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jeudi 20 septembre 2018

Voyager en Nouvelle-Zélande pendant l'hiver austral, un vrai bon plan !

Ce n'était vraiment pas prémédité parce que nous avions initialement prévu de voyager en mars-avril, à la fin de l'été austral et le début de l'automne, pour profiter encore de la 'belle saison" néo-zélandaise ... mais voilà, les circonstances sont telles que nous n'avons pas pu prendre la route avant la mi-juin et que nous avons finalement dû voyager pendant la saison hivernale australe pour conclure dignement et comme nous  le souhaitions une paranthèse kiwie de presque deux ans ... une obligation qui s'est finalement révélée être un véritable bon plan testé sur 6/7 semaines, essentiellement dans l'île du sud, avec quelques inconvénients mineurs largement compensés d'avantages plus qu'intéressants.

Photo en hiver sur la route du mont Sunday Nouvelle Zélande
Sur la route du Mount Sunday - Hiver 2018

Quand on voyage en Nouvelle-Zélande au coeur de l'hiver il ne faut évidemment pas se leurrer et s'organiser en prenant en compte les contraintes de saison :

1 - Des journées courtes qui se terminent tôt.
À la mi-juin, le soleil se lève assez tard - vers 7h30 - et la nuit s'installe très tôt et très rapidement, dès 17h.   

2 - Dans certaines régions, il existe des risques de "black ice" (plaques de verglas) et/ou de chutes de neige sur la route qui ne permettent pas toujours de circuler où et quand on veut, surtout la nuit. Pas de pneus neige, les automobilistes sont équipés de chaînes qu'ils fixent en se garant sur le bord des routes quand nécessaire, à mi-chemin en montant aux stations de ski par exemple.
Ceci dit, même dans les régions de montagnes, les vallées et les routes sont en général plutôt larges, les zones de danger bien identifiées et indiquées avec, parfois seulement, des fermetures de routes*. Pendant notre road trip, cela ne nous a jamais posé de problème même si nous avons vu à plusieurs reprises des voitures retournées au bord de la route, victimes du black ice qui est un danger bien réel.

3 - Certains sites, attractions, restaurants, motels et/ou toilettes peuvent être fermés quelques semaines en hiver. Certains lieux sont alors impraticables (toilettes en montagnes) ou les propriétaires d'établissements d'accueil profitent de la baisse d'activité pour prendre leurs propres vacances et/ou pour effectuer des travaux de réfection.
C'est parfois dommage pour certain lieux emblématiques comme Cathedral Caves dans les Catlins, fermés et totalement inaccessibles en hiver même si, pour ce qui concerne les sites, ces fermetures restent des exceptions. 



Mises à part ces trois restrictions, auxquelles on peut facilement s'adapter en planifiant son voyage, en vérifiant les conditions d'ouvertures sur Internet et en essayant de profiter au maximum des journées entre 8h30 et 17h, l'hiver présente pas mal d'avantages :

1 - Du côté de la météo d'abord, sachant que les amplitudes de températures ne sont jamais extrêmes entre l'été et l'hiver**, les conditions atmosphériques se révèlent en fait parfois meilleures en hiver.
C'est par exemple le cas de toute la côte ouest de l'île du sud de la Nouvelle-Zélande, une région extrêmement humide (300 jours de pluies par an) que nous n'avions pas pu apprécier lors d'un précédent passage estival copieusement arrosé et que nous avons enfin pu découvrir sous le soleil et dans toute sa splendeur pendant les mois d'hiver, les plus secs de l'année ... sans compter que l'accumulation de neige y ajoute au passage un effet esthétique spectaculaire.

Photo du mont cook Nouvelle Zélande
Survol panoramique vers le Mount Cook, plus haut sommet de Nouvelle-Zélande, entre Tasman Lake et Tasman Sea
 2 - Qui dit saison "basse" dit également moindre fréquentation et des prix d'hébergement très compétitifs, presque toujours significativement plus bas qu'en été.
Nous qui n'aimons pas la foule, nous avons ainsi apprécié les croisières, les vols panoramiques, les musées, les sites, les balades et/ou toutes autres "attractions" en petits comités qui favorisent la convivialité aussi bien avec les accompagnateurs - plus détendus et accessibles que lorsqu'ils doivent gérer de grands groupes - qu'avec les autres voyageurs pour des partages d'expériences et l'échange de bons plans (par exemple, survol du Mont cook à partir du lac Tekapo avec seulement trois passagers dans l'avion, ce qui nous a permis de passer d'un hublot à l'autre pour s'en mettre doublement plein les yeux !).     
Côté hébergement, nous avons presque toujours eu le choix*** en variant le type de nuitées et en réservant souvent au dernier moment, au jour le jour. Dans les motels nous avons bénéficié de prix d'au moins 30% inférieurs à ceux de l'été avec des upgrades de chambres en petits appartements, chauffage inclus, avec là encore des hôtes accessibles, sympathiques et avec du temps à nous consacrer.


Photo d'un rocher en forme de coeur Nouvelle-Zélande
I ♥ NZ - Rocher sur la côte ouest de la Nouvelle-Zélande

3 - Autre bénéfice du voyage en hiver : les rencontres animalières de saison.
Le meilleur exemple est celui de la région de Kaikoura, réputée pour ses excursions-découvertes des baleines; certaines espèces (cachalot ou orque) sont installées dans ses eaux à l'année mais d'autres comme les baleines à bosses n'y passent qu'en hiver, en transit lorsqu'elles remontent de l'Antarctique, un vrai plus pour les amoureux de nature...

Photo d'un panneau passage de pingoins Nouvelle-Zélande


Sur tous les plans, ce voyage pendant l'hiver austral s'est donc révélé un vrai bon plan et cet avis semble partagé par les autres voyageurs rencontrés en chemin. Forts de cette expérience, nous n'hésitons désormais pas à recommander à tous ceux qui envisagent le voyage vers la Nouvelle-Zélande de sérieusement considérer cette option qui permet d'éviter la flambée des prix et l'engorgement**** de l'été austral sans en réduire l'intérêt, bien au contraire.

Nota :
* Quelle que soit la saison, quand on circule en Nouvelle-Zélande, il faut toujours avoir le réflexe de consulter le site du NZ Transport Agency et ses pages Traffic and Travel Information pour s'assurer que les routes à emprunter sont bien ouvertes. À cause de la glace l'hiver ou plus souvent du fait de glissements de terrains - en toutes saisons - la fermeture de certaines routes obligent parfois à des détours de dizaines, voire de centaines de kilomètres.
** Sur les 6/7 semaines de notre séjour, nous avons pique-niqué quasiment tous les jours dans la nature à midi. 
*** À l'exception peut-être de Queenstown et de Wanaka, villes très courues et plus congestionnées (en juillet, saison des sports d'hiver et vacances d'hiver locales).
**** À savoir : la Nouvelle-Zélande a des infrastructures de tourisme relativement limitées face à l'afflux massif de touristes à la saison haute, sachant que les érangers s'ajoutent aux vacanciers locaux profitant de leurs "grandes vacances". Depuis quelques années, cet engorgement est renforcé par les demandes du marché asiatique avec un pic de visites au moment du nouvel an chinois.  

jeudi 22 février 2018

La saison des cyclones en Nouvelle-Zélande - C'est E.T. de décembre à avril

En avril 2017, on nous avait annoncé l'arrivée de l'apocalypse avec le cyclone Cook, des prévisions qui s'étaient finalement avérées largement surrévaluées sur Auckland même s'il a laissé son lot de dégâts ... Il a été suivi un peu plus tard des restes de Donna dont les pluies diluviennes ont fait pas mal de dommages dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, inondations et beaucoup de glissements de terrains.
En cette année 2018, nous avons déjà eu quelques jours de pluies intensives et un premier coup de vent en janvier avec le passage de Feihi, de la roupie de sansonnet à côté de Gina dont les prévisions météo se sont progressivement précisées à la une des journaux cette semaine avant de frapper brutalement le pays.
 
Mais, mais ... des cyclones en Nouvelle-Zélande, qui l'eut cru ?

Cyclone Gita au dessus des Tonga - 16-02-2018 - Source: NZ Herald

Et oui, bien que située très au sud et protégée par des eaux plutôt froides, la Nouvelle-Zélande est régulièrement balayée par des queues de cyclones quand le pays ne subit pas un impact ricochet plus violent, ce qui arrive, en moyenne, au moins une fois par saison. Alors il faut le savoir, la saison des cyclones en Nouvelle-Zélande c'est comme ailleurs dans le reste du Pacifique sud, une période qui s'étale, grosso modo, de décembre à avril [c'est à dire la période estivale la plus touristique].

Impact après le passage de Fehi en Nouvelle-Zélande - Février 2018 - Source : NZ Herald

Un "cyclone tropical" c'est le nom adopté dans le Pacifique sud-ouest et l'océan Indien ; le mot est différent mais c'est le même phénomène que les "ouragans" de l'Atlantique nord et l'est Pacifique ou que les "typhons" familiers en Asie du sud-est et en Chine, des tempêtes qui commencent toutes sous la chaleur des tropiques.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 15/02/2018 - Source : AccuWeather

La spécificité d'ici, dans l'hémisphère Sud, c'est que ces cyclones tournent dans le sens des aiguilles d'une montre ... pour le reste, c'est pareil que partout ailleurs : ils tirent leur énergie de la chaleur dégagée sous les tropiques lorsque la vapeur d'eau se condense en pluie, mesurent jusqu'à 500 km de large avec "un oeil" de calme en leur centre qui n'a presque aucun nuage et pas/peu de vent.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 18/02/2018, ça se précise - Source : AccuWeather

Parce que les eaux sont plus froides vers le sud et qu'elles leur fournissent moins de chaleur, ces cyclones ont tendance à s'affaiblir lorsqu'ils se dirigent vers la Nouvelle-Zélande (et le pôle sud) en perdant leurs caractéristiques de tempête tropicale pour se transformer en "tempêtes latérales" appelées "extratropicales" (ET) par les scientifiques pour désigner ce mouvement vers le pôle et les changements de structure qui l'accompagnent.

En arrivant vers la Nouvelle-Zélande, ces tempêtes n'en gardent souvent pas moins une force suffisante pour générer des vents destructeurs, une mer haute et de fortes pluies. Parfois même, les restes de cyclones tropicaux s'intensifient en zone extratropicale pour devenir de puissantes "tempêtes de latitude moyenne" capables d'infliger des pertes en vies humaines et de graves dommages matériels. Une transformation et un impact très variables qui dépendent de la période, du parcours, et de la phase dans laquelle se situe le cycle d'El Niño/La Niña. 

Photo aérienne des innondation de Whakatane en avril 2017 Bay of Plenty Nouvelle-Zélande
Avril 2017 - Après la passage de Cook, rupture d'une brèche et inondations de Whakatane dans la Bay of Plenty  ©DM

Certains de ces épisodes E.T. ont particulièrement marqué la Nouvelle-Zélande :

--> le cyclone Giselle en avril 1968 qui s'est intensifié dans le sud de son parcours avec des vents de 270 km/h soufflant sur Wellington, provoquant la mort de 51 personnes dans le naufrage du Wahine, ferry assurant la traversée régulière entre l'île du Nord et celle du Sud.
 
Le naufrage du Wahine pendant le cyclone Giselle - 1968 Source : Wikipedia Common

--> le cyclone Bola qui a balayé et dévasté le nord de la Nouvelle-Zélande en mars 1988 avec des vent dantesque et plus de 900 mm de pluies déversées sur son passage en causant de sérieux dégâts.
--> ou encore Fergus et Drena qui ont provoqués vents et pluies torrentielles dans l'île Nord en pleine période touristique en décembre 1996.

Imprimés dans la mémoire collective, Giselle et Bola sont les étalons du pire, la référence des journalistes qui s'en servent souvent à l'annonce d'un nouvel épisode particulièrement menaçant pour le pays mais l'expérience de Cook nous a montré qu'à trop crier au loup, ils ne semblent pas toujours écoutés.

Ce qui nous a aussi beaucoup frappé ce sont les masses d'eaux qui tombent à chaque passage et les dégâts révélateurs qu'ils engendrent : inondations, glissements de terrains qui sont autant de signes de la fragilité des terres, des côtes et des pentes de ce magnifique pays dont les colons, en détruisant massivement les forêts pour en faire des pâturages, en ont très fortement et largement fragilisé les sols.  
  

Les cyclones 2017 et 2018 en Nouvelle-Zélande :
(Nota : l'échelle de classification comprend 5 niveaux, fonction de la force/vitesse des vents)

Tableau de classification des cyclone en Nouvelle-Zélande - Source : MetService

Année 2017 :
Bart - Février - Cat.1 / Cook - mars-avril - Cat.3  / Donna - avril-mai - Cat.5 / Ella - mai - Cat.2
Année 2018 :
Feihi - janvier - Cat.1 / Gita - février - Cat.5

Plus d'infos :
Weather : Cyclone Donna leftovers bring heavy rain to New Zealand - Newshub 11/5/2017 ICI
Heightened cyclone risk for northern New Zealand this season, says Niwa - Stuff 15/10/2017 ICI National Institute of Water and Atmospheric Research - Niwa Taihoro Nukurangi ICI
How often is New Zealand hit by tropical cyclones ? - Niwa / Mark Sinclair- 1/03/2002  ICI
Tropical Cyclone Monitoring  - Met Service ICI
Cyclone Gita : Why it is speeding up as it approaches New Zealand - NZ Herald 20/02/2018 ICI 

vendredi 29 septembre 2017

Quel décalage horaire entre la France et la Nouvelle-Zélande ?

Dimanche dernier, nous avons avancé nos montres d'une heure et sommes passés en Daylight Saving Time alors que la France n'est pas encore passée à l'heure d'hiver ... Mais alors, quel est le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France ?

Article matheux, attention ça va chauffer !!!  ...





... ou comment illustrer mois par mois, par un tableau et des couleurs, le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France en fonction des saisons et des dates de changement d'heure :

Mois par mois - Les décalages horaires entre NZ et France pour l'année calendaire 2017

Explications :

Colonnes "saison" :
Situées dans deux hémisphères opposées, les saisons sont inversées entre la Nouvelle-Zélande et la France. Elles sont récapitulées en quatre couleurs dans le tableau en les calant sur une approche "approximative", "à la néo-zélandaise", c'est à dire en simplifiant au mois "entier" plutôt que de tenir compte de leurs dates de solstices/équinoxes qui tombent en cours de mois sans rien apporter à la problématique du décalage horaire.

Colonnes "heure":
Les deux pays pratiquent l'heure d'été ("daylight saving" en NZ) et l'heure d'hiver identifiées en deux couleurs dans le tableau. Les règles appliquées ne sont pas tout à fait les mêmes* dans les deux pays si bien que les dates de changement d'heure sont différentes, elles sont donc reportées dans le tableau.
Résultat : les heures d'été et d'hiver sont inversées sauf aux périodes de changement intermédiaires où les heures d'été se chevauchent d'une semaine ou un mois (jamais les heures d'hiver).

Colonne centrale "Décalage horaire", en rose :
On en déduit le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France qui sera de 12 heures, 11 heures ou 10 heures selon le moment de l'année.




De façon pratique, pour l'appliquer, il suffit de se rappeler que la Nouvelle-Zélande est le premier pays après la ligne de changement de date et qu'elle est donc toujours en avance sur la France, si bien que :
-->  De Nouvelle-Zélande on soustrait le décalage à l'heure locale pour déterminer l'heure française (si le résultat est négatif, la France est encore "la veille" à J-1),
--> De France, on ajoute le décalage à l'heure locale pour connaitre l'heure en NZ (si le total est supérieur à 24, la Nouvelle-Zélande est déjà passée au jour d'après à J+1),


Exemple 1 :
Le 28 septembre à Auckland,
Le tableau donne un décalage de 11 heures NZ-France,
S'il est 16 heures à Auckland, il est 16 - 11 = 4 heures du matin le même jour en France.
Exemple 2 :
C'est le 15 décembre en France,
Le tableau donne un décalage de 12 heures NZ-France,
S'il est 11 h à Paris, il est 11 + 12 = 23 h le même jour à Auckland,


Toujours un casse-tête mais une bonne occasion de mettre à jour la page de ce blog et d'y ajouter deux horloges qui indiquent en temps réel l'heure d'Auckland et celle de Paris ... ça évite les calculs et c'est plus simple, non ?

Et pour répondre à la question posée en introduction : le week-end dernier, nous sommes passés de 10h à 11h de décalage avec la France ...pour un mois seulement parce que le 28 octobre, il passera à son maximum de 12h.

Notes :
* Depuis 2007, suite à un débat au parlement et à une enquête d'opinion nationale, le "Daylight Saving" (heure d'été) est observé en Nouvelle-Zélande du dernier dimanche de septembre au premier dimanche d'avril.
Pour ce qui est des règles françaises, les dates sont calées sur le dernier dimanche de mars (début de l'heure d'été) et le dernier dimanche d'octobre (début de l'heure d'hiver).

Pour 2018 et les années suivantes, la structure du tableau reste toujours la même, il faut juste modifier les dates de changements d'heures pour chaque pays en fonction de leurs calendriers respectifs :

Mois par mois, les décalages horaires entre NZ et France pour l'année calendaire 2018

Plus d'infos :
Daylight Saving - NZ Government  ICI

lundi 28 août 2017

Arcs-en-ciel à gogo

En hiver à Auckland quand le soleil joue à cache-cache avec la pluie et que le ciel ne sait plus où donner de la tête, c'est la fête de l'arc-en-ciel. Nous n'en avons jamais vu autant, en si peu de temps et de façon aussi spectaculaire et parfaite qu'en ce mois d'août 2017 passé en Nouvelle-Zélande.

L'apothéose, c'est sans doute ce double arc-en-ciel qui s'est manifesté à Coromandel au dessus des champs après un grain de courte durée venu de la mer, fort et puissant. Une double arche auréolée d'une douce lumière voilée. Une merveille !   

Photo d'arc-en-ciel à Coromandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Arc-en-ciel double à Coromandel - Août 2017   ©DM

Persistante, l'arche double nous a suivis pendant plusieurs kilomètres en continuant de s'offrir en spectacle avec de subtils changements de décor, avant de s'atténuer et de disparaitre dans une ultime révérence. 

Photo d'arc-en-ciel à  Cormandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Arc-en-ciel à Coromandel - Août 2017   ©SM

À la fin du même week-end et alors que nous n'avions pas vu la pluie de la journée, manifestation d'un nouveau dôme coloré au dessus de la chaîne de Coromandel en guise d' "au revoir et revenez nous voir"! On ne s'en lasse pas, il se dessine cette fois dans un ciel laiteux éclairé par la lumière rasante de fin de journée alors bien sûr, "clic-clac photo", on s'émerveille et on l'immortalise lui aussi !

Photo d'arc-en-ciel à Coromandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Coromandel - Août 2017   ©SM

Un véritable festival quand on y ajoute par exemple cette arche récoltée par nos enfants en voyage vers Roturoa et le lac Taupo, prise au dessus du site de Craters of the Moon :

Photo d'arc-en-ciel à Craters of the Moon Nouvelle-Zélande - Rainbow Craters of the Moon New Zealand
Arc-en-ciel à Craters of the Moon - Taupo août 2017   ©MM

Ou encore les manifestations récurrentes et sans cesse renouvelées dans notre voisinage, sur fond de ciel gris :

Photo d'arc-en-ciel à Half-Moon-Bay Nouvelle-Zélande - Rainbow over Half Moon Bay Auckland New Zealand
Arc-en-ciel au dessus d'Half-Moon-Bay - Août 2017  ©SM

Ou plus atténué, un autre jour, capturé sur fond de ciel lumineux alors qu'il commence à disparaitre :

Photo d'arc-en-ciel à Half-Moon Bay Nouvelle Zélande - Rainbow over Half Moon Bay Auckland New Zealand
Arc-en-ciel au dessus d'Half-Moon-Bay - Août  ©SM

En Nouvelle-Zélande, le festival des arcs-en-ciel c'était en août, une cuvée 2017 exceptionnelle !

mercredi 26 juillet 2017

Auckland l'hiver, la pluie et le beau temps !

À Auckland, le début de ce mois de juillet en plein coeur de l'hiver austral s'est fait remarqué par une vague de froid assez inhabituelle, les températures descendant bien en dessous de la barre des 10ºC. Les moyennes affichées par le thermomètre sont remontées depuis mais le temps reste extrêmement variable et humide si bien que sur une même journée, on peut rapidement passer du soleil à la pluie et de la douceur au froid humide et pénétrant.

Un peu bizarre quand on l'habitude de faire rimer juillet avec été et que les copains sont en train de se faire dorer la pilule mais tout à fait normal ici, juillet est le mois le plus froid de l'année, c'est de saison !

 
Prévisions météo à Auckland pour la fin juillet 2017

Du T-shirt à l'imper en passant par les pulls léger et épais, la stratégie des couches reste donc d'actualité pour toute sortie même si en matière d'habillement, on voit de tout, de la tenue short-tongs à la variante doudoune-bottes en passant par toutes les combinaisons possibles plutôt plus que moins cools.
À l'intérieur on s'emmitouffle. Il faut dire que la plupart des maisons* sont mal isolées et non chauffées et qu'il vaut mieux s'équiper un peu. D'ailleurs, pour nous, l'arrivée de l'hiver s'est d'abord annoncée dans notre supermarché où une gondole dédiée, stratégiquement positionnée à l'entrée du magasin, proposait les "essentiels" pour y faire face :


 ... avec des couvertures électriques chauffantes ...


... des chaussons et des couvertures traditionnelles ...


... ou encore des briquettes de bois pour les feux de cheminée ... 



Rien d'extrême toutefois et il ne faut pas se plaindre car Auckland est la ville "la plus chaude" et la "plus ensoleillée" de Nouvelle-Zélande grâce à son climat "océanique sans saison sèche" / "subtropical humide". Soleil et pluie toute l'année, une combinaison appréciée des agriculteurs, d'autant plus gagnante qu'Auckland ne connait en principe pas de températures extrêmes ou de grandes variations : l'amplitude entre le moment le plus froid et le plus chaud de l'année ne dépasse pas 10ºC alors que la moyenne annuelle s'établie autour de 16ºC. Un climat relativement doux qui, du fait de l'influence océanique, reste globalement plus frais qu'à Malaga en Espagne ou Monterrey en Californie pourtant situées dans l'hémisphère nord à une latitude équivalente à celle d'Auckland au sud. 

Une journée (voire même une heure) d'hiver à Auckland ...un coup la pluie, un coup le soleil...   ©SM

Alors oui, on ne sait jamais bien sur quel pied danser d'autant que les prévisions météos sont souvent très approximatives et rarement exactes tant joue la variabilité. Et s'il faut bien constater que la pluviométrie est élevée toute l'année, en toutes saisons, en particulier l'hiver, il est tout aussi vrai que les averses ne durent jamais longtemps, balayées par les vents venus de l'océan qui font rapidement place nette à un ciel bleu ensoleillé qui nous offre en soirées le spectacle de couchers de soleil en technicolore, sans cesse renouvelés, appréciés sans modération.

Couchers de soleil d'hiver - Auckland    ©SM


*Nota :
De construction récente et moderne, nous avons plutôt de la chance avec notre maison parce que nous pouvons en chauffer la pièce à vivre principale ... mais pas les chambres ... si bien que l'heure du coucher est parfois délicate quand il faut se glisser dans les draps froids même si on s'y habitue et qu'on dort finalement plutôt bien. Alors dans les accessoires d'hiver, quand on n'est pas adepte de la couverture electrique, on trouve aussi la bonne bouillote traditionnelle avec laquelle il est toujours possible de bassiner les lits, comme au temps de nos grands-mères !

Les saisons à Auckland - voir aussi :
Un automne à Auckland, ça balance pas mal...
Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?
Demain, c'est l'été ...
À Auckland, c'est le printemps

lundi 5 juin 2017

En Nouvelle-Zélande, Queen's day et Arbor day, doublé gagnant en 2017

En Nouvelle-Zélande, nous bénéficions d'un jour férié et d'un pont systématique le premier week-end de juin, grâce à Queen's Day fixé non pas à la date anniversaire de la reine mais le premier lundi de juin. La reine c'est évidemment Elizabeth II qui, indépendamment de son titre de reine d'Angleterre, est aussi reine de Nouvelle-Zélande.

En 2016 - Timbres néo-zélandais émis pour les 90 ans de la Reine Elizabeth II

Évidemment, ça peut paraître bizarre quand on sait que la date d'anniversaire de la reine n'est pas en juin mais le 21 avril ... Mais finalement, pas si étonnant puisque c'est la même chose en Angleterre où "l'anniversaire officiel" est célébré un samedi de juin avec le déploiement d'une grande parade militaire et la publication de listes de personalités recevant les honneurs de la reine à cette occasion. Une tradition qui, sans rentrer dans les détails, remonterait à 1748 et au roi George II depuis lequel l'anniversaire privé du suzerain serait dissocié de sa célébration officielle fixée au début de l'été.

Pas de défilé militaire en Nouvelle-Zélande à l'occasion de Queen's day, par contre c'est le moment de l'année où, comme en Angleterre, une Queen's Honours List est publiée afin de gratifier des personnalités et des citoyens pour leur contribution au bien public, dans tous les domaines.

... Et puis en Nouvelle-Zélande, ce premier week-end de juin marque le début de l'hiver si bien que Queen's Day est aussi traditionnellement plus ou moins associé à l'ouverture de la saison de ski !

Source : Pinterest

Cette année, du fait du calendrier, Queen's Day tombe en plus le 5 juin et lui donne une dimension symbolique supplémentaire puisqu'en Nouvelle-Zélande cette date est aussi celle de Arbor Day, le jour des arbres.
Un jour qui fit sa première apparition dans le calendrier néo-zélandais à la fin du 19ème siècle. Un décret de 1892 en avait fait un jour non travaillé pour les fonctionnaires*, fixé à l'époque au 4 août. Ce jour là, les écoliers, les fonctionnaires et les employés des services publics locaux qui prenaient une journée de congé pour participer, plantaient des milliers d'arbres, souvent des espèces exotiques. La pratique perdura ainsi chaque année de 1892 à 1914, jusqu'à ce que la première guerre mondiale détourne l'attention sur d'autres préoccupations.
La journée pour planter des arbres fut réintroduite en 1934 et c'est à partir de 1977 qu'elle fut avancée au 5 juin pour se caler sur la journée mondiale de l'environnement tout en se recentrant sur le reboisement d'espèces endémiques.

Source: Te Ara / New Zealand Forest Service (1950)

Ce 5 juin 2017 est donc  une journée chargée de symboles en Nouvelle-Zélande, tout à la fois Queen's Day, Arbor Day, journée internationale de l'environnement et débuts de la saison de ski ... mais à vrai dire, plus que tout encore, une journée de vacances et l'occasion de profiter d'un grand week-end en ce début d'hiver !  
 
Nota :
- En Australie, Queen's day est décalé d'une semaine par rapport à la Nouvelle-Zélande puisque leur "jour de la reine" est fixé au deuxième lundi de juin.
- *Le jour des arbres n'a jamais été un jour férié à part entière en Nouvelle-Zélande.

Plus d'infos :
Arbor Day - Te Ara  ICI
Celebrating Imperial Ties - Te Ara ICI
Arbor Day Events 2017 - NZArb / NZ Arboricultural Association - ICI 

vendredi 12 mai 2017

Un automne à Auckland, ça balance pas mal ...

Six mois que nous sommes installés à Auckland, le temps passe et les saisons aussi, avec déjà l'arrivée plus ou moins officielle de l'hiver dans quinze jours.

Et l'automne alors ?

Photo AUtomne à Auckland Nouvelle-Zélande
En cherchant, un peu de jaune au milieu du vert... mais avec quelques fleurs s.v.p. !   ©SM

L'automne à Auckland ne ressemble pas à ceux que nous avons pu connaître ailleurs et alors que j'y réfléchis et que je cherche à le qualifier, deux mots me viennent en tête : "imperceptible" et "instable".

Imperceptible d'abord parce que la végétation ne nous envoie aucun signal, en tout cas, pas ceux auxquels nous sommes habitués. Autour de nous, à quelques exceptions près, les arbres restent verts verts verts* et on voit encore fleurir toutes sortes de petites fleurs aux faux airs de printemps. Ici, les feuilles mortes ne se ramassent pas à la pelle, on en a bien sûr mais il faut un peu les chercher ...

Il y a tout même un signe qui ne trompe pas, celui des jours qui raccourcissent, un phénomène amplifié depuis le changement d'heure du 2 avril signalant la fin de l'heure d'été (Fin du Daylight Saving Time qui reprendra au printemps, le 24 septembre).
De chez nous, on mesure aussi le changement d'axe du globe, avec un soleil couchant qui a largement déplacé son lit : il a quitté le Mont Wellington où il allait se nicher l'été en s'étirant et en prenant son temps pour la pointe de la tour d'Auckland où il plonge désormais rapidement en nous offrant chaque soir une explosion de couleurs, comme un éclat en signe de protestation contre des nuits envahissantes, plus froides et plus profondes.   

Couchers de soleil - De l'été (sur le Mt Wellington, à gauche du balcon) à l'automne (en face de la maison)   ©SM
  
Quant à l'instabilité, elle se caractérise de plusieurs façons, dans la durée et sur la journée, comme une valse hésitation ou un pendule de plus en plus fou qui oscille d'un côté et de l'autre sans savoir exactement où aller et s'arrêter. 
En mars et avril, l'automne était officiellement là mais il restait très discret, totalement effacé pour laisser la part belle à l'été qui n'en finissait pas de durer en nous offrant de magnifiques journées ensoleillées, riches en lumière. Depuis la mi-avril, le pendule perd un peu la tête et s'affole d'un coup, des journées hivernales froides succèdent brutalement à des journées douces et estivales, dans un mouvement incertain de va-et-vient.   
De plus en plus, l'instabilité touche les journées mêmes et il ne faut surtout pas se fier au temps que l'on découvre le matin au réveil : pluie, soleil, nuages, froid, chaud peuvent se succéder en quelques heures voire en quelques minutes. On commence à expérimenter "plusieurs saisons sur une même journée"et il faut être parés quand on sort, en commençant à adopter la stratégie des couches pour s'éffeuiller quant les températures remontent et se couvrir et se protéger quand elles baissent et/ou que la pluie arrive.

Bref, l'automne hésite entre été et hiver, sans jamais imposer sa propre marque sinon cette versatilité et j'ai en l'écrivant, une p'tite phrase qui me trotte dans la tête, sur un air de Michel Berger / France Gall : l'automne "♫♪♫ ça balance pas mal à Auckland, ça balance pas mal ♪♫♪" !

*Nota : le spectacle automnal des arbres à feuilles caduques qui changent de couleurs peut être admiré dans quelques régions de Nouvelle-Zélande, notamment l'Otago dans l'île du Sud et Hawkes Bay dans l'île du nord qui sont réputés pour ça. 

Les saisons à Auckland - voir aussi :
Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?
Demain, c'est l'été ...
À Auckland, c'est le printemps

vendredi 17 février 2017

Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?

Les titres du NZ Herald le 25 janvier 2017


Alors que les "grandes vacances d'été" 
viennent de se terminer en Nouvelle-Zélande 
et que les écoliers ont repris le chemin de l'école, 
une question a beaucoup
alimenté les conversations
après avoir fait l'actualité 
 fin janvier :

Faut-il changer les dates de l'été ?

Voilà une problématique 
qui rejoint un sujet 
que j'avais développé avec :




Cette fois, il ne s'agit toutefois pas tout à fait de la question des dates des saisons, toujours aussi floues, mais de celles des vacances d'été que certains voudraient voir décalées d'un mois, la faute à l'été pourri ! 




Mais de quoi s'agit-il exactement (2) ?

1 - Cette année, dans la plupart des régions de Nouvelle-Zélande, l'été a été plutôt pourri en décembre et en janvier avec des records de froid au sud du pays. L'été a semble-t-il fini par arriver en ce début de mois de février après avoir tardé à venir.

2 - À cette réalité, s'ajoute la "perception" qu'il s'agit d'une tendance : que l'été n'est plus ce qu'il était, qu'il a glissé pour se "décaler" un peu plus tard par rapport à ce que le pays pouvait connaitre par le passé, pour des raisons que certains n'hésitent pas à attribuer aux changements climatiques. 

3 - En Nouvelle-Zélande l'année scolaire démarre en février, entre Auckland's Day et Waitangi Day. Comme dans le reste du monde occidental, elle fait suite à une longue coupure pour les "vacances d'été" qui commencent ici un peu avant Noël, à la mi-décembre, au début de l'été austral.

Conclusion : décembre et janvier sont pourris, l'été tarde et février est plus estival si bien que les grandes vacances sont gâchées alors que les enfants doivent retourner à l'école au moment où il fait le plus chaud et le plus beau.

De là à la solution, il n'y a qu'un pas : il suffit de changer les dates du calendrier scolaire pour faire en sorte que les vacances d'été commencent en février au lieu de fin décembre


Pétition Peter Dunne/United Future 2017
Peter Dunne, député parlementaire pour le parti centriste United Future*, s'est emparé de la question fin janvier :
 il a d'abord lancé une pétition 
avant de soumettre sa proposition au parlement pour qu'elle y soit étudiée (4)
Cela risque de prendre un peu de temps parce qu'une modification du calendrier aurait des  conséquences pour plusieurs secteurs d'activités importants, de l'éducation à l'industrie touristique en passant par les services publics. 
Mais le député est confiant, fort d'avoir déjà initié et porté le projet du changement des horaires d'été effectif dans le pays depuis 2007.


L'idée du nouveau calendrier serait d'avoir :

→ une coupure courte au moment des fêtes de Noël et du nouvel an,
→ un retour à l'école en janvier pour terminer l'année scolaire,
→ des vacances d'été décalées à février,
→ une reprise pour une nouvelle année scolaire en mars.


Du côté de l'éducation (2), cela pourrait être une bonne chose car la reprise en février avec un temps chaud n'est pas toujours favorable à la concentration en classe. Par contre, du fait de programmes chargés et déjà difficiles à boucler, un changement n'est envisageable qu'avec un glissement équivalent des périodes d'examens... mais alors, la période des fêtes de fin d'année n'aura rien d'idéal pour ceux qui doivent faire rapidement les corrections.

Des industriels du tourisme (2) estiment quant à eux que cela peut avoir des retombées positives si l'on considère qu'un temps plus stable et plus chaud incitera les Kiwis à profiter d'avantage de ce que le pays à offrir et que les professionnels seront moins soumis aux risques d'annulations liées aux intempéries au moment des grandes vacances. Par contre, les modifications de calendrier envisagées risquent d'exacerber une demande saisonnière déjà tendue en faisant coïncider les grandes vacances nationales avec la plus haute saison pour les visiteurs internationaux dont la demande a été boostée ces dernières années côté asiatique du fait des vacances du nouvel an chinois.


Beaucoup de points à résoudre, peser et débattre qu'on pourrait résumer à:
les Kiwis ne sont pas sortis de l'auberge ! 


Et ceci d'autant moins qu'on peut tout de même s'interroger sur la justesse du postulat de base qui stipule que :

"L'été est meilleur en février qu'en janvier" 

Alors, mythe ou réalité ?

C'est une analyse sur laquelle mon journal de référence (3) s'est là encore penché en faisant appel à l'expertise d'une scientifique du NIWA (National Institute of Water and Atmosphere) qui a étudié et comparé les températures maximales et le nombre de jours de pluie enregistrés en janvier et en février sur une période longue et significative.

Qu'indiquent les chiffres ?

Si les gens ont généralement l'impression que février est le mois le plus chaud et le plus sec, ce n'est pas la même réalité suivant les régions. Pour Gisborne et Masterton par exemple, février est, en moyenne, plus humide et plus froid que janvier. Globalement et sur la durée, les températures moyennes de janvier et février ne diffèrent que d'un seul degré. La "perception" actuelle d'une différence plus importante est sans doute faussée par le mois de février exceptionnel de 2016 pendant lequel des records de températures avaient été enregistrés. L'étude de l'historique contrebalance cette impression et montre que ce mois n'est pas toujours le meilleur et qu'il n'est pas à l'abri d'épisodes de mauvais ou même de très mauvais temps.
Pour la scientifique, aucun élément de l'analyse ne permet de conclure à un quelconque "glissement" ou changement de rythme de l'été. Cette période est tout simplement et par définition "variable" et cette variabilité du climat est seule responsable du temps d'été.

Dans le même article (3), les journalistes se sont amusés à reprendre et décortiquer tous les chiffres, à grand renfort de courbes et de comparaisons sans finalement détecter de "nouvelle" tendance ou aboutir à d'autres conclusions.

En fait, si le temps d'été en Nouvelle-Zélande est très variable c'est lié
à sa position unique et extrême sur le globe terrestre (1) :
deux îles des 40ème rugissants, complètement isolées et soumises aux influences des vents du sud Pacifique !

Alors si la Nouvelle-Zélande n'est pas chapeautée par les hautes pressions d'un anticyclone, le pays est totalement exposé. C'est ce qui s'est passé en cette fin d'année 2016 et ce début 2017 : les anticyclones restaient au dessus de la mer de Tasman et le sud de l'Australie pour laisser le pays soumis à un temps extrêmement variable, empêchant l'installation d'un été long et chaud.






Tout ça pour dire que les fondements scientifiques d'un changement de temps sont loin d'être établis et que la donne n'est de toute façon pas maîtrisée. Le débat sur l'opportunité d'un changement de calendrier scolaire n'en est pas moins lancé et les parlementaires auront à se prononcer.

Une affaire à suivre en ne perdant tout de même pas de vue, bon sens oblige :

la Nouvelle-Zélande est le "pays du long nuage blanc" 
pas celui du "soleil chaud et sec" (1).  

(ou alors ça se saurait !)


Nota :
* Député depuis 1984, Peter Dunne est aujourd'hui l'unique représentant au parlement du parti centriste United Future. Il a toujours occupé une position ministérielle dans les gouvernements qui se sont succédés depuis 2008 (sauf le temps d'une suspension en 2013, levée en 2014), associé avec le parti Maori au parti gouvernemental minoritaire.

Sources et plus d'infos :
(1) New Zealand Summer : why are we waiting ? - NZ Herald 08/01/2017 - ICI
(2) Change of seasons: Time to move the Kiwi summer ? - NZ Herald 25/01/2017 - ICI
(3) Is summer really occuring later ? We crunch the numbers - NZ Herald 29/01/2017 - ICI
(4) United Future leader Peter Dunne launches petition on whether New Zealand should change summer dates - NZ Herald 26/01/2017 - ICI
(2) Summer solution: move it - Via pressReader - ICI

mardi 31 janvier 2017

AUCKLAND'S DAY - Un jour férié pour Auckland !

Alors que ce week-end marque la fin de l'année du singe et le début de celle du coq de feu dans le monde asiatique, ce sont de toutes autres festivités qui étaient célébrées localement de ce côté de la planète en cette fin janvier 2017 avec l'Auckland's Day.

Source : OfficeHolidays - Jours fériés régionaux 2017

Ce jour férié "régional" appartient à un calendrier d'événements définis dans l'Holiday Act de 1981 (loi de 1981 sur les fêtes) qui reconnait à chaque localité et/ou région de Nouvelle-Zélande le droit de célébrer le jour de fondation ou de débarquement des premiers colons dans les différentes provinces coloniales. Les dates correspondantes ne sont pas fixées par la loi mais laissées à l'appréciation des différentes localités/régions si bien que le calendrier varie d'un lieu et d'une année à l'autre selon les us et coutumes, la commodité et/ou la proximité d'événements ou jours fériés saisonniers.  



Pour ce qui est du Auckland's Anniversary Day (selon son appellation complète) il est fêté chaque année le lundi le plus proche du 29 janvier, à Auckland et sa région ainsi que dans toute la partie nord de l'île du nord correspondant à l'"ancienne province d'Auckland" abolie en 1876. Dans la pratique,  outre Auckland et le Northland, la zone couvre Waikato, les régions de Bay of Plenty et Gisborne ainsi que des parties de Manawatu-Wanganui et Hawkes's Bay au nord du 39ème parallèle sud. 

Même si son exactitude a fait couler beaucoup d'encre et alimenté pas mal de débat dans le temps, la date du 29 janvier qui sert de référence commémore l'anniversaire de l'arrivée de William Hobson dans la Bay of Island en 1840 marquant les débuts de la colonie.
Hobson joua un rôle capital dans l'histoire du pays, à la fois co-auteur du traité de Waitangi et premier Gouverneur de la Nouvelle-Zélande. C'est également lui qui établit en 1842 ce jour commémoratif pour marquer le deuxième anniversaire de la colonie et initiant alors une tradition qui dure toujours, bien avant qu'elle ne soit intégrée à la loi de 1981.
 
Nous avons profité de ce week-eend de trois jours pour prendre la route du nord et nous n'avons donc pas assisté aux nombreuses manifestations qui ne manquent pas d'être organisées chaque année par la ville mais cet article ne serait pas complet sans citer au moins les courses de bateaux de tous types coordonnées sous l'égide de l'Auckland Regatta, "la plus importante du monde dans la catégorie des régates courrues sur une seule journée". 
Historiquement, ces régates figurent parmi les plus anciennes; la première édition remonte à septembre 1840, 11 ans avant la coupe de l'America, avec trois courses de deux bateaux auxquelles Hobson aurait lui-même participé, organisées pour les célébrations du baptême de la toute nouvelle ville-capitale d'Auckland. La tradition de cette première régate s'est ensuite perpétuée, intégrée aux commémorations du Auckland's Day de janvier. 
Une façon finalement assez logique de fêter l'Auckland's Day dans la City of Sails (la ville des voiles) !


Somme toute, Auckland's Day est aussi et avant tout l'occasion pour beaucoup d'Aucklanders de profiter d'un dernier pont pour prendre le large avant la fin des vacances scolaires, un peu comme le Labor Day du premier lundi de septembre aux Etats-Unis... Et cette année nous sommes chanceux, ce sera coup double parce que le 6 février tombe un lundi et qu'il nous permettra d'enchaîner avec un autre pont de trois jours à l'occasion de la fête nationale* pour bien profiter de l'été ! Vive les jours fériés !


* Fête nationale :  6 février / commémoration de la signature du traité de Waitangi en 1840
 
Nota : depuis 2011, Auckland's Day sert de référence pour l'établissement du calendrier scolaire néo-zélandais, l'année scolaire devant débuter entre Auckland's Day et le 7 février.
Alors Auckland's Day c'est parfois le dernier jour de vacances pour ceux qui bénéficient de ce jour férié mais aussi le jour de la rentrée des classes pour beaucoup d'écoliers et d'enseignants des autres régions. 

Jours fériés régionaux - Regional Holidays in New Zealand ICI
Auckland Anniversary events to watch out for - NZ Herald 28/01/2017  ICI
Auckland Anniversary Day - Wikipedia ICI
NZ Public Holiday 2017 - ICI

vendredi 9 décembre 2016

POHUTUKAWA - "Arbre de Noël" de Nouvelle-Zélande

S'il y a bien une chose qui m'émerveille depuis notre arrivée à Auckland - plus que les terrains de golf - ce sont les arbres, en particulier les specimens majestueux incroyablement emberlificotés qu'on trouve partout dans la région, accrochés tels des équilibristes aux flancs des falaises et au bord des plages : pohutukawa (et rata) surnommés "arbres de Noël de Nouvelle-Zélande" du fait de leur fleuraison rouge-flamboyant à cette période de l'année.

Pohutukawas - ©SM

L'apparition de ce vermillon serait d'ailleurs le signe annonçant avec certitude le début de l'été mais comme les arbres ne semblent pas tous d'accord, on revient au débat relatif aux dates de début d'été parce que si quelques arbres rayonnent et se sont parés de leurs premières fleurs depuis déjà une bonne quinzaine de jours, d'autres restent frileusement dans l'expectative et en sont encore totalement dépourvus.

Donné à l'arbre par les Maoris, le nom "pohutukawa" est en lien direct avec son panache rouge estival. Le mot est en effet composé de "hutukawa" signifiant "coiffure de plumes rouges" et de "po" placé au début du mot qui peut avoir plusieurs sens, celui de "nuit" mais aussi celui plus large du "monde souterrain" par lequel transitent les esprits au moment de la mort donnant ainsi un sens sacré à l'arbre.


Fleuraison - Pohutukawas - ©SM

D'ailleurs, chez les Maoris, certains pohutukawas se distinguent, plus vénérés que d'autres :
- Celui de Te Reinga à la pointe nord de l'île du nord est le plus important parce qu'il marquerait le lieu de départ des âmes par lequel elles transitent vers Haiwiki, l'île d'origine des Maori où ils doivent retourner au moment de la mort afin de rentrer en paix chez eux.
- Les racines de ceux de Tangi to korowhiti et de Kawhai renfermaient une cavité utilisée par les tohunga (sortes de guides sprirituels) pour conduire les cérémonies en lien avec la guerre. 
 - Celui de Nga-uri-apo est un arbre funéraire tapu (tabou) dans l'île de Tuhua (Mayor Island).

Mais sans être systématiquement sacré, le pohutukawa ordinaire était lui aussi un arbre important pour les Maoris pour de nombreuses raisons pratiques et symboliques. Ainsi, un pohutukawa, c'est :
- la première chose que l'on voit en s'approchant des côtes,
- le dernier repère en les quittant,
- utile pour la fabrication des armes, des outils et la construction de bateaux,
- un piège naturel qui attire les oiseaux alors faciles à attraper,
- un point d'amarrage au bord de l'eau pour y attacher les canots,
- le dernier repos des morts que l'on plaçait à l'abri de ses racines et de sa canopée,
- un symbole de sagesse du fait de son grand âge et de ses formes,
- une représentation de la force spirituelle par sa résistance et sa tenacité à s'accrocher aux falaises,
- la source de plusieurs légendes et un lien entre le ciel et la terre.

Fleuraison - Pohutukawas - ©SM

Selon une histoire de la tradition Arawa, le chef Tauninihi retira sa coiffe de plumes rouges en appercevant les fleurs rouges de la canopée et en pensant qu'il en trouverait une plus belle en arrivant sur cette nouvelle terre alors inconnue. Il découvrit ensuite son erreur.
Cette parabole serait une façon de montrer qu'Aotearoa est digne du pays d'où l'on venait et que pohatukawa est le signe d'identification marquant le lien entre les deux, la confirmation de la relation existante entre le pays qu'on a laissé et le nouveau qu'on investit. Elle montre aussi que pohutukawa et ses fleurs entrent dans la mythologie d'origine dès le moment de l'arrivée des Maoris sur leur nouveau territoire.

Dans une autre légende souvent reprise, les fleurs rouges du pohutukawa sont le sang d'un héro mythique appelé Tawhaki qui se répandit lorsqu'il tomba du ciel alors qu'il cherchait à l'atteindre pour y retrouver/venger l'un de ses ancêtres.
Avec ce type d'histoire, l'exemple des ancêtres établit des principes humains de conduite qui montrent ici leur capacité d'aller de la terre au ciel, un élément fondamental des croyances Maories. Que ce soit un lieu ou une chose, tout ce qui est attaché à Tawhaki est particulièrement prestigieux et cela souligne une fois de plus l'importance que les Maoris attachent au pohutukawa identifié comme arbre majeur.

Pour le côté un peu savant, pohutukawa (et rata) sont des arbres endémiques à feuillage persistant qui  appartiennent à la famille des myrtacées (Myrtaceae) regroupant environ 3'000 espèces dans le monde, souvent productrices d'huiles aromatiques, parfois de fruits comestibles, parmi lesquels on peut citer l'eucalyptus, le goyavier, la myrte du maquis méditerranéen ou le giroflier. Géographiquement, ce sont des plantes des régions tempérées, sub-tropicales à tropicales dont on trouve les plus grandes concentrations en Australie et en Amérique tropicale alors que la Nouvelle-Zélande compte 19 espèces dans cette famille, arbres, arbustes et plantes grampantes.

Pohutukawas - ©SM
Le pohutukawa développe généralement plusieurs troncs, peut atteindre 20 mètres de hauteur, se couvrir d'une couronne de 35 mètres et vivre 1'000 ans. Troncs et branches sont parfois festonnés de racines aériennes et leurs feuilles vertes foncées sur le dessus sont velues sur le dessous, couvertes de sortes de poils blancs épais. Ces arbres aiment l'air marin chargé de sel. On les trouve à l'état sauvage naturel sur tout le pourtour nord de l'île du nord* où ils constituent l'essentiel des forêts côtières mais il complémentent aussi les forêts intérieures de kauris. Les arbres rencontrés plus au sud de l'île du nord ont été plantés par l'homme et il est difficile de savoir si ceux qui poussent dans les terres près de Rotorua et du lac Taupo sont une occurence naturelle ou s'ils ont été plantés par les Maoris.

Capables de pousser sur des sols pauvres, les pohutukawas ont colonisé les flancs du Rangitoto dans le golfe d'Hauraki après sa dernière éruption il y a 600 ans, si bien qu'ils y constituent aujourd'hui la plus importante forêt de cette espèce.
Les racines et la plante dans son ensemble sont capables d'une grande flexibilité d'adaptation qui explique ses circonvolutions, se modelant au terrain pour aller chercher les poches d'humidité là où elles sont et selon les besoins. C'est cette adaptabilité aux conditions qui rend chaque arbre unique et magique, des êtres forts et massifs, complètement alambiqués et biscornus mais d'une solidité et d'une longévité redoutables. L'arbre prévient l'érosion et protège les sols mais gare au jour où il tombe après sa mort, il peut emporter avec lui tout un pan de falaise dont il assurait le maintien.

Vieux pohutukawas et nouvelles plantations - Project Crimson - ©SM

Son bois solide et durable, résistant à l'eau et aux insectes, extrêmement dur et noueux était difficile à travailler et c'est cette caractéristique qui le protégea de toute surexploitation. Les européens s'en servirent pour la construction navale, utilisant notamment les noeuds des racines et des branches à la fabrication de solides chevilles pour les coques des navires.
Comme beaucoup d'autres des espèces endémiques de Nouvelle-Zélande après des millénaires d'isolation, l'arbre possède toutefois peu de défenses naturelles contre des maladies ou les espèces apportées par l'arrivée des hommes. Menacé, il souffre particulièrement du grignotage incontrôlable des opposums qui peut lui être très rapidement fatal (Avec ce type d'exemple, on comprend rapidement le pourquoi de la psychose nationale avec ses lois de "biosécurité").  

Pohutukawas - ©SM
Avec la fleuraison, on remarque à leurs concerts de piallements de grandes concentrations d'oiseaux dans les arbres. Les fleurs qui resemblent à des pompons sont composées d'étamines rouges réparties en boule autour d'une sorte de coupe remplie d'un nectar qui les attirent de même que les insectes, lézards et chauve-souris afin qu'ils jouent leur rôle essentiel à la reproduction par polénisation des fleurs. Plus tard viendra le fruit, une capsule sèche remplie de centaines de petites graines qui ont besoin de lumière pour germer et peuvent le faire en terrain ouvert, dans les fissures et trous des falaises. Les pousses grandissent très rapidement les premières années, de l'ordre de 30 centimètres par an (5-10 cm pour le diamètre) mais la croissance ralentie avec l'âge pour ne plus ensuite gagner que 10 cm par an (2 mm de diamètre). 

Dans la famille des myrtacées, rata (R), qui compte plusieurs variétés, est un cousin proche de pohutukawa (P). Rata et Pohutukawa appartiennent à la même espèce (Métrosidéros / "coeur de fer"), ont beaucoup de points communs et peuvent s'hybrider, souvent confondus parce que difficiles à distinguer pour les néophytes. Mais en étant un peu pointilleux et un peu observateurs, quelques nuances permettent de les distinguer en se référant aux fiches du Project Crimson, par exemple :
- à la naissance, l'un pousse à partir de la graine dans le sol (P) alors que l'autre démarre souvent comme épiphyte (R) c'est-à-dire que la plante pousse en se servant d'une autre plante en support, 
- la couleur des fleurs est plutôt rouge-brun pour l'un (P), rouge écarlate pour l'autre (R),
- la taille des étamines de 4-7 cm est un peu plus longue pour (P) que pour (R) qui ne dépasse pas 3 cm,
- les fruits et graines forment un bouquet d'environ 30 gousses pour (P) contre un bouquet de 10-15 gousses pour (R)
- les feuilles sont sans doute l'élément le plus distinctif et le plus facile à observer. Elles font  4-7 cm et sont de forme arrondie ou pointue et velue pour (P), plus petite pour (R) à 2-4 cm avec une forme ronde légèrement dentelée.

Chant de Noël et cartes de voeux
 
Pohutukawa ou rata, peu importe, ce sont des arbres iconiques de la Nouvelle-Zélande particulièrement mis à l'honneur en cette saison estivale / période de Noël qu'ils symbolisent. Mais je n'ai pas eu besoin d'attendre leur fleuraison pour les remarquer; bon pied bon oeil, leur pouvoir de séduction est irrésistible et s'amplifie avec l'âge si bien que je me devais de dédier un article à ces augustes vieillards qui ne cessent de me fasciner, avec pour finir, un peu de poésie ...


Pohutukawa 
(Jan Kemp / en hommage au poète néo-zélandais Curnow)
old pohutukawa
still living
fedgings scrapping
in his branches
he grapples
the isthmus of two harbours
(Dont on peut faire la traduction approximative suivante : Vieux pohutukawa, toujours en vie, oisillons piaillants, en ses branches, ancrage, de l'isthme aux deux ports)


*la zone de Taranaki à l'ouest jusqu'à la péninsule de Mahia à l'est 

Nota :
Project Crimson est une association créée en 1990 en partenariat avec le ministère de l'environnement à une époque où 90% des pohutkawas côtiers avaient disparus, L'association travaille à la défense et à la protection des ratas et pohutukawas de Nouvelle-Zélande. Depuis sa création, les bénévoles ont planté des centaines de milliers d'arbres, plus de 300'000 au compteur.  

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Aetearoa : pays du nuage blanc
Hutukawa : coiffe de plumes rouges
Po : nuit - monde souterrain
Tapu : tabou - interdit
Tohunga : guide spirituel

Sources et plus d'infos :
Pohutukawa and biodiversity - Department of conservationICI
Pohutukawa - The Encyclopedia of New Zealand - ICI
Site du Crimsom project (voir en particulier les Fact-sheet de la page ressources) - ICI
Pohutukawa - Department of Conservation - ICI
Department of conservation - Fiche Rata and Pohutukawa : Native Plants ICI 
Pohutukawa trees - NZ History - ICI