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samedi 17 mars 2018

Classic & Vintage - Une passion néo-zélandaise pour les voitures

En Nouvelle-Zélande, quand on voit l'attention et l'amour porté à la préservation de certains aspects de l'héritage d'une histoire somme toute récente, on aurait presque envie de conclure que la "nostalgie" est un gène de l'ADN national. Un attachement aux choses qu'on peut aussi expliquer par l'éloignement du pays, son isolement pendant logtemps et le fait qu'il existe peu d'industries locales si bien qu'à une époque, tout ce qui était importé à grands frais se devait d'être soigneusement bichonné et entretenu pour durer le plus longtemps possible. Pour illustrer ce phénomène, il n'existe pas de meilleur exemple que l'automobile.

Photo de voiture de Dion bouton Brit & Euro cars Auckland Nouvelle-Zélande
De Dion Bouton 1905 - Auckland Brit & Euro Cars Show 2018  ©SM
"Classic ou Vintage", la voiture fait l'objet dans ce pays d'une véritable passion. Exposées dans des musées, propriétés de collectioneurs ou de simples particuliers, elles sont innombrables, toujours choyées, rutilantes et les occasions d'en voir sont multiples.

Photo de voiture ancienne Nouvelle-Zélande
Sur la route - Décembre 2016   ©DM
Photo de voiture ancienne Nouvelle-Zélande
Sur la route - Décembre 2016   ©DM
Photo de voiture ancienne Nouvelle-Zélande
Sur la route - Décembre 2016   ©DM
Sur les routes d'abord, surtout aux beaux jours, entre le printemps et l'automne parce que la plupart sont état de marche, soigneusement entretenues, immatriculées et assurées pour circuler. Elles servent pour de simples sorties en famille, pour des rassemblements d'amateurs (avec ou sans costumes d'époque), des salons ou des rallyes. On note et on s'amuse parfois de leurs plaques, spéciales ou rigolotes, qui accentuent leur côté unique ou particulier.

Photo de Ford T Winterless North tour 2017 Nouvelle-Zélande
Janvier 2017 "Winterless North Tour 2017" - Pause midi sur le parking de Whangarei   ©SM
Photo de Ford T Winterless North tour 2017 Nouvelle-Zélande
Janvier 2017 "Winterless North Tour 2017" - Pause midi sur le parking de Whangarei  ©SM
Il existe d'ailleurs pléthore de clubs, certains "globaux" (transmarques / transpériodes / tous lieux) alors que d'autres sont plus locaux ou spécialisés sur une marque ou une époque. Le Vintage Car Club of New Zealand se présente par exemple comme "l'autorité nationale de la voiture ancienne" et annonce pas moins de 8'000 adhérants, 36 antennes régionales à travers le pays ainsi qu'une multitude d'événements (soirées rencontres, sorties convois, circuit ruraux, échanges, rallyes, etc.).

Photo de voitures et details Brit & Euro Cars Show Auckland  Nouvelle-Zélande
ROUGE - Auckland Brit & Euro Cars show 2018  ©SM
Photo de voitures et details Brit & Euro Cars Show Auckland  Nouvelle-Zélande
BLEU - Auckland Brit & Euro Cars show 2018  ©SM
Ce club est ouvert à tous les propriétaires de véhicules de plus de trente ans et il défini toute une nomenclature en fonction de la date de production du véhicule ou autres critères : 
- Veteran Vehicles (VET) [date de production antérieure au 31 décembre 1918] - Vintage Vehicle (VV) [1919-1931] - Post Vintage Vehicle (PVV) [1932-1945] - Post War Vehicle (PWV) [1946-1960] - Post 1960 Vehicle (P60V) [1961-1980] - Post 1980 Vehicle (P80V) [1981- véhicule de plus de 30 ans]. S'y ajoute d'autres catégories et sous-catégories pour des véhicules spéciaux, de courses ou des "reproductions authentiques".

Photo de voitures et details Brit & Euro Cars Show Auckland  Nouvelle-Zélande
VERT - Auckland Brit & Euro Cars show 2018  ©SM
Photo de voitures et details Brit & Euro Cars Show Auckland  Nouvelle-Zélande
JAUNE - Auckland Brit & Euro Cars show 2018  ©SM
Outre les véhicules croisés sur les routes et les parkings, les rassemblements publics organisés avec un thème sont de belles occasion d'aller les admirer d'un peu plus près, il en existe plein et pour savoir où, il suffit d'écouter la radio, de regarder les sites type Eventfinder listant les événements ou de tomber dessus par hasard.
Par exemple, en septembre dernier, nous étions allées au Paeroa Vintage & Antique Car Week-end organisé annuellement depuis 11 ans dans la ville de Paeroa, avec défilé de voitures sur la rue principale puis exposition et animations de type kermesse qui drainent leur lot de visiteurs dans le village des antiquaires.

Photo de voiture Paeroa Antique & Vintage Car week-end Nouvelle-Zélande
"Américaine" au Paeroa Antique & Vintage Car week-end     ©SM
Photo de voiture Paeroa Antique & Vintage Car week-end Nouvelle-Zélande
Paeroa Antique & Vintage Car week-end . Voiture ancienne avec le logo L&P  ©SM
Plus récemment à Lloyds Elsmore Park, un grand parc près de chez nous, nous sommes allés voir la 3ème édition du Auckland Brit & Euro Car Show 2018 qui rassemblait cette année 820 voitures européennes du tous types avec une majorité de modèles britaniques dont beaucoup de marques ont aujourd'hui disparues. Groupées par constructeurs, quelques "françaises" ont fait battre notre coeur : côté Citroën, la marque française sans doute la plus représentée ce jour là, une 2CV verte grenouille immatriculée "FOLIE" et quelques DS ...

Photo de voitures et details Brit & Euro Cars Show Auckland  Nouvelle-Zélande
CITROEN - Auckland Brit & Euro Cars show 2018  ©SM
Côté Peugeot, deux 404 rappelant la saga familiale ... alors que du côté de Renault, très peu de modèles représentaient le fleuron national. Parmi les véhicules "Vétérans" (antérieurs à 1918), une authentique et magnifique de Dion Bouton 1905 pouvant atteindre la vitesse astronomique de 30 km/heure, un modèle que j'avais jusqu'à présent surtout vu figurer sur des photos de famille qui me sont chères !

Photo de voitures et details Brit & Euro Cars Show Auckland  Nouvelle-Zélande
BLANC- Auckland Brit & Euro Cars show 2018  ©SM
Photo de voitures et details Brit & Euro Cars Show Auckland  Nouvelle-Zélande
DÉTAILS - Auckland Brit & Euro Cars show 2018  ©SM
Enfin, il existe plusieurs musées remarquables un peu partout dans le pays. Le plus grand et le plus réputé est sans doute Southward Car Museum situé à proximité de Wellington. Pour notre part, nous avons visité et aimé le Classic Cars Museum de Nelson dans l'île du Sud ; ce musée des voitures* est en fait associé à un autre, le WOW (World of Wearable Art) qui expose des vêtements créés comme des oeuvres d'art, renouvelés chaque année.

Photo de voitures Classic Cars Museum Nelson Nouvelle-Zélande
Classic Cars Museum Nelson   ©SM
Les deux sont installés dans les bâtiments d'une ancienne usine d'assemblage de voitures. La Nouvelle-Zélande n'a jamais développé une industrie de l'automobile propre, le marché ne le permettait pas, mais pendant un temps, elle a monté des voitures dans ces ateliers historiques où étaient assemblées des pièces importés.

Photo de voitures Classic Cars Museum Nelson Nouvelle-Zélande
DÉTAILS - Classic Cars Museum Nelson   ©SM
Outre son côté un peu insolite, associant art-à-porter et voitures anciennes, le musée de Nelson est très intéressant pour la découverte de cet aspect industriel qui trouve son écho dans un atelier plus ou moins ouvert au public continuant de travailler à l'entretien et à la restauration de véhicules pour le musée.  

Photo de voitures Classic Cars Museum Nelson Nouvelle-Zélande
Classic Cars Museum Nelson   ©SM
À Blenheim aussi, on peut voir un hangar de voitures plus ou moins anciennes dans une annexe d'un autre musée très réputé, celui d'Omaka surtout connu pour ses collections d'avions anciens, remarquablement mis en scènes dans les hangars par Peter Jackson, le producteur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, lui même collectionneur d'avions mais c'est là un autre sujet !

Photo de voitures Classic Cars Museum Nelson Nouvelle-Zélande
Détail - Classic Cars Museum Nelson   ©SM
Voir et croiser des voitures anciennes en Nouvelle-Zélande n'a presque plus rien d'étonnant pour nous, c'est un dada national ! Alors nous aussi nous avons commencé à les collectionner, plusieurs centaines à notre actif entre les voitures, les plaques, les accessoires et les détails ... mais en photos seulement, c'est plus économique et moins encombrant !

Nota :
* Les voitures de musées ne sont pas "figées". Nous avons pu voir à Nelson que beaucoup sont immatriculées / assurées (vignettes sur le pare-brise) pour leur permettre de sortir et rouler.

Plus d'infos / liens des principaux musées :
Car-club motor sport - Te Ara ICI
Southward Car Museum (proche de Wellington) ICI
Classic Cars Museum (Avec le WOW World of Wearable Art Museum de Nelson) ICI
Highland National Motorsport Museum (Cromwell / Otago)  ICI
National Transport and Toy Museum (Wanaka) ICI
Omaka Classic Cars (Blenheim) ICI

vendredi 2 mars 2018

Pouto Point, son phare et la plus longue plage routière de Nouvelle-Zélande

Dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, les côtes de la mer de Tasman sont entaillées de plusieurs havres protégés par des péninsules formant de longues excroissances de sable s'étalant sur des dizaines de kilomètres, des plages immenses considérées, lorsque la marée le permet, comme des extensions du réseau routier pour les véhicules 4x4 adaptés à ce type de terrain où s'applique alors les règles habituelles du code de la route.

Phare de pouto

La plus connue et la plus fréquentée de ces chaussées de sable, c'est Ninety Mile Beach à la pointe nord du Northland, accessible aux touristes grâce aux tours qui y sont organisés. Dans notre région d'Auckland, il n'en existe que deux, celle de Muriwai, plus d'une cinquantaine de kilomètres le long de la péninsule sud de Kaipara et celle de Karioitahi, un peu plus courte, sur la péninsule de Manukau Head*.


Ayant pris goût à ces espaces de liberté, j'avais repéré la péninsule de Pouto où se cache la plus longue des routes de sable du pays avec un record de 111 kilomètres que nous sommes partis découvrir à l'occasion du long week-end d'Auckland's day sachant que ce type d'excursion nécessite de mettre pas mal de kilomètres au compteur parce qu'il faut d'abord rejoindre la péninsule puis la parcourir dans les deux sens sur toute sa longueur.


Pour ce qui est de Pouto plus précisemment, il est nécessaire de contourner entièrement le havre de Kaipara (Kaipara Harbour), le plus grand de Nouvelle-Zélande, pour rejoindre Dargaville situé à 2h30 de route d'Auckland. Par ailleurs, l'organisation du planning doit impérativement tenir compte des horaires des marées, élément clé à connaitre de façon précise et indispensable avant de s'engager sur une plage routière quelle qu'elle soit (peu de points d'entrée/sortie).
Avec des marées prévues haute à 8h45 et basse à 16h30, nous avions bloqué une nuit à Dargaville pour commencer notre circuit le matin par la descente des 64 kilomètres de Pouto Road, la route/piste en dur qui traverse toute la péninsule pour rejoindre Pouto Point. Sur les premiers kilomètres, on profite de belles vues sur la rivière Wairoa et sur les rocs de Tokatoka et de Maungaraho dominant la rive opposée, vers l'est. Tant qu'à emprunter cette route du bout du monde, nous y avons ajouté un petit un crochet par Kelly's Bay, petite localité isolée, abritée à l'intérieur du havre de Kaipara où viennent aussi nicher des oiseaux ... mais bon, l'arrêt fut bref parce que l'objectif du jour c'était quand même la plage de Pouto et son phare.

Photo de Kelly's Bay havre de Kaipara Northland Nouvelle-Zélande
Kelly's Bay / Kaipara Harbour ©DM
Photo de Kelly's Bay havre de Kaipara Northland Nouvelle-Zélande
Kelly's Bay / Kaipara Harbour    ©DM

En arrivant à Pouto Point, une fois passées les quelques maisons établies sur les hauteurs tout au bout de la route, il suffit de prendre l'embranchement qui descend vers la plage où se trouvent toilettes et une série de panneaux d'informations dédiés aux Pouto Hidden Treasures (les secrets cachés de Pouto).

Photo de panneau Pouto Point Kaipara Northland Nouvelle-Zélande


Sur place un peu après 10h, la mer avait déjà commencé à descendre et des traces de voitures montraient que nous n'étions pas les premiers si bien que nous nous sommes engagés sur la plage en suivant ceux qui nous précédaient, des pêcheurs pour la plupart comme nous le constaterons un peu plus loin. Cet accès à la plage à Pouto Point est un passage facile et sans danger si bien qu'il n'y a pas trop de risques de s'enliser et qu'il n'y a ensuite plus qu'à suivre le rivage en partant d'abord vers l'ouest en longeant l'embouchure de Kaipara avant d'obliquer vers le nord au bord de la mer de Tasman. Pas mal de trous d'eau à contourner au départ lorsque la marée commence tout juste sa descente en évitant de remonter du côté du sable sec trop mou. Équipés de super pick-up truck, les pêcheurs du week-end étaient déjà installés au bord de l'eau pour faire tremper leurs lignes. Rarement isolés et toujours bien équipés, ils viennent ainsi passer la journée en famille et/ou en petit groupe.

Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Pouto Point, une plage à l'infini   ©SM
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Pouto, entrée nord du havre de Kaipara côté Northland - En face le bout de la péninsule sud, côté Auckland   ©SM
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Attention, trous d'eau ...  ©DM
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande

Après les premiers pêcheurs, on découvre rapidement le phare de Pouto positionné sur un roc de grès dominant d'immenses dunes situées à huit kilomètres des habitations les plus proches. Ce phare de Kaipara North Head est un exemple rare de phare construit en bois subsistant encore en Nouvelle-Zélande. Édifié en 1883-1884, il avait pour mission de guider les navires à l'entrée de Kaipara, particulièrement traitre du fait de barres de sables instables. Situé entre les régions du Northland et d'Auckland, sur la côte ouest de l'île du Nord, Kaipara était à cette époque le centre du transit des bois de kauris dont l'exploitation atteignit son apogée à la fin du 19ème et au début du 20ème lorsque ces arbres utilisés pour la construction et l'exportation poussaient encore en abondance.

Photo du phare de pouto Northland Nouvelle-Zélande

 À l'origine, le phare faisait partie d'un complexe plus important comprenant les résidences des familles de deux gardiens assurant une présence permanente, une station de signalisation et des bâtiments auxiliaires. Le phare d'origine mesurait 13,4 mètres et sa tour hexagonale s'étageait sur trois niveaux, entre fondations en béton et lanterne. À la différence d'un grand nombre de phares néo-zélandais préfabriqués et importés de Grande Bretagne, la construction de Kaipara Norht Head se fit avec des matériaux locaux : les murs intérieurs et extérieurs étaient faits de planches de kauris alors que des briques de basalte extraites du Mont Eden à Auckland assuraient la solidité du noyau pour offrir une structure capable de résister aux vents extrêmes. La conception est attribuée à John Blackett, un ingénieur associé à l'histoire du 19ème siècle, sans doute assisté du Capitaine Robert Johnson, connu pour avoir échaffaudé le premier plan national de couverture en phares, à l'origine d'un vaste programme de construction lancé par le gouvernement colonial entre 1860 et 1880. Le recours à des structures de bois permettait de mener les travaux à moindres coûts et le phare de Kaipara North Head fut le dernier des phares côtiers érigés pendant cette période.

Vue sur la plage et les voitures en contrebas du phare de Pouto donnant une idée de l'échelle ... Une bonne grimpette !   ©DM
La lanterne avait été importée d'Angleterre et mise en service en décembre 1884 et si l'intérieur du bâtiment servait surtout d'espace de stockage, des trappes permettaient aux poids du mécanisme de s'y déployer. Les jours de bonne visibilité, le rayon portait à 37 kilomètres mais le passage à l'entrée de Kaipara n'en restait pas moins traitre et pendant les premiers mois d'opérations, les gardiens assurèrent le rôle de sauveteurs à trois reprises pour l'Anabell, le Mary Annison et le Mathieu contribuant au surnom de "côte des épaves" donné à la région*.

Photo du phare de Pouto Northland Nouvelle-Zélande

Les conditions extrêmes mirent la station à rudes épreuves, les mouvements des dunes et l'érosion se révélant rapidement problématiques et amenant finalement les gardiens et leurs familles à se relocaliser à Pouto Point au début des années 1900 en entrainant le recrutement d'un gardien supplémentaire permettant d'assurer une présence permanente à la station, par rotation. À l'époque, la plupart des bâtiments annexes avaient déjà disparus sous les assaults du vent et/ou avaient dûs être délocalisés.
Ensuite automatisé (fonctionnement au gaz), le phare de Kaipara fût éteint au moment de la seconde guerre mondiale. Sa lanterne originale fut enlevée en 1944 pour être déplacée au Cape Saunders (sud-est de l'île du Sud / vers Dunedin) où elle est restée alors qu'une lanterne plus petite, prise au Cape Foulwind (nord-ouest de l'île du Sud, vers Westport) la remplaça. Ironiquement, le phare fut rallumé en novembre 1947 à la date marquant la fermeture officielle de Kaipara comme port d'entrée néo-zélandais, même si la navigation locale y reste autorisée. Finalement laissé à l'abandon, le phare fut définitivement décommissionné en 1955-1956.

Vue depuis la plateforme du phare de Pouto (vers l'ouest)   ©DM

Avec le support de la communauté de Pouto, c'est une association de défense du patrimoine formée dans les années 1970 qui lança finalement la restauration du phare placé alors sous l'égide du New Zealand Historic Places Trust qui l'intégra au patrimoine des propriétés historiques. Bien que très isolé, le phare est un objectif d'excursion relativement populaire qui attire plusieurs millers de touristes chaque année (35'000 selon des chiffres de la fin des années 1990). En plus de sa valeur architecturale, historique et culturelle, ce phare rappelle par sa présence le rôle essentiel joué par le transport maritime dans le développement sociaux-économique de la Nouvelle-Zélande.
Le phare est fermé et ne se visite pas mais il faut absolument faire la grimpette pour le voir de plus près et embrasser les vues spectaculaires qu'il domine. Les dunes alentours servent de terrain de jeu aux 4x4, quads et motos qui s'en donnent à coeur joie et sans restriction (enfants à bord et règles de sécurité parfois limites !), certains préférant d'ailleurs monter jusqu'au phare de cette façon plutôt qu'en marchant ... un sport visiblement admis dans ces dunes du Northland alors qu'il est strictement interdit pour préserver les dunes dans la région d'Auckland qui lui fait face.

Quads en pleine ascension de la dune du phare de Pouto   ©DM

Ensuite c'est roues libres pendant des kilomètres et des kilomètres de plage sur des espaces peu fréquentés où s'installe parfois un pêcheur et où l'on croise de temps en temps une voiture ou une moto. Les paysages évoluent et changent, on passe des zones de dunes plus ou moins hautes, plus ou moins larges, quelques ruisseaux, des falaises de lignite sans échappatoire où il vaut sans doute mieux éviter de se faire coincer par la marée sachant qu'il y a très peu d'accès intermédiaires à la plage [Glinks Gully et Mahuta Gap sont les seuls points référencés entre Pouto Point et Baylys Beach, la plage la plus proche de Dargaville)]. La lumière joue et évolue aussi et lorsque la chaleur devient trop intense elle recouvre l'horizon d'un voile de brume.

La mer de Tasman, la plage, des traces de roues, des dunes ...
... des sensations de désert et une largeur de plage immense à la pointe sud-ouest de la péninsule ...
Pour le GPS, on roule carrément dans la mer de Tasman en remontant vers le nord par la plage !   ©DM
 ... pour la sortie, continuer tout droit (ou pas) vers le nord sur des dizaines et des dizaines de kilomètres ...
Première sortie : Glink's Gully    ©DM
Un peu de brume de chaleur, des dunes comme des falaises et des largeurs de plages qui se réduisent

On ressent surtout ce sentiment incroyable d'immensité et de liberté, l'impression d'être seuls au monde en profitant de la chance prodigieuse d'être là entre ciel, mer, et plage. On se repait du silence et de la beauté toute simple de cette nature à l'état brut qui nous nourrit d'une plénitude indescriptible et nous remplit d'humilité.
Jusqu'à Baylys beach, la plage est comme une large autoroute toute lisse mais au delà, elle est plus encombrée, toujours praticable certes, mais avec plus d'obstacles, ruisseaux, rochers et cailloux ainsi que des bandes de passage parfois assez étroites, même à marée basse.

... pas toujours très large et des rochers à éviter...
... pour slalomer ...
... une petite chute d'eau et un ruisseau à enjamber.

À Omamari, la plage n'est plus praticable du fait des rochers et falaises et la sortie trop difficile pour notre véhicule avec du sable sec dans lequel on s'enlise un peu (ça encore, ça se gère) mais qui cache surtout de gros rochers dangereux pour la voiture qui n'est pas suffisemment surrélevée si bien que nous avons préféré rebrousser chemin pour retourner jusqu'à Baylys beach où la sortie est bien plus facile (passage d'une voie longeant un ruisseau). 

Notre carosse des sables !
Sortie à Baylys beach et ses dunes dont les hauteurs ressemblent à des remparts
Voiture mal adaptée ... Attention à l'enlisement, on ne trouve pas toujours des âmes charitables !

Une expérience unique à chaque fois et qui restera sans doute toujours une image forte attachée à la Nouvelle-Zélande, inégalable !

Baylys beach - Notre fidèle monture au coucher de soleil sur la mer de Tasman (♪♫ I'm a poor, lonesome cowboy !♫♪)
 
Notes :
Je n'ai pas trouvé de site qui recense toutes les plages routières de Nouvelle-Zélande (mais il existe des clubs 4WD) alors pour les dénicher à l'avance il faut se débrouiller en faisant des recherches et des recoupements sur Internet. Sur le terrain, le hasard fait parfois bien les choses puisqu'il nous a déjà permis de tomber sur certaines de ces plages.  
* Dans la région d'Auckland, les plages de Muriwai et Karioitahi sont les seules ouvertes à la circulation; elles nécessitent l'obtention préalable d'un permis gratuit, renouvelable annuellement, à demander sur le site du Auckland Council. Il s'obtient en trois minutes car il suffit de remplir un formulaire en ligne avec des informations personnelles de base, les informations du véhicule, la raison de la demande et le choix de la plage (un permis pour chaque plage) pour une délivrance immédiate. (ICI)
* Le musée de Dargaville est un bon endroit pour en savoir plus sur l'histoire de la région marquée par de nombreux naufrages. On recense environ 150 épaves gisant à l'entrée de Kaipara dans une zone maritime surnommée "the Graveyard" (le cimetière). 

Carte extraite de la brochure Pouto Hidden Treasures du Department of Conservation

Plus d'infos :
Brochure Pouto Hidden Treasures - Department of Conservation (format pdf) ICI
The shipwrecks of Pouto Point - Tourism Kauri Coast ICI
Kaipara North Head Lighthouse - Heritage New Zealand ICI
Pouto point - NZ Topo maps ICI
Pouto Point tides - Metservices ICI
Règles de conduites sur plage - Auckland Council  ICI

jeudi 2 février 2017

NINETY MILE BEACH / TE ONEROA A TOHE - Sous les roues, la plage !


Ninety Mile Beach était inscrite depuis déjà pas mal de temps sur notre liste des endroits à voir et lorsque nous nous sommes installés à Auckland, c'est un peu pour elle que notre choix de voiture s'est porté sur une Jeep 4x4, seul type de véhicule adapté à cette highway néo-zélandaise un peu particulière.
Bordant la mer de Tasman à la pointe nord de l'île du nord, Ninety Mile Beach est en effet une longue autoroute de sable blanc accessible à marée basse, bornée par deux promontoirs volcaniques rocheux, Scott Point au nord et Reef Point près d'Ahipara au sud.

Photo de Te Aki 90 Miles Beach Nouvelle-Zélande
Accès nord par le lit de Te Aki, au pied des dunes - ©SM

Ne mesurant en réalité que 55 miles, soit environ 90 kilomètres, l'origine du nom de cette "plage de 90 miles qui n'en fait que 55" reste finalement assez mystérieuse comme choisit de l'indiquer l'encyclopédie néo-zélandaise de référence, Te Ara. Un blog d'une part et wikitravel d'autre part apportent toutefois une explication plausible à l'origine du nom que je rapporte ici pour l'anecdote mais avec toutes réserves compte tenu de l'absence de sources qui la corroborent : Ninety Miles Beach serait le résultat d'une estimation erronée de la distance de la plage, mesurée par des missionnaires à cheval dans un cas, des fermiers menant leur bétail au marché dans l'autre. Dans les deux cas, l'histoire raconte qu'il fallait trois jours pour effectuer le trajet et que les protagonistes se déplaçant habituellement de 30 miles par jour en conclurent logiquement que la plage faisait un total de 90 miles; cette opération valide en terrain normal aurait finalement été faussée par le sable ralentissant le train, une variable non prise en compte par nos quidams.


Photo de 90 Mile beach Nouvelle-Zélande
90 Mile Beach - ©SM
Pas sûre que cela simplifie les choses mais l'anomalie de ce nom peut être évitée en adoptant celui qui lui est donné par les Maoris : Te Oneroa a Tohe signifiant "la longue plage de Tohe*". Un changement qui semble justifié après plusieurs décennies de plaintes et de procédures présentées par 5 Iwi représentant une communauté de 40'000 membres des tribus maori du nord de la Nouvelle-Zélande et la recherche d'un accord sous l'égide du tribunal de réconciliation de Waitangi proposant des dédomagements sous forme d'indemnités compensatoires, des transferts de propriété de terrains rendus aux maoris par la couronne ainsi que la co-gouvernance de la plage et de ses eaux avec les communautés locales indigènes. 
Si la signification historique et symbolique de la plage a été reconnue et légitimise le nom maori, son accessibilité demeure inchangée et n'est pas remise en cause par ces décisions.  

Mais à quoi faut-il s'attendre ?

Ninety Mile Beach n'est rien d'autre qu'un long désert de sable en bord de mer, vierge de tout équipement et de quasiment toutes traces humaines en dehors de celles, éphémères, laissées par les quelques véhicules qui passent. Cette immense autoroute de sable forme un arc, tracé entre mer de Tasman et dunes. Celles-ci ceinturent entièrement le parcours, soumises aux éléments, variables en taille, en profondeur et en présentation même si les changement sont presque imperceptibles, avalés par la distance : énormes piles de sables nues au nord où elles culminent à 150 mètres de haut (pour mémoire, la dune du Pilat c'est 110 mètres) avant de décroître progressivement en direction du sud; elles se couvrent d'abord discrètement d'une végétation fragile insuffisante pour les maintenir avant qu'elles ne deviennent plus solides, fixées au sud par une végétation plus variée et plus dense. En profondeur, elle peuvent s'enfoncer jusqu'à 6 kilomètres dans les terres cachant alors entièrement l'arrière pays mais elles laissent aussi deviner par endroit des collines aux allures de dévastation (au nord) ou des zones plus boisées (plutôt vers le sud).

Photo de 90 Mile Beach Nouvelle-Zélande
90 Mile Beach - Seuls au monde : des dunes, la mer, la plage, le ciel et nous ! ©SM

Côté mer, peu de variations : juste un grand rocher percé que l'on aperçoit au départ de Te Paki suivi un peu plus loin d'une excroissance rocheuse appelée The Bluff. Il s'agit en fait d'une coulée de lave d'origine sous-marine avec des bandes de quartz, reliée au continent à marée basse par une plateforme de sable et couverte de plantes apportant quelques touches de couleur dans ce monde en bleu et sable.

Photo de The Bluff 90 Mile Beach Nouvelle-Zélande
The Bluff - 90 Mile Beach - ©SM


À savoir :

D'un point de vue pratique, il vaut tout de même mieux prendre quelques précautions avant de se lancer sur Ninety Mile Beach / Te Oneroa a Tohe :

1- Circuler avec un véhicule adapté et équipé parce qu'en cas de panne ou d'enlisement, on est seul au monde et on risque de se sentir vite dépassé. Il faut savoir que les agences de location n'autorisent pas leurs clients à prendre cette highway, même avec un 4x4. La plupart des touristes utlisent donc les services d'un tour organisé au départ de Kaitaia ou de Paihia qui comprennent en général la visite du cap Reinga, un arrêt aux dunes géantes de Te Paki pour surfer sur les pentes et le parcours sur la plage avec des bus 4x4 adaptés. Toutefois et comme nous avons pu le constater au départ en dépassant une voiture et un bus enlisés au pied des dunes de Te Paki, même les bus professionnels peinent parfois sur les zones difficiles de sable sec : l'excursion touristique se pimente alors d'un peu d'exercice quand le chauffeur fait descendre tous ses passagers, installe un cable et leur demande de tirer pour dégager et faire eux-mêmes avancer le bus !
Quant aux voitures de modèles standard, il y en a toujours qui arrivent à s'engager comme nous avons pu le voir et comme nous  l'ont indiqué plusieurs conducteurs locaux mais il faut alors être super prudents et conscients des risques; les recommandations sont alors d'accéder à la plage par la zone la plus sûre et la moins sableuse (celle de Wapapakauri) et une fois sur la plage, de respecter quelques règles de circulation pour éviter l'enlisement (là encore, nous en avons vu qui se sont retrouvés coincés et vraiment bien bêtes) avec un peu de matériel pour se tirer d'affaire au cas où (cartons ou planches à placer derrière les roues pour sortir du sable, corde pour se faire tracter, etc.)
 
Photo de 90 Mile Beach Nouvelle-Zélande
90 Mile Beach, il y a le ciel, le soleil et la mer ... ©SM

2 - Avoir fait le plein avant de s'engager au nord d'Awanui et de Kaitaia sachant qu'il n'y a plus de station service au nord de ces bourgades servant de base touristique pour les visites à la péninsule du cap Reinga et Ninety Mile Beach. Il faut donc prendre ses précautions et remplir suffisemment le réservoir parce qu'un parcours complet pour Ninety Mile Beach c'est quand même, en gros, 200 kilomètres sans re-approvisionnement.          

3 - Vérifier et définir son circuit en fonction des horaires des marées. Avant de prendre la plage, le panneau du ministère de l'environnement (Department of Conservation) indique que les conducteurs s'engagent à leur risques et périls, que Ninety Mile Beach est particulièrement dangereuse 2 heures avant et après la marée haute et que de nombreuses voitures ont été englouties par les marées. (sur Internet, on trouve des photos d'épaves englouties par le sable mais nous avons eu beau ouvrir les yeux, aucun cadavre de ce type en ce moment ... et c'est tant mieux...).
Certains sites recommandent de se caler par rapport à l'heure de marée basse pour circuler en utilisant une marge de 3 heures avant et/ou après. 
Pour s'aider, il existe plusieurs sites donnant les horaires des marées. Nous avons utilisé celui de Surf-Forecast.com (voir liens ci-après), pratique parce qu'il indique en temps réel, par un point rouge clairement visible sur le graphe qui dessine les marées, où on se situe exactement par rapport à la marée (ainsi qu'un compte à rebours en haut de page pour les prochaines marées, haute et basse).

4 - Respecter quelques règles de circulation :
- Conduire au plus près de l'eau où la surface est dure et au plus loin des dunes où le risque d'enlisement est le plus fort,
- La plage est considérée comme une highway où les règles de conduite habituelles s'appliquent, en particulier la limitation de vitesse à 100 km/h... Il est très tentant et assez grisant de laisser aller le pied sur le champignon mais attention, la plage est coupée les petits ruisseaux qui accidentent le terrain,
- Ralentir au niveau des ruisseaux qui sont généralement sans conséquence sur le relief mais se révèlent parfois assez traitres quand on s'y attend le moins.

5 - Repérer les accès d'entrée et de sortie de la plage sachant qu'il n'en existe que cinq plus ou moins difficiles et limité aux urgences pour celui de The Bluff. Elles sont détaillées dans le "motorist guide to 90 mile beach and Te Paki Stream" :


photo du lit de te Paki accès à 90 mile beach Nouvelle-Zélande
Au départ, dans le lit de Te Paki - ©SM

- Ruisseau de Te Paki*. C'est l'accès que nous avons pris après la visite du cap Reinga afin de parcourir la plage du nord au sud et nous caler sur les marées du jour.  La route venant du cap se termine au pied des immenses dunes de sable, utilisées comme toboggans géants pour faire des glissades (parking et location de planches possible sur place). Après le panneau d'avertissement indiquant Ninety Mile Beach, il faut s'engager dans le lit du ruisseau Te Paki dont il faut suivre le cours et "les traces" entre les dunes, avant de traverser une zone de sable sec pas évidente qui permet de rejoindre la plage (là où nous avons vu une voiture et un bus enlisés et bloqués). Un parcours de mise en bouche de 3 kilomètres représentant sans doute la partie la plus délicate du trajet du fait de la nature du terrain. Il est conseillé de traverser à petite vitesse, sans jamais s'arrêter dans le ruisseau.    


- The bluff (à Hauteur du village de Houhora). À 20 kilomètres de Te Paki, cette zone est facilement reconnaissable parce que c'est la seule section de la plage avec un espace rocheux sur la mer sur lequel on peut crapahuter et se dégourdir les jambes en regardant les vagues s'écraser. À cet endroit, il existe une route d'accès mais elle est privée et ne doit être utilisée qu'en cas d'extrême urgence sachant qu'elle nécessite par ailleurs de traverser une zone de sable sec délicate pour les véhicules inadaptés.

Photo de The Bluff à Ninety Mile Beach Nouvelle-Zélande
90 Mile Beach - The Bluff - ©SM

- Hukatere Hill (à hauteur du village de Pukenui). À 50 kilomètres de Te Paki, cet accès passe au pied d'une colline arrondie, facilement identifiable de la plage et relativement praticable.

- Waipapakauri ramp (à hauteur du village de Waipapakauri). Située à 70 kilomètres de Te Paki cette rampe goudronnée est l'accès le plus sûr à la plage, celui qu'utilisent les bus dans un sens ou l'autre. A noter que c'est aussi l'endroit de la plage qui concentre le plus de monde - tout est relatif - avec des pêcheurs, des familles qui ramassent des tuatua (coquillage local), etc.

- Ahipara. Pour aller tout au bout de la plage ... mais la sortie n'est pas la plus facile. On peut opter pour le passage au nord du village traversant une zone de sable sec difficile, heureusement courte, dans laquelle on s'enfonce même avec un 4x4 ou alors prendre le passage sud tout au bout de la plage, celui qui passe par une zone rocheuse accidentée, faisable avec de grandes roues et un chassis surélevé mais à éviter s'il est trop bas parce qu'alors ça racle de façon inquiétante.  

Photo à l'arrivée à Ahipara 90 Mile Beach Nouvelle-Zélande
90 Mile Beach - Arrivé à Ahipara - ©SM

Ainsi bien préparés, on profite dans l'isolement le plus complet de ces paysages vierges du bout du monde. La plage de Ninety Mile Beach, parfois qualifiée de "mère de toutes les plages", est un espace de liberté absolu qui laisse une impression irréelle et magique et c'est finalement là tout l'intérêt de cette excursion hors temps !

Carte de ninety mile beach nouvelle-Zélande
Source : Ahipara motorist guide to 90 mile beach and Te Paki stream

Nota :
1 - Chaque année, fin février ou début mars, la plage est envahie quand elle sert d'arène à un grand concours de pêche se déroulant sur cinq jours, le snapper bonanza. L'édition 2017 aura lieu du 14 au 18 mars. (De belles photos et vidéo à voir sur leur site) 
2 - La Ninety Mile Beach de Nouvelle-Zélande apparait dans les classements des 10 plus longues plages du monde, en général autour de la 5ème place selon les sources ...mais pour alimenter une vieille rivalité, toujours après la plage homonyme d'Australie. 

*Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
A : appartenant à (particule indiquant la possession). 
One : plage, sable, terre, sol. 
Paki : le beau temps
Roa :  long, longueur, durée, délai.
Te : le/la (déterminant singulier)
Tohe : chef du peuple Ngati Kahu, un ancêtre important qui aurait nommé plus de 100 endroits de la côte ouest lors de son dernier voyage vers le sud pour aller voir sa fille.

Sources et plus d'infos :
Horaires et table des marées pour Ninety Mile Beach (en français) - Surf-Forecast.com  ICI
Motorist guide to 90 mile beach and Te Paki Sream - Ahipara - ICI 
New name for ninety Mile Beach possible under Treaty deal - NZ Herald 18/01/2010 ICI
Iwi deal to co-manage 90 Mile Beach - NZ Herald 27/01/2012 ICI
Snapper Bonanza Surf Casting competition - ICI
The longuest beaches in the world on which to take a really, really long walk - The Hufftington Post 18/02/2014 - ICI
Explications du nom :
Wikitravel Ninety Mile Beach - ICI
Blog Backpackingmatt - New Zealand's North : Cape Reinga and 90 Mile Beach - ICI