Affichage des articles dont le libellé est Sports. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sports. Afficher tous les articles

vendredi 23 mars 2018

Volvo Ocean Race 2017-2018 à Auckland - Deux p'tits tours et puis s'en vont !

Course à la voile autour du monde, la Volvo Ocean Race 2017-2018 a fait étape dans le port d'Auckland du 24 février au 18 mars avant de repartir en direction d'Itajai au Brésil via le Cap Horn.

Photo des voiliers de la Volvo Ocean Race avant le départ d'Auckland Nouvelle-Zélande
Voiliers de la Volvo Ocean Race dans Wynyard Quarter à Auckland avant le départ de l'étape  ©SM
Lancée en 1973 sous le nom de Whitbread Round the World Race par la Royal Naval Sailing Association associée alors à l'entreprise britannique Whitbread, désormais organisée tous les trois ans (au lieu de quatre initialement), la course a été rebaptisée du nom de son nouveau principal sponsor en 2001, pour sa 8ème édition.

Photo de Wynyard Quarters pendant la Volvo Ocean Race 2017-2018 à Auckland Nouvelle-Zélande
Wynyard Quarter d'Auckland aux couleurs de la Volvo Ocean Race   ©DM
Au fil du temps, la course a connu quelques modifications de règles avec d'abord 4 puis 6, puis 9,puis 10 et même 11 étapes de course aujourd'hui* alors que le circuit originel qui partait d'Angleterre pour y retourner (de Porthmouth puis de Southampton) est désormais plus variable d'une édition à l'autre, d'Alicante à La Haye pour le tour 2017-2018.

Sous la coupole affichant les étapes de la course, des films sur les océans et la course  ©DM
Le nombre d'équipages engagés semble s'être stabilisé entre 6 et 8 depuis la reprise de la course par Volvo avec 7 équipes pour cette 13ème édition alors qu'un pic de 29 avait été atteint lors de la 3ème édition 1981-1982. La compétition s'étale sur presque 9 mois dont environ 120 jours en mer avec courses d'étapes sur les 11 tronçons (83'000 km), animations et régates dans les villes-étapes.

Sept monocoques aux caractéristiques identiques - Volvo Ocean Race 2017-2018 Auckland  ©DM
Le principe et l'esprit de la course restent toutefois inchangés : c'est avant tout une course de monocoques (65 pieds pour cette édition), à la voile et sans moteur, avec un matériel identique pour tous, la différence portant sur l'esprit d'équipe et la manière dont les équipages fonctionnent, interagissent et collaborent pour maximiser la vitesse du voilier. Autrefois exclusivement masculins, les équipages comportent désormais des éléments de mixité avec un nombre d'équipiers variable en fonction du nombre de femmes embarquées, pour compenser le handicap de force physique ainsi introduit. Chaque membre d'équipage tient en principe un poste spécifique, skipper, capitaine, barreur, règleur, chef de quart, navigateur, trimmer, photographe, etc. et on constate un mélange de nationalités important même si les bateaux affichent un ou deux pavillons, en général celui du pays du sponsor associé au drapeau du skipper.

Photo intérieure du pavillon Race Boat Volvo Ocean Race 2017-2018 AUckland Nouvelle-Zélande
Pavillon "Race Boat", pour expérimenter, "comme si on était à bord"   ©SM
Une course réputée dont la coupe constitue le Graal, présentée à Auckland dans la vitrine scellée d'un café-éphémère, sur laquelle figurent deux noms de français, celui de Lionnel Péan qui skippait "L'Esprit d'Équipe" gagnant en 1985-1986 et celui de Franck Camma skipper de "Groupama 4" en 2011-2012. Il faut d'ailleurs préciser qu'il n'y a pas de prix monétaire pour les gagnants qui recherchent avant tout le prestige avec l'espoir de voir leur nom gravé sur un trophée d'exception avec celui des sponsors qui apposent le leur aux voiliers. 

Photo de la carte du village Volvo Ocean Race 2017-2018 d'Auckland Nouvelle-Zélande
Autour des quais de Wynyard Quarter, le village de Volvo Ocean Race 2017-2018   ©SM
Une course qui drainait son lot d'animations dans un "village" très bien organisé à Auckland sur les quais de Wynyard Quarter, alliant aspects festifs, éducatifs, écolos et commerciaux, avec une scène dédiée à la musique et aux spectacles, des cafés "pop-up" temporaires plutôt sympas, une boutique de merchandising, une coupole avec son cinéma dédié à la mer et à la course, une tente "Race boat" pour expérimenter les manoeuvres et les sensations "comme sur un voilier", des panneaux d'information sur l'histoire et les étapes de la course, des stands pour chacun des sponsors pour tout savoir des équipes et ceux qui les financent, des affichages géants avec toutes les informations et les rendez-vous de la quinzaine, une exposition des produits Volvo, etc.

Photo de la scène du village d'Auckland pendant la Volvo Ocean Race 2017-2018 Nouvelle-Zélande
Scène du village de la Volvo Ocean Race 2017-2018 d'Auckland - Poufs pour les spectateur, ambiance décontractée    ©SM
Un événement dont les dates chevauchaient celles du Auckland Arts Festival (8 au 25 mars) et de Big Hoot 2018 (3 mars au 6 mai) si bien que les quais d'Auckland étaient particulièrement animés pour la régate du 10 mars puis le grand départ du 18 mars avec défilé des équipes, départ des quais et une ultime régate avant de prendre le large.

Défilé des équipes avec la mascotte "Wisdom the Albatross" ...   ©SM
Les voiliers sur les quais d'Auckland avant le départ   ©SM
L'équipe espagnole se prépare sur Mapfre, en tête au départ de l'étape d'Auckland   ©DM
AkzoNobel voilier gagnant de l'étape Hong kong-Auckland - En 4ème position globale au départ d'Auckland ©DM
À Auckland, un dernier tour de régate entre le CBD et Devonport, le pont et The Bays avant de prendre le large
Les deux voiliers "rouges" menaient sur le tableau des résultats avant le départ d'Auckland mais rien n'était encore joué parce que la capitale néo-zélandaise n'est qu'à mi-course.
 
Tableau des résultats avant le départ d'Auckland de la Volvo Ocean Race   ©SM 
En matière de "rouge", il était impossible de ne pas remarquer le nationalisme extrême déployé par Dongfeng (constructeur chinois de bus, camions, voitures) avec un pavillon chinois flottant au dessus de celui de l'entreprise à l'avant du bateau lorsqu'il était à quai (ce que ne faisait pas les autres voiliers), le drapeau chinois peint sur l'arrière de la coque (mais sans mention de celui du skipper, français ... alors que cela était plutôt la règle pour les autres bateaux), sans parler du drapeau déployé par l'un des équipiers au moment du départ, au cas où les spectateurs n'auraient pas compris ... Un nationalisme qui tranche quand même avec la constitution de l'équipe puisque Dongfeng affiche 14 membres (pas tous à bord en même temps) avec 11 hommes / 3 femmes, 7 français, 2 chinois, 2 néo-zélandais, 1 suisse, 1 hollandais et 1 australien. Allez, on va leur pardonner, ils sponsorisent pour ça et ils sont plutôt nouveaux sur le circuit !
Et puis tout ça ne nous empêche pas de faire nous-même cocorico (pas mal de français, non seulement sur Dongfeng mais sur d'autres voiliers) et d'apprécier le spectacle offert au moment du départ d'étape par les sept concurrents qui devaient commencer par zig-zaguer en tirant des bords ...  


... sans se rentrer dedans (ne pas se fier aux apparences) ...


... remonter en direction du pont d'Auckland tous les spis déployés ...


... avant de repartir en tirant à nouveau des bords ...


... pour gagner le large en contournant Devonport cette fois, suivis d'une armada de toutes sortes de petites embarcations après le dernier passage de la bouée de départ par le dernier concurrent, et vogue la galère, bon vent à tous !

          
Une belle course sans incident ni gag (clin d'oeil à Cath à Hong Kong), du beau temps et une super ambiance, la Volvo Ocean Race à Auckland c'était vraiment top, à la hauteur de sa réputation de la "cité des voiles" !

Nota : 
* Étapes de l'édition 2017-2018 de la Volvo Ocean race :  Alicante (Espagne) - Lisbonne (Portugal) - Le Cap (Afrique du Sud) - Melbourne (Australie) - Hong Kong (Chine) - Guanzhou (Chine) - Auckland (Nouvelle Zélande) - Itajai (Brésil) - Newport (États-Unis) - Cardiff (Pays de Galle) - Göteborg (Danemark) - La Haye (Pays-Bas)

Plus d'infos :
Volvo Ocean Race 2017-2018 ICI

mardi 28 novembre 2017

Les Tonguiens en fête à Auckland ce week-end

Bannière au fond rouge et croix de St George rouge sur canton blanc, le drapeau et les couleurs des Tonga paradaient un peu partout à Auckland ce week-end avec ballons, concerts de klaxons et tenues assorties. Malgré l'enthousiasme des fans, Les Tonga ont perdu le match de demi-finale de coupe du monde de rugby contre les anglais (20-18) mais ils n'en étaient pas moins à la fête depuis plusieurs jours et notamment dimanche en fin d'après-midi sur les quais du centre ville, dans une manifestation improvisée prenant le relais de la célèbre parade de Noël de Queen Street.

Voitures aux couleurs des Tonga sur les quais d'Auckland et concerts de klaxons - 26/11/2017   ©SM

Une ambiance plutôt bon enfant et sympathique sur laquelle nous sommes tombés après une excursion en mer. Une famille aux couleurs tonguiennes que nous avons interrogée nous a alors indiqué : "c'est l'Angleterre qui a gagné mais ce n'est pas grave d'avoir perdu, on fait la fête quand même"...

Source : NZ Herald / Photo Moana Tapaleao

De son côté, la presse a choisi d'adopter un ton méfiant pour rapporter l'événement, indiquant qu'au départ, la manifestation du CBD a été lancé via Facebook afin de protester et demander la révision d'une décision arbitrale jugée injuste, barrant l'équipe de la phase finale, mais, et même si nous ne sommes pas restés, il nous a semblé que le sentiment exprimé par les manifestants était plus de la joie pour le parcours de leur équipe de coeur que de la colère.

Source : NZ Herald / Photo Moana Tapaleao

Au final, pas de débordement ou d'incident mais une animation joyeuse assez inhabituelle un dimanche au centre ville d'Auckland de la part d'une communauté qui a tiré fierté de cette coupe du monde, véritablement portée par l'événement.

Nota : Pour la petite histoire, les Tonga sont le dernier royaume du Pacifique et le seul à n'avoir jamais été colonisé. En Nouvelle-Zélande, le recensement de 2013 fait état d'une communauté de 60'000 personnes originaires des Tonga, dont les deux-tiers sont établis à Auckland où ils font preuve d'une grande solidarité familiale et religieuse. Les premiers Tonguiens sont arrivés dans les années 1960 pour travailler comme ouvriers dans les usines et beaucoup sont restés, établis dans les années 1970 et 1980 si bien que 60% de la communauté actuelle est née sur le territoire néo-zélandais. Cette population reste globalement dans les groupes sociaux économiques les plus pauvres. Elle n'en est pas moins riche de l'attachement à son identité qui se maintien au travers de l'éducation, de ses églises méthodistes, de ses écoles maternelles et tout ce qui permet de transmettre et de garder la culture vivante. Les jeunes générations perdent toutefois la langue et tendent à s'identifier de plus en plus à la communauté plus large des peuples du Pacifique, particulièrement importante à Auckland.

Plus d'infos : 
Inside the Tongan red army - NZ Herald 24/11/2017 ICI 
Tonga fans descend on central Auckland after league loss - NZ Herald 26/11/2017  ICI
Tongan league fans march in Auckland, angry over semifinal loss to England - Stuff 26/11/2017  ICI
Thousands of Tongan fans take to Auckland streets to protest their side's controversial loss in RLWC semi-final - TVNZ  ICI
Tongan (La communauté des Tonga en Nouvelle-Zélande) - Te Ara ICI

mardi 31 janvier 2017

AUCKLAND'S DAY - Un jour férié pour Auckland !

Alors que ce week-end marque la fin de l'année du singe et le début de celle du coq de feu dans le monde asiatique, ce sont de toutes autres festivités qui étaient célébrées localement de ce côté de la planète en cette fin janvier 2017 avec l'Auckland's Day.

Source : OfficeHolidays - Jours fériés régionaux 2017

Ce jour férié "régional" appartient à un calendrier d'événements définis dans l'Holiday Act de 1981 (loi de 1981 sur les fêtes) qui reconnait à chaque localité et/ou région de Nouvelle-Zélande le droit de célébrer le jour de fondation ou de débarquement des premiers colons dans les différentes provinces coloniales. Les dates correspondantes ne sont pas fixées par la loi mais laissées à l'appréciation des différentes localités/régions si bien que le calendrier varie d'un lieu et d'une année à l'autre selon les us et coutumes, la commodité et/ou la proximité d'événements ou jours fériés saisonniers.  



Pour ce qui est du Auckland's Anniversary Day (selon son appellation complète) il est fêté chaque année le lundi le plus proche du 29 janvier, à Auckland et sa région ainsi que dans toute la partie nord de l'île du nord correspondant à l'"ancienne province d'Auckland" abolie en 1876. Dans la pratique,  outre Auckland et le Northland, la zone couvre Waikato, les régions de Bay of Plenty et Gisborne ainsi que des parties de Manawatu-Wanganui et Hawkes's Bay au nord du 39ème parallèle sud. 

Même si son exactitude a fait couler beaucoup d'encre et alimenté pas mal de débat dans le temps, la date du 29 janvier qui sert de référence commémore l'anniversaire de l'arrivée de William Hobson dans la Bay of Island en 1840 marquant les débuts de la colonie.
Hobson joua un rôle capital dans l'histoire du pays, à la fois co-auteur du traité de Waitangi et premier Gouverneur de la Nouvelle-Zélande. C'est également lui qui établit en 1842 ce jour commémoratif pour marquer le deuxième anniversaire de la colonie et initiant alors une tradition qui dure toujours, bien avant qu'elle ne soit intégrée à la loi de 1981.
 
Nous avons profité de ce week-eend de trois jours pour prendre la route du nord et nous n'avons donc pas assisté aux nombreuses manifestations qui ne manquent pas d'être organisées chaque année par la ville mais cet article ne serait pas complet sans citer au moins les courses de bateaux de tous types coordonnées sous l'égide de l'Auckland Regatta, "la plus importante du monde dans la catégorie des régates courrues sur une seule journée". 
Historiquement, ces régates figurent parmi les plus anciennes; la première édition remonte à septembre 1840, 11 ans avant la coupe de l'America, avec trois courses de deux bateaux auxquelles Hobson aurait lui-même participé, organisées pour les célébrations du baptême de la toute nouvelle ville-capitale d'Auckland. La tradition de cette première régate s'est ensuite perpétuée, intégrée aux commémorations du Auckland's Day de janvier. 
Une façon finalement assez logique de fêter l'Auckland's Day dans la City of Sails (la ville des voiles) !


Somme toute, Auckland's Day est aussi et avant tout l'occasion pour beaucoup d'Aucklanders de profiter d'un dernier pont pour prendre le large avant la fin des vacances scolaires, un peu comme le Labor Day du premier lundi de septembre aux Etats-Unis... Et cette année nous sommes chanceux, ce sera coup double parce que le 6 février tombe un lundi et qu'il nous permettra d'enchaîner avec un autre pont de trois jours à l'occasion de la fête nationale* pour bien profiter de l'été ! Vive les jours fériés !


* Fête nationale :  6 février / commémoration de la signature du traité de Waitangi en 1840
 
Nota : depuis 2011, Auckland's Day sert de référence pour l'établissement du calendrier scolaire néo-zélandais, l'année scolaire devant débuter entre Auckland's Day et le 7 février.
Alors Auckland's Day c'est parfois le dernier jour de vacances pour ceux qui bénéficient de ce jour férié mais aussi le jour de la rentrée des classes pour beaucoup d'écoliers et d'enseignants des autres régions. 

Jours fériés régionaux - Regional Holidays in New Zealand ICI
Auckland Anniversary events to watch out for - NZ Herald 28/01/2017  ICI
Auckland Anniversary Day - Wikipedia ICI
NZ Public Holiday 2017 - ICI

jeudi 12 janvier 2017

AEROPORT D'AUCKLAND / Jean Batten terminal : c'est quoi l'avion au plafond ?

Avec les fêtes de fin d'année, les occasions de se rendre au terminal international de l'aéroport d'Auckland se sont enchaînées et à force de patienter dans le hall des arrivées j'ai commencé à m'intéresser aux détails des éléments du décors, en particulier l'avion années 1930 suspendu au plafond avec cette question inscrite au mur pour interpeler les visiteurs :
 "pourquoi y-a-t-il un avion suspendu au plafond ?"

Percival Gull Monoplane de Jean batten - Aéroport Auckland - Arrivées Internationales - ©SM

La réponse ?

On la trouve sur le mur le plus proche de l'avion et la balustrade vitrée située à l'étage d'où l'on peut voir l'antique machine volante d'un peu plus près ... 
Le mur affiche un grand portrait de Jean Batten avec les mentions "1909-1982" et "World-famous New Zealand Aviatrix" (aviatrice mondialement connue).
Jean Batten ? A vrai dire, je n'en avais jamais entendu parler avant de m'installer à Auckland début novembre 2016 mais je me rattrape depuis car elle n'arrête pas de se manifester, dans différents contextes :
1 - D'abord au terminal international de l'aéroport qui porte son nom,
2 - ensuite lors du Auckland free Walking tour qui passait par la place portant son nom au pied d'un immeuble où elle a vécu, le guide nous a parlé de cette conquérante du ciel qui fait la fierté du pays,
3 - enfin, c'est moins "glamour", lors de la visite du Howick Historical Village qui présente des toilettes ayant appartenu à sa famille (oui, les toilettes, la petite cabine en bois qu'on plaçait autrefois au fond des jardins) ... mais ça prouve bien que quand on a une héroïne nationale on essaye de s'en approprier un bout quitte à la caser à n'importe qu'elle sauce ...


©SM


Quant à la balustrade surplombant le hall des arrivées, elle présente une sorte de frise chronologique sur la vie, les exploits et les caractéristiques de l'avion le plus important pour les conquêtes de Jean Batten.
C'est une sorte de jeu de piste éducatif dans l'aéroport, pas mal fait et dont l'idée est plutôt bonne, à deux réserves près :
- le manque de lisibilité des informations placées sur les vitres, 
- leur accessibilité restrainte du fait des tables du food-court qui s'y collent,
avec au final,
peu d'adeptes à ce petit jeu,
on ne vient pas à l'aéroport pour ça !



Il n'en reste pas moins que Jean Batten est une icône nationale, une femme qui a su se faire une place dans un monde d'hommes en battant ou en établissant de nombreux records de vols faisant d'elle une personnalité mondialement connue des années 1930 et à la suite desquels elle a reçu moultes distinctions honorifiques.

Statue de Jean Batten - Aéroport d'Auckland - ©SM

À son actif :

- En 1934 : vol en solo de l'Angleterre à l'Australie en 14 jours et 22 heures avec un Gipsy Moth (elle bat de plus de 4 jours le précédent record détenu par Amy Johnson, une aviatrice anglaise)

- En 1935 : vol Australie- Angleterre en 17 jours, première femme à effectuer ce "vol retour".

- En 1935 : record du monde Angleterre-Brésil, Jean Batten parcoure 5'000 miles en 61 heures avec le Percival Gull. Cet exploit établi également le record de vitesse de la traversée de l'Atlantique sud et permet d'inscrire la première femme à la liste des pilotes ayant réalisé la liaison aérienne Anleterre-Amérique du sud. Pour cette performance, elle est honorée de l'Ordre national de la Croix du Sud, première personne autre qu'un membre de la famille royale à être ainsi distinguée.

- En 1936 : elle est le tout premier pilote à avoir effectué le vol solo direct Angleterre-Nouvelle-Zélande (Auckland) soit 14'224 miles en 11 jours et 43 minutes avec son Percival Gull. C'est sans doute l'exploit qui reste le plus connu et le plus cher au coeur des néo-zélandais. Au passage, ce vol permis d'établir un nouveau record de vitesse pour la traversée Australie-Nouvelle-Zélande en 10 heures 30 minutes.
Son exploit fut honoré par les Maori de Roturoa, sa ville natale : ils lui donnèrent le nom d'Hine-o-te-Rangi (Fille du ciel) et lui offrirent une cape de plumes de chef. Elle fut également nommée Commandeur de l'ordre de l'Empire Britannique (CBE) et reçu la croix de chevalier de la Légion d'honneur française.

- En 1938, elle est la première femme à recevoir la médaille de la Fédération aéronatique internationale, la plus haute distinction de l'aviation.

Timbre de 1990, série "heritage"/"achievers" émise pour les 150 ans de la Nouvelle-Zélande
Toujours encouragée et soutenue par sa mère, Jean Batten était une femme douée, engagée, passionnée et volontaire qui a marqué son époque et l'histoire de l'aviation jusqu'à ce que la deuxième guerre mondiale change la donne et mette un terme à l'époque des pionniers du ciel.
Surnommée la "Garbo du ciel" par Ian Mackersey dans la biographie qu'il lui consacre, sa vie ferait un formidable roman balisé par les deux guerres mondiales, marqué par l'aventure et les voyages avec un volet amoureux jalonné de fiançailles mais jamais de mariage, une séductrice qui utilisait ses conquêtes pour servir ses desseins et obtenir le financement de ses cours de pilotage et de ses avions ... une pionnière du sponsoring aussi qui après la célébrité et la mort de sa mère en 1966, connu une fin de vie solitaire et une mort tragique, inhumée dans l'anonymat le plus complet au coeur d'une fosse commune des Baléares où elle repose.

Cette héroïne nationale a contribué à placer la Nouvelle-Zélande sur la carte du monde à son époque mais elle pourrait aussi illustrer le côté progressiste de son pays où les pionnières ont su très tôt s'imposer, se faire entendre et prendre leur place (la Nouvelle-Zélande est par exemple le premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes, dès 1893)...

... Bref, une sacrée nana sur laquelle l'avion pendu de l'aéroport d'Auckland cherche à attirer l'attention et rappeler les exploits malgré l'indifférence ambiante ! 

15 septembre 2016 - Doodle Google pour le 107ème anniversaire de Jean Batten
Nota :
Le livre My Life de Jean Batten, publié en 1938 chez George G. Harrap & Company Limited est disponible en anglais, en version digitale sur le site de l'université Victoria de Wellington. Un témoignage accessible et une narration linéaire assez factuelle évoquant notamment les conditions des vols qui suivaient des  repères terrestres, passaient par l'enregistrement dans des stations de l'empire britannique, le tout avec des instruments et des moyens relativement rudimentaires.

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Hine : fille
Rangi : ciel, jour

Sources et plus d'infos :
Biographie Jean Batten - Te Ara - ICI
My Life de Jean Batten - Version digitale - Victoria University of Wellington - ICI
Jean Batten, "la fille du ciel" - page 114 / Portraits légendaires d'aviateurs, Hervé Gouinguenet ICI
Jean Batten Doodle - ICI

mercredi 4 janvier 2017

TE ARA - L'encyclopédie en ligne de la Nouvelle-Zélande

Lorsque je me lance dans la rédaction d'un article, je cherche en général à en savoir plus pour comprendre, enrichir et développer un sujet qui m'intéresse et c'est ainsi que j'ai découvert Te Ara, l'encyclopédie en ligne de la Nouvelle-Zélande.


Te Ara est un mot maori signifiant "le chemin" adopté pour ce projet gouvernemental lancé en 2002 par le ministère de la culture et du patrimoine afin de concevoir et mettre en ligne une encyclopédie officielle de la Nouvelle-Zélande, en version bilingue anglais-maori (même si tout n'est pas encore traduit). Le site a démarré en 2005 et sa première étape de construction s'est terminée en octobre 2014 après un enrichissement progressif de contenu.

Initialement, le comité éditorial placé sous la houlette d'un historien, Jock Phillips, avec un personnel dédié composé d'une équipe de concepteurs, écrivains, rédacteurs, chercheurs d'images et de ressources, a choisi de travailler par thèmes.

1 - Pour cette entreprise au long cours, le premier des thèmes a été consacré à l'"histoire des Néo-Zélandais" couvrant les migrations des peuples, leur implantation, des peuples maoris indigènes aux autres groupes d'immigrants.

2 - Le deuxième thème a été introduit en 2006 sous l'intitulé "Terre, Mer et Ciel" traitant de la faune et la flore marine, celles des rivages, les interractions entre les peuples et la mer ainsi que les forces façonnant le paysage : géologie, vulcanologie ou le climat.

3 - La section consacrée au "Bush" a été lancée peu après, en 2007 pour traiter des paysages, forêts, plantes et animaux endémiques, la façon dont ils ont été exploités et étudiés avec plus d'une centaine de sujets couvrant des points aussi variés que la cartographie, les forêts indigènes, le moa, le kiwi, les explorations maori, les espèces menacées, etc.

Le développement s'est ensuite poursuivi avec l'introduction progressive de six autres thèmes :
4 - Vie rurale ("The setlled landscape") : agriculture, vie rurale, impact des hommes sur le paysage (2008),
5 - Économie et villes : économie, entreprises / vie des affaires, espaces urbains (2010),
6 - Relations sociales : groupes sociaux, famillles et communautés (2010),
7 - Gouvernement et nation : système de gouvernement, symboles de l'identité nationale, (2012),
8 - Vie quotidienne, sports et loisirs : vie quotidienne, coutumes, sports et loisirs (2013),
9 - Arts et vie intellectuelle : art, culture, invention et innovations (2014).

S'ajoutent à tous ces éléments thématiques, des informations sur 22 régions géographiques et un chapitre sur "la Nouvelle-Zélande en bref" qui permettent de compléter ce tableau encyclopédique.


Entièrement repensée, cette encyclopédie en ligne n'est toutefois pas la première version officielle pour la Nouvelle-Zélande puisqu'elle fait suite à "An Encylopaedia of New Zealand" publiée en 1966 dont la version digitalisée a été intégrée au site de Te Ara.
Un autre élément pré-existant à avoir été inséré dans Te Ara est le Dictionary of New Zealand Biography (Dictionnaire des biographies de la Nouvelle-Zélande) sachant toutefois que dans ce domaine, Te Ara ne traite en principe pas des personnalités vivantes.

Pour mémoire, la plus importante encyclopédie de la Nouvelle-Zélande publiée antérieurement, entre 1897 et 1908, était The Cyclopedia of New Zealand sachant qu'il s'agissait d'une entreprise commerciale privée dans laquelle les entreprises ou des particuliers finançaient les entrées qu'ils souhaitaient voir couvertes.  

Pour ce qui est de la partie maorie, les éditeurs du nouveau site indiquent que c'est un élément particulièrement important de Te Ara :
- Avec dans chaque section, la présentation de la perspective maori,
- une traduction en reo Maori (langue maori) de toutes les histoires ayant un contenu maori substantiel.

Histoire(s), biographies, géographie, les sujets comprennent en général une section concise avec les informations majeures puis des chapitres détaillés organisés un peu comme des fiches. Les articles sont datés avec mises à jour/révisions indiquées quand nécessaire et le site à fait peau neuve avec un tout nouveau design à la fin de l'année 2016.
Au final, Te Ara est une source d'informations bien documentée et étayée d'une présentation bien conçue avec la souplesse d'un site qui permet de faire des recherches par mots clés.

Te Ara, a évidemment intégré à ma liste de sites favoris et il est à connaitre par tous ceux qui veulent en savoir plus sur la Nouvelle-Zélande, "version officielle" ! 



Nota / Bon à savoir : Te Ara est également source et éditeur de livres de références qu'on trouve facilement dans les boutiques des musées, notamment au Auckland War Memorial Museum. (Voir Te Ara in Print ICI ) 

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Te Ara : le chemin
Reo Maori : le maori (langue)

Photos : extractions site Te Ara
Source et plus d'infos :
Site Te Ara   ICI

vendredi 2 décembre 2016

Le phare de Bean Rock


Le phare de Bean Rock est une petite merveille située entre Mission Bay et Devenport dans le golfe d'Hauraki. On peut l'admirer à chaque passage quand on prend le ferry entre Half Moon Bay et Auckland et comme on ne peut pas le visiter, c'est sans doute l'une des meilleures façons de le voir et de le photographier.

Phare de Bean Rock - Novembre 2016 - ©SM

Construit en 1871 sur un récif visible à marée basse, balayé par la mer à marée haute, le phare couronne une structure de bois ouverte, de forme hexagonale sur laquelle repose un cottage d'habitation en bois entouré d'une véranda et coiffé d'un toit de tôle.

Enregistré au patrimoine de la Nouvelle-Zélande en 1989 en tant que "monument historique de première catégorie" (Historic Place Category 1), outre son rôle à une époque où l'essentiel des communications se faisaient par la voie maritime, ce phare a surtout la prérogative d'être le plus vieux et le dernier représentant de son type en Nouvelle-Zélande, sans doute aussi au monde.
 

Phare de Bean Rock - Novembre 2016 - ©SM
Le récif sur lequel il repose était connu des Maori sous le nom de Te Toka o Kapetawa ou "rocher de Kapetawa" par référence à Kapetawa qui fut abandonné par son beau-frère sur le rocher* alors que son nom européen, Bean Rock, fait référence à un lieutenant Bean, membre d'équipage à bord du H.M.S. Herald** en 1840.

Caché à marée haute, l'éceuil représentait un danger important pour la navigation qu'on signala d'abord par un piquet rouge et une bouée noire jusqu'à ce que ces marqueurs se révélent insuffisants face au trafic croissant dans le port et que les autorités locales commanditent la construction du phare à la fin des années 1860.



Plans du phare de Bean Rock - Auckland Maritime Museum - ©SM

Les plans d'origine furent dessinés par James Balfour, ingénieur en chef du département de la marine également administrateur des phares. Influencé par des modèles utilisés au Canada, il préconisa l'utilisation du bois considérant que la nécessité de bâtir et d'éclairer rapidement la côte prenait précédence sur la solidité et la durabilité. Il n'en vit toutefois pas la réalisation puisqu'il se noya en 1869 et que la construction confiée à un entrepreneur local, William Cameron, débuta fin 1870 pour se terminer huit mois plus tard.


Mis en opération le 24 juillet 1871, le phare fonctionna d'abord au kérosène, sous le contrôle permanent d'un gardien qui vivait seul dans le cottage relativement exigu, aménagé de trois pièces avec chambre et cuisine, sans salle de bain mais avec toilettes, évacuées directement à la mer. Hugh Brown, le premier gardien, resta en poste 19 ans jusqu'à sa retraite imposée en 1890 pour raisons de santé et James Anderson qui l'opéra entre 1909 et 1911 fut sans doute l'un des derniers (Pour se faire une idée des conditions de vie dans le phare, on peut se référer au témoignage de son fils repris dans un article du Lighthouse Digest).
Le phare fut ensuite converti à un autre carburant ce qui permis d'en faire le tout premier phare automatisé de Nouvelle-Zélande en sonnant le glas d'une profession aux journées solitaires sur le rocher. Plusieurs fois encore converti au cours de son histoire, le phare fonctionne à l'énergie solaire depuis sa restauration de 1985.  

Maquette - Auckland Maritime Museum - ©SM
Passant en effet sous le contrôle successif de plusieurs administrations, gouvernement provincial, département de la marine pour être finalement placé sous l'autorité du Port d'Auckland, le phare a nécessité à plusieurs reprises de gros travaux. En très mauvais état au début des années 1970, il fut question de le remplacer par une construction moderne en béton mais devant l'opposition rencontrée, le projet fut abandonné et remplacé par une énorme et délicate restauration entreprise en 1985 sous l'égide du Auckland Harbour Board et du Historic Places Trust : le cottage fut récupéré par une grue et restauré à terre pendant 5 mois pendant que les piliers étaient remplacés par de nouveaux poteaux en bois résistant venus d'Australie, placés sur de nouvelles bases en béton sur le rocher (cf.article du Maritime Museum).

Un petit souvenir ? Auckland Maritime Museum - ©SM



Pas de doute que Bean Rock est un chouchou,
 un "landmark" qui fait l'objet d'une mise en avant particulière dans la section des phares au très intéressant Auckland Maritime Museum.  



 Finalement, pour ceux que l'approche par bateau ne satisferait pas, je peux encore recommander un entrainement de natation sérieux afin de participer à la course à la nage  Bean Rock Swim organisée chaque année depuis 2011 pendant l'été, avec deux options, la course complète de 3'200 mètres ou la demi-course de 1'600 mètres...
Yapluka !
Prochaine course le 7 février 2017 !     


Nota : 
Les phares de Nouvelle-Zélande sont pour la plupart opérés par Maritime New Zealand (MNZ) à l'exception de ceux qui ont été placés sous la responsabilité d'autorités portuaires, comme c'est le cas de Bean Rock à Auckland.
MNZ supervise 23 phares actifs et 74 balises lumineuses en Nouvelle-Zélande. 
Tous les phares sont automatisés et contrôlés par un poste de commandement centralisé situé à Wellington. 
Il n'existe aucune autorité en charge de la restauration des phares mais Heritage New Zealand est intervenu à plusieurs reprises pour en protéger certains après leur décommissionnement ou, dans le cas particulier de Bean Rock, lorsque c'était nécessaire.  
La plupart des phares de Nouvelle-Zélande ont été conçus par James Balfour et son successeur John Blackett.

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori-Français :
Toka : rocher
Whare rama ou whare turama : phare

* On peut retrouver l'histoire détaillée de Te Toka o Kapetawa dans le paragraphe 2 (2.6 en particulier) du document .pdf ci-lié :  ICI

 ** le H.M.S. Herald a joué un rôle dans la signature du traité de Waitangi considéré comme acte fondateur de la Nouvelle-Zélande qui fut alors placée sous contrôle de la couronne britannique.

Sources et infos pour en savoir plus :
Bean Rock Lighthouse - Site des monument historiques   ICI
A light in Sparkling Waters: New Zealand's Bean Rock Lighthouse - Lighthouse Digest 02/2002 ICI
Bean Rock Lighthouse, first lit 24 july, 1871 - Auckland Maritime Museum 23/07/2015 ICI
Bean Rock Lighthouse, a beacon in the dark - Auckland War Memorial Museum  ICI
Throwing some light on Bean Rock beacon - NZ Herald 10/11/2009  ICI

Liste des phares de Nouvelle-Zélande : île du nord  ICI / île du sud  ICI
Course à la nage de Bean Rock  ICI

jeudi 24 novembre 2016

Nouvelle-Zélande, paradis du golf !

Aujourd'hui, j'ai une pensée plus particulière pour tous les golfeurs de notre entourage, famille ou amis. Peut-être le savent-ils déjà mais moi je le découvre, sidérée du nombre de terrains qui se nichent à presque tous les coins de rues: la Nouvelle-Zélande et en particulier Auckland, c'est un paradis pour les golfeurs !


Auckland, l'office touristique officiel de la ville propose d'ailleurs un circuit "spécial golf" avec 43 magnifiques terrains situés en bord de mer ou plus à l'intérieur des terres, formant la Auckland's Golf Trail Map.

Selon New Zealand Golf, la fédération nationale qui a fêté son centenaire en 2010, le pays compte 393 terrains dans l'ensemble du pays pour environ 4 millions d'habitants, ce qui place la Nouvelle-Zélande en deuxième position pour le rapport du nombre de terrains par habitants (Seule l''Ecosse est devant avec 543 terrains pour 5 millions d'habitants). 
Avec 482'000 joueurs de plus de 18 ans recensés, le golf peut se targuer d'être le sport le plus pratiqué du pays, Nº1 chez les hommes et Nº2 chez les femmes (après le netball). 

La fédération compte 125'000 affiliés et annonce 7 millions de parties jouées chaque année. Un dynamisme à mettre en rapport avec l'abordabilité puisqu'il est possible de jouer sur les meilleurs terrains pour 25 NZD (17 euros / 136 HKD) sans avoir besoin d'adhérer aux clubs ... sachant que ces adhésions seraient par ailleurs relativement raisonnables.
 
Pas sûre que cela m'incitera à me mettre au golf mais peut-être que cela donnera envie à certains proches d'entreprendre un si lointain voyage ! A vos clubs !




Auckland Golf Trail's Map en format .pdf   ICI
New Zealand Golf  ICI