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mercredi 31 mai 2017

Jardins d'Hamilton, un voyage autour du monde !

  
 Rajasthan ?



Italie ?



Kyoto ?



Angleterre ?



Non, non, non et non ... nous voici tout simplement partis à la découverte des jardins d'Hamilton qui se déclinent autour du monde et de l'histoire pour une invitation au voyage à travers la mise en scène de ses jardins à thèmes !

Un projet débuté il y a quarante ans pour transformer et réhabiliter un paysage alors désolé, celui d'une ancienne carrière devenue terrain de tir finalement dégradé en décharge de la ville. Le chemin parcouru depuis est un modèle de réussite et le résultat, un immense parc public très fréquenté, avec son lac, ses aménagements nombreux (parkings, terrains de jeux, allées, pavillons, serres, etc.), ses différentes zones ou "collections" paysagères (bois, sous-bois, roseraie, pelouses, rhododendrons, collines, etc.) ... et surtout ... ses "jardins clôts" (Enclosed Gardens) qui en constituent l'attrait le plus touritique se déployant le long de la rivière Waikato.

Un succès consacré sur la scène internationale par le grand prix du "jardin de l'année" attribué en 2014 par l' "International Garden Tourism Network". D'autres récompenses s'y sont ajoutées depuis mais les administrateurs ne s'endorment pas sur leurs lauriers si bien que les "jardins clôts" continuent de grandir et de s'étoffer avec quatre nouveaux jardins en cours de développement (Surrealist, Mansfield, Picturesque, Concept)  et trois autres à l'étude (Egyptian, Medieval, Baroque). Ces projets viendront compléter un parc composé de déjà 13 jardins disposant chacun de leur propre enclos et de leurs panneaux explicatifs, savamment reliés entre eux par des chemins et des cours elle-mêmes à thèmes (Fern Court, Cloud Court, Piazza, Time Court et Lawn Court).

Les jardins les plus pittoresques de déploient autour de Cloud Court (la cours des nuages), ils appartiennent à la Paradise Garden Collection (collection des jardins de paradis) avec :
- le jardin japonais (Japenese Garden of Contemplation)    
- le jardin fleuri anglais (English Flower Garden)
- le jardin du mandarin chinois (Chinese Scholar's Garden)
- le jardin moderne (Modernist Garden)
- le jardin indien (Indian Char Bagh Garden)
- le jardin renaissance italien (Italian Renaissance Garden)

Un peu plus utilitaires et parfois moins spectaculaires, les deux autres "collections" des jardins clôts (Productive garden collection et fantasy garden collection) se déploient autour de la "cours-pelouse" et de la "cours du temps" (Charmante et instructive : place des rayons du soleil à différents moments de l'année tracés au sol, jolie statue d'Alice au pays des merveilles, etc) :  
- le jardin Maori (Te Parapara Garden)
- le potager (Kitchen Garden)
- le jardin d'herbes (Herb Garden)
- le jardin bio (Sustainable Garden)
- le jardin tropical (Tropical Garden)
- le jardin des chinoiseries (Chinoiserie Garden)
- le jardin Tudor (Tudor Garden)

Nous avons essayé de ne pas nous en formaliser mais nous sommes tout de même repartis un peu chiffonés en constatant qu'il manque un absent de taille, même pas mentionné dans les futurs projets : le jardin à la française ... Mais bon, avec deux jardins "anglais", la donne est claire et on sait clairement de quel côté bat le coeur historique du pays ! 

En tout cas, une chouette excursion et l'occasion d'aller découvrir Hamilton à 1h30 d'Auckland.

Infos pratiques :
Enclosed theme gardens - Hamilton
Hungerford Crescent, Cobham Drive SH1
Ouvert tous les jours de 7h00 à 18h00
Gratuit
Brochure du site vendue à l'accueil pour 2NZD / téléchargeable en format pdf sur le site des jardins ICI
Site Hamilton Gardens  ICI

samedi 8 avril 2017

Huana Ranges Regional Park


Situé au sud d'Auckland, Huana Ranges Regional Park est l'un des plus grands parcs de la région et un des principaux réservoirs servant à l'approvisionnement en eau de la ville d'Auckland. À cet effet, le Auckland City Council menna une politique active d'acquisition des terrains des Huana Ranges entre 1940 et les années 1960, jusqu'à l'obtention des plus de 14'000 hectares de forêts qui filtrent annuellement environ 2,300mm de pluie remplissant les quatre réservoirs de ce parc.


Photos des chutes de Huana Huana Ranges Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande
Chutes de Huana - Huana Ranges Regional Park Auckland  ©SM

Historiquement, les lieux ont toujours été plus ou moins protégés de l'exploitation humaine. Les collines n'ont  d'abord jamais été occupées de façon permanente par les Maoris qui s'en servaient pour un approvisionnement ponctuel en nourriture ou en bois et ils ne s'y réfugiaient qu'occasionnellement. Quant aux européens, c'est le dernier endroit de la région qu'ils colonisèrent à la fin des années 1870 du fait des difficultés liées au terrain, de l'isolement et de la pauvreté des sols. Quelques pans de forêts furent abattus pour faire place aux activités agricoles qui restèrent toutefois toujours marginales et si deux mines de manganèse y furent un temps exploitées, c'est l'eau qui est et reste la ressource principale des Huana Ranges.

Le parc est grand et entrecoupé de plusieurs sentiers de randonnée réservés à ceux qui ont du temps ainsi que d'une longue piste de VTT. Pour le visiteur du dimanche, seule une petite partie du parc est accessible avec deux possibilités :
- l'accès ouest pour les chutes de Huana et le réservoir de Wairoa,
- l'accès sud, pour les réservoirs de Mangatangi et de Mangatawhiri. 

Sans GPS, ce n'est pas évident à trouver car peu de panneaux indiquent la direction au bord de la route et même équipé c'est un peu compliqué car les chutes sont au milieu de nul part, sans adresse ni référence dans notre outil de bord !
Les chutes de Huana ont pourtant toujours été une attraction, attirant car dès l'époque victorienne des excursions qui y étaient organisées à la journée avec remontée en bateau à vapeur jusqu'à Clevedon puis expédition aux chutes. Alors nous aussi, nous avons fini par les trouver ces chutes, un dimanche après une semaine pluvieuse qui les gonflaient à plein en drainant une eau chargée d'alluvions pour un spectacle tout en puissance.

Une fois dans le parc, les chutes ne sont qu'à quelques dizaines de mètres du parking et ne demandent pas un grand effort même en y ajoutant le petit circuit qui mène jusqu'aux pieds de la chute. Munis de la carte-brochure du parc (disponible sur place) et d'un pique-nique (indispendable : pas de café et aucun approvisionnement aux alentours), nous y avons donc adjoint la boucle Cossey-Massey de 8,3 kilomètres pour environ 3 heures de marche.

Boucle Huana Falls - Wairoa Reservoir   ©SM
Une belle balade en forêt qui commence bien évidemment en s'essuyant les pieds, kauris obligent avant de traverser la rivière Cossey à gué, un passage habituellement simple, en sautillant sur les rochers mais un peu délicat le jour de notre balade compte tenu des eaux gonflées de la rivière les recouvrant en grande partie et les rendant glissants. Nous nous en sommes sortis, en gardant les pieds secs, avec l'aide de deux batons trouvés dans la forêt pour nous servir d'appui !    

Ensuite, c'est une bonne grimpette avec pas mal de marches aménagées le long de la gorge de la rivière Cossey, une montée continue jusqu'au parking du réservoir du même nom. Là, pas de chance, nous nous sommes faits cueillir par la pluie, sans vêtements adaptés, pas top même si nous avons finalement trouvé une table abritée à la sortie du réservoir où nous avons englouti notre déjeuner en attendant une éclaircie. Un peu refroidis, nous nous sommes rapidement réchauffés en poursuivant la boucle sur la crête suivant un bout de la piste Wairoa-Cossey Track avant de redescendre en direction des chutes par le chemin de Massey track où un crochet permet d'aller observer quelques kauris en passant.

Une marche en forêt bien balisée, passant par un des barrages d'un réservoir du parc et réservant quelques points de vues sur le bassin et les paysages ruraux environnants. Côté flore et faune, la forêt recèle parait-il d'espèces endémiques un peu particulières, notamment des fougères, des champignons et des kokakos (oiseaux), mais nos connaissances restant très limitées en la matière, il nous a été difficile de juger sachant par ailleurs que les bêbêtes étaient sans doute plus malignes que nous et aux abris ! 

En bref, pas la plus exceptionnelle des visites que nous ayons faites mais idéal pour un bon bol d'air et un bon complément à la visite des chutes qui valent le coup mais ne justifient pas forcément un si grand détour par elles-mêmes.

Nota : il est possible de substituer une autre marche pour complémenter la visite des chutes en se rendant à quelques kilomètres de là, à l'accès sud du parc avec par exemple Suspension Bridge Loop (3,9 km / 1h15) qui est une boucle un peu plus courte.



lundi 6 février 2017

TOP OF NEW-ZEALAND - Les hauts de Nouvelle-Zélande !

Profitant des trois jours du week-end d'Auckland's Day et du beau temps de l'été austral, nous avons pris la route vendredi 27 janvier en milieu d'après-midi pour une visite improvisée dans la région du Northland. Un peu de circulation au départ mais pas trop, 330 kilomètres environ au départ de Bucklands Beach et 5 heures de route via la state highway 1 nous permettent de rejoindre à la nuit tombée le Bed & Breakfast réservé à Kaitaia avant de partir.



Samedi 28 janvier - Première étape : la péninsule d'Aupouri (du nom d'un des peuples qui l'habitaient) à l'extrême pointe nord, au nord de l'île du nord, le district du Far North. On l'appelle aussi top of NZ et pour placer l'endroit facilement sur la carte, c'est toute la partie au nord de Kaitaia où la péninsule du North Auckland passe d'un coup de 60 kilomètres de large à une bande de 10 kilomètres de large sur 100 kilomètres de long en formant une sorte de doigt dressé pointant vers le nord ... 



Kaitaia, ce n'est pas très grand, 5'600 habitants en 2015, mais c'est suffisant pour trouver hébergement, approvisionnement, station service et même un musée ("architecture et objets exposés très intéressants" selon nos compagnons de petit-déjeuner même si nous avons passé pour cette fois).
Sachant qu'il y a que deux façons de parcourir les 100 kilomètres de la péninsule pour rejoindre le cap Reinga situé tout au bout,
- la Highway 1, goudronnée*, traversant le centre de la péninsule,
-  la plage de 90 Mile Beach sur la façade ouest, praticable à marée basse avec une voiture 4x4,
notre circuit s'est organisé en fonction de la marée qui était haute autour de midi et basse vers 16h30 si bien que nous avons commencé par la route en dur pour revenir par la plage.
Départ un peu avant 9h00.   

Photo Gumdiggers Park Northland Nouvelle-Zélande
Gumdiggers Park - Discovery Trail - ©SM
À 25 kilomètres de Kaitaia, un peu après Waipapakauri, premier crochet en dehors de la "1" pour suivre les panneaux du Gumdiggers Park Ancient Buried Kauri Forest. Peu fréquenté au moment de notre passage, nous n'y croiserons que l'employé de service à l'accueil et un seul couple de visiteurs (des français !), l'endroit ne manque pourtant pas d'intérêt. La visite de ce petit parc est composée d'une boucle "nature" (Eco-Trail) et d'une boucle "historique" (Gumdiggers Discovery Trail) ayant chacune de nombreux panneaux explicatifs. Les deux boucles se rejoignent au niveau du Gumdiggers Village qui reconstitue un village et les conditions relativement précaires des chercheurs d'ambre de kauri. Le "clou" du parc est le tronc d'un kauri géant dégagé du marécage qui l'a conservé pendant des milliers d'années (Ancient Giant Kauri Log). En prenant son temps pour lire, voir la vidéo proposée et passer par tous les endroits du circuit, il faut compter environ une heure de visite.

Brochure pour la visite du Gumdiggers Park - Plan du site (recto)
On y apprend qu'il y a environ 220 millions d'année, cette région s'est couverte de forêts de kauris qui disparurent ensuite brutalement et mystérieusement : météorite ? super-typhon ? méga-tsunami? Autant d'hypothèses plus ou moins plausibles mais non corroborées alors que des poches de ces forêts originelles furent admirablement préservées, pendant des dizaines de milliers d'années, dans les marécages du Northland grâce au cocktail chimique unique qui les composent. Quel que soit l'événement qui a provoqué la destruction des arbres, leur état de préservation est tel, certains ont conservé écorces et feuilles, que leur disparition ne peut être due qu'à une catastrophe soudaine et cataclysmique plutôt qu'à un processus de destruction lente.
Photo Gumdiggers Parks Eco-Trail Northland Nouvelle-Zélande
Gumdiggers Park - Eco Trail - ©SM

Dans certaines poches, ce n'est pas une seule couche de troncs qui a été retrouvée mais plusieurs strates successives attestant que jusqu'à 3 ou 4 forêts de kauris sont ainsi arrivées à maturité avant de mourrir et d'être ensevellies, suivant la même séquence catastrophique mystérieuse mais dont la répétation joue en faveur des hypothèses d'événements climatiques hors normes. 

L'intérêt suscité à la fin du 19ème siècle par ces poches de kauris en plein marécages est lié au processus de cicatrisation de ces arbres qui, lorsqu'ils sont blessés, produisent de grandes quantités de sève résineuse pour fermer leurs plaies et protéger la gaine intérieure du tronc. La sève se fige ensuite en formant des boules de gommes qui durcissent puis tombent sur le sol où elles se concentrent et s'enfouissent avec le temps; après des milliers d'années, elles se fossilisent et se transforment en ambre de Nouvelle Zélande.     

Les maoris utilisaient la gomme de kauris de différentes façons, ils la machaient, s'en servaient pour les tatouages ou encore pour allumer les feux. Les européens qui commerçaient avec eux lui trouvèrent un nouveau débouché dans la production de vernis de très grande qualité si bien que l'exploitation de la gomme se développa pour alimenter cette industrie. Mais à la fin des années 1860 en même temps que les forêts de kauris se raréfiaient, le ramassage de la gomme en surface se fit lui aussi plus difficile alors que la demande était croissante et c'est là que s'est développée la pratique du "Gum digging" pour récupérer la gomme conservée dans les marécages; une pratique florissante entre 1870 et 1920 et constituant la source principale de revenue du Northland sur toute cette période ainsi qu'un des plus importants produits export du pays. De nombreux fermiers des environs s'y consacrèrent pour y tirer des compléments de revenu, à temps partiel ou complet.
Dans la région, cette activité fut étroitement liée à la communauté des immigrants dalmates (région de l'ancienne Yougoslavie) qui s'y consacrèrent, un travail dur pour se faire une place dans leur nouvelle patrie d'adoption. Des photographies, des reconstitutions, les éléments du terrain, une vidéo, etc. permettent d'en savoir plus et d'imaginer une époque et une industrie maintenant révolues; une visite riche d'enseignements que nous avons appréciée.

En sortant du parc, une boucle permet de rejoindre la highway 1 un peu plus au nord que là nous l'avions quittée et nous poursuivons notre trajet en direction du cap Reinga. À noter que les deux accès sud à 90 miles beach sont indiqués par les panneaux touristique de couleur marron sur le bord de la route.
Le paysage est légèrement valloné, peu arboré et relativement sec. À mi-péninsule, le Mont Camel qui s'élève au dessus de la côte Pacifique donne un point de repère un peu plus élevé et du relief.

Nous faisons un second détour/arrêt un peu après Ngataki pour aller voir la plage de sable blanc de Rarawa ouverte sur le Pacifique. Encore un petit coin de rêve avec des étendues de plage à perte de vue, un océan nous offrant ses plus belles déclinaisons sous le soleil d'été et une impression d'espace sans pareil alors que les visiteurs se comptent sur les doigts d'une main, quelques baigneurs et un pêcheur tout au plus qui n'hésitent pas à se garer sur la plage plutôt que sur le parking. À part les cocotiers, tout y comme sur une île de paradis !    

Plage de sable blanc Rarawa Northland Nouvelle-Zélande
Plage de Rarawa - Northland - ©SM


Nous poursuivons ensuite jusqu'à Waitiki Landing où nous pouvons faire un dernier approvisionnement à la petite épicerie du coin pour compléter notre pique-nique avant le cap Reinga situé dans le parc de Te Paki (Te Paki Recreation Reserve) où nous arrivons en tout début d'après-midi. Nous laissons la voiture à l'un des deux parkings, tout au bout de la route, pour pouvoir rejoindre le phare, à pied, à quelques centaines de mètres. C'est ici, au cap Reinga que se concentrent le plus grand nombre de touristes parce que :
1 - l'endroit est accessible,
2 - il marque le point accessible le plus au nord de la Nouvelle-Zélande (géographiquement, ce n'est toutefois pas le point le plus septentrional, un titre revendiqué par d'autres caps alentour et généralement attribué à North Cape pour la partie terrestre et dans l'absolu, par Nugent Island dans le groupe des Kermadec, une île située un peu plus au large),
3 - les eaux et les courants de la mer de Tasman et ceux du Pacifique s'y mélangent,
4 - il a une importance culturelle importante dans la mythologie maori qui en font le point par lequel les âmes transitent au moment de la mort; elles passeraient notamment par un pohutukawa solitaire, accroché sur une falaise et vieux de 800 ans, point de transit permettant de retourner à l'île ancestrale d'Hawaiki. Un aspect mythique bien développé et évoqué dans le dernier volume de la saga "le pays du nuage blanc" de Sarah Lark auquel j'ai évidemment repensé en visitant le site.

Photo prises du cap Reinga Northland Nouvelle-Zélande
Vues du cape Reinga  - ©SM

Photo phare cap Reinga Northland Nouvelle-Zélande
Phare du cap Reinga - ©SM

Outre ses spécificités et la balade jusqu'au phare comprenant encore une fois pas mal de panneaux explicatifs, l'endroit vaut pour ses superbes vues.
L'un de nos regrets est de ne pas disposer d'un peu plus de temps pour randonner et parcourir les chemins aletour, nombreux pour aller vers le cap Nord ou vers le cap Maria van Diemen et les dunes de Te Paki par les falaises, ce sera peut-être pour une autre fois si l'occasion se présente.

Le reste de l'après-midi est consacré aux dunes de Te Paki et à 90 miles beach, déjà détaillés dans un autre article.

Alors que la fin de journée approche, nous faisons encore quelques kilomètres après Ahipara en prenant le chemin des écoliers pour aller jusqu'à Doubtless Bay et gagner Mangonui où nous avons réservé une chambre pour la nuit, au bord de l'eau. Station baleinière d'antant, cet ancien village de pêcheurs aujourd'hui très coquet s'étale tout en longueur au bord de l'eau et a reconverti ses "vieux" bâtiments de 150 ans (parmi les plus anciens du pays) pour le tourisme avec ses hotels, motels, cafés, restaurants et boutiques qui en font une étape agréable et "historique" pour la soirée. Pour se restaurer, plusieurs Fish & ships dont l'un, au bord de l'eau et sur piloti est plutôt connu et très fréquenté mais pour ceux qui ne raffolent pas de ce style de cuisine, on trouve de bonnes alternatives, du traditionnel, du thaï et un indien, il y a le choix. Ensuite, pour la soirée c'est quand même plutôt le grand calme, idéal pour recharger les batteries avant les visites du lendemain.

Nota :
* Jusqu'en 2010, les derniers 19 kilomètres de la Highway 1 menant au cap Reinga étaient encore une piste non goudronnée. Désormais, cette route ne présente plus aucune difficulté et il est facile de se rendre au cap mais elle draine aussi beaucoup de touristes et l'endroit est très fréquenté.

Gumdiggers Park :
171 Heath Road, Northland, Nouvelle-Zélande
Ouvert tous les jours (sauf Noël)
de 9h à 16h
Tarif adulte : 12,50 NZD

Sources et plus d'infos :
Site d'informations touristiques - Top of NZ - ICI
Site du Gumdiggers Park Ancient Buried Kauri Forest - ICI

mardi 10 janvier 2017

KAURIS MENACÉS - Prière de s'essuyer les pieds avant d'entrer dans la forêt ...

Dans le plus grand parc régional d'Auckland, à Waitakere Ranges, les visiteurs sont priés de s'essuyer les pieds avant d'entrer dans la forêt afin de protéger les kauris, des arbres menacés ...

Waitakere Range Regional Park - ©SM

Pour les Maori, le kauri géant était le roi des forêts de Nouvelle-Zélande, un arbre endémique aujourd'hui menacé qui couvrait autrefois toute la latitude du 38º parallèle sud dans l'île du nord : la région d'Auckland, la péninsule de Coromandel et le Northland. Dans la famille des conifères, ce lointain cousin du séquoia appartient au club des arbres les plus grands et les plus vieux de la planète, capable de vivre plus de 1'000 ans et de produire un tronc de plus de 2 mètres de diamètre. Un tronc habituellement long, droit et blanc-grisâtre. Ses feuilles sont longues et vertes (couleur bronze pour un jeune arbre) et pour se reproduire, l'arbre produit des pommes de pins mâles (pollen) ou femelles (graînes).         

Kauri / Waitakere Range Regional Park - ©SM
Le kauri, Agathis Australis de son nom savant, vit dans des forêts mixtes avec d'autres espèces d'arbres. À maturité, il domine la canopée  et est parfois entièrement couvert de lianes; il est indispendable à certaines espèces de fougères, d'orchidées, de buissons et d'herbes qui ne vivent que sous son couvert. Le kauri pousse sur des sols pauvres sans rivaliser avec les arbres nécessitant des conditions plus fertiles.

Les Maori valorisaient les kauris pour leur taille et leur sève mais pour le bois, ils préféraient utiliser d'autres arbres alors que les européens les ont immédiatemment adoptés pour les mats des voiliers, la construction navale et courante. Surexploitées, les forêts se sont alors rapidement éclaircies et les zones survivantes ne doivent souvent leur salut qu'à leur inaccessibilité. Espèce menacée, le kauri est un arbre aujourd'hui scrupuleusement surveillé, protégé et il fait l'objet de programmes de replantations.       


Malheureusement une autre menace guette ces kauris : la maladie du dépérissement (dieback disease). Causée par une sorte de champignon dont les spores attaquent l'arbre par les racines, endommageant d'abord les tissus qui transportent les éléments nutritifs entrainant ensuite le jaunissiment des feuilles qui tombent, l'éclaircissement de la canopée, la mort des branches et des lésions à la base de l'arbre avec perte de résine jusquà ce que l'arbre n'y resiste plus et finisse par succomber. 
Observée pour la première fois dans les années 1970 sur l'île de Great Barrier au large d'Auckland, la maladie a été formellement identifiée en 2008 mais il n'existe aucun moyen de la traiter pour l'instant. Déjà présente dans plusieurs forêts de Nouvelle-Zélande, notamment dans le parc régional de Waitakere Range, elle se propage par le sol et les racines et des mesures sont prises pour essayer de contenir l'épidémie en informant le public et en l'invitant à participer à la prévention par :
- Des brochures et des panneaux d'information,
- la fermeture de certains sentiers de randonnées,
- des instructions et du matériel (paillassons, brosses, sprays desinfectants) pour que les marcheurs du dimanche et les randonneurs nettoient leurs chaussures AVANT d'entrer dans les forêts, qu'ils ne sortent pas des chemins et qu'ils nettoient encore une fois leurs chaussures en sortant...


Alors il ne faut pas trop s'étonner du travail de la "biosécurité" qui veille un peu obsessionnellement au maintien de la biodiversité de Nouvelle-Zélande, le visiteur est prié de montrer pate blanche en passant la douane et de faire ensuite comme tout le monde : s'essuyer les pieds en entrant et en sortant des forêts de kauris, des gestes simples pour essayer de contribuer à sauver ces arbres vénérables... 

En jaune, les forêts touchées - ©SM
©SM














Station de nettoyage à l'entrée d'un sentier - ©SM










Sources et plus d'infos :
Kauri - Te Ara encyclopedia of New Zealand - ICI
Auckland Council - Biosecurity - Kauri Dieback Disease - ICI

mercredi 4 janvier 2017

TE ARA - L'encyclopédie en ligne de la Nouvelle-Zélande

Lorsque je me lance dans la rédaction d'un article, je cherche en général à en savoir plus pour comprendre, enrichir et développer un sujet qui m'intéresse et c'est ainsi que j'ai découvert Te Ara, l'encyclopédie en ligne de la Nouvelle-Zélande.


Te Ara est un mot maori signifiant "le chemin" adopté pour ce projet gouvernemental lancé en 2002 par le ministère de la culture et du patrimoine afin de concevoir et mettre en ligne une encyclopédie officielle de la Nouvelle-Zélande, en version bilingue anglais-maori (même si tout n'est pas encore traduit). Le site a démarré en 2005 et sa première étape de construction s'est terminée en octobre 2014 après un enrichissement progressif de contenu.

Initialement, le comité éditorial placé sous la houlette d'un historien, Jock Phillips, avec un personnel dédié composé d'une équipe de concepteurs, écrivains, rédacteurs, chercheurs d'images et de ressources, a choisi de travailler par thèmes.

1 - Pour cette entreprise au long cours, le premier des thèmes a été consacré à l'"histoire des Néo-Zélandais" couvrant les migrations des peuples, leur implantation, des peuples maoris indigènes aux autres groupes d'immigrants.

2 - Le deuxième thème a été introduit en 2006 sous l'intitulé "Terre, Mer et Ciel" traitant de la faune et la flore marine, celles des rivages, les interractions entre les peuples et la mer ainsi que les forces façonnant le paysage : géologie, vulcanologie ou le climat.

3 - La section consacrée au "Bush" a été lancée peu après, en 2007 pour traiter des paysages, forêts, plantes et animaux endémiques, la façon dont ils ont été exploités et étudiés avec plus d'une centaine de sujets couvrant des points aussi variés que la cartographie, les forêts indigènes, le moa, le kiwi, les explorations maori, les espèces menacées, etc.

Le développement s'est ensuite poursuivi avec l'introduction progressive de six autres thèmes :
4 - Vie rurale ("The setlled landscape") : agriculture, vie rurale, impact des hommes sur le paysage (2008),
5 - Économie et villes : économie, entreprises / vie des affaires, espaces urbains (2010),
6 - Relations sociales : groupes sociaux, famillles et communautés (2010),
7 - Gouvernement et nation : système de gouvernement, symboles de l'identité nationale, (2012),
8 - Vie quotidienne, sports et loisirs : vie quotidienne, coutumes, sports et loisirs (2013),
9 - Arts et vie intellectuelle : art, culture, invention et innovations (2014).

S'ajoutent à tous ces éléments thématiques, des informations sur 22 régions géographiques et un chapitre sur "la Nouvelle-Zélande en bref" qui permettent de compléter ce tableau encyclopédique.


Entièrement repensée, cette encyclopédie en ligne n'est toutefois pas la première version officielle pour la Nouvelle-Zélande puisqu'elle fait suite à "An Encylopaedia of New Zealand" publiée en 1966 dont la version digitalisée a été intégrée au site de Te Ara.
Un autre élément pré-existant à avoir été inséré dans Te Ara est le Dictionary of New Zealand Biography (Dictionnaire des biographies de la Nouvelle-Zélande) sachant toutefois que dans ce domaine, Te Ara ne traite en principe pas des personnalités vivantes.

Pour mémoire, la plus importante encyclopédie de la Nouvelle-Zélande publiée antérieurement, entre 1897 et 1908, était The Cyclopedia of New Zealand sachant qu'il s'agissait d'une entreprise commerciale privée dans laquelle les entreprises ou des particuliers finançaient les entrées qu'ils souhaitaient voir couvertes.  

Pour ce qui est de la partie maorie, les éditeurs du nouveau site indiquent que c'est un élément particulièrement important de Te Ara :
- Avec dans chaque section, la présentation de la perspective maori,
- une traduction en reo Maori (langue maori) de toutes les histoires ayant un contenu maori substantiel.

Histoire(s), biographies, géographie, les sujets comprennent en général une section concise avec les informations majeures puis des chapitres détaillés organisés un peu comme des fiches. Les articles sont datés avec mises à jour/révisions indiquées quand nécessaire et le site à fait peau neuve avec un tout nouveau design à la fin de l'année 2016.
Au final, Te Ara est une source d'informations bien documentée et étayée d'une présentation bien conçue avec la souplesse d'un site qui permet de faire des recherches par mots clés.

Te Ara, a évidemment intégré à ma liste de sites favoris et il est à connaitre par tous ceux qui veulent en savoir plus sur la Nouvelle-Zélande, "version officielle" ! 



Nota / Bon à savoir : Te Ara est également source et éditeur de livres de références qu'on trouve facilement dans les boutiques des musées, notamment au Auckland War Memorial Museum. (Voir Te Ara in Print ICI ) 

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Te Ara : le chemin
Reo Maori : le maori (langue)

Photos : extractions site Te Ara
Source et plus d'infos :
Site Te Ara   ICI

mardi 20 décembre 2016

BON PLAN - Auckland free walking tours

À notre arrivée à Auckland, j'avais récupéré quelques prospectus à l'office de tourisme dont celui d'"Auckland free walking tours" qui propose quotidiennement des visites guidées du centre ville. Ce service vient de fêter sa première année d'opération, il est gratuit, sans réservation et très bien noté sur Tripadvisor. Pour participer, il suffit de se présenter à 10 heures sur Queens Wharf. 
En prenant le ferry au départ d'Half Moon Bay à 9h15, le timing et le rendez-vous sur les quais devant les portes du terminal étaient tellement parfaits que je ne pouvais me priver d'en faire le test.


Craig, le guide du jour aux allures de poulbot, était facilement repérable à son T-Shirt aux couleurs du "Auckland Free Walking tour" ainsi qu'au groupe commençant à l'entourer. Il s'est présenté individuellement à chacun au fur et à mesure des arrivées, s'intéressant à nos noms, nos origines et à la façon dont nous avons découvert le service. Constitué essentiellement de touristes américains et européens de tous ages, de passage à Auckland entre deux étapes de leur voyage, notre groupe comptait une bonne vingtaine de participants. Et comme le soleil était de la partie, Craig n'a pas manqué de nous encourager à prendre de l'eau (pratique, il y a une fontaine à eau extérieure que je n'avais pas encore repérée près du terminal de ferry) et à nous protéger en utilisant la crème solaire mise gracieusement à notre disposition. Une seule réserve pour les francophones, pour bien en profiter, il faut évidemment comprendre l'anglais, seule langue de visite.    

Dans son introduction, Craig a expliqué le déroulement du programme ainsi que le modèle économique de ce service "gratuit" mais reposant tout de même sur le système de "koha", la tradition maorie de "l'échange de cadeaux" par lequel celui qui reçoit un cadeau se doit d'en donner un en retour. C'est ainsi que le guide qui offre ses connaissances et donne de son temps (les visites durent entre 2h30 à 3h) s'attend à recevoir une donation libre en échange, en d'autres termes, c'est service contre pourboire, gratuit mais avec paiement flexible, à votre bon coeur !
C'est habilement présenté et il n'y a rien d'obligatoire bien sûr mais il vaut tout de même mieux le savoir et prévoir des petits billets sachant que celui de 10 NZD (54 HKD / 7 Euros) semble avoir été le plus largement distribué en fin de visite, notre guide particulièrement prévenant et intéressant.

Auckland CBD - Fort lane - ©SM


Selon le guide et le groupe, il est probable que le circuit fasse l'objet d'adaptations mais il permet en principe de couvrir le quartier de CBD (Central Business District), le centre ville d'Auckland. Avec un jeune guide "local" qui connait bien sa ville, on sort un peu des sentiers battus et on appréhende un vécu, une histoire tant maorie qu'européenne, une culture et des personnages emblématiques, le tout émaillé d'une foultitudes d'anecdotes. La visite fait une boucle pour revenir au point de départ à la fin, en passant par :
- Fort lane, ancien quartier de perdition aujourd'hui marqué par une oeuvre moderne faite de néons rouges rappelant la petite histoire,
- Jean Batten Place, une aviatrice célèbre qui la première a relié Londres à Auckland, une véritable légende locale qui a donné son nom au terminal international de l'aéroport d'Auckland,


Jean Batten Place - ©SM
High Street - Khartoum Place - ©SM


 - High Street et Vulcan Lane, ancien repère de la pègre locale avec son bar alors que celui des avocats est établi juste en face, histoire de préserver les apparences,
- Khartoum place et sa fresque dédiée aux suffragettes sachant que la Nouvelle-Zélande a accordé le droit de vote aux femmes dès la fin du 19ème siècle, premier pays à le faire, symbole d'un pays progressiste et pionnier,
- le musée d'art,
- Albert Park qui permet d'évoquer la reine Victoria et le gouverneur Grey qui s'est intéressé très tôt à la culture maorie, les arbres, l'utilisation du parc pour une base américaine pendant la deuxième guerre mondiale (avec quelques stocks de poudres abandonnés et murés dans les tunnels de laves de cet ancien cône volcanique),
- L'université d'Auckland où l'on trouve "governor house", ancien siège du gouvernement colonial où notre guide nous a éclairés sur le traité de Waitangi et son histoire à la lumière de son ascendance en partie maorie,
- Eden Crescent avant de retourner sur Britomart où s'est produit un "acte terroriste" : une bombe posée par des services français contre le Rainbow Warrior dans le contexte d'une Nouvelle-Zélande totalement anti-nucléaire (là, pas de cocorico, on évite même de se faire remarquer quand on est français).


Albert Park - ©SM
Old Governor House - ©SM



Au final, une visite vraiment intéressante, bien construite et permettant d'aborder une très grande variété de sujets. Une excellente introduction à la Nouvelle-Zélande pour les visiteurs de passage mais pas seulement, les locaux peuvent certainement y trouver eux-aussi leur compte et je n'hésiterai pas à refaire et à recommander, sans oublier le koha bien mérité !


Grilles de Queen Wharfs - Britomart et les puits de lumières de la gare en forme de cônes volcaniques - ©SM

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori -Français :
koha : cadeau

Site d'Auckland free walking tour ICI

samedi 17 décembre 2016

Point View Reserve

Nous avons profité de la visite du temple de Fo Guang Shan pour faire un tour en voiture dans les nouveaux quartiers résidentiels environnants oscillants entre ruralité et nouvelles banlieues, avec un arrêt à Point View Reserve qui les domine, découvert un peu par hasard mais qui se révèle une agréable surprise.

Point View Reserve Auckland - ©SM

Une fois de plus géré par le Auckland Council, ce parc d'un peu moins de 12 hectares appartient à la catégorie des "Premier Parks" qui en compte 24 parmi lesquels Albert Park, Auckland Botanic Garden , Auckland Domain, Mt Eden, Musick Point ou encore One Tree Hill Domain.    

Riroriro (oiseau) track, Pekapeka (chauve-souris) track, Ruru (chouette) track,  Kereru (pigeon) track, Piwakawaka (pigeon-paon) track ou Koura (écrevisse) track sont les noms des chemins qui sillonent Point View Reserve. Ils traduisent à la fois la présence indigène sur cette colline occupée avant l'arrivée des européens par un pa (village fortifié) et celle d'une nature comblée par le règne animal.
  

Les Maori nommaient la colline "Puke Ariki" signifiant "colline des dieux" et il reste quelques traces de leur présence (puits de stockage de patates douces, terrassements ou empilement de coquillages et d'os) mais en 1836, les tribus locales se séparèrent d'une vaste zone de terrains incluant le parc actuel, vendue à un missionnaire, William Thomas Fairburn. Le traité de Waitangi de 1840 ouvrit ensuite encore plus largement la voie de la colonisation. Le terrain de Point View Reserve fut racheté par la ville de Manukau en 1975 avant qu'elle ne soit intégrée dans le Auckland Council.

Le parc d'un intérêt culturel, écologique et panoramique permet de parcourir et d'observer plusieurs type de paysages, pâturages, forêt de taillis sachant qu'il est couvert aux deux tiers de plantes endémiques matures ou reconstituées avec notamment d'incroyables fougères hautes comme des arbres.
Côté animaux, nous avons surtout vu passer des lapins, nuisibles et contre lesquels les autorités essayent de lutter en plaçant des pièges un peu partout ... Il faudrait sans doute y passer un peu de temps pour observer les espèces endémiques, en particulier celles dont les noms figurent sur les noms de sentiers.

Point View Reserve - Forêt de fougères - ©SM

Côté marche, les sentiers ne sont pas très longs et ne demandent pas plus d'une demi-heure chacun sachant qu'on peut les combiner. Le Riroriro track est tout en montée (ou en descente selon le sens où on le prend!) avec des escaliers mais il vaut vraiment l'effort tellement la forêt est belle et les fougères incroyables. Il permet de rejoindre le sommet qui vaut lui aussi le coup d'oeil pour la vue sur Manukau, le golfe d'Hauraki et son incontournable Rangitoto, Fo Guang Shan, la banlieue et les champs alentour, etc.

Un vrai coup de coeur !

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori-Français :
Iwi : peuple, nation / plus grande unité sociale Maori 
Kereru : pigeon
Koura : écrevisse
Pekapeka : chauve-souris 
Piwakawaka : pigeon-paon
Puke Ariki : colline des dieux 
Riroriro : paruline grise (oiseau)
Ruru : chouette

Sources et infos complémentaires :
Brochure du parc en format .pdf - ICI
Point View Park - Auckland Council - ICI
Liste des Premier Parks - Auckland Council - ICI

lundi 12 décembre 2016

Long Bay Regional Park

C'est par un temps couvert et sous une bruine intermitente que nous avons découvert le parc régional de Long Bay situé à 25 kilomètres au nord du centre d'Auckland dans le golfe d'Hauraki. Un espace nature et loisirs appartenant au réseau des 26 parcs régionaux gérés par le Auckland Council, comme toujours parfaitement aménagé et couplé ici à la réserve Marine d'Okura* placée sous la responsabilité du ministère l'environnement pour en sauvegarder le monde sous-marin. Établie en novembre 1995, la réserve marine protège une diversité d'habitats et la faune qui en dépend : plage de sable et récifs rocheux, vasières estuariennes et mangrove. 

Plage de Long Bay - ©SM
Connus des Maoris sous le nom d'Oneroa signifiant "longue étendue de sable",  le groupe tribal Ngati Kahu avait la jouissance principale des lieux avant l'arrivée des européens au milieu du 19ème siècle. 

En 1862, la famille Vaughan dont on retrouve le nom à plusieurs endroits du parc acheta 600 hectares le long de la côte pour y exploiter un élevage de moutons qui perdura 100 ans, jusqu'à la vente de la propriété aux autorités régionales d'Auckland en 1965. En complément à ses revenus agricole, la famille avait déjà développé une activité de loisir avec la gestion d'un terrain de camping situé au bord de la plage, sur la zone de pique-nique et de loisirs actuelle.
Cet achat marque le début de l'histoire des parcs régionaux qui fêtaient leurs 50 ans cette année.


Inclue dans le rachat des terres, la maison de la ferme ("Vaughan Homestead") a été restaurée dans sa forme actuelle par la Torbay Historical Society qui en détient la license d'exploitation et que l'on peut contacter pour une visite, voir le musée ou louer les salles de conférences. Construite en 1863 par George Vaughan, agrandie et modifiée au fil du temps, c'est un exemple rare sur la côte nord d'une construction "d'époque" en bois de puriri et de kauri qu'on peut voir au bout de la plage, au bord du ruisseau Vaughan dans un renfort protégé à l'abri des falaises.
À cet élément patrimonial s'ajoute deux rotondes "historiques", blocs de bétons avec leur meutrières, l'une située un peu avant le premier parking et l'autre en haut de la première falaise, faisant partie de la ligne de fortification développée  pendant la deuxième guerre mondiale pour la défense d'Auckland contre l'invasion japonaise qui n'est jamais venue.

Le parc régional de Long Bay, plus petit que la propriété Vaughan d'origine, couvre la bande côtière de 160 hectares allant du Sir Peter Blake Education Center près du ruisseau d'Awaraku* au sud jusqu'à l'embouchure de la rivière Okura au nord.

En se garant au premier parking près de l'arrêt de bus, la balade commence le long de la grande plage de sable bordée de dunes. On peut aussi choisir de traverser la zone de loisirs aménagée derrière les dunes, par les chemins ou des pelouses agrémentées de beaux et vieux arbres, avec un bureau de rangers, des toilettes, une grande aire de jeu, des zones de pique-nique abritées qu'il est possible de réserver et apparemment amplement utilisées pour des anniversaires et fêtes diverses pouvant accomoder jusqu'à 500 personnes pour la plus importante. Les pohutukawa ont évidemment la part belle parmi les essences d'arbres représentées et se faisaient remarquer en ce mois de décembre avec leurs couronnes cramousies, bouquets géants parmi lequels quelques hybrides se singularisaient avec des fleurs de couleur jaune et d'autres, couleur abricot.

Pohutkawa & autres arbres de Long Bay - ©SM

A noter que pour accompagner la visite, deux brochures bien faites sont disponibles à l'entrée du parc et à la station de rangers :
- Long Bay Regional Park publiée par le Auckland Council avec toutes les informations pratiques et historiques ainsi que des cartes détaillées de ce parc,
- Long Bay - Okura Marina Reserve publiée par le Department of Conservation (ministère de l'environnement) qui couvre une zone plus importante, fait le lien entre le parc régional, la Okura Estuary scenic reserve et la reserve marine en donant par ailleurs beaucoup d'informations sur les différents habitats et leurs locataires.     

Plage et arbres de Long Bay - ©SM
Après la longue zone plate sur la plage ou l'aire de loisir, on traverse le ruisseau Vaughan : soit par le pont qui mène directement au Vaughan Homestead, soit en trouvant un passage par la plage à marée basse. Dans ce cas, il est possible de poursuivre le long de la côte, sinon il faut monter sur la falaise, soit par le chemin qui passe derrière la maison, soit en grimpant par un escalier au milieu de la forêt permettant d'accéder par un détour à la rotonde défensive. L'ensemble du chemin n'est pas très difficile, bien balisé, avec un peu de dénivelé : des montées et des descentes douces qui permettent d'accéder aux baies de Granny, Pohutukawa et la rivière Okura en bout de course où il faut faire demi-tour et revenir sur ses pas.  Certaines sections à bord de falaise ont été fermées parce que trop fragilisées et dangereuses.


Sur les hauteurs, l'activité agricole reste importante avec de grands champs fraîchement labourés et quelques vaches qui paissent en toute tranquilité alors que le panorama offre de belles vues sur le golfe d'Hauraki, la péninsule du parc Shakespear, le Rangitoto et une ouverture sur le Pacifique. 
Outre la végétation champêtre et les pohutukawas, des parties de forêt ou des zones avec de plantes de rivières indigènes, revégétalisées, laissent apprécier une flore variée.

Long Bay Coastal Track - ©SM
 


Dans l'estuaire que l'on ne peut encore une fois parcourir qu'à marée basse, il faut éviter de s'enfoncer dans les zones boueuses en marchant sur les parties rocheuses, parfois un peu glissantes mais cela permet de passer sous les branches des arbres. On découvre alors leurs racines tentaculaires qui semblent se dérouler sur les marches d'un temple disparu du fait des strates du relief. Polis par le passage de l'eau, les rochers font apparaitre leurs couleurs variées et toutes sortes de formes évocatrices, parfois étonnantes, presque "construites" comme une voie romaine.  



Côté faune nous avons croisé nos premiers pukekos, très nombreux ce jour-là : des poules de marais à longues pattes, poitrail bleu roi, plumes noires avec du blanc sous la queue et une crête bien rouge. Un oiseau qui serait passé d'Australie en Nouvelle-Zélande il y a environ un millénaire préférant les zones de marécage, de lagunes et de roseaux mais qui s'est bien adapté au développement rural entamant ses territoires traditionnels. C'est une icone nationale qui a gagné le titre d'"oiseau de l'année" au concours 2011 "Forest & Birds" organisé chaque année depuis 2005.    

Une randonnée sympa malgré le temps. Evidemment, avec un peu de soleil, on se serait plû à la compléter d'un volet farniente et d'une baignade dans cette baie qui s'y prête.
Mais nous aurons surement l'occasion d'y revenir, notamment pour faire une autre randonnée sur la rive opposée de l'estuaire de l'Okura en suivant le walkway qui part de la marina située à Duck Creek

Long Beach en résumé : 
11 kilomètres aller-retour,
circuit bien balisé, 
très facile par le bord de mer (marée basse),
assez facile avec un peu de dénivelé en suivant le haut des falaises,
beaux arbres et paysages variés : plages, falaises, champs, rivières, 
vues sur le golfe d'Hauraki, la péninsule du parc Shakespear, Rangitoto,le Pacifique, l'estuaire de l'Okura, 
patrimoine : Vaughan Homestead et fortification,
3 heures de marche.
Aires de pique-nique proche des parkings, terrain de jeu, baignade.  






*Aujourd'hui, dans mon petit lexique Maori - Français :
Awaraku : rivière (awa) eraflure/rayure (raku)
Okura : endroit (de grès) rouge 
Oneroa : longue étendue de sable

Sources et plus d'infos : 
Vaughan Homestead - Torbay Historical Society  ICI
Forest & Bird - Bird of the Year  ICI
Long Bay Regional Park - Auckland Council  ICI
Long Bay - Okura Marine reserve - Department of conservation ICI

vendredi 9 décembre 2016

POHUTUKAWA - "Arbre de Noël" de Nouvelle-Zélande

S'il y a bien une chose qui m'émerveille depuis notre arrivée à Auckland - plus que les terrains de golf - ce sont les arbres, en particulier les specimens majestueux incroyablement emberlificotés qu'on trouve partout dans la région, accrochés tels des équilibristes aux flancs des falaises et au bord des plages : pohutukawa (et rata) surnommés "arbres de Noël de Nouvelle-Zélande" du fait de leur fleuraison rouge-flamboyant à cette période de l'année.

Pohutukawas - ©SM

L'apparition de ce vermillon serait d'ailleurs le signe annonçant avec certitude le début de l'été mais comme les arbres ne semblent pas tous d'accord, on revient au débat relatif aux dates de début d'été parce que si quelques arbres rayonnent et se sont parés de leurs premières fleurs depuis déjà une bonne quinzaine de jours, d'autres restent frileusement dans l'expectative et en sont encore totalement dépourvus.

Donné à l'arbre par les Maoris, le nom "pohutukawa" est en lien direct avec son panache rouge estival. Le mot est en effet composé de "hutukawa" signifiant "coiffure de plumes rouges" et de "po" placé au début du mot qui peut avoir plusieurs sens, celui de "nuit" mais aussi celui plus large du "monde souterrain" par lequel transitent les esprits au moment de la mort donnant ainsi un sens sacré à l'arbre.


Fleuraison - Pohutukawas - ©SM

D'ailleurs, chez les Maoris, certains pohutukawas se distinguent, plus vénérés que d'autres :
- Celui de Te Reinga à la pointe nord de l'île du nord est le plus important parce qu'il marquerait le lieu de départ des âmes par lequel elles transitent vers Haiwiki, l'île d'origine des Maori où ils doivent retourner au moment de la mort afin de rentrer en paix chez eux.
- Les racines de ceux de Tangi to korowhiti et de Kawhai renfermaient une cavité utilisée par les tohunga (sortes de guides sprirituels) pour conduire les cérémonies en lien avec la guerre. 
 - Celui de Nga-uri-apo est un arbre funéraire tapu (tabou) dans l'île de Tuhua (Mayor Island).

Mais sans être systématiquement sacré, le pohutukawa ordinaire était lui aussi un arbre important pour les Maoris pour de nombreuses raisons pratiques et symboliques. Ainsi, un pohutukawa, c'est :
- la première chose que l'on voit en s'approchant des côtes,
- le dernier repère en les quittant,
- utile pour la fabrication des armes, des outils et la construction de bateaux,
- un piège naturel qui attire les oiseaux alors faciles à attraper,
- un point d'amarrage au bord de l'eau pour y attacher les canots,
- le dernier repos des morts que l'on plaçait à l'abri de ses racines et de sa canopée,
- un symbole de sagesse du fait de son grand âge et de ses formes,
- une représentation de la force spirituelle par sa résistance et sa tenacité à s'accrocher aux falaises,
- la source de plusieurs légendes et un lien entre le ciel et la terre.

Fleuraison - Pohutukawas - ©SM

Selon une histoire de la tradition Arawa, le chef Tauninihi retira sa coiffe de plumes rouges en appercevant les fleurs rouges de la canopée et en pensant qu'il en trouverait une plus belle en arrivant sur cette nouvelle terre alors inconnue. Il découvrit ensuite son erreur.
Cette parabole serait une façon de montrer qu'Aotearoa est digne du pays d'où l'on venait et que pohatukawa est le signe d'identification marquant le lien entre les deux, la confirmation de la relation existante entre le pays qu'on a laissé et le nouveau qu'on investit. Elle montre aussi que pohutukawa et ses fleurs entrent dans la mythologie d'origine dès le moment de l'arrivée des Maoris sur leur nouveau territoire.

Dans une autre légende souvent reprise, les fleurs rouges du pohutukawa sont le sang d'un héro mythique appelé Tawhaki qui se répandit lorsqu'il tomba du ciel alors qu'il cherchait à l'atteindre pour y retrouver/venger l'un de ses ancêtres.
Avec ce type d'histoire, l'exemple des ancêtres établit des principes humains de conduite qui montrent ici leur capacité d'aller de la terre au ciel, un élément fondamental des croyances Maories. Que ce soit un lieu ou une chose, tout ce qui est attaché à Tawhaki est particulièrement prestigieux et cela souligne une fois de plus l'importance que les Maoris attachent au pohutukawa identifié comme arbre majeur.

Pour le côté un peu savant, pohutukawa (et rata) sont des arbres endémiques à feuillage persistant qui  appartiennent à la famille des myrtacées (Myrtaceae) regroupant environ 3'000 espèces dans le monde, souvent productrices d'huiles aromatiques, parfois de fruits comestibles, parmi lesquels on peut citer l'eucalyptus, le goyavier, la myrte du maquis méditerranéen ou le giroflier. Géographiquement, ce sont des plantes des régions tempérées, sub-tropicales à tropicales dont on trouve les plus grandes concentrations en Australie et en Amérique tropicale alors que la Nouvelle-Zélande compte 19 espèces dans cette famille, arbres, arbustes et plantes grampantes.

Pohutukawas - ©SM
Le pohutukawa développe généralement plusieurs troncs, peut atteindre 20 mètres de hauteur, se couvrir d'une couronne de 35 mètres et vivre 1'000 ans. Troncs et branches sont parfois festonnés de racines aériennes et leurs feuilles vertes foncées sur le dessus sont velues sur le dessous, couvertes de sortes de poils blancs épais. Ces arbres aiment l'air marin chargé de sel. On les trouve à l'état sauvage naturel sur tout le pourtour nord de l'île du nord* où ils constituent l'essentiel des forêts côtières mais il complémentent aussi les forêts intérieures de kauris. Les arbres rencontrés plus au sud de l'île du nord ont été plantés par l'homme et il est difficile de savoir si ceux qui poussent dans les terres près de Rotorua et du lac Taupo sont une occurence naturelle ou s'ils ont été plantés par les Maoris.

Capables de pousser sur des sols pauvres, les pohutukawas ont colonisé les flancs du Rangitoto dans le golfe d'Hauraki après sa dernière éruption il y a 600 ans, si bien qu'ils y constituent aujourd'hui la plus importante forêt de cette espèce.
Les racines et la plante dans son ensemble sont capables d'une grande flexibilité d'adaptation qui explique ses circonvolutions, se modelant au terrain pour aller chercher les poches d'humidité là où elles sont et selon les besoins. C'est cette adaptabilité aux conditions qui rend chaque arbre unique et magique, des êtres forts et massifs, complètement alambiqués et biscornus mais d'une solidité et d'une longévité redoutables. L'arbre prévient l'érosion et protège les sols mais gare au jour où il tombe après sa mort, il peut emporter avec lui tout un pan de falaise dont il assurait le maintien.

Vieux pohutukawas et nouvelles plantations - Project Crimson - ©SM

Son bois solide et durable, résistant à l'eau et aux insectes, extrêmement dur et noueux était difficile à travailler et c'est cette caractéristique qui le protégea de toute surexploitation. Les européens s'en servirent pour la construction navale, utilisant notamment les noeuds des racines et des branches à la fabrication de solides chevilles pour les coques des navires.
Comme beaucoup d'autres des espèces endémiques de Nouvelle-Zélande après des millénaires d'isolation, l'arbre possède toutefois peu de défenses naturelles contre des maladies ou les espèces apportées par l'arrivée des hommes. Menacé, il souffre particulièrement du grignotage incontrôlable des opposums qui peut lui être très rapidement fatal (Avec ce type d'exemple, on comprend rapidement le pourquoi de la psychose nationale avec ses lois de "biosécurité").  

Pohutukawas - ©SM
Avec la fleuraison, on remarque à leurs concerts de piallements de grandes concentrations d'oiseaux dans les arbres. Les fleurs qui resemblent à des pompons sont composées d'étamines rouges réparties en boule autour d'une sorte de coupe remplie d'un nectar qui les attirent de même que les insectes, lézards et chauve-souris afin qu'ils jouent leur rôle essentiel à la reproduction par polénisation des fleurs. Plus tard viendra le fruit, une capsule sèche remplie de centaines de petites graines qui ont besoin de lumière pour germer et peuvent le faire en terrain ouvert, dans les fissures et trous des falaises. Les pousses grandissent très rapidement les premières années, de l'ordre de 30 centimètres par an (5-10 cm pour le diamètre) mais la croissance ralentie avec l'âge pour ne plus ensuite gagner que 10 cm par an (2 mm de diamètre). 

Dans la famille des myrtacées, rata (R), qui compte plusieurs variétés, est un cousin proche de pohutukawa (P). Rata et Pohutukawa appartiennent à la même espèce (Métrosidéros / "coeur de fer"), ont beaucoup de points communs et peuvent s'hybrider, souvent confondus parce que difficiles à distinguer pour les néophytes. Mais en étant un peu pointilleux et un peu observateurs, quelques nuances permettent de les distinguer en se référant aux fiches du Project Crimson, par exemple :
- à la naissance, l'un pousse à partir de la graine dans le sol (P) alors que l'autre démarre souvent comme épiphyte (R) c'est-à-dire que la plante pousse en se servant d'une autre plante en support, 
- la couleur des fleurs est plutôt rouge-brun pour l'un (P), rouge écarlate pour l'autre (R),
- la taille des étamines de 4-7 cm est un peu plus longue pour (P) que pour (R) qui ne dépasse pas 3 cm,
- les fruits et graines forment un bouquet d'environ 30 gousses pour (P) contre un bouquet de 10-15 gousses pour (R)
- les feuilles sont sans doute l'élément le plus distinctif et le plus facile à observer. Elles font  4-7 cm et sont de forme arrondie ou pointue et velue pour (P), plus petite pour (R) à 2-4 cm avec une forme ronde légèrement dentelée.

Chant de Noël et cartes de voeux
 
Pohutukawa ou rata, peu importe, ce sont des arbres iconiques de la Nouvelle-Zélande particulièrement mis à l'honneur en cette saison estivale / période de Noël qu'ils symbolisent. Mais je n'ai pas eu besoin d'attendre leur fleuraison pour les remarquer; bon pied bon oeil, leur pouvoir de séduction est irrésistible et s'amplifie avec l'âge si bien que je me devais de dédier un article à ces augustes vieillards qui ne cessent de me fasciner, avec pour finir, un peu de poésie ...


Pohutukawa 
(Jan Kemp / en hommage au poète néo-zélandais Curnow)
old pohutukawa
still living
fedgings scrapping
in his branches
he grapples
the isthmus of two harbours
(Dont on peut faire la traduction approximative suivante : Vieux pohutukawa, toujours en vie, oisillons piaillants, en ses branches, ancrage, de l'isthme aux deux ports)


*la zone de Taranaki à l'ouest jusqu'à la péninsule de Mahia à l'est 

Nota :
Project Crimson est une association créée en 1990 en partenariat avec le ministère de l'environnement à une époque où 90% des pohutkawas côtiers avaient disparus, L'association travaille à la défense et à la protection des ratas et pohutukawas de Nouvelle-Zélande. Depuis sa création, les bénévoles ont planté des centaines de milliers d'arbres, plus de 300'000 au compteur.  

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Aetearoa : pays du nuage blanc
Hutukawa : coiffe de plumes rouges
Po : nuit - monde souterrain
Tapu : tabou - interdit
Tohunga : guide spirituel

Sources et plus d'infos :
Pohutukawa and biodiversity - Department of conservationICI
Pohutukawa - The Encyclopedia of New Zealand - ICI
Site du Crimsom project (voir en particulier les Fact-sheet de la page ressources) - ICI
Pohutukawa - Department of Conservation - ICI
Department of conservation - Fiche Rata and Pohutukawa : Native Plants ICI 
Pohutukawa trees - NZ History - ICI