahana vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Des roches vivantes !   ©DM
Photo de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
La nature en action au bord du lac de Rotomahana  ©DM
Une fois de retour à la jetée, il ne reste plus qu'à remonter jusqu'au centre d'accueil, en marchant ou en prenant la navette. Une belle demi-journée de découverte un peu hors des sentiers battus, toute en contraste avec l'alliance de l'eau et du feu, celle d'une nature paisible et sauvage reprenant ses droits à côté des phénomènes géothermiques violents, apaisés mais toujours bien actifs.

Photo de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Beaucoup d'oiseaux sur les étangs de Waimangu - Vue au niveau du lac en direction de la vallée  ©DM

Infos pratiques :
Adresse : 587 Waimangu Rd, Rotorua 3043 (à 20 km de Rotorua)
Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h (jusqu'à 18h en janvier)
Prix de base adulte : 38,50 NZD (45 NZD avec la croisière sur le lac Rotomahana)
Navette bus gratuite à l'intérieur du parc
Brochure d'explications comprise dans le prix d'entrée / disponible en plusieurs langues.

Carte de la vallée de Waimangu - Zones du lac en bleu plus foncé indiquent la taille des deux lacs pré-1886
Voir aussi :
Wai-o-Tapu - Merveille géothermale - Rotorua (3)
La magie des sources d'Hamurana - Rotorua (2)
Rotorua (1) - Coeur géothermique et culturel de la Nouvelle-Zélande
White Island - Dans le cratère du volcan le plus actif de Nouvelle-Zélande
Orakei Korako - La vallée cachée

Plus d'infos :
Waimangu Volcanic Valley ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 21 (07/04/2017)