Affichage des articles dont le libellé est Actualités. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Actualités. Afficher tous les articles

vendredi 1 juin 2018

100% Pure New Zealand - Est-ce bien vrai ? (1)

Le 100% Pure New Zealand aux couleurs des All Blacks, c'est le slogan et le nom de l'office national du tourisme néo-zélandais qui met volontairement en avant l'image d'une nature immaculée et préservée, véhiculée avec un certain succès parce que c'est celle qui est le plus fréquemment associée au pays par les étrangers et les visiteurs attirés par le bol d'air ainsi promis. Après dix-huit mois passés dans le pays - et il faut moins de temps que ça pour s'en apercevoir - il faut avouer que cette vision un peu idyllique s'est quelque peu écornée.


Alors OUI, la Nouvelle-Zélande est un pays qui regorge de beautés naturelles avec ses plages et ses baies du bout du monde, ses volcans, ses montagnes, ses pâturages, ses forêts ... MAIS, un gros MAIS, cela ne signifie pas pour autant que c'est un pays écolo à la pointe de la préservation de ses espaces naturels parce qu'on a finalement un peu l'impression qu'il vit sur son capital et que s'il existe bien une vague conscience civique verte il faut encore y apporter pas mal de réserves.

Au quotidien, on constate rapidement cette ambivalence sur des choses toutes simples :

Dans les parcs et les endroits publics, les néo-zélandais sont assez disciplinés et font ce qu'ils faut ("Do the Right Thing") pour être des "Tidy Kiwis"* [Kiwis propres], les espaces sont plutôt propres et les gens ne jettent en général pas n'importe quoi n'importe où. Compte tenu du nombre de parcs et de plages qui dépasse peut-être le nombre d'habitants, on ne trouve que des panneaux rappelant ces règles de propreté (rapporter les déchets / ne rien laisser derrière soit / etc.) et l'absence de poubelles (leur collecte serait de toute façon sans doute ingérable) sachant que des actions d'éducation civique sur le dépot des ordures ont été initiées depuis longtemps et qu'elles semblent être totalement intégrées à la conscience collective.

Pas de poubelles dans les parc régionaux d'Auckland - Information "Be a tidy Kiwi"   ©SM
Les néo-zélandais ont donc l'habitude de rapporter leurs déchets pour s'en débarasser chez eux où ils font le tri : à Auckland chaque foyer dispose d'une poubelle au couvercle jaune pour le recyclable (verre, papier-carton, emballages / plastiques recyclables) et d'une poubelle au couvercle rouge pour la décharge. Il est également possible de demander au Auckland Council des poubelles spéciales pour les déchets végétaux et des ramassages pour les déchets de construction ou les encombrants, tout ça est bien organisé.

Nos poubelles ... Couvercle jaune pour recycler, couvercle rouge pour la décharge   ©SM
D'un autre côté, une visite au supermarché casse immédiatement cette image écolo-proprette quand le caddy de provisions est empaqueté par un volume incontrolé de sac en plastiques avec un gaspillage rarement constaté ailleurs. Pour essayer de se rattraper, il faut tout de même accorder aux supermarchés le mérite de leurs efforts pour récupérer ces sacs avec la mise à disposition de colonnes de récupération où les consommateurs peuvent rapporter les sacs pour en disposer.

Au supermarché, colonne de récupération pour les montagnes de sacs en plastiques distribuées   ©SM
Avec mes sacs réutilisables, je fais figure de pionnière et d'exception, ça casse un peu le rythme des caissiers qui sont encore chargés de l'emballage et bien équipés pour le faire, mais je m'y tiens et me donne bonne conscience tout en refusant chaque fois qu'ils me demandent s'il ne faudrait tout de même pas un sac en plastique séparé pour la viande et/ou le poisson et/ou les oeufs et/ou je ne sais quoi encore, comme c'est la norme ici.

À suivre

Nota :
* Les formules "Be a Tidy Kiwi" et "Do the Right Thing" semblent véritablement faire partie de la conscience collective. Introduites il y a une cinquantaine d'années par "keep New Zealand Beautiful" émanant du Anti Litter Council (comité anti-détritus) établit par gouvernement néo-zélandais en 1967. Les premières missions de cet organisme étaient concentrées sur le nettoyage, l'éradication des décharges sauvages et l'éducation. Des missions qui se poursuivent mais se sont progressivement étendues à la question des graffitis (nettoyage, réduction et contrôle) et à l'embellissement de l'environnement (plantations, restauration des cours d'eau, amélioration des abords des voies routières, compétitions de peintures murales, etc.).

Plus d'infos :
Site de l'agence nationale du tourisme - 100% Pure New Zealand ICI 
Keep New Zealand Beautiful ICI

vendredi 23 mars 2018

Volvo Ocean Race 2017-2018 à Auckland - Deux p'tits tours et puis s'en vont !

Course à la voile autour du monde, la Volvo Ocean Race 2017-2018 a fait étape dans le port d'Auckland du 24 février au 18 mars avant de repartir en direction d'Itajai au Brésil via le Cap Horn.

Photo des voiliers de la Volvo Ocean Race avant le départ d'Auckland Nouvelle-Zélande
Voiliers de la Volvo Ocean Race dans Wynyard Quarter à Auckland avant le départ de l'étape  ©SM
Lancée en 1973 sous le nom de Whitbread Round the World Race par la Royal Naval Sailing Association associée alors à l'entreprise britannique Whitbread, désormais organisée tous les trois ans (au lieu de quatre initialement), la course a été rebaptisée du nom de son nouveau principal sponsor en 2001, pour sa 8ème édition.

Photo de Wynyard Quarters pendant la Volvo Ocean Race 2017-2018 à Auckland Nouvelle-Zélande
Wynyard Quarter d'Auckland aux couleurs de la Volvo Ocean Race   ©DM
Au fil du temps, la course a connu quelques modifications de règles avec d'abord 4 puis 6, puis 9,puis 10 et même 11 étapes de course aujourd'hui* alors que le circuit originel qui partait d'Angleterre pour y retourner (de Porthmouth puis de Southampton) est désormais plus variable d'une édition à l'autre, d'Alicante à La Haye pour le tour 2017-2018.

Sous la coupole affichant les étapes de la course, des films sur les océans et la course  ©DM
Le nombre d'équipages engagés semble s'être stabilisé entre 6 et 8 depuis la reprise de la course par Volvo avec 7 équipes pour cette 13ème édition alors qu'un pic de 29 avait été atteint lors de la 3ème édition 1981-1982. La compétition s'étale sur presque 9 mois dont environ 120 jours en mer avec courses d'étapes sur les 11 tronçons (83'000 km), animations et régates dans les villes-étapes.

Sept monocoques aux caractéristiques identiques - Volvo Ocean Race 2017-2018 Auckland  ©DM
Le principe et l'esprit de la course restent toutefois inchangés : c'est avant tout une course de monocoques (65 pieds pour cette édition), à la voile et sans moteur, avec un matériel identique pour tous, la différence portant sur l'esprit d'équipe et la manière dont les équipages fonctionnent, interagissent et collaborent pour maximiser la vitesse du voilier. Autrefois exclusivement masculins, les équipages comportent désormais des éléments de mixité avec un nombre d'équipiers variable en fonction du nombre de femmes embarquées, pour compenser le handicap de force physique ainsi introduit. Chaque membre d'équipage tient en principe un poste spécifique, skipper, capitaine, barreur, règleur, chef de quart, navigateur, trimmer, photographe, etc. et on constate un mélange de nationalités important même si les bateaux affichent un ou deux pavillons, en général celui du pays du sponsor associé au drapeau du skipper.

Photo intérieure du pavillon Race Boat Volvo Ocean Race 2017-2018 AUckland Nouvelle-Zélande
Pavillon "Race Boat", pour expérimenter, "comme si on était à bord"   ©SM
Une course réputée dont la coupe constitue le Graal, présentée à Auckland dans la vitrine scellée d'un café-éphémère, sur laquelle figurent deux noms de français, celui de Lionnel Péan qui skippait "L'Esprit d'Équipe" gagnant en 1985-1986 et celui de Franck Camma skipper de "Groupama 4" en 2011-2012. Il faut d'ailleurs préciser qu'il n'y a pas de prix monétaire pour les gagnants qui recherchent avant tout le prestige avec l'espoir de voir leur nom gravé sur un trophée d'exception avec celui des sponsors qui apposent le leur aux voiliers. 

Photo de la carte du village Volvo Ocean Race 2017-2018 d'Auckland Nouvelle-Zélande
Autour des quais de Wynyard Quarter, le village de Volvo Ocean Race 2017-2018   ©SM
Une course qui drainait son lot d'animations dans un "village" très bien organisé à Auckland sur les quais de Wynyard Quarter, alliant aspects festifs, éducatifs, écolos et commerciaux, avec une scène dédiée à la musique et aux spectacles, des cafés "pop-up" temporaires plutôt sympas, une boutique de merchandising, une coupole avec son cinéma dédié à la mer et à la course, une tente "Race boat" pour expérimenter les manoeuvres et les sensations "comme sur un voilier", des panneaux d'information sur l'histoire et les étapes de la course, des stands pour chacun des sponsors pour tout savoir des équipes et ceux qui les financent, des affichages géants avec toutes les informations et les rendez-vous de la quinzaine, une exposition des produits Volvo, etc.

Photo de la scène du village d'Auckland pendant la Volvo Ocean Race 2017-2018 Nouvelle-Zélande
Scène du village de la Volvo Ocean Race 2017-2018 d'Auckland - Poufs pour les spectateur, ambiance décontractée    ©SM
Un événement dont les dates chevauchaient celles du Auckland Arts Festival (8 au 25 mars) et de Big Hoot 2018 (3 mars au 6 mai) si bien que les quais d'Auckland étaient particulièrement animés pour la régate du 10 mars puis le grand départ du 18 mars avec défilé des équipes, départ des quais et une ultime régate avant de prendre le large.

Défilé des équipes avec la mascotte "Wisdom the Albatross" ...   ©SM
Les voiliers sur les quais d'Auckland avant le départ   ©SM
L'équipe espagnole se prépare sur Mapfre, en tête au départ de l'étape d'Auckland   ©DM
AkzoNobel voilier gagnant de l'étape Hong kong-Auckland - En 4ème position globale au départ d'Auckland ©DM
À Auckland, un dernier tour de régate entre le CBD et Devonport, le pont et The Bays avant de prendre le large
Les deux voiliers "rouges" menaient sur le tableau des résultats avant le départ d'Auckland mais rien n'était encore joué parce que la capitale néo-zélandaise n'est qu'à mi-course.
 
Tableau des résultats avant le départ d'Auckland de la Volvo Ocean Race   ©SM 
En matière de "rouge", il était impossible de ne pas remarquer le nationalisme extrême déployé par Dongfeng (constructeur chinois de bus, camions, voitures) avec un pavillon chinois flottant au dessus de celui de l'entreprise à l'avant du bateau lorsqu'il était à quai (ce que ne faisait pas les autres voiliers), le drapeau chinois peint sur l'arrière de la coque (mais sans mention de celui du skipper, français ... alors que cela était plutôt la règle pour les autres bateaux), sans parler du drapeau déployé par l'un des équipiers au moment du départ, au cas où les spectateurs n'auraient pas compris ... Un nationalisme qui tranche quand même avec la constitution de l'équipe puisque Dongfeng affiche 14 membres (pas tous à bord en même temps) avec 11 hommes / 3 femmes, 7 français, 2 chinois, 2 néo-zélandais, 1 suisse, 1 hollandais et 1 australien. Allez, on va leur pardonner, ils sponsorisent pour ça et ils sont plutôt nouveaux sur le circuit !
Et puis tout ça ne nous empêche pas de faire nous-même cocorico (pas mal de français, non seulement sur Dongfeng mais sur d'autres voiliers) et d'apprécier le spectacle offert au moment du départ d'étape par les sept concurrents qui devaient commencer par zig-zaguer en tirant des bords ...  


... sans se rentrer dedans (ne pas se fier aux apparences) ...


... remonter en direction du pont d'Auckland tous les spis déployés ...


... avant de repartir en tirant à nouveau des bords ...


... pour gagner le large en contournant Devonport cette fois, suivis d'une armada de toutes sortes de petites embarcations après le dernier passage de la bouée de départ par le dernier concurrent, et vogue la galère, bon vent à tous !

          
Une belle course sans incident ni gag (clin d'oeil à Cath à Hong Kong), du beau temps et une super ambiance, la Volvo Ocean Race à Auckland c'était vraiment top, à la hauteur de sa réputation de la "cité des voiles" !

Nota : 
* Étapes de l'édition 2017-2018 de la Volvo Ocean race :  Alicante (Espagne) - Lisbonne (Portugal) - Le Cap (Afrique du Sud) - Melbourne (Australie) - Hong Kong (Chine) - Guanzhou (Chine) - Auckland (Nouvelle Zélande) - Itajai (Brésil) - Newport (États-Unis) - Cardiff (Pays de Galle) - Göteborg (Danemark) - La Haye (Pays-Bas)

Plus d'infos :
Volvo Ocean Race 2017-2018 ICI

mercredi 14 mars 2018

Chouette chasse aux hiboux à Auckland avec Big Hoot 2018

Depuis le 3 mars et jusqu'au 6 mai, plus d'une centaine de hiboux sont disséminés dans les rues et les quartiers d'Auckland, la chasse ouverte aux amateurs pour les dénicher.

Photo de Big Hoot Big Hoot 2018 Ackland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - The Big Hoot sur Vulcan Lane & High Street   ©SM
Sur le même modèle que la Cow Parade dont les vaches écument le monde depuis presque vingt ans, comme les lions de Lyon ou encore les ours de Berlin, Aukland se met à la page du street art animalier éphémère.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The big Hoot 2018 - Kintsukuroi Auckland Warf et Queen's Street  ©SM
L'idée des hiboux a été reprise d'une action similaire menée en 2015 au Royaume Uni*, lancée pour lever des fonds à l'occasion des quarante ans de la Child Cancer Foundation qui soutient les familles des enfants touchés par le cancer tout en menant des campagnes de sensibilisation et d'information.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - X-Ray Vision - Auckland Viaduct  ©SM
Le volatile a été choisi parce qu'il est associé à "l'imaginaire de la narration dans lequel il symbolise la sagesse, la migration, la diversité, l'apprentissage et l'intelligence".

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Watchful One devant le monument aux suffragettes  ©SM
Avec l'aide de la société Haier qui sponsorise l'événement d'Auckland, des artistes ont été mis à contribution pour habiller les hiboux qui seront vendus aux enchères à la fin de l'exposition, les bénéfices reversés à l'association s'occupant de la cause du cancer des enfants.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - To the Land where the Ponga Tree Grows - Quais des ferrys  ©SM
Produits "nus" par une société anglaise d'événementiel, Wild in Art, les modèles ont été fabriqués en deux tailles - grande (1,6 mètre - 48 créations) et moyenne (90 centimètres - 61 spécimens).

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Enchanted Frosty River Owl - Quai 10    ©SM
Les oeuvres réalisées sont exposées en extérieur (lieux de passage, rues, places, etc.) ou en intérieur (bibliothèques, centres culturels, centres commerciaux, etc) avec la concentration d'une trentaine de sujets au centre ville, le reste dispersé un peu partout dans les quartiers d'Auckland.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Making a Fuss - Auckland Art Galery  ©SM
La plupart des hiboux sont sponsorisés par des entreprises ou des organismes, les grands hiboux exécutés par des artistes plus ou moins reconnus alors que les modèles plus petits ont été confiés à des élèves, dans le cadre de projets scolaires.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Athena, Te Ahorangi et We are 23 - Central City Library  ©SM
Un jeu de piste à travers la ville permettant de découvrir ou d'approfondir la connaissance des quartiers, des noms d'oeuvres amusants avec ou sans jeux de mots pour parfaire son anglais (Beach T'Owl, Owl Black, Mr Me-Owl, etc.), des oeuvres inspirées de la culture locale, autant d'éléments qui garantissent l'aspect ludique, éducatif et culturel de l'exposition.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Mr Me-Owl - Auckland Viaduct  ©SM
Le site de l'événement donne pas mal d'informations, il existe également une App et une "Trail Map" avec informations et carte positionnant tous les hiboux de la ville* si on ne veut rien manquer mais on peut toujours laisser faire la chance et le hasard, surtout au centre ville.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Life Cycle (fait avec des chambres à air) - Aotea Center  ©SM
Nota :
* Selon Child Cancer Foundation trois enfants sont diagnostiqués d'un cancer en Nouvelle-Zélande chaque semaine. À l'échelle nationale et à tout moment donné, l'association apporte une aide à 500 familles au travers d'un soutien individualisé à l'hôpital, la maison ou dans la communauté.   
* J'ai trouvé la Trail Map, gratuite, dans une galerie de la ville alors que l'office de tourisme n'avait pas d'informations, les employés ignorants de l'événement en cours et de peu d'aide.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - I'm Puzzled - Quai 10  ©SM
Plus d'infos :
The big hoot Auckland   ICI
Child Cancer Foundation NZ   ICI
Wild in Art   ICI
The Big Hoot Birmingham  ICI
Cow Parade ICI
Biennale des lions - Lyon ICI
Buddy Bears Berlin ICI 

samedi 10 mars 2018

Les sages-femmes tirent la sonnette d'alarme en Nouvelle-Zélande

À la radio, dans les journeaux, les informations se multiplient pour dénoncer un secteur néo-zélandais en crise : celui des sages-femmes dont la corporation tire actuellement la sonnette d'alarme et lance des appels au secours au gouvernement. Créée fin février, une page Facebook appelée "Dear David, Aotearoa needs midwives" [Cher David, Aotearoa a besoin des sages-femmes], compte déjà plusieurs milliers de followers pour soutenir son action, avec dans son intitulé un prénom qui est une référence directe au ministre de la santé actuel, David Clark.

Photo de profil de la page Facebook "Cher David, Aotearoa a besoin de sages-femmes"
 Les photos de profil de la page se succèdent pour passer des messages, on a ainsi pu y lire :

" Cher David Clark, 
Vous êtes le ministre de la santé
Les sages-femmes d'Aotearoa* ont besoin de votre aide pour un financement adéquat de notre profession
Les sages-femmes font des burn-outs et sont nombreuses à partir
C'est le moment d'agir"


Photo de couverture Facebook (1)
 Et aussi :

"Cher David Clark,
La crise des sages-femmes en Nouvelle-Zélande résulte du sous-financement continuel de notre profession.
Une pénurie globale ne peut être reprochée aux centaines de burn-outs et de départs des sages-femmes.
Nous vous tendons la main pour montrer la voie et nous assurer le support du budget de mai 2018. 
 Ne nous oubliez pas. Ne nous abandonnez pas. Ne laissez pas notre système de maternité de classe international s'effondrer.
Pouvez-vous déjà nous entendre ? "


Photo de couverture Facebook (2)
Ou encore :

"Cher David Clarck,
En Nouvelle-Zélande, nous disposons d'un système de classe mondiale pour le suivi des maternités
Pour être à la hauteur de notre réputation nous avons besoin de garder l'expérience de nos sages-femmes qualifiées
Les femmes de Nouvelle-Zélande ne veulent pas perdre leurs sages-femmes LMC*
La crise de la profession des sages-femmes vient du sous-financement continuel"


Photo de couverture Facebook (3)
La page contient en outre une multitude de témoignages et de messages d'explications et de support aux sages-femmes, une profession au coeur du système néo-zélandais de suivi de grossesse qu'elles assurent presque entièrement. Leur financement est pris en charge par le système de santé alors que les gynécologues ne le sont pas sauf si la sage-femme détecte une grossesse à risque justifiant de réfèrer la patiente au médecin à qui elle passe alors la main. Plusieurs régions dont Auckland, Waikato, Tauranga et Canterburry connaissent une pénurie de ces personnels essentiels pour toutes les femmes enceintes et les naissances.

En décembre, les services de l'immigration ont placé le métier sur la liste des "immediate skill shortage" (compétences pour lesquelles les besoins sont immédiats), une inscription qui pourrait tenter des étrangers compétents (trois années d'expérience demandées) avec une immigration alors grandement facilitée même si le manque de personnel cache en réalité d'autres problèmes, celui d'un métier de plus ne plus mal payé qui s'effectue dans des conditions de plus en plus difficiles.
 


Une jeune sage-femme témoignait ainsi à la radio pour expliquer qu'elle a finalement choisi d'émigrer vers l'Australie pour pouvoir exercer son métier dans des conditions correctes et qu'à sa grande honte, tout en connaissant le problème local, elle revient désormais débaucher d'autres sages-femmes en Nouvelle-Zélande pour son nouveau pays.
Une autre expliquait que la nomenclature néo-zélandaise est basée sur des actes payés sans tenir compte du nombre de séances pour un suivi de grossesse (3 séance ou 15, kif kif), du nombre d'heures pour un accouchement (2 h ou 24 h, kif kif) ou des temps de déplacement à la campagne (À côté ou 1 heure de route, kif kif).

 


Des femmes enceintes n'arrivent pas à trouver de sages-femmes pour leur suivi de grossesse et les cliniques et hôpitaux n'arrivent pas plus à les recruter. C'est une réalité, la pénurie est constatée. Les sages-femmes cherchent à adresser le fond du problème en dénonçant le sous-financement récurrent du secteur depuis des années, corrélé à une détérioration continuelle de leurs conditions de travail. Plusieurs actions ont été menées ces dernières années pour essayer d'améliorer les choses avec l'étude d'une revalorisation du secteur entamée en 2017 par le gouvernement précédent qu'elles voudraient voir aboutir avec le nouveau gouvernement à l'échéance du prochain budget présenté en mai 2018. En mettant la pression aujourd'hui, les sages-femmes souhaitent s'assurer que leur profession ne sera pas oubliée dans le budget de santé et que les promesses seront tenues.

Source : news.com.au

Ajoutons pour l'anecdote que Jacinda Ardern, la toute nouvelle jeune première ministre a annoncé en début d'année qu'elle est enceinte [la Jacinda's baby-mania remplace désormais la Jacinda-mania de la campagne] et on peut espérer qu'ainsi placée aux premières loges, elle sera particulièrement attentive aux questions soulevées par cette crise.

Note :
* Aotearoa est le nom maori de la Nouvelle-Zélande, "le pays du long nuage blanc".
* LMC = Lead Maternity Carer (Soignant Maternité Principal)

Plus d'infos :
Midwifery in "crisis" with pregnant women unable to find lead maternity carers - NZ Herald 20/02/2018 ICI
"The midwife crisis is real" : Pleas for help to stop burn-outs, shortages and pay problems - Stuff 03/03/2018 ICI
Dear David, Aotearoa needs midwives - Page Facebook ICI
Articles en français traitant du suivi de grossesse en Nouvelle-Zélande et expliquant le système LMC :
Naître en Nouvelle-Zélande - Blog Tout feu tout femme - 3 mars 2017  ICI
Attendre un béné en Nouvelle-Zélande - Blog frogs-in-nz ICI

jeudi 22 février 2018

La saison des cyclones en Nouvelle-Zélande - C'est E.T. de décembre à avril

En avril 2017, on nous avait annoncé l'arrivée de l'apocalypse avec le cyclone Cook, des prévisions qui s'étaient finalement avérées largement surrévaluées sur Auckland même s'il a laissé son lot de dégâts ... Il a été suivi un peu plus tard des restes de Donna dont les pluies diluviennes ont fait pas mal de dommages dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, inondations et beaucoup de glissements de terrains.
En cette année 2018, nous avons déjà eu quelques jours de pluies intensives et un premier coup de vent en janvier avec le passage de Feihi, de la roupie de sansonnet à côté de Gina dont les prévisions météo se sont progressivement précisées à la une des journaux cette semaine avant de frapper brutalement le pays.
 
Mais, mais ... des cyclones en Nouvelle-Zélande, qui l'eut cru ?

Cyclone Gita au dessus des Tonga - 16-02-2018 - Source: NZ Herald

Et oui, bien que située très au sud et protégée par des eaux plutôt froides, la Nouvelle-Zélande est régulièrement balayée par des queues de cyclones quand le pays ne subit pas un impact ricochet plus violent, ce qui arrive, en moyenne, au moins une fois par saison. Alors il faut le savoir, la saison des cyclones en Nouvelle-Zélande c'est comme ailleurs dans le reste du Pacifique sud, une période qui s'étale, grosso modo, de décembre à avril [c'est à dire la période estivale la plus touristique].

Impact après le passage de Fehi en Nouvelle-Zélande - Février 2018 - Source : NZ Herald

Un "cyclone tropical" c'est le nom adopté dans le Pacifique sud-ouest et l'océan Indien ; le mot est différent mais c'est le même phénomène que les "ouragans" de l'Atlantique nord et l'est Pacifique ou que les "typhons" familiers en Asie du sud-est et en Chine, des tempêtes qui commencent toutes sous la chaleur des tropiques.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 15/02/2018 - Source : AccuWeather

La spécificité d'ici, dans l'hémisphère Sud, c'est que ces cyclones tournent dans le sens des aiguilles d'une montre ... pour le reste, c'est pareil que partout ailleurs : ils tirent leur énergie de la chaleur dégagée sous les tropiques lorsque la vapeur d'eau se condense en pluie, mesurent jusqu'à 500 km de large avec "un oeil" de calme en leur centre qui n'a presque aucun nuage et pas/peu de vent.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 18/02/2018, ça se précise - Source : AccuWeather

Parce que les eaux sont plus froides vers le sud et qu'elles leur fournissent moins de chaleur, ces cyclones ont tendance à s'affaiblir lorsqu'ils se dirigent vers la Nouvelle-Zélande (et le pôle sud) en perdant leurs caractéristiques de tempête tropicale pour se transformer en "tempêtes latérales" appelées "extratropicales" (ET) par les scientifiques pour désigner ce mouvement vers le pôle et les changements de structure qui l'accompagnent.

En arrivant vers la Nouvelle-Zélande, ces tempêtes n'en gardent souvent pas moins une force suffisante pour générer des vents destructeurs, une mer haute et de fortes pluies. Parfois même, les restes de cyclones tropicaux s'intensifient en zone extratropicale pour devenir de puissantes "tempêtes de latitude moyenne" capables d'infliger des pertes en vies humaines et de graves dommages matériels. Une transformation et un impact très variables qui dépendent de la période, du parcours, et de la phase dans laquelle se situe le cycle d'El Niño/La Niña. 

Photo aérienne des innondation de Whakatane en avril 2017 Bay of Plenty Nouvelle-Zélande
Avril 2017 - Après la passage de Cook, rupture d'une brèche et inondations de Whakatane dans la Bay of Plenty  ©DM

Certains de ces épisodes E.T. ont particulièrement marqué la Nouvelle-Zélande :

--> le cyclone Giselle en avril 1968 qui s'est intensifié dans le sud de son parcours avec des vents de 270 km/h soufflant sur Wellington, provoquant la mort de 51 personnes dans le naufrage du Wahine, ferry assurant la traversée régulière entre l'île du Nord et celle du Sud.
 
Le naufrage du Wahine pendant le cyclone Giselle - 1968 Source : Wikipedia Common

--> le cyclone Bola qui a balayé et dévasté le nord de la Nouvelle-Zélande en mars 1988 avec des vent dantesque et plus de 900 mm de pluies déversées sur son passage en causant de sérieux dégâts.
--> ou encore Fergus et Drena qui ont provoqués vents et pluies torrentielles dans l'île Nord en pleine période touristique en décembre 1996.

Imprimés dans la mémoire collective, Giselle et Bola sont les étalons du pire, la référence des journalistes qui s'en servent souvent à l'annonce d'un nouvel épisode particulièrement menaçant pour le pays mais l'expérience de Cook nous a montré qu'à trop crier au loup, ils ne semblent pas toujours écoutés.

Ce qui nous a aussi beaucoup frappé ce sont les masses d'eaux qui tombent à chaque passage et les dégâts révélateurs qu'ils engendrent : inondations, glissements de terrains qui sont autant de signes de la fragilité des terres, des côtes et des pentes de ce magnifique pays dont les colons, en détruisant massivement les forêts pour en faire des pâturages, en ont très fortement et largement fragilisé les sols.  
  

Les cyclones 2017 et 2018 en Nouvelle-Zélande :
(Nota : l'échelle de classification comprend 5 niveaux, fonction de la force/vitesse des vents)

Tableau de classification des cyclone en Nouvelle-Zélande - Source : MetService

Année 2017 :
Bart - Février - Cat.1 / Cook - mars-avril - Cat.3  / Donna - avril-mai - Cat.5 / Ella - mai - Cat.2
Année 2018 :
Feihi - janvier - Cat.1 / Gita - février - Cat.5

Plus d'infos :
Weather : Cyclone Donna leftovers bring heavy rain to New Zealand - Newshub 11/5/2017 ICI
Heightened cyclone risk for northern New Zealand this season, says Niwa - Stuff 15/10/2017 ICI National Institute of Water and Atmospheric Research - Niwa Taihoro Nukurangi ICI
How often is New Zealand hit by tropical cyclones ? - Niwa / Mark Sinclair- 1/03/2002  ICI
Tropical Cyclone Monitoring  - Met Service ICI
Cyclone Gita : Why it is speeding up as it approaches New Zealand - NZ Herald 20/02/2018 ICI 

mardi 28 novembre 2017

Les Tonguiens en fête à Auckland ce week-end

Bannière au fond rouge et croix de St George rouge sur canton blanc, le drapeau et les couleurs des Tonga paradaient un peu partout à Auckland ce week-end avec ballons, concerts de klaxons et tenues assorties. Malgré l'enthousiasme des fans, Les Tonga ont perdu le match de demi-finale de coupe du monde de rugby contre les anglais (20-18) mais ils n'en étaient pas moins à la fête depuis plusieurs jours et notamment dimanche en fin d'après-midi sur les quais du centre ville, dans une manifestation improvisée prenant le relais de la célèbre parade de Noël de Queen Street.

Voitures aux couleurs des Tonga sur les quais d'Auckland et concerts de klaxons - 26/11/2017   ©SM

Une ambiance plutôt bon enfant et sympathique sur laquelle nous sommes tombés après une excursion en mer. Une famille aux couleurs tonguiennes que nous avons interrogée nous a alors indiqué : "c'est l'Angleterre qui a gagné mais ce n'est pas grave d'avoir perdu, on fait la fête quand même"...

Source : NZ Herald / Photo Moana Tapaleao

De son côté, la presse a choisi d'adopter un ton méfiant pour rapporter l'événement, indiquant qu'au départ, la manifestation du CBD a été lancé via Facebook afin de protester et demander la révision d'une décision arbitrale jugée injuste, barrant l'équipe de la phase finale, mais, et même si nous ne sommes pas restés, il nous a semblé que le sentiment exprimé par les manifestants était plus de la joie pour le parcours de leur équipe de coeur que de la colère.

Source : NZ Herald / Photo Moana Tapaleao

Au final, pas de débordement ou d'incident mais une animation joyeuse assez inhabituelle un dimanche au centre ville d'Auckland de la part d'une communauté qui a tiré fierté de cette coupe du monde, véritablement portée par l'événement.

Nota : Pour la petite histoire, les Tonga sont le dernier royaume du Pacifique et le seul à n'avoir jamais été colonisé. En Nouvelle-Zélande, le recensement de 2013 fait état d'une communauté de 60'000 personnes originaires des Tonga, dont les deux-tiers sont établis à Auckland où ils font preuve d'une grande solidarité familiale et religieuse. Les premiers Tonguiens sont arrivés dans les années 1960 pour travailler comme ouvriers dans les usines et beaucoup sont restés, établis dans les années 1970 et 1980 si bien que 60% de la communauté actuelle est née sur le territoire néo-zélandais. Cette population reste globalement dans les groupes sociaux économiques les plus pauvres. Elle n'en est pas moins riche de l'attachement à son identité qui se maintien au travers de l'éducation, de ses églises méthodistes, de ses écoles maternelles et tout ce qui permet de transmettre et de garder la culture vivante. Les jeunes générations perdent toutefois la langue et tendent à s'identifier de plus en plus à la communauté plus large des peuples du Pacifique, particulièrement importante à Auckland.

Plus d'infos : 
Inside the Tongan red army - NZ Herald 24/11/2017 ICI 
Tonga fans descend on central Auckland after league loss - NZ Herald 26/11/2017  ICI
Tongan league fans march in Auckland, angry over semifinal loss to England - Stuff 26/11/2017  ICI
Thousands of Tongan fans take to Auckland streets to protest their side's controversial loss in RLWC semi-final - TVNZ  ICI
Tongan (La communauté des Tonga en Nouvelle-Zélande) - Te Ara ICI