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dimanche 18 février 2018

La magie des sources d'Hamurana - Rotorua (2)

Rotorua a profité de ses phénomènes naturels de géothermies pour développer un large éventail d'activités touristiques incitant le voyageur de passage à mettre la main au portefeuille aussi souvent que possible. C'est compréhensible mais un peu dommage d'autant le phénomène de monétisation semble sans limite et s'applique à la découverte de certains paysages. Dernier exemple en date, les sources d'Hamurana, une "recreation reserve" peu connue en dehors de la population locale, que nous avions découverte il y a quelques mois et où nous envoyions systématiquement nos visiteurs de passage pour sa beauté et, chose rare à Rotorua, son accès libre.

Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
Les couleurs des sources d'Hamurana, magique !   ©DM

En octobre 2017, le site a malheureusement rejoint la liste des visites payantes avec une contribution de 18 NZD désormais demandée à l'entrée ... une décision qui fait controverse alors que la propriété du site a été rendue à une tribu Maorie locale (Ngati Rangiwewehi*) par un jugement de conciliation de 2015 du Tribunal de Waitangi, stipulant qu'il devait rester en "accès libre". Ces Maoris qui vivent toujours dans les environs et qui en assurent désormais la gestion lui opposent le droit du Reserves Act (Loi sur les Réserves/Parcs) qui autorise le recouvrement des frais d'entretien s'appliquant aux postes tels que maintenance des parkings, sentiers, ponts, plateformes et efforts de préservation.

Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
La nature se reflète dans les eaux cristallines d'Hamurana   ©DM
Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
Sources d'Hamurana : puissance et limpidité   ©DM

Ces sources d'Hamurana sont situées sur un terrain de 47 hectares au bord du lac de Roturoa, à côté d'un terrain de golf, sur la rive opposée à la ville thermale. Sources d'eau douce naturelle les plus profondes de l'île du Nord, elles émanent des profondeurs avant de s'écouler vers le lac voisin et sont réputées pour leur transparence et leur limpidité rappelant, à une moindre échelle, celles de Te Waikoropupu (au nord de l'île du Sud), les plus importantes du pays.

Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
À Hamurana Springs, la nature est un enchantement   ©SM
 Ces eaux un peu magiques alimentent les communautés vivant dans les environs et constituent un sanctuaire pour la vie sauvage (Wildlife Sanctuary), essentiellement des oiseaux avec des variétés de canards et de grèbes menacées.

Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
Le pont d'Hamurana et ses canards  ©SM

La visite est une promenade agréable et facile passant par un pont et un sentier formant une boucle longeant sur 800 mètres les deux rives du cours d'eau créé par les sources et traversant, sur la rive est, une zone de séquoias avec leurs troncs rouges caractéristiques s'élançant de toute leur hauteur vers le ciel (Ces arbres ont presque 100 ans, ils ont été plantés en 1919).

Photo de séquoias Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
Hamurana, à l'ombre des séquoias   ©DM
Photo de séquoias Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
Les séquoias d'Hamurana, à l'assult du ciel !  ©DM

Au coeur de la réserve, des plateformes permettent d'observer les sources qui émanent des profondeurs, comme par magie pour un spectacle tout en puissance, assez fascinant.

Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
Des plateformes pour observer les sources ...   ©DM
Photo de panneau Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
... un débit qui pourrait remplir deux piscines olympiques chaque heure ...
Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
... du fond des profondeurs, jusqu'à 15 mètres, toute la puissance de la nature !

On ressent le même enchantement en suivant ensuite le cours d'eau, pour ses couleurs, des bleus et des verts presque surnaturels tant l'eau est limpide, dont les turquoises donnent parfois des impressions de fonds de piscines.

Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
La magie des couleurs et de la lumière ...
Photo d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande
... des teintes presque surnaturelles !

Hamurana est un bijou, une merveille de la nature, à ne pas rater même s'il faut désormais payer son obole !

Notes :
* Les ancêtres de ces Maoris avaient autrefois édifié un pa (village fortifié) sur une partie de la réserve actuelle.
À voir : belle vidéo d'introduction sur le site de Hamurana Spings (Ce site semble remplacer les liens qui n'existent plus sur le site du Department of Conservation qui assurait précédemment la gestion d'Hamurana).
À savoir : pour l'éclairage, préférer une visite quand le soleil est assez haut pour illuminer la rivière.
 
Photo de la carte d'Hamurana Springs Rotorua Nouvelle-Zélande

Plus d'infos :
Anger as Hamurana Springs charges revealed - NZ Herald 13/10/2017 ICI
Hamurana Spings ("Where Nature Comes to Rest") ICI
Te Waikoropupu Springs - Department of Conservation ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 22 (08/04/2017) 

vendredi 2 février 2018

Plages de Nouvelle-Zélande : cherchez la balançoire !

Dans la liste des "kiwianas*" établie par le village d'Otorohanga, autoproclamé "kiwiana Town", il me semble qu'il manque une chose pourtant importante et typiquement néo-zélandaise : la balançoire monocorde des plages !


Ces modestes symboles de liberté, d'enfance et de nostalgie, cela fait déjà pas mal de temps que je les collectionne au fil de nos balades alors hop, aujourd'hui, je sors ma collection.


Accrochées aux branches des arbres au bord des plages publiques, elles sont faites de simples cordes terminées par une boucle (qui ont, à l'occasion, de faux-airs de potence) ou un noeud et parfois complétées d'un bout de bois, d'une planche ou d'un pneu pour une version plus élaborée.


Un peu sauvages, elles se cachent parfois sous une canopée mais avec un peu d'habitude, on se rend compte qu'elles sont (presque) partout, même sur les plages les plus isolées, offertes au tout venant le temps d'un envol pour se jeter à l'eau façon Tarzan ou se balancer tout simplement, bercé au son des vagues.


Des objets purement fonctionnels, tous bêtes, à l'image d'une Nouvelle-Zélande faite de liberté, de débrouillardise et de simplicité apportant avec plus ou moins de discrétion et de subtilité, une petite touche d'humanité au paysage.
 

Somme toute, rien d'extraordinaire mais je les aime bien ces p'tites balançoires d'autant qu'elles sont souvent complices des vieux arbres du bord de mer qui me fascinent tant alors moi aussi je joue avec elles, à cache-cache, pour quelques clichés à collectionner !


Notes :
* Les kiwianas sont les icones nationales toutes catégories - objets, sports, traditions, etc. - dans lesquelles tout néo-zélandais bien né se reconnait.

Plus d'infos :
Otorohanga - Kiwiana Town ICI 
Kiwiana - 100% Pure New Zealand ICI

lundi 5 juin 2017

En Nouvelle-Zélande, Queen's day et Arbor day, doublé gagnant en 2017

En Nouvelle-Zélande, nous bénéficions d'un jour férié et d'un pont systématique le premier week-end de juin, grâce à Queen's Day fixé non pas à la date anniversaire de la reine mais le premier lundi de juin. La reine c'est évidemment Elizabeth II qui, indépendamment de son titre de reine d'Angleterre, est aussi reine de Nouvelle-Zélande.

En 2016 - Timbres néo-zélandais émis pour les 90 ans de la Reine Elizabeth II

Évidemment, ça peut paraître bizarre quand on sait que la date d'anniversaire de la reine n'est pas en juin mais le 21 avril ... Mais finalement, pas si étonnant puisque c'est la même chose en Angleterre où "l'anniversaire officiel" est célébré un samedi de juin avec le déploiement d'une grande parade militaire et la publication de listes de personalités recevant les honneurs de la reine à cette occasion. Une tradition qui, sans rentrer dans les détails, remonterait à 1748 et au roi George II depuis lequel l'anniversaire privé du suzerain serait dissocié de sa célébration officielle fixée au début de l'été.

Pas de défilé militaire en Nouvelle-Zélande à l'occasion de Queen's day, par contre c'est le moment de l'année où, comme en Angleterre, une Queen's Honours List est publiée afin de gratifier des personnalités et des citoyens pour leur contribution au bien public, dans tous les domaines.

... Et puis en Nouvelle-Zélande, ce premier week-end de juin marque le début de l'hiver si bien que Queen's Day est aussi traditionnellement plus ou moins associé à l'ouverture de la saison de ski !

Source : Pinterest

Cette année, du fait du calendrier, Queen's Day tombe en plus le 5 juin et lui donne une dimension symbolique supplémentaire puisqu'en Nouvelle-Zélande cette date est aussi celle de Arbor Day, le jour des arbres.
Un jour qui fit sa première apparition dans le calendrier néo-zélandais à la fin du 19ème siècle. Un décret de 1892 en avait fait un jour non travaillé pour les fonctionnaires*, fixé à l'époque au 4 août. Ce jour là, les écoliers, les fonctionnaires et les employés des services publics locaux qui prenaient une journée de congé pour participer, plantaient des milliers d'arbres, souvent des espèces exotiques. La pratique perdura ainsi chaque année de 1892 à 1914, jusqu'à ce que la première guerre mondiale détourne l'attention sur d'autres préoccupations.
La journée pour planter des arbres fut réintroduite en 1934 et c'est à partir de 1977 qu'elle fut avancée au 5 juin pour se caler sur la journée mondiale de l'environnement tout en se recentrant sur le reboisement d'espèces endémiques.

Source: Te Ara / New Zealand Forest Service (1950)

Ce 5 juin 2017 est donc  une journée chargée de symboles en Nouvelle-Zélande, tout à la fois Queen's Day, Arbor Day, journée internationale de l'environnement et débuts de la saison de ski ... mais à vrai dire, plus que tout encore, une journée de vacances et l'occasion de profiter d'un grand week-end en ce début d'hiver !  
 
Nota :
- En Australie, Queen's day est décalé d'une semaine par rapport à la Nouvelle-Zélande puisque leur "jour de la reine" est fixé au deuxième lundi de juin.
- *Le jour des arbres n'a jamais été un jour férié à part entière en Nouvelle-Zélande.

Plus d'infos :
Arbor Day - Te Ara  ICI
Celebrating Imperial Ties - Te Ara ICI
Arbor Day Events 2017 - NZArb / NZ Arboricultural Association - ICI 

samedi 8 avril 2017

Huana Ranges Regional Park


Situé au sud d'Auckland, Huana Ranges Regional Park est l'un des plus grands parcs de la région et un des principaux réservoirs servant à l'approvisionnement en eau de la ville d'Auckland. À cet effet, le Auckland City Council menna une politique active d'acquisition des terrains des Huana Ranges entre 1940 et les années 1960, jusqu'à l'obtention des plus de 14'000 hectares de forêts qui filtrent annuellement environ 2,300mm de pluie remplissant les quatre réservoirs de ce parc.


Photos des chutes de Huana Huana Ranges Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande
Chutes de Huana - Huana Ranges Regional Park Auckland  ©SM

Historiquement, les lieux ont toujours été plus ou moins protégés de l'exploitation humaine. Les collines n'ont  d'abord jamais été occupées de façon permanente par les Maoris qui s'en servaient pour un approvisionnement ponctuel en nourriture ou en bois et ils ne s'y réfugiaient qu'occasionnellement. Quant aux européens, c'est le dernier endroit de la région qu'ils colonisèrent à la fin des années 1870 du fait des difficultés liées au terrain, de l'isolement et de la pauvreté des sols. Quelques pans de forêts furent abattus pour faire place aux activités agricoles qui restèrent toutefois toujours marginales et si deux mines de manganèse y furent un temps exploitées, c'est l'eau qui est et reste la ressource principale des Huana Ranges.

Le parc est grand et entrecoupé de plusieurs sentiers de randonnée réservés à ceux qui ont du temps ainsi que d'une longue piste de VTT. Pour le visiteur du dimanche, seule une petite partie du parc est accessible avec deux possibilités :
- l'accès ouest pour les chutes de Huana et le réservoir de Wairoa,
- l'accès sud, pour les réservoirs de Mangatangi et de Mangatawhiri. 

Sans GPS, ce n'est pas évident à trouver car peu de panneaux indiquent la direction au bord de la route et même équipé c'est un peu compliqué car les chutes sont au milieu de nul part, sans adresse ni référence dans notre outil de bord !
Les chutes de Huana ont pourtant toujours été une attraction, attirant car dès l'époque victorienne des excursions qui y étaient organisées à la journée avec remontée en bateau à vapeur jusqu'à Clevedon puis expédition aux chutes. Alors nous aussi, nous avons fini par les trouver ces chutes, un dimanche après une semaine pluvieuse qui les gonflaient à plein en drainant une eau chargée d'alluvions pour un spectacle tout en puissance.

Une fois dans le parc, les chutes ne sont qu'à quelques dizaines de mètres du parking et ne demandent pas un grand effort même en y ajoutant le petit circuit qui mène jusqu'aux pieds de la chute. Munis de la carte-brochure du parc (disponible sur place) et d'un pique-nique (indispendable : pas de café et aucun approvisionnement aux alentours), nous y avons donc adjoint la boucle Cossey-Massey de 8,3 kilomètres pour environ 3 heures de marche.

Boucle Huana Falls - Wairoa Reservoir   ©SM
Une belle balade en forêt qui commence bien évidemment en s'essuyant les pieds, kauris obligent avant de traverser la rivière Cossey à gué, un passage habituellement simple, en sautillant sur les rochers mais un peu délicat le jour de notre balade compte tenu des eaux gonflées de la rivière les recouvrant en grande partie et les rendant glissants. Nous nous en sommes sortis, en gardant les pieds secs, avec l'aide de deux batons trouvés dans la forêt pour nous servir d'appui !    

Ensuite, c'est une bonne grimpette avec pas mal de marches aménagées le long de la gorge de la rivière Cossey, une montée continue jusqu'au parking du réservoir du même nom. Là, pas de chance, nous nous sommes faits cueillir par la pluie, sans vêtements adaptés, pas top même si nous avons finalement trouvé une table abritée à la sortie du réservoir où nous avons englouti notre déjeuner en attendant une éclaircie. Un peu refroidis, nous nous sommes rapidement réchauffés en poursuivant la boucle sur la crête suivant un bout de la piste Wairoa-Cossey Track avant de redescendre en direction des chutes par le chemin de Massey track où un crochet permet d'aller observer quelques kauris en passant.

Une marche en forêt bien balisée, passant par un des barrages d'un réservoir du parc et réservant quelques points de vues sur le bassin et les paysages ruraux environnants. Côté flore et faune, la forêt recèle parait-il d'espèces endémiques un peu particulières, notamment des fougères, des champignons et des kokakos (oiseaux), mais nos connaissances restant très limitées en la matière, il nous a été difficile de juger sachant par ailleurs que les bêbêtes étaient sans doute plus malignes que nous et aux abris ! 

En bref, pas la plus exceptionnelle des visites que nous ayons faites mais idéal pour un bon bol d'air et un bon complément à la visite des chutes qui valent le coup mais ne justifient pas forcément un si grand détour par elles-mêmes.

Nota : il est possible de substituer une autre marche pour complémenter la visite des chutes en se rendant à quelques kilomètres de là, à l'accès sud du parc avec par exemple Suspension Bridge Loop (3,9 km / 1h15) qui est une boucle un peu plus courte.



mercredi 15 février 2017

À Auckland le multiculturalisme se partage avec le festival des lanternes

2017 - Année du coq - ©SM

Dans le monde chinois, 
le festival des lanternes marque la fin 
des célébrations du nouvel an 
et dans une ville multi-culturelle 
comme Auckland
où la population d'origine asiatique 
représente une part de plus en plus importante 
de la communauté*, 
c'est un événement qui a trouvé sa place 
au calendrier des festivités de la ville. 
Drainant chaque année des milliers de visiteurs dans son sillage
 (plus de 200'000 en 2016), 
c'est une manifestation désormais bien ancrée,
 très populaire et très appréciée des familles qui y affluent.


Organisé sous l'égide du Auckland Tourism, Events & Economic Development (ATEED) en partenariat avec Asia New Zealand Foundation, ce festival a été introduit en 2'000 au Albert Park qui l'a accueilli pendant 15 ans avant qu'il ne soit transféré en 2016 au prestigieux parc du Domain, mieux à même d'accomoder sa croissance.
Le succès du festival a été immédiat, dès sa première édition organisée avec des lanternes d'occasion importées de Singapour, parfois défaillantes, et il ne s'est pas démenti depuis, renouvelé sans cesse par l'importation de containers entiers pour assurer la féérie de la fête (20 containers de lanternes pour l'édition 2016 installée pour la première fois au Domain !).

Photos du festival des lanternes d'auckland 2017
Festival des lanterne d'Auckland 2017 - ©SM

Illuminé comme il se doit par la pleine lune, le festival s'est ouvert cette année le jeudi 9 février pour se terminer dimanche 12 février. Chaque soir pendant quatre jours, les plus de 800 lanternes chinoises traditionnelles formaient l'ossature de la fête, illustrant des thèmes multiples comme des scènes de vie en Chine ou en Nouvelle-Zélande, les signes du zodiaque chinois, des animaux ou encore des fêtes et traditions chinoises. Mises en scène dans le cadre exceptionnel des jardins du Domain, ceux-ci prennent une nouvelle dimension quand sous le ciel nocturne un dragon majestueux se refléte dans les eaux d'un bassin ou que la canopée des vieux arbres s'éclaire des scintillements produits par les guirlandes de lanternes aux formes et aux couleurs variées posées sur ses branches.

Photos du festival des lanterne d'Auckland 2017 - Scènes de vie traditionnelles chinoises
Festival des lanternes d'Auckland - Scènes de vie traditionnelles en Chine - ©SM

Le premier soir est le plus calme parce qu'il est consacré à "l'appréciation des lanternes" pour ceux qui veulent en profiter sans trop de bousculade.
Les autres soirs sont plus festifs avec plusieurs types d'animations qui viennent s'y ajouter :
- un Noodle Night Market propose de la nourriture de rue variée sur une grande allée,
- un marché de bric-à-brac en tous genres avec beaucoup d'objets lumineux made in China assez inutiles mais sur lesquels se précipitent les badauds offre une touche marchande un peu forraine,
- des spectacles variés présentent différentes facettes de la culture chinoise avec des musiciens, des danseurs, des danses du lion, des démonstrations d'arts martiaux etc.
- des stands d'animation permettent de participer avec par exemple un karaoké ou la fabrication de lanternes.
Pas de doute, c'est une grande fête, tous les éléments y sont, et elle se cloture traditionnellement par un feu d'artifice.


Festival des lanternes d'Auckland 2017
 

Cette année, le Musée d'Auckland qui domine ces événements tout en haut du Domain était lui aussi sous des spots, rouges, couleur du bonheur et de la fête en Chine. Outre les ateliers qu'il proposait en nocturne pendant le festival, le musée a lancé à cette occasion une grande exposition de photos intitulée Being Chinese in Aotearoa : a photogaphic Journey consacrée à 175 ans de présence des Chinois en Nouvelle-Zélande.

Photos d'animaux au festival des lanternes d'Auckland 2017
Zodiaque chnois et animaux divers - Festival des lanternes d'Auckland 2017 - ©SM

Et pour l'anecdote, je n'ai pu m'empêcher de noter vers l'entrée, la scène consacrée à Hong Kong avec skyline, jonque et dim sum, à proximité de laquelle plusieurs panneaux présentaient les différentes facettes de cette ville ainsi mise à l'honneur, avec des photos et informations préparées par le Hong Kong Tourism Board. Il faut dire que la Chine est le deuxième marché export pour Auckland et qu'elle garde un fort potentiel de croissance qu'il faut cultiver, justifiant l'organisation d'un forum de rencontres en marge du festival. Il est l'occasion de tisser des liens entre délégués chinois (200 cette année), élus, migrants et représentants du monde des affaires avec à l'ordre du jour, des discussions sur les liens économiques, les investissements, la politique gouvernementale et les ouvertures commerciales.

 
Une dimension dont les galeries et les commerçants du quartier de Parnell ont bien perçu les bénéfices potentiels puisqu'ils organisent eux aussi, et depuis plusieurs années maintenant, des expositions en lien avec le nouveau signe du zodiaque à ce moment opportun du calendrier. 


Alors c'est officiel, Auckland aussi est entré dans l'année du coq ! 

Nota :
* Auckland est la ville la plus peuplée et la plus cosmopolite de Nouvelle-Zélande puisqu'on y recensait 1,4 millions d'habitants en 2013 soit 33% du total du pays. Sa population d'origine asiatique - toutes origines confondues - enregistrait alors 307'000 individus soit une part de 22% du total, en très forte croissance par rapport au recensement de 2001 aussi bien en nombre - qui a doublé - qu'en proportion (chiffres 2001: 151'650 et 13%).

Infos pratiques : 
Exposition Being Chinese in Aotearoa : a photogaphic Journey
Auckland War Memorial Museum
Du 10 février 2017 au 10 février 2018
Ouvert tous les jours de 10h à 17h
Gratuit avec le ticket d'entrée du musée
Voir la présentation de l'exposition par le musée - ICI

Sources et plus d'infos :
Lantern festival ready to light up Auckland Domain to celebrate Year of the Rooster - NZ Herald 8/2/2017 - ICI
Auckland Lantern Festival & Fireworks 2017 - Auckland ICI
Auckland Lantern Festival lighs-up Domain for first time - Stuff 18/02/2016 - ICI

mardi 10 janvier 2017

KAURIS MENACÉS - Prière de s'essuyer les pieds avant d'entrer dans la forêt ...

Dans le plus grand parc régional d'Auckland, à Waitakere Ranges, les visiteurs sont priés de s'essuyer les pieds avant d'entrer dans la forêt afin de protéger les kauris, des arbres menacés ...

Waitakere Range Regional Park - ©SM

Pour les Maori, le kauri géant était le roi des forêts de Nouvelle-Zélande, un arbre endémique aujourd'hui menacé qui couvrait autrefois toute la latitude du 38º parallèle sud dans l'île du nord : la région d'Auckland, la péninsule de Coromandel et le Northland. Dans la famille des conifères, ce lointain cousin du séquoia appartient au club des arbres les plus grands et les plus vieux de la planète, capable de vivre plus de 1'000 ans et de produire un tronc de plus de 2 mètres de diamètre. Un tronc habituellement long, droit et blanc-grisâtre. Ses feuilles sont longues et vertes (couleur bronze pour un jeune arbre) et pour se reproduire, l'arbre produit des pommes de pins mâles (pollen) ou femelles (graînes).         

Kauri / Waitakere Range Regional Park - ©SM
Le kauri, Agathis Australis de son nom savant, vit dans des forêts mixtes avec d'autres espèces d'arbres. À maturité, il domine la canopée  et est parfois entièrement couvert de lianes; il est indispendable à certaines espèces de fougères, d'orchidées, de buissons et d'herbes qui ne vivent que sous son couvert. Le kauri pousse sur des sols pauvres sans rivaliser avec les arbres nécessitant des conditions plus fertiles.

Les Maori valorisaient les kauris pour leur taille et leur sève mais pour le bois, ils préféraient utiliser d'autres arbres alors que les européens les ont immédiatemment adoptés pour les mats des voiliers, la construction navale et courante. Surexploitées, les forêts se sont alors rapidement éclaircies et les zones survivantes ne doivent souvent leur salut qu'à leur inaccessibilité. Espèce menacée, le kauri est un arbre aujourd'hui scrupuleusement surveillé, protégé et il fait l'objet de programmes de replantations.       


Malheureusement une autre menace guette ces kauris : la maladie du dépérissement (dieback disease). Causée par une sorte de champignon dont les spores attaquent l'arbre par les racines, endommageant d'abord les tissus qui transportent les éléments nutritifs entrainant ensuite le jaunissiment des feuilles qui tombent, l'éclaircissement de la canopée, la mort des branches et des lésions à la base de l'arbre avec perte de résine jusquà ce que l'arbre n'y resiste plus et finisse par succomber. 
Observée pour la première fois dans les années 1970 sur l'île de Great Barrier au large d'Auckland, la maladie a été formellement identifiée en 2008 mais il n'existe aucun moyen de la traiter pour l'instant. Déjà présente dans plusieurs forêts de Nouvelle-Zélande, notamment dans le parc régional de Waitakere Range, elle se propage par le sol et les racines et des mesures sont prises pour essayer de contenir l'épidémie en informant le public et en l'invitant à participer à la prévention par :
- Des brochures et des panneaux d'information,
- la fermeture de certains sentiers de randonnées,
- des instructions et du matériel (paillassons, brosses, sprays desinfectants) pour que les marcheurs du dimanche et les randonneurs nettoient leurs chaussures AVANT d'entrer dans les forêts, qu'ils ne sortent pas des chemins et qu'ils nettoient encore une fois leurs chaussures en sortant...


Alors il ne faut pas trop s'étonner du travail de la "biosécurité" qui veille un peu obsessionnellement au maintien de la biodiversité de Nouvelle-Zélande, le visiteur est prié de montrer pate blanche en passant la douane et de faire ensuite comme tout le monde : s'essuyer les pieds en entrant et en sortant des forêts de kauris, des gestes simples pour essayer de contribuer à sauver ces arbres vénérables... 

En jaune, les forêts touchées - ©SM
©SM














Station de nettoyage à l'entrée d'un sentier - ©SM










Sources et plus d'infos :
Kauri - Te Ara encyclopedia of New Zealand - ICI
Auckland Council - Biosecurity - Kauri Dieback Disease - ICI

mercredi 4 janvier 2017

TE ARA - L'encyclopédie en ligne de la Nouvelle-Zélande

Lorsque je me lance dans la rédaction d'un article, je cherche en général à en savoir plus pour comprendre, enrichir et développer un sujet qui m'intéresse et c'est ainsi que j'ai découvert Te Ara, l'encyclopédie en ligne de la Nouvelle-Zélande.


Te Ara est un mot maori signifiant "le chemin" adopté pour ce projet gouvernemental lancé en 2002 par le ministère de la culture et du patrimoine afin de concevoir et mettre en ligne une encyclopédie officielle de la Nouvelle-Zélande, en version bilingue anglais-maori (même si tout n'est pas encore traduit). Le site a démarré en 2005 et sa première étape de construction s'est terminée en octobre 2014 après un enrichissement progressif de contenu.

Initialement, le comité éditorial placé sous la houlette d'un historien, Jock Phillips, avec un personnel dédié composé d'une équipe de concepteurs, écrivains, rédacteurs, chercheurs d'images et de ressources, a choisi de travailler par thèmes.

1 - Pour cette entreprise au long cours, le premier des thèmes a été consacré à l'"histoire des Néo-Zélandais" couvrant les migrations des peuples, leur implantation, des peuples maoris indigènes aux autres groupes d'immigrants.

2 - Le deuxième thème a été introduit en 2006 sous l'intitulé "Terre, Mer et Ciel" traitant de la faune et la flore marine, celles des rivages, les interractions entre les peuples et la mer ainsi que les forces façonnant le paysage : géologie, vulcanologie ou le climat.

3 - La section consacrée au "Bush" a été lancée peu après, en 2007 pour traiter des paysages, forêts, plantes et animaux endémiques, la façon dont ils ont été exploités et étudiés avec plus d'une centaine de sujets couvrant des points aussi variés que la cartographie, les forêts indigènes, le moa, le kiwi, les explorations maori, les espèces menacées, etc.

Le développement s'est ensuite poursuivi avec l'introduction progressive de six autres thèmes :
4 - Vie rurale ("The setlled landscape") : agriculture, vie rurale, impact des hommes sur le paysage (2008),
5 - Économie et villes : économie, entreprises / vie des affaires, espaces urbains (2010),
6 - Relations sociales : groupes sociaux, famillles et communautés (2010),
7 - Gouvernement et nation : système de gouvernement, symboles de l'identité nationale, (2012),
8 - Vie quotidienne, sports et loisirs : vie quotidienne, coutumes, sports et loisirs (2013),
9 - Arts et vie intellectuelle : art, culture, invention et innovations (2014).

S'ajoutent à tous ces éléments thématiques, des informations sur 22 régions géographiques et un chapitre sur "la Nouvelle-Zélande en bref" qui permettent de compléter ce tableau encyclopédique.


Entièrement repensée, cette encyclopédie en ligne n'est toutefois pas la première version officielle pour la Nouvelle-Zélande puisqu'elle fait suite à "An Encylopaedia of New Zealand" publiée en 1966 dont la version digitalisée a été intégrée au site de Te Ara.
Un autre élément pré-existant à avoir été inséré dans Te Ara est le Dictionary of New Zealand Biography (Dictionnaire des biographies de la Nouvelle-Zélande) sachant toutefois que dans ce domaine, Te Ara ne traite en principe pas des personnalités vivantes.

Pour mémoire, la plus importante encyclopédie de la Nouvelle-Zélande publiée antérieurement, entre 1897 et 1908, était The Cyclopedia of New Zealand sachant qu'il s'agissait d'une entreprise commerciale privée dans laquelle les entreprises ou des particuliers finançaient les entrées qu'ils souhaitaient voir couvertes.  

Pour ce qui est de la partie maorie, les éditeurs du nouveau site indiquent que c'est un élément particulièrement important de Te Ara :
- Avec dans chaque section, la présentation de la perspective maori,
- une traduction en reo Maori (langue maori) de toutes les histoires ayant un contenu maori substantiel.

Histoire(s), biographies, géographie, les sujets comprennent en général une section concise avec les informations majeures puis des chapitres détaillés organisés un peu comme des fiches. Les articles sont datés avec mises à jour/révisions indiquées quand nécessaire et le site à fait peau neuve avec un tout nouveau design à la fin de l'année 2016.
Au final, Te Ara est une source d'informations bien documentée et étayée d'une présentation bien conçue avec la souplesse d'un site qui permet de faire des recherches par mots clés.

Te Ara, a évidemment intégré à ma liste de sites favoris et il est à connaitre par tous ceux qui veulent en savoir plus sur la Nouvelle-Zélande, "version officielle" ! 



Nota / Bon à savoir : Te Ara est également source et éditeur de livres de références qu'on trouve facilement dans les boutiques des musées, notamment au Auckland War Memorial Museum. (Voir Te Ara in Print ICI ) 

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Te Ara : le chemin
Reo Maori : le maori (langue)

Photos : extractions site Te Ara
Source et plus d'infos :
Site Te Ara   ICI