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mercredi 16 mai 2018

Marina de Westhaven - Un autre point de vue sur Auckland

Les visites de découverte à Auckland se concentrent souvent autour des quais du centre ville avec Queen Wharf, Viaduct Basin et les aménagements de North Wharf et Silo Park attenants à St Marys Bay autour de laquelle on s'aventure plus rarement. C'est un peu dommage car on peut facilement pousser la promenade jusqu'au bout de la marina de Westhaven et le pont d'Auckland pour profiter de belles vues un peu différentes sur la ville, encombrées de mats (ou pas).

Photo de la marine de Westhaven avec le centre ville d'Auckland en arrière plan Auckland Nouvelle-Zélande
Westhaven Marina et centre d'Auckland   ©SM
À pied et à partir de Silo Park, il suffit de prendre Beaumont street pour rejoindre Westhaven drive qui longe l'autoroute jusqu'à la marina mais au bord de laquelle une passerelle de bois sur pilotis a été spécialement aménagée pour les piétons en offrant un joli cadre de promenade autour de St Marys bay. On peut aussi se rendre directement aux parkings de la marina de Westhaven en voiture, en louvoyant dans le quartier du port pour emprunter cette route ou en passant par Curran street par le quartier de Ponsoby.
Située en plein coeur d'Auckland, cette marina de Westhaven est l'une des plus grandes du monde et la plus importante de l'hémisphère Sud, à la hauteur de la réputation de "cité des voiles" de la ville. Avec une capacité d'accueil de 2'000 places, toutes occupées selon le site de la marina qui annonce devoir gérer d'importantes listes d'attente, elle n'abrite pas que des voiliers mais une grande variété d'embarcations en tous genres et de toutes tailles.

Photo sur la marina de Westhaven et le pont d'Auckland Nouvelle-Zélande
Marina de Westhaven et pont d'Auckland   ©SM
La marina sert de base à quatre clubs nautiques, la Ponsoby Sailing School (l'école de voile de Ponsoby), the Auckland Dragon Boat Club (Club de Dragon boat d'Auckland), the Etchell Fleet et Sailability permettant aux personnes handicapées de pratiquer les sports nautiques. On y trouve aussi des clubs plus selects comme le RNZYS (Royal New Zealand Yacht Squadron) ou le Richmond Yacht Club ainsi qu'une cinquantaine d'opérateurs de charters louant leurs services pour naviguer dans le golfe d'Hauraki et au-delà, des agences de brokers spécialisés dans l'achat/vente des bateaux, des cafés et des restaurants, etc. Un environnement cossu, bien aménagé, parfaitement entretenu et dynamique avec encore des projets d'extensions et d'amémagements nouveaux. 

Photo de tables d'un café marina de Westhaven Auckland Nouvelle-Zélande
Tables d'un café - Marina de Westhaven - Auckland  ©SM
Du côté de la baie de St Mary et de la plage de Westhaven, il est possible de se baigner même s'il vaut sans doute mieux attendre la réalisation des travaux qui sont programmés et annoncés pour améliorer la qualité de l'eau. Dans cette zone, un ponton sert à plusieurs types d'activités, notamment aux amateurs de maquettes téléguidées qui s'y retrouvent pour faire naviguer leurs modèles réduits en tous genres.

Photo de vue sur la ville d'Auckland à partir de Westhaven beach Nouvelle-Zélande
De Westhaven beach à marée basse et en fin de journée, vue sur le centre ville d'Auckland  ©SM
À l'opposé, en s'éloignant du centre-ville, on se rapproche du pont qui sert de terrain de jeu aux amateurs de sensations (saut à l'élastique ou grimpette au sommet) mais on peut se contenter d'en admirer la structure et l'ouverture qu'on a à proximité de son point d'ancrage, sur la marina et la ville, Devonport, Rangitoto, Northshore, Birkenhead et l'intérieur de la baie de Waitemata.

Photo du pont d'Auckland Nouvelle-Zélande
Pont d'Auckland (vu de la marina de Westhaven)   ©SM
Bref, Westhaven est une extension de visite bénéficiant de nombreux aménagements, très intéressante à faire à partir du centre ville ou en objectif d'excursion unique qu'on peut alors compléter avec la découverte du parc d'Erin Point et les plages voisines du joli quartier de Ponsoby.

À voir : sur Westhaven Marina / History, photos historiques intéressantes de toute l'évolution de l'occupation et de l'exploitation des terrains occupés aujourd'hui par la marina, de 1900 à 2010

Pictogrammes des toilettes de AJ Hackett Bungy
Plus d'infos :
Westhaven Marina Auckland ICI 
Saut à l'élastique ou grimpette sur le pont d'Auckland - AJ Hackett - Auckland Bridge Climb and Bungy  ICI

jeudi 10 mai 2018

Rainbow Mountain - La montagne arc-en-ciel - Rotorua (5)

Rainbow Mountain (la montagne arc-en-ciel) / Maungakakaramea ("Montagne à la terre colorée" en maori) est située au bord de la route SH5, à 26 kilomètres au sud-est de Rotorua, entre la vallée de Waimangu et Wai-o-Tapu. Le parking est facile à trouver quand on vient de Rotorua puisqu'il est au bord de la nationale à hauteur du lac de Ngahewa, à gauche juste après l'embranchement de la SH38.

Photo de Rainbow Mountain Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain est ses parois colorées qui lui donnent son nom  ©SM
D'origine volcanique, la montagne doit son nom aux couleurs de ses parois striées de blanc et de rouge/orange. Elle reste une zone géothermale active même si les phénomènes y sont de plus en plus atténués et que la nature en profite pour reprendre ses droits. C'est une zone au statut de Scenic Reserve supervisée par le Department of Conservation, protégée pour ses particularités botaniques et scientifiques et ses associations de plantes rares et complexes spécifiques aux zones thermales. La montagne est également attachée à l'héritage culturel de deux tribus maories de la région. Tous ces aspects sont bien documentés sur place par des panneaux explicatifs complétés par une bonne signalisation des sentiers offrant différentes options aux marcheurs / randonneurs et/ou aux VTT*.  

Photo d'un panneau explicatif sur les plantes Rainbow Mountain Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain / Maungakakaramea - Panneau explicatif sur les plantes   ©SM
Quand on ne dispose pas de beaucoup de temps, on peut se contenter d'un aller-retour jusqu'à Crater Lakes, une marche facile d'un kilomètre à partir du parking et d'une quinzaine de minutes grand maximum dans chaque sens. On arrive jusqu'à un belvédère de bois aménagé au dessus de deux lacs aux couleurs bleues azur et blanches dont l'origine volcanique ne fait pas de doute et on profite d'une bonne vue au pied de la montagne et de ses parois colorées, un tableau qui vaut bien ce modeste effort.  

Photo de Crater Lakes Rainbow Mountain Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - Crater Lakes   ©SM
Si on aime marcher et qu'on a plus de temps, on peut attaquer ensuite le sentier de Summit Track pour monter jusqu'au sommet de la montagne; il faut alors ajouter 2,5 kilomètres au chemin déjà parcouru et un temps de marche annoncé à 1 heure 30 dans chaque sens, largement surrévalué comme toujours (on n'a pas regardé à la montée mais nous avons mis 50 minutes pour descendre du sommet au parking, et nous ne sommes pas des cabris !). Le sentier est globalement bien balisé et tracé, plus dégradé et abrupt vers le sommet (attention, ça doit glisser par temps humide) ; il traverse des espaces de verdure de plusieurs types, dégage de beaux points de vues et laisse parfois entrevoir quelques fumerolles.
Une fois le sommet atteint, l'ultime récompense, c'est évidemment la vue à 360º avec, en direction de Rotorua, la route qui serpente à travers les collines vertes ...

Photo de vue vers Rotorua Rainbow Mountain Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - La SH5 serpente en direction de Rotorua avec le Mont Tarawera sur la gauche  ©SM

... les lacs et la vallée de Waimangu quand on dévie le regard vers l'est ...

Photo de vue de Rainbow Mountain vers les lacs de Rotorua et la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - Vue vers les lacs de Rotorua avec la vallée de Waimangu qui descend jusqu'au lac Rotomahana
... alors que vers l'ouest, c'est Wai-o-Tapu qu'on aperçoit. 

Photo de vue de Rainbow Mountain vers wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Rainbow Mountain - Vers Wai-o-Tapu à l'extrémité de la forêt
Vers le sud, d'autres sommets, ceux des pics volcaniques du Tongariro qui complètent le panorama.

Espace de nature ouvert à tous, sans droit de passage, pas trop fréquenté, Rainbow Mountain est l'une des nombreuses et agréables balades de Rotorua que les touristes de passage n'ont souvent pas le temps de découvrir - c'est dommage - dans une région qui ne peut finalement réellement s'apprécier qu'en y consacrant suffisamment de temps.

Nota :
* Pour les amateurs, piste VTT aménagée dans le parc (Te Ara Ahi) + une piste cyclable est aménagée au bord de la route depuis Rotoroa jusqu'au parc.
- Pour ceux qui sont intéressés, nous recommandons de passer à l'office de tourisme de Rotorua pour se procurer la dernière édition de la brochure "Walking and Hiking in Rotorua/Bay of Plenty" éditée par le Department of Conservation, un document utile qui recense et propose une trentaine de marches et randonnées autour de Rotorua et ses lacs, presque toutes gratuites (voir lien pour la version pdf).

À voir/faire dans les environs de Rainbow Mountain :
Wai-o-Tapu
La vallée de Waimangu
Kerosene Creek
Waikite Valley Thermal Pools

Plus d'infos :
Rainbow Mountain Summit Track - Department of Conservation ICI
Rainbow Mountain Crater Lake Walk - Department of Conservation ICI
Brochure Walking and Hiking in Rotorua / Bay of Plenty - Department of Conservation ICI

vendredi 20 avril 2018

Le village de Tirau - Capitale de l'art de la tôle ondulée

Tirau (anciennement Oxford) est un village situé à l'embranchement de deux nationales importantes, la route 1 qui traverse tout le pays*, du Cap Reinga à la pointe nord du Northland jusqu'à Wellington pour l'île du Nord et la route 5 qui part vers l'est jusqu'à Napier en passant par Rotorua et Taupo. En dehors de cette position particulière sur l'axe routier, ce village rural du Waikato était un lieu de passage sans aucun atout notable avant qu'il ne devienne la capitale de l'art de la tôle ondulée et une étape où s'arrêtent désormais beaucoup d'automobilistes, le temps d'une pause pour faire quelques clichés et parcourir la grande rue en musardant dans les boutiques et les cafés.

Amusant, le "School bus" signalant l'école primaire de Tirau ©SM
Tout a commencé en 1994 avec l'arrivée de Nancy et John Drake. Tous deux enseignants, ils s'étaient découvert au cours de leur carrière une passion pour la laine, du mouton à la tonte, du filage au tricot. La popularité des réalisations de Nancy dépassant largement le cadre familial et la retraite approchant, le couple souhaita se reconvertir et chercha un endroit pour ouvrir une boutique / salle d'exposition (Wool Gallery) dans l'île du Nord. Après bien des recherches, ils finirent par atterrir à Tirau où il achetèrent un grand terrain central, au bord de la route. John voulait pour sa femme une boutique qui attire l'oeil pour que les gens s'arrêtent. C'est ainsi qu'après plusieurs essais infructueux avec divers matériaux, il en vint à concevoir la première réalisation 3D en tôle ondulée de la ville constituée d'un long hangar au bout duquel il accola une tête de mouton géante en guise d'enseigne (pas de règlementation en la matière, il faut juste que ça ne tombe pas !). Nancy avait déjà ouvert sa boutique qui vivotait à peine mais une fois la vision de John réalisée et sans jamais faire d'autre publicité, le succès fut immédiat : non seulement les automobilistes s'arrêtaient mais en plus, la curiosité aidant, ils venaient voir d'un peu plus près, entraient et achetaient, le chiffre d'affaires décolla !

Photo du mouton et du bélier de Tirau Waikato Nouvelle-Zélande
Le mouton, la première réalisation de Tirau pour la boutique de laine. Le bélier est une réalisation plus récente  ©DM

Fort de son succès, John fit alors la promotion de la tôle dans le village mais la collectivité locale se montra d'abord frileuse, préférant revitaliser ses activités au travers de magasins d'antiquités, comme à Paeroa, pas si original. Il eût sa revanche lorsque la communauté le sollicita pour utiliser une partie de son terrain afin d'y installer des toilettes publiques. Il donna son accord à condition que le projet soit réalisé dans une continuité de style par rapport à ce qu'il avait lancé, il avait l'idée d'un chien. La conception du bâtiment qui devait être construit par des bénévoles commença sous la direction d'Henry Clothier, le propriétaire d'une boutique d'antiquité. Chacun avait un avis et voulait avoir son mot à dire mais Henry Clothier força la main de son fils Steven, un ingénieur, pour qu'il apporte son aide et s'assure de la solidité de la structure. Une fois embarqué, celui-ci s'investit totalement, modifiant le projet initial proposé par John qu'il remplaça progressivement par un chien de berger plus sophistiqué, terminé et dévoilé en 1998. 

Photo du chien de Tirau Waikato Nouvelle-Zélande
Le chien de Tirau, local des toilettes publiques et de l'office du tourisme  ©DM
Photo du chien du mouton et du bélier de Tirau Nouvelle-Zélande
Au bord de la nationale, le chien, le mouton et le bélier - Landmarks de Tirau  ©SM
Le mouton et le chien de Tirau devinrent immédiatemment des landmarks et des icones nationales reprises dans la presse, entrainant de nouvelles commandes qui n'ont jamais cessées depuis et une activité que Steven Clothier n'avait sans doute pas imaginée ni anticipée mais à laquelle il se dédie au sein de l'entreprise qu'il a créée, Corrugated Creations (Créations en tôle ondulée).
Aujourd'hui, la tôle est l'ADN du village de Tirau qui s'est d'ailleurs autoproclamé "Capitale Mondiale de la tôle ondulée" avec ses enseignes qui sont comme une galerie à ciel ouvert. Une réussite qui dépasse les frontières du village et même du pays puisque ces oeuvres, des modèles uniques, s'exportent.

Photo du panneau en tôle de l'école primaire de Tirau Nouvelle-Zélande
Panneau de l'école primaire avec le ti (cabbage Tree), l'arbre symbole du village de Tirau  ©SM
Inventée en Angleterre dans les années 1820 et longtemps utilisée dans les colonies comme matériaux bon marché pour faire des toits ou des réservoirs, la tôle ondulée a ainsi trouvé à Tirau une nouvelle jeunesse et de nouveaux débouchés. Ses qualités de légéreté, de souplesse et de résistance laissent une grande liberté d'utilisation pour toutes sortes de réalisations qui, à l'inverse d'une sculpture, doivent être réalisées de l'intérieur vers l'extérieur avec une bonne dose de technicité et d'ingénierie pour assurer équilibre et solidité. Corrugated Creation propose une large variété de réalisations uniques : des enseignes ...

Photo d'enseigne d'un café avec des pukeko en tôle Tirau Nouvelle-Zélande
Enseigne d'un café de Tirau avec des pukekos en tôle  ©SM
Devant la jardinerie de Tirau
Un café - boutique de Tirau
... des modèles de boîtes aux lettres  ...

Photo d'une boîte aux lettres en tôle Nouvelle-Zélande
Sur la route (au nord d'Auckland) - Boîte aux lettres en tôle  ©SM
... des réalisations en 3D ...

Photo de berger devant l'église de Tirau sur la rue principale Nouvelle-Zélande
Berger devant l'église de la rue principale de Tirau   ©SM
Chien dans la cours de l'école de Tirau  ©SM
... des animaux, des personnages, des plantes, des véhicules, etc.
Dans le village de Tirau, outre les enseignes multiples, les bâtiments du chien et du mouton ont été complétés d'un troisième hangar en forme de bélier, d'un berger et plus récemment, d'un autre local assez amusant de toilettes publiques qu'il faut aller chercher dans une rue perpendiculaire à l'axe routier principal :

Photo des toilettes de Tirau Waikato Nouvelle-Zélande
Toilettes de Tirau ©DM

À mi-étape entre Auckland et Rotorua, l'arrêt à Tirau est amusant et ne demande pas énormément de temps sauf si on traine dans les cafés et les boutiques parfois assez tentantes. On peut y commencer une collection de photos sur le thème de l'art de la tôle et l'enrichir ensuite en sillonnant le pays où ce type de réalisation fait figure de kiwiana*.

Et pour conclure la petite histoire : le magasin de laine existe toujours mais il est tenu par Sally, la fille de John et Nancy à qui ils ont passé la main. John rêvait d'ajouter un cochon à sa collection de bâtiments, pas sûr que cela se réalise un jour, il semble que ce soit le bélier qui lui a été préféré ...

À voir :
Vidéo youtube expliquant la réalisation d'une enseigne par Corrugated Creation (Anglais - 8'15) :


Nota :
* La route 1 traverse non seulement l'île du Nord mais aussi toute l'île du Sud, de Picton à Invercargill / Bluff.
* Les kiwianas sont les objets typiquement néo-zélandais. Dans le village d'Otohoranga qui se considère comme la "Capitale des Kiwianas", on peut voir deux grands et célèbres kiwis réalisés en tôle, à Tirau, par Corrugated Creations.

Un des kiwis en tôle d'Otohoranga, "capitale des kiwianas" - Source : Wikipedia Common
Voir aussi :
Paeroa - Village d'antiquaires
Katikati - Capitale de peinture murale en Nouvelle-Zélande

Plus d'infos :
Corrugated Creations ICI
Corrugated Creations Gallery ICI
Tirau's Tin Sheep turns ten - NZ Geographic Nov-Dec 2004 ICI
Tirau - South Waikato District Council ICI

mercredi 17 janvier 2018

Rotorua (1) - Coeur géothermique et culturel de la Nouvelle-Zélande

Je n'avais pas encore écrit un seul mot sur Rotorua alors que nous y sommes déjà allés à trois reprises et qu'il y a tant à dire et y faire : située à un peu moins de 3 heures de route au sud-est d'Auckland, c'est une destination connue pour son activité géothermique et ses villages maoris ouverts aux visiteurs, une combinaison nature et culture gagnante depuis que le pays a commencé à développer et promouvoir ses activités touristiques.


La ville de 70'000 habitants* s'est construite sur la rive sud du lac de la caldeira de Roturoa. Son nom d'origine maorie peut signifier "lac du cratère" ou "deuxième lac" (roto = lac / rua = deux); dans ce cas, il fait référence à une expression dédiée à l'oncle d'un chef qui fit la découverte de ce lac après un autre. Il faut dire que la région regorge de lacs - 17 dans les environs proches de Rotorua - tous dus à la caldeira et à l'activité volcanique du Mont Tarawera voisin.


Attirés par les sources chaudes utilisées pour le chauffage, la toilette, la lessive, la cuisine ou leurs vertus thérapeutiques, les Maoris furent les premiers à coloniser la région, sous la houlette de l'iwi (tribu) Te Arawa alors que les premiers européens arrivèrent à partir des années 1830, d'abord un marchand respecté se marriant localement suivi quelques années plus tard de missionnaires. Dans les années 1860, la région fut le théâtre de batailles des guerres néo-zélandaises avant de se pacifier et de s'ouvrir dans les années 1880 au tourisme sous un statut particulier de "special town district" visant à faciliter sa promotion et son développement comme station thermale. En 1894, la ville est reliée à Auckland par la voie ferrée et son Rotorua Express qui assura la liaison jusqu'à la fin des années 1950 avant d'être désaffectée.



Aujourd'hui, la bourgade au bord de l'eau concentre hébergements, restaurants et une multitude d'activités touristiques, camp de base idéal pour explorer les merveilles environnantes. Il ne faut pour autant pas en négliger la ville elle même avec son agréable promenade en bord de lac à toutes heures, avec des vues sur l'île centrale, ses cygnes, son bateau à roue à aubes, ses couchers de soleil ...




... son spa réputé pour faire des miracles alors que le bâtiment thermal historique* de style Tudor qui faillit disparaitre après la guerre est aujourd'hui reconverti en musée amoureusement entretenu, véritable icone nationale figurant au top des constructions nationales les plus photographiées ...


... le quartier maori Ohinemutu au bord de l'eau avec son marae, ses églises et ses eaux fumantes ...









 ... ainsi que son grand parc public, Kuirau Park, offrant une jolie balade elle aussi fumante et bouillonante en toutes saisons, peu fréquenté en dehors du samedi matin, jour de marché.








Étape incontournable dans l'île du Nord, Rotorua est un "must" où poser les sacs pendant plusieurs jours pour prendre le temps de découvrir la multitude de surprises cachées dans la ville et ses environs. C'est un peu l'équivalent néo-zélandais du Yellowstone américain, un cran en dessous pour la diversité des spendeurs naturelles mais un cran au dessus pour la dimension culturelle apportée par les villages maoris. 

À suivre !

Voir aussi :
Orakei Korako - La vallée cachée

Plus d'infos :
*The history of the Rotorua Museum - 100% Pure New Zealand ICI
Rotorua top picks - 100% Pure New Zealand ICI
*Roturoa's population records biggest growth in 10 years - Roturoa Daily Post 21/01/2017  ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 21 et 22 (07 et 08/04/2017)

jeudi 7 décembre 2017

Rangitoto - Les îles d'Auckland dans le golfe d'Hauraki (1)

Trait d'union entre la ville d'Auckland et l'océan Pacifique, le golfe d'Hauraki est un parc maritime parsemé de cinq réserves marines (pêche interdite) et d'une myriade d'îles (une cinquantaine) qui offrent de magnifiques objectifs d'excursions même si elles ne sont pas toutes accessibles au public*.

Quai du ferry à Rangitoto - L'objectif de l'excursion est le sommet derrière !

La plus évidente et la plus facile d'accès, c'est l'île de Rangitoto, landmark de la ville que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer dans un article à mon arrivée à Auckland. Aux éléments généraux déjà traités, je peux maintenant ajouter "l'expérience" puisque j'ai eu l'occasion de m'y rendre trois fois cette année. Il faut dire que lorsqu'on reçoit des visiteurs, Rangitoto est un peu l'incontournable et surtout l'excursion du golfe la plus facile à organiser du fait de la proximité de l'île et de sa desserte en ferry, tous les jours, toute l'année.

Le sommet, c'est tout droit, ça monte mais le chemin est bien aménagé avec pas mal de marches quand on s'approche de l'objectif

Il existe des variations de service en fonction des saisons et des jours de la semaine mais on peut être sûr d'avoir toujours la possibilité d'au moins un aller-retour dans la journée sachant qu'au départ d'Auckland l'été, on a en général le choix de trois départs en semaine pour cinq le week-end avec respectivement trois ou quatre options de retour (mais il ne faut surtout pas rater le dernière navette). Les quais sont situés en plein centre ville, au Pier 4 placé à gauche du bâtiment historique du terminal de ferry.
Il est également possible d'embarquer de Devonport.

Embarquement immédiat ! [mais il faut être là une demi-heure à l'avance]

À moins de se lever à l'aube pour partir à 7h30 le week-end et profiter du tarif "early-bird" à 20 NZD, il faut plutôt compter 60 NZD l'aller-retour pour un adulte. On peut réserver et imprimer les billets à l'avance à partir du site de Fuller, la company qui assure les navettes, ou acheter les billets sur place dans la cabane située sur le trottoir, à côté des départs. L'île est une réserve naturelle protégée, "pest-free" (sans animaux nuisibles) si bien qu'avant l'embarquement, les voyageurs sont priés de frotter leurs chaussures sur les brosses prévues à cet effet en plus de recevoir quelques consignes pour éviter notamment de transporter vers l'île (inintentionnellement) des animaux nuisibles pour la faune et la flore de l'île.

Prière de bien s'essuyer les pieds avant d'embarquer !

Les excursionnistes doivent prévoir leurs propres provisions d'eau et de nourriture car il n'y a absolument aucun équipement sur l'île à cet effet (au pire, le ferry dispose d'un bar où l'on peut effectuer quelques achats). Pas de poubelles non plus sur place, tout le monde est prié de récupérer et de rapporter ses déchets pour garder l'île propre et tout jeter au retour (poubelles sur le ferry ou à terre au retour). les seuls équipements sont des toilettes (mais on peut aussi prendre ses précautions sur le ferry avant de descendre). La traversée avec l'arrêt à Devonport prend 35 minutes et c'est déjà un plaisir rien que pour la navigation et les points de vues qu'elle donne sur la ville et ses environs, Devonport et Rangitoto.

Des champs de lave, de la végétation qui s'accroche tant bien que mal, une route tracée sans beaucoup d'ombre !

Il existe des tours organisés avec à l'arrivée sur l'île des wagonnets tirés par un tracteur; ceux-ci permettent de bénéficier des explications d'un guide et de faire la boucle qui traverse les champs de lave mais ne dispensent pas complètement de la grimpette jusqu'au sommet ... À moins d'être un inconditionnel des visites guidées, il n'y a vraiment pas besoin de passer par un tour organisé pour se rendre à Rangitoto : la brochure, gratuite, contient une carte et des informations et sur place, les chemins sont bien balisés et agrémentés de panneaux informatifs. Pour ceux qui veulent en savoir plus, les abris proches des quais et des toilettes exposent ainsi quelques panneaux sur l'histoire de l'île, sa faune et sa flore auxquels s'ajoutent, à plusieurs endroits de la montée au sommet, des informations complémentaires relatives à l'origine volcanique de l'île et la géologie ... pas bête, ils sont stratégiquement positionnés pour faire des pauses pendant "l'ascension".

Globalement peu d'ombre à Rangitoto mais des fois, comme ici, un petit moment de répit pour se protéger du soleil, magique !

Ah, oui, l'excursion à Rangitoto c'est avant tout de la marche pour accéder au sommet (220 mètres de dénivelé, ce n'est pas vraiment un exploit !) et ses vues à 360º. C'est aussi la découverte d'une île entièrement volcanique (la dernière éruption date d'il y a environ 600 ans et si le champ volcanique d'Auckland est toujours actif , il y a peu de chance que ce jeune cône volcanique crache de nouveau). En marchant tranquillement, il faut compter une bonne heure pour arriver au sommet en suivant la "main summit track". Pendant la montée, outre la lecture des panneaux, les pauses pour regarder la vue et le paysage de lave sur lequel s'accroche la végétation, on peut aussi faire un crochet jusqu'aux "lava caves", des grottes formées par le passage de la lave (ajouter vingt minutes/une demi-heure avec le crochet).

Lava caves - Les grottes de Rangitoto formées par les coulées de lave
Avant la dernière volée d'escaliers menant au sommet, un balcon permet d'observer le cratère dont on devine la forme plus ou moins engloutie par la végétation. Un sentier permet d'en faire le tour mais la végétation bouche pas mal la vue, aussi bien sur le cratère qu'à l'extérieur si bien qu'il n'a qu'un intérêt limité en dehors d'un peu d'exercice supplémentaire. 

L'intérieur du cratère de Rangitoto envahi par la végétation

Le plus chouette évidemment c'est le panorama du sommet à partir des vastes terrasses en bois qui y ont été aménagées. On domine tout le golfe d'Hauraki avec des vues splendides dans tous les sens. C'est l'endroit idéal pour pique-niquer, là où tout le monde pose son sac et sort ses sandwichs ... on y a même vu des épicuriens (français, of course !), avec verres à pieds et bouteille de vin, sirotant en profitant du paysage. Seul nuisance, surtout l'été : les guèpes attirées par la charcuterie ou les sucreries, attention !

Du sommet, vue nord-ouest vers Devonport, le centre d'Auckland et Waitakere Ranges

Un fois rassasiés et repus du paysage, il faut redescendre avec plusieurs options :

1 - Reprendre le même chemin, bien aménagé, le plus direct et le plus court. Facile à faire avec un départ à 10h30 d'Auckland pour un retour avec le ferry de 14h30 qui laisse ensuite le temps de faire autre chose dans la journée.

Beacon Lighthouse, au loin, sur son rocher (pas d'accès)

2 - Retour par McKenzie Bay et Beacon Lighthouse, le plus long. Pas de soucis de balisage mais le chemin (route) est dur et il est facile de déraper sur les gravillons. Les paysages sur les pentes du volcan sont peu variés et répétitifs, ce sont toujours les mêmes, partout dans l'île et comme il y a peu d'ombre il faut faire attention à la chaleur l'été. La plage de McKenzie (pas mal de plaisanciers les week-ends d'été) et le phare rouge et blanc offrent un peu de diversité. Une fois revenus sur le chemin qui longe la côte, une courte zone d'ombre, un peu de mangrove, une colonie d'oiseaux (black gulls) et quelques "baches" typiques apportent là encore un peu de variété. Option suivie en journée complète, départ d'Auckland à 9h15 pour un retour à 17h avec un choix de pique-niquer sur la plage de McKenzie plutôt qu'au sommet.  

Un peu de mangrove au sud de l'île, ça change un peu !

3 - Retour par Islington bay Road. Mêmes remarques que précédemment sur les paysages, l'exposition et la nature du sol sur le chemin. Option suivie avec un départ d'Auckland à 10h30, retour à 15h30. (Nota : en marchant vite - et sans tomber ! - il doit même être possible de prendre le ferry de retour 14h30).

Petite baie du sud de Rangitoto avec vue sur Devonport et derrière, le centre d'Auckland

À Rangitoto, à proximité du quai, il reste quelques "baches" privés dont certains peuvent être loués alors que le "numéro 38" sert de musée ouvert au public certains jours, de l'arrivée du premier ferry jusqu'au départ du dernier, le tout géré par le Rangitoto Island Historic Conservation Trust. Ce "bache" 38 (prononcer "bat-che") permet de voir en grandeur nature à quoi ressemblaient ces maisons de vacances si typiques de la Nouvelle-Zélande, des constructions montées de façon un peu sauvage, toutes simples, avec le minimum mais assez de confort pour profiter de la plage, de la famille et des copains. Intéressant quand le musée est ouvert et qu'on a encore un peu de temps avant d'embarquer.

"Baches" de Rangitoto - Certains à louer alors que le numéro 38 est un musée qui se visite
Il nous reste encore quelques chemins inexplorés à l'est de Rangitoto et sur l'île voisine de Motutapu avec sans doute encore quelques belles balades très "nature et volcan" en perspective.

Nota :
L'île est couverte de la plus importante forêt de pohutukawas. L'excursion est donc très populaire et particulièrement prisée au mois de décembre au moment de la floraison.

Fleurs de pohutwaka en décembre
Notes :
* Encore beaucoup d'îles appartenant au domaine privé + quelques îles et îlots protégés fermés, au statut de "Nature Reserve" (en rouge sur la carte) - (En vert sur la carte, les "Conservation Reserve" comme Rangitoto, ouvertes au public).

Golfe d'Hauraki avec les îles d'Auckland
Infos pratiques :
Rangitoto : des ferrys tous les jours, toute l'année, au départ d'Auckland ou de Devonport
Prix du ticket adulte - Aller-retour - 60 NZD
Achat du ticket sur place ou réservation en ligne auprès de Fuller
Prendre la brochure avec carte et infos dans la cabane qui vend les tickets
Prendre des provisions d'eau et un pique-nique (aucun magasin dans l'île)
Traversée de 25 minutes
Compter un minimum de 3-4 heures sur l'île

 
Voir aussi :
Waiheke - Les îles d'Auckland dans le golfe d'Hauraki (2) 

Plus d'infos :
Site du Rangitoto Island Historic Conservation Trust ICI
Page du site de Fuller Ferries sur Rangitoto - Horaires et infos tickets dans l'onglet en haut de page -  ICI