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samedi 25 novembre 2017

LIVRES - Les nouvelles de Katherine Mansfield

Katherine Mansfield : en Nouvelle-Zélande, elle figure au panthéon national et le plus prestigieux des prix littéraires porte son nom, avec sa bourse permettant de financer le séjour des écrivains récompensés dans son ancienne résidence de Menton en France. Au plan international, dans les manuels scolaires locaux et britanniques, elle est restée pendant très longtemps - et reste sans doute encore - la plus emblématique des auteurs néo-zélandais même si dans son pays de naissance, sa légitimité de "kiwi" a longtemps été ambivalente, remise en cause parce qu'elle vécut presque toute sa vie adulte en Europe.
À la lecture de Witi Ihimaera*, j'avais noté quelques critiques à son encontre, sur l'influence qu'elle a pu avoir en véhiculant une vision erronée et romantique des maoris.

Portrait de katherine Mansfield par Anne Rice - Cornwall 1918 - Source : Te Papa Museum of NZ

Ces éléments mis bout à bout, il me paraissait inévitable d'aborder à un moment ou un autre cet auteur phare pour m'en faire ma propre idée. Je me suis donc attaquée à la lecture de ses oeuvres complètes, en version originale. Elles regroupent l'ensemble des recueils de nouvelles publiées au début du 20ème siècle dont une bonne partie à titre posthume.
Comme la nouvelle est loin d'être mon genre favori, j'y suis allée par touches, en prenant mon temps, en butinant ces histoires courtes par-ci par-là.


Ce que j'en ai retiré, c'est d'abord une écriture parfaitement maitrisée, très aboutie et très efficace : en quelques mots Katherine Mansfield est capable de transmettre et de faire ressentir une atmosphère, de faire visualiser un décor ou des situations en ouvrant les portes de l'imagination, en donnant des clés mais en laissant au lecteur la liberté de conclure ou de poursuivre comme il l'entend. Même si le cadre d'époque n'est souvent plus d'actualité, l'intemporalité de beaucoup de ces nouvelles demeure, on sent une capacité hors du commun à capter et à transcrire ce "petit quelque chose" qui traverse l'espace et le temps. Les thèmes abordés sont nombreux, très divers et révèlent une grande capacité d'observation des gens et de la société : l'excitation d'un premier bal, une garden-party, le voyage d'un femme de chambre naïve, la solitude et la fatigue d'un père, une échappée à la plage ... des descriptions, des sentiments, des tranches et des scènes de vie, à la maison, dans la rue, en voyage, en société, au travail, des enfants, des parents, des adultes, des personnes âgées, des riches, des pauvres, des hommes, des femmes ... Autant de petits moments, parfois sans queue ni tête ou laissé en suspens mais toujours finement observés et subtilement transcrits.       

Pour ce qui est de la connaissance de la Nouvelle-Zélande - un aspect qui m'intéressait peut-être un peu plus que d'autres - il ne faut par contre pas trop compter sur ces nouvelles pour découvrir la société néo-zélandaise de l'époque sachant pas ailleurs que les allusions aux Maoris y sont on ne peut plus limitées.
Il semble en fait reconnu que la "kiwi-itude" de Katherine Mansfield se manifeste avant tout dans son écriture, dans son emploi d'un vocabulaire et de certaines tournures coloniales ainsi que dans sa vision particulière du monde issue de sa position "entre-deux". Alors finalement, le plus intéressant dans cette découverte, c'est aussi et d'abord celle de la biographie de Katherine Mansfield qui est, en elle, un véritable roman et ensuite l'impact littéraire qu'elle a pu avoir à son époque, inspirant l'envie et la jalousie d'un auteur tel que Virginia Woolf à qui elle est souvent comparée.

"Woman of words" - Statue commémorative de Katherine Mansfield dans Midland Park sur Lambton Quay à Wellington
 
En version courte : Katherine Beauchamp, pour l'état-civil, est née en 1888 à Wellington en Nouvelle-Zélande. La légende rapporte qu'elle écrit sa première histoire (primée) à l'âge de neuf ans. Elle quitte la colonie à l'âge de 15 ans pour étudier en Angleterre. Après un bref retour en Nouvelle-Zélande où elle commence à publier mais où elle s'ennuie et fait scandale dans la société coloniale puritaine, elle repart et s'installe en Europe où elle restera jusqu'à sa mort en 1923, à l'âge de 34 ans.
Très indépendante, elle essaye de mener sa vie comme elle l'entend, d'une façon parfois jugée outrancière et scandaleuse selon les conventions de l'époque. On lui attribut de multiples histoires amoureuses avec des partenaires des deux sexes. Mariée une première fois en 1909, elle abandonne son mari à peine la cérémonie terminée et s'enfuit vers l'Allemagne où elle fait une fausse couche d'un bébé conçu avec un autre homme avant son union. Elle rentre en Angleterre où ses nouvelles sont publiées dans un magazine, édite en 1911 son premier recueil de nouvelles inspirées de son expérience en Allemagne, Pension Allemande (In a German Pension). La même année, elle rencontre l'éditeur John Middleton Murry qu'elle épousera en deuxième noces sept ans plus tard (elle a divorcé de son premier mari en 1913). Elle est profondément marquée par la mort de son frère en 1915, pendant la première guerre mondiale. Diagnostiquée de la tuberculose en 1918, la recherche de traitements la conduit d'abord en Italie puis à Menton, ensuite en Suisse et enfin près de Fontainebleau où elle mourra. Prolixe, elle écrit sans cesse et jusqu'au bout sachant que son mari qui hérite finalement de tout, publiera plusieurs recueils à titre posthume en veillant à lisser et à donner un image impeccable de leur auteur pour en augmenter la valeur. 

Série de timbres NZ avec des auteurs néo-zélandais, une première en 1989 - Source : Te Ara

Plus largement que son héritage néo-zélandais auquel elle restait personellement attachée, Katherine Mansfield (ce nom de plume est emprunté à sa grand-mère) est finalement surtout considérée comme une figure moderniste de la littérature anglaise. Son rejet des conventions ne s'appliquait pas seulement au domaine privé mais aussi à sa façon d'écrire : ainsi, à l'écriture conformiste savamment structurée de l'époque, elle préférait inventer, surprendre, passer de la narration directe à l'indirecte avec des transitions rapides, opérer des changements de perspective... et finalement, c'est peut-être son modernisme qui a permis à son oeuvre de traverser le temps pour continuer à nous toucher presqu'un siècle plus tard.

Nota :
Célébrité oblige, elle a même son propre Google Doodle avec une petite vidéo publiée en 2013 sur youtube pour fêter l'anniversaire des 125 ans de sa naissance :  





En anglais :
The Collected Stories
Auteur : Katherine Mansfield
Réédition Penguin 2007
En français :
Les Nouvelles, l'intégrale, 10 nouvelles inédites
Traduction française Marie Desplechin
Réédition Stock 2006


Liste des différentes publications de Katherine Mansfield :
In a German Pension (Pension Allemande) 1911
Prelude (1918)
Bliss and other stories (Félicité) (1920)
The Garden Party and other stories (La garden-party) (1922)
Poems (1923)
The dove's nest and other stories (Le nid de colombe) (1923)
Something childish and other stories (Quelque chose d'enfant mais de très naturel) (1924)
The journal of Katherine Mansfield (Le journal de Katherine Mansfield) (1927 - Édition définitive 1954)
The letters of Katherine Mansfield (Les lettres de Katherine Mansfield) (1928-1929)

Notes :
Witi Ihimaera, voir aussi :
Livres - The Matriarch
Livres - Pounamu Pounamu 

Plus d'infos :
Biographie de Katherine Mansfield - Te Ara ICI
Maison natale de Katherine Mansfield à Wellington - NZ Heritage ICI
Katherine Mansfield Menton Fellowship - The art foundation ICI
Katherine Mansfield Society - ICI
Woman of words - Sculpture Katherine Mansfield à Wellington par Viriginia King ICI 

samedi 18 novembre 2017

À Auckland le Père-Noël est de retour sur Queen street

En arrivant l'année dernière au début du mois de novembre, j'avais déjà constaté qu'Auckland n'était pas en retard pour préparer les fêtes de Noël. Cette année, rebelotte, le 15 novembre les vitrines sont déjà toutes décorées, notre voisin a commencé à poser les premières guirlandes de son invraissemblable concours personnel d'illuminations qui durera tout le mois de décembre jusqu'à Noël et puis surtout, l'immense et emblématique Père-Noël de Queen street domine à nouveau la plus importante artère de la ville. Droit dans ses bottes, vêtu de son uniforme rouge, entouré de cadeaux et accompagné de ses deux rennes monumentaux, le géant à barbe blanche n'a pas pris une ride depuis l'année dernière et réaffirme sa position d'emblême débonnaire qu'il occupe depuis son apparition en 1960.

Fidèle au poste : le Père-Noël d'Auckland sur Queen Street - La saison des fêtes de fin d'année 2017 est lancée !  ©SM

Son histoire appartient au patrimoine national puisqu'elle figure - sans être tout à fait à jour - sur le site de NZ History (Histoire de la Nouvelle-Zélande) du ministère de la Culture et du Patrimoine, avec ses hauts et ses bas, des changements d'adresses et de propriétaires et les retouches émaillant sa saga. Ce Père-Noël avait été conçu au départ comme une attraction commerciale chargée d'attirer les clients dans le grand magasin Farmers qu'il surmontait à l'angle de Hobson street et de Wyndham street où il a d'abord officié chaque année pendant trente ans. La structure de 18 mètres pesant plus de cinq tonnes, en fibre de verre supportée par des tubes d'acier avait alors une partie automatisée composée d'un oeil clignotant et d'un doigt articulé. Ces deux gestes censés inciter les clients à entrer dans le magasin ont disparu en 2009 alors que l'aspect douteux et un peu pervers qu'ils donnaient au personnage lui avaient valu le surnom de "Creepy Santa".

L'icone n'en avait pas moins gagné le coeur des habitants, une première fois inquiets au moment de la mise en vente du magasin Farmer du centre ville dans les années 1990 coïncidant avec la décision de confier sa célèbre parade de Noël à une association indépendante. Le Père-Noël trouva alors refuge pendant quelques années au dessus d'un centre commercial où officiait un autre magasin Farmer, à Manukau, en périphérie d'Auckland. Décrépi et plus assez présentable, il disparut ensuite pendant deux ans à la fin des années 1990 avant d'être racheté pour 1 dollar symbolique par une agence de relations publiques. Celle-ci fit appel à toutes sortes de supporters et de sponsors pour restaurer Santa Claus et le ramener en centre ville au dessus de Whitcoulls sur Queen's street où il parque désormais ses rennes pour les fêtes de fin d'année.
Les coûts de stockage, de montage, de démontage et d'entretien n'en sont pas moins énormes si bien que la continuité de la tradition est régulièrement remise en cause, avec plusieurs coups de chaud dont le dernier, en 2014, a bien failli lui être fatal.
Bon an mal an, le bonhomme bienveillant s'accroche pourtant et continue de veiller au dessus de l'agitation citadine pour rappeler, d'une génération à l'autre, une certaine continuité de l'esprit de Noël.

Note :
À voir aussi sur Queen street : les très belles vitrines du grand magasin Smith and Caughey Ltd avec leurs automates et l'histoire qu'ils racontent, un peu dans la même veine que la tradition des Galeries Lafayettes à Paris. Le thème de cette année 2017 : les pirates. 
 
Vitrine de Noël Smith & Caughey sur Queen street (2017) - Les pirates à l'honneur.    ©SM

Voir aussi :
Farmers Santa Parade - Bientôt Noël (2016) ICI
Illuminations de Noël, Franklin road Christmas lights (2016) ICI
Pohutukawa, arbres de Noël de NZ  ICI

Plus d'infos :
Auckland's giant santa - NZ History ICI
Auckland miracle : Queen Street Santa's been saved - NZ Herald 23/10/2014 ICI

vendredi 3 mars 2017

Nouvelle-Zélande, un pays, trois drapeaux ... et plus !

Emblème d'une nation, le drapeau est une affaire à rebondissements en Nouvelle-Zélande.

Une question sur laquelle notre attention a initialement été attirée début décembre, au moment  de la démission de John Key du poste de Premier Ministre. Celui-ci avait alors déclaré n'avoir qu'un seul regret, celui de "ne pas avoir fait aboutir sa proposition de changement du drapeau"(1) qui, après un long processus de propositions/sélections, avait finalement été rejeté lors du référendum national de mars 2016, 56,6% de la population préférant conserver le drapeau actuel plutôt que son alternative à la fougère.


Référendum de mars 2016 - Bulletin de vote pour le choix final du drapeau - Source : site des élections NZ

Lors de notre visite à Waitangi fin janvier, ce sujet nous a de nouveau interpelé parce que sur le grand mat érigé à l'endroit où le traité a été signé en 1840, ce n'est pas un mais trois drapeaux qui flottent, trois pavillons comme symboles officiels du pays :


Photo du mat des drapeaux à Waitangi Nouvelle-Zélande
Les couleurs historiques de la Nouvelle-Zélande flottent à Waitangi ©SM

1 - Le New Zealand Ensign en position d'honneur : c'est le drapeau officiel de la Nouvelle Zélande depuis 1902. Conçu en 1869, il est dérivé du British Blue Ensign (drapeau bleu avec l'Union Jack Britannique dans le coin gauche), pavillon que les vaisseaux des colonies britanniques se devaient d'arborer à partir de 1865, complété d'un badge ou d'un sceau dans la partie droite pour les identifier.

New Zealand Ensign
Comme la Nouvelle-Zélande n'avait ni badge ni sceau (trop compliqué), elle utilisa d'abord les deux lettres "NZ" avant de les remplacer en 1869 par quatre étoiles rouges bordées de blanc, représentant la constellation de la Croix du Sud. 
À la fin du siècle, l'utilisation du drapeau se répandit à terre avec un cercle engobant les étoiles et il prit une nouvelle dimension au moment de la participation à la guerre des Boers en Afrique de Sud (1899-1902), les néo-zélandais ne sachant plus trop si le New Zealand Ensign avait ou non précédence sur l'Union Jack.
 
La question fut tranchée en 1900, lorsque Richard Seddon, Premier de l'époque fit du New Zealand Ensign le drapeau officiel de la Nouvelle-Zélande (sans le cercle) et que la loi fut complétée en 1902 pour qu'il remplace officiellement l'Union Jack.

Union Jack
2 - l'Union Jack : après la signature du traité de Waitangi en 1840, c'est le drapeau britannique qui devient pavillon officiel de la Nouvelle-Zélande, jusqu'à la loi de 1902 qui donna précédence au New Zealand Ensign.
Il n'en resta pas moins largement en usage jusqu'aux années 1950/60 et il est systématiquement et très officiellement levé lorsque des membres de la famille Royale d'Angleterre ou des hôtes britanniques importants sont de passage en Nouvelle-Zélande. 

3 - Drapeau des Tribus Unies de Nouvelle-Zélande (United Tribes' flag) : c'est le premier des drapeaux officiels de la Nouvelle-Zélande.
À l'époque, le pays n'était pas encore colonie britannique, son commerce était florissant avec l'Australie et sans heurt jusqu'à l'incident du Sir George Murray de 1830. Parce qu'il ne répondait pas aux règlementations en vigueur imposant à chaque bateau de posséder un certificat officiel indiquant le lieu de construction, le nom du propriétaire et la nationalité, ce navire construit en Nouvelle-Zélande fut confisqué puis vendu par la douane de Sydney.
Pour palier cette entrave aux échanges et tous risques de confiscations, l'idée d'un pavillon national pris forme. Elle fut menée à bien par James Busby, représentant de la couronne britannique arrivé en 1833 en Nouvelle-Zélande. Il initia les démarches nécessaires auprès des autorités de Nouvelle-Galles du Sud pour l'enregistrement d'un drapeau en espérant améliorer la collaboration des tribus maories et l'organisation du pays par la même occasion. Une première proposition de drapeau faite par le gouverneur d'Australie fut rejetée parce qu'elle ne contenait pas assez de rouge, couleur importante pour les Maoris et la version finalement retenue fut dessinée par Henry Williams(1), missionnaire de la Church Missionary Society. La sélection se fit en 1834 parmi trois propositions lors d'une réunion de 25 dignitaires Maoris à Waitangi, avec des missionnaires, des colons et des capitaines de navires anglais et américains.

Drapeau des Tribus Unies de Nouvelle-Zélande

Ce drapeau (2), déjà utilisé par la mission, est composé de la Croix de Saint George rouge sur un fond blanc; une deuxième croix de St George plus petite, rouge bordée de noir est placée dans le quadrant supérieur gauche sur fond bleu avec quatre étoiles à huit branches dans chacun des quadrants bleus (il existe des variantes pour les bordures et le nombre de branches des étoiles).



Choisi au départ pour des raisons pragmatiques plus commerciales que nationales, ce drapeau devint rapidement un signe de résistance des tribus maories qui l'adoptèrent, en particulier dans l'île du nord, après la signature du traité de Waitangi de 1840. Alors considérée comme colonie sous souveraineté anglaise, Hobson lui avait substitué l'Union Jack même si les maoris ne lui accordèrent pas la légitimité attendue et qu'un chef célèbre coupa à plusieurs reprises le mat sur lequel il flottait en signe de désaccord.
Selon le discours de notre guide maori pendant notre visite de Waitangi, ce drapeau des Tribus Unis garde encore toute sa valeur et son "mana" (prestige) si bien que même si John Key avait réussi à implémenté son changement de drapeau en mars dernier, celui-ci n'aurait pas pris précédence sur celui des Tribus Unies. Pour preuve, il flotte toujours à Waitangi et est très officiellement levé dans le pays le jour de la fête nationale (Waitangi Day).

Et quand on commence à y regarder d'un peu plus près, s'ajoutent encore à ces trois drapeaux historiques d'autres pavillons :

1 - Tino rangatiratanga - Créé en 1989 par trois femmes artistes maories à la suite d'un concours national, ce drapeau est devenu un symbole de l'indépendance Maorie et le drapeau national Maori officiel autorisé. S'il a pu depuis peu flotter sur un certain nombre de lieux emblématiques (le pont d'Auckland, l'assemblée nationale, etc.), il ne fait toutefois pas l'unanimité et il n'a en particulier pas encore pu être hissé à Waitangi



2 - Le drapeau personnel officiel de la reine Elizabeth II, reine de Nouvelle-Zélande, adopté en 1962. Il prend précédence lorsque la reine est en Nouvelle-Zélande. 


3 - Le drapeau du gouverneur général, représentant officiel de la reine en Nouvelle-Zélande lorsqu'elle n'est pas dans le pays. Ce modèle a été adopté en 2008 et prend précédence sur le drapeau national lorsque le gouverneur général est présent à une manifestation.



4 - Le Red Ensign adopté en 1903 pour identifier les navires marchands et le NZ Civil Air Ensign adopté pour l'aviation civile en 1938.



5 - Les drapeaux de la marine et de l'aviation, NZ White Ensign de la NZ Navy (depuis 1968) et la Royal NZ Air force Ensign (depuis 1939).

 



La multiplicité et l'histoire de ces drapeaux sont bien à l'image de ce pays multiculturel avec une histoire qui cherche parfois à se redéfinir pour englober toutes ses composantes, en recherche d'une identité nationale sans toujours arriver à faire l'unanimité. Comme promu dans la vidéo ci-après - petit panorama historique et symbolique (en anglais) racontant l'histoire du drapeau néo-zélandais,  produite en mai 2015 par le Flag Consideration Project dans le cadre du projet de changement de drapeau - les néo-zélandais ont eu la possibilité de franchir une nouvelle étape en choisissant un nouveau drapeau mais ils n'ont pas saisi cette perche et sont restés dans le statut quo ... jusqu'au prochain épisode.    




Notes : 
(1) Arguments en faveur du changement de drapeau :
    - la représentation de l'Union Jack britannique sur le drapeau va à l'encontre du statut de pays indépendant, 
    - le drapeau n'intègre pas l'héritage maori et la dimension multi-culturelle de la société, 
    - le drapeau ressemble trop à celui de l'Australie.
    Arguments contre le changement de drapeau :
    - c'est un symbole ancien de la nation, créé en 1869 et officialisé en 1902, 
    - des néo-zélandais se sont battus et sont morts sous cet étendard qu'il faut respecter, 
    - il représente le lien historique avec l'Angleterre (Union Jack) et la position du pays sur la planète (Croix du Sud)
(2) Henry Williams est également le missionnaire qui, en 1840, fit la traduction maorie du traité de Waitangi en une nuit. 
(3) Une variante du drapeau presque similaire a été adoptée en 1858 par la compagnie de cargos Shaw Savill, qui fut par ailleurs, ironie de l'histoire, l'une des plus grande contributrices dans le transport des immigrants européens vers la Nouvelle-Zélande.

Sources et infos complémentaires :
Site du gouvernement - Informations referendum mars 2016 ICI
Te Ara - Story: flags ICI
Ministry of Culture and heritage - Flags ICI
New Zealand History - Flags of New Zealand ICI