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jeudi 20 septembre 2018

Voyager en Nouvelle-Zélande pendant l'hiver austral, un vrai bon plan !

Ce n'était vraiment pas prémédité parce que nous avions initialement prévu de voyager en mars-avril, à la fin de l'été austral et le début de l'automne, pour profiter encore de la 'belle saison" néo-zélandaise ... mais voilà, les circonstances sont telles que nous n'avons pas pu prendre la route avant la mi-juin et que nous avons finalement dû voyager pendant la saison hivernale australe pour conclure dignement et comme nous  le souhaitions une paranthèse kiwie de presque deux ans ... une obligation qui s'est finalement révélée être un véritable bon plan testé sur 6/7 semaines, essentiellement dans l'île du sud, avec quelques inconvénients mineurs largement compensés d'avantages plus qu'intéressants.

Photo en hiver sur la route du mont Sunday Nouvelle Zélande
Sur la route du Mount Sunday - Hiver 2018

Quand on voyage en Nouvelle-Zélande au coeur de l'hiver il ne faut évidemment pas se leurrer et s'organiser en prenant en compte les contraintes de saison :

1 - Des journées courtes qui se terminent tôt.
À la mi-juin, le soleil se lève assez tard - vers 7h30 - et la nuit s'installe très tôt et très rapidement, dès 17h.   

2 - Dans certaines régions, il existe des risques de "black ice" (plaques de verglas) et/ou de chutes de neige sur la route qui ne permettent pas toujours de circuler où et quand on veut, surtout la nuit. Pas de pneus neige, les automobilistes sont équipés de chaînes qu'ils fixent en se garant sur le bord des routes quand nécessaire, à mi-chemin en montant aux stations de ski par exemple.
Ceci dit, même dans les régions de montagnes, les vallées et les routes sont en général plutôt larges, les zones de danger bien identifiées et indiquées avec, parfois seulement, des fermetures de routes*. Pendant notre road trip, cela ne nous a jamais posé de problème même si nous avons vu à plusieurs reprises des voitures retournées au bord de la route, victimes du black ice qui est un danger bien réel.

3 - Certains sites, attractions, restaurants, motels et/ou toilettes peuvent être fermés quelques semaines en hiver. Certains lieux sont alors impraticables (toilettes en montagnes) ou les propriétaires d'établissements d'accueil profitent de la baisse d'activité pour prendre leurs propres vacances et/ou pour effectuer des travaux de réfection.
C'est parfois dommage pour certain lieux emblématiques comme Cathedral Caves dans les Catlins, fermés et totalement inaccessibles en hiver même si, pour ce qui concerne les sites, ces fermetures restent des exceptions. 



Mises à part ces trois restrictions, auxquelles on peut facilement s'adapter en planifiant son voyage, en vérifiant les conditions d'ouvertures sur Internet et en essayant de profiter au maximum des journées entre 8h30 et 17h, l'hiver présente pas mal d'avantages :

1 - Du côté de la météo d'abord, sachant que les amplitudes de températures ne sont jamais extrêmes entre l'été et l'hiver**, les conditions atmosphériques se révèlent en fait parfois meilleures en hiver.
C'est par exemple le cas de toute la côte ouest de l'île du sud de la Nouvelle-Zélande, une région extrêmement humide (300 jours de pluies par an) que nous n'avions pas pu apprécier lors d'un précédent passage estival copieusement arrosé et que nous avons enfin pu découvrir sous le soleil et dans toute sa splendeur pendant les mois d'hiver, les plus secs de l'année ... sans compter que l'accumulation de neige y ajoute au passage un effet esthétique spectaculaire.

Photo du mont cook Nouvelle Zélande
Survol panoramique vers le Mount Cook, plus haut sommet de Nouvelle-Zélande, entre Tasman Lake et Tasman Sea
 2 - Qui dit saison "basse" dit également moindre fréquentation et des prix d'hébergement très compétitifs, presque toujours significativement plus bas qu'en été.
Nous qui n'aimons pas la foule, nous avons ainsi apprécié les croisières, les vols panoramiques, les musées, les sites, les balades et/ou toutes autres "attractions" en petits comités qui favorisent la convivialité aussi bien avec les accompagnateurs - plus détendus et accessibles que lorsqu'ils doivent gérer de grands groupes - qu'avec les autres voyageurs pour des partages d'expériences et l'échange de bons plans (par exemple, survol du Mont cook à partir du lac Tekapo avec seulement trois passagers dans l'avion, ce qui nous a permis de passer d'un hublot à l'autre pour s'en mettre doublement plein les yeux !).     
Côté hébergement, nous avons presque toujours eu le choix*** en variant le type de nuitées et en réservant souvent au dernier moment, au jour le jour. Dans les motels nous avons bénéficié de prix d'au moins 30% inférieurs à ceux de l'été avec des upgrades de chambres en petits appartements, chauffage inclus, avec là encore des hôtes accessibles, sympathiques et avec du temps à nous consacrer.


Photo d'un rocher en forme de coeur Nouvelle-Zélande
I ♥ NZ - Rocher sur la côte ouest de la Nouvelle-Zélande

3 - Autre bénéfice du voyage en hiver : les rencontres animalières de saison.
Le meilleur exemple est celui de la région de Kaikoura, réputée pour ses excursions-découvertes des baleines; certaines espèces (cachalot ou orque) sont installées dans ses eaux à l'année mais d'autres comme les baleines à bosses n'y passent qu'en hiver, en transit lorsqu'elles remontent de l'Antarctique, un vrai plus pour les amoureux de nature...

Photo d'un panneau passage de pingoins Nouvelle-Zélande


Sur tous les plans, ce voyage pendant l'hiver austral s'est donc révélé un vrai bon plan et cet avis semble partagé par les autres voyageurs rencontrés en chemin. Forts de cette expérience, nous n'hésitons désormais pas à recommander à tous ceux qui envisagent le voyage vers la Nouvelle-Zélande de sérieusement considérer cette option qui permet d'éviter la flambée des prix et l'engorgement**** de l'été austral sans en réduire l'intérêt, bien au contraire.

Nota :
* Quelle que soit la saison, quand on circule en Nouvelle-Zélande, il faut toujours avoir le réflexe de consulter le site du NZ Transport Agency et ses pages Traffic and Travel Information pour s'assurer que les routes à emprunter sont bien ouvertes. À cause de la glace l'hiver ou plus souvent du fait de glissements de terrains - en toutes saisons - la fermeture de certaines routes obligent parfois à des détours de dizaines, voire de centaines de kilomètres.
** Sur les 6/7 semaines de notre séjour, nous avons pique-niqué quasiment tous les jours dans la nature à midi. 
*** À l'exception peut-être de Queenstown et de Wanaka, villes très courues et plus congestionnées (en juillet, saison des sports d'hiver et vacances d'hiver locales).
**** À savoir : la Nouvelle-Zélande a des infrastructures de tourisme relativement limitées face à l'afflux massif de touristes à la saison haute, sachant que les érangers s'ajoutent aux vacanciers locaux profitant de leurs "grandes vacances". Depuis quelques années, cet engorgement est renforcé par les demandes du marché asiatique avec un pic de visites au moment du nouvel an chinois.  

jeudi 22 février 2018

La saison des cyclones en Nouvelle-Zélande - C'est E.T. de décembre à avril

En avril 2017, on nous avait annoncé l'arrivée de l'apocalypse avec le cyclone Cook, des prévisions qui s'étaient finalement avérées largement surrévaluées sur Auckland même s'il a laissé son lot de dégâts ... Il a été suivi un peu plus tard des restes de Donna dont les pluies diluviennes ont fait pas mal de dommages dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, inondations et beaucoup de glissements de terrains.
En cette année 2018, nous avons déjà eu quelques jours de pluies intensives et un premier coup de vent en janvier avec le passage de Feihi, de la roupie de sansonnet à côté de Gina dont les prévisions météo se sont progressivement précisées à la une des journaux cette semaine avant de frapper brutalement le pays.
 
Mais, mais ... des cyclones en Nouvelle-Zélande, qui l'eut cru ?

Cyclone Gita au dessus des Tonga - 16-02-2018 - Source: NZ Herald

Et oui, bien que située très au sud et protégée par des eaux plutôt froides, la Nouvelle-Zélande est régulièrement balayée par des queues de cyclones quand le pays ne subit pas un impact ricochet plus violent, ce qui arrive, en moyenne, au moins une fois par saison. Alors il faut le savoir, la saison des cyclones en Nouvelle-Zélande c'est comme ailleurs dans le reste du Pacifique sud, une période qui s'étale, grosso modo, de décembre à avril [c'est à dire la période estivale la plus touristique].

Impact après le passage de Fehi en Nouvelle-Zélande - Février 2018 - Source : NZ Herald

Un "cyclone tropical" c'est le nom adopté dans le Pacifique sud-ouest et l'océan Indien ; le mot est différent mais c'est le même phénomène que les "ouragans" de l'Atlantique nord et l'est Pacifique ou que les "typhons" familiers en Asie du sud-est et en Chine, des tempêtes qui commencent toutes sous la chaleur des tropiques.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 15/02/2018 - Source : AccuWeather

La spécificité d'ici, dans l'hémisphère Sud, c'est que ces cyclones tournent dans le sens des aiguilles d'une montre ... pour le reste, c'est pareil que partout ailleurs : ils tirent leur énergie de la chaleur dégagée sous les tropiques lorsque la vapeur d'eau se condense en pluie, mesurent jusqu'à 500 km de large avec "un oeil" de calme en leur centre qui n'a presque aucun nuage et pas/peu de vent.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 18/02/2018, ça se précise - Source : AccuWeather

Parce que les eaux sont plus froides vers le sud et qu'elles leur fournissent moins de chaleur, ces cyclones ont tendance à s'affaiblir lorsqu'ils se dirigent vers la Nouvelle-Zélande (et le pôle sud) en perdant leurs caractéristiques de tempête tropicale pour se transformer en "tempêtes latérales" appelées "extratropicales" (ET) par les scientifiques pour désigner ce mouvement vers le pôle et les changements de structure qui l'accompagnent.

En arrivant vers la Nouvelle-Zélande, ces tempêtes n'en gardent souvent pas moins une force suffisante pour générer des vents destructeurs, une mer haute et de fortes pluies. Parfois même, les restes de cyclones tropicaux s'intensifient en zone extratropicale pour devenir de puissantes "tempêtes de latitude moyenne" capables d'infliger des pertes en vies humaines et de graves dommages matériels. Une transformation et un impact très variables qui dépendent de la période, du parcours, et de la phase dans laquelle se situe le cycle d'El Niño/La Niña. 

Photo aérienne des innondation de Whakatane en avril 2017 Bay of Plenty Nouvelle-Zélande
Avril 2017 - Après la passage de Cook, rupture d'une brèche et inondations de Whakatane dans la Bay of Plenty  ©DM

Certains de ces épisodes E.T. ont particulièrement marqué la Nouvelle-Zélande :

--> le cyclone Giselle en avril 1968 qui s'est intensifié dans le sud de son parcours avec des vents de 270 km/h soufflant sur Wellington, provoquant la mort de 51 personnes dans le naufrage du Wahine, ferry assurant la traversée régulière entre l'île du Nord et celle du Sud.
 
Le naufrage du Wahine pendant le cyclone Giselle - 1968 Source : Wikipedia Common

--> le cyclone Bola qui a balayé et dévasté le nord de la Nouvelle-Zélande en mars 1988 avec des vent dantesque et plus de 900 mm de pluies déversées sur son passage en causant de sérieux dégâts.
--> ou encore Fergus et Drena qui ont provoqués vents et pluies torrentielles dans l'île Nord en pleine période touristique en décembre 1996.

Imprimés dans la mémoire collective, Giselle et Bola sont les étalons du pire, la référence des journalistes qui s'en servent souvent à l'annonce d'un nouvel épisode particulièrement menaçant pour le pays mais l'expérience de Cook nous a montré qu'à trop crier au loup, ils ne semblent pas toujours écoutés.

Ce qui nous a aussi beaucoup frappé ce sont les masses d'eaux qui tombent à chaque passage et les dégâts révélateurs qu'ils engendrent : inondations, glissements de terrains qui sont autant de signes de la fragilité des terres, des côtes et des pentes de ce magnifique pays dont les colons, en détruisant massivement les forêts pour en faire des pâturages, en ont très fortement et largement fragilisé les sols.  
  

Les cyclones 2017 et 2018 en Nouvelle-Zélande :
(Nota : l'échelle de classification comprend 5 niveaux, fonction de la force/vitesse des vents)

Tableau de classification des cyclone en Nouvelle-Zélande - Source : MetService

Année 2017 :
Bart - Février - Cat.1 / Cook - mars-avril - Cat.3  / Donna - avril-mai - Cat.5 / Ella - mai - Cat.2
Année 2018 :
Feihi - janvier - Cat.1 / Gita - février - Cat.5

Plus d'infos :
Weather : Cyclone Donna leftovers bring heavy rain to New Zealand - Newshub 11/5/2017 ICI
Heightened cyclone risk for northern New Zealand this season, says Niwa - Stuff 15/10/2017 ICI National Institute of Water and Atmospheric Research - Niwa Taihoro Nukurangi ICI
How often is New Zealand hit by tropical cyclones ? - Niwa / Mark Sinclair- 1/03/2002  ICI
Tropical Cyclone Monitoring  - Met Service ICI
Cyclone Gita : Why it is speeding up as it approaches New Zealand - NZ Herald 20/02/2018 ICI 

vendredi 29 septembre 2017

Quel décalage horaire entre la France et la Nouvelle-Zélande ?

Dimanche dernier, nous avons avancé nos montres d'une heure et sommes passés en Daylight Saving Time alors que la France n'est pas encore passée à l'heure d'hiver ... Mais alors, quel est le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France ?

Article matheux, attention ça va chauffer !!!  ...





... ou comment illustrer mois par mois, par un tableau et des couleurs, le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France en fonction des saisons et des dates de changement d'heure :

Mois par mois - Les décalages horaires entre NZ et France pour l'année calendaire 2017

Explications :

Colonnes "saison" :
Situées dans deux hémisphères opposées, les saisons sont inversées entre la Nouvelle-Zélande et la France. Elles sont récapitulées en quatre couleurs dans le tableau en les calant sur une approche "approximative", "à la néo-zélandaise", c'est à dire en simplifiant au mois "entier" plutôt que de tenir compte de leurs dates de solstices/équinoxes qui tombent en cours de mois sans rien apporter à la problématique du décalage horaire.

Colonnes "heure":
Les deux pays pratiquent l'heure d'été ("daylight saving" en NZ) et l'heure d'hiver identifiées en deux couleurs dans le tableau. Les règles appliquées ne sont pas tout à fait les mêmes* dans les deux pays si bien que les dates de changement d'heure sont différentes, elles sont donc reportées dans le tableau.
Résultat : les heures d'été et d'hiver sont inversées sauf aux périodes de changement intermédiaires où les heures d'été se chevauchent d'une semaine ou un mois (jamais les heures d'hiver).

Colonne centrale "Décalage horaire", en rose :
On en déduit le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France qui sera de 12 heures, 11 heures ou 10 heures selon le moment de l'année.




De façon pratique, pour l'appliquer, il suffit de se rappeler que la Nouvelle-Zélande est le premier pays après la ligne de changement de date et qu'elle est donc toujours en avance sur la France, si bien que :
-->  De Nouvelle-Zélande on soustrait le décalage à l'heure locale pour déterminer l'heure française (si le résultat est négatif, la France est encore "la veille" à J-1),
--> De France, on ajoute le décalage à l'heure locale pour connaitre l'heure en NZ (si le total est supérieur à 24, la Nouvelle-Zélande est déjà passée au jour d'après à J+1),


Exemple 1 :
Le 28 septembre à Auckland,
Le tableau donne un décalage de 11 heures NZ-France,
S'il est 16 heures à Auckland, il est 16 - 11 = 4 heures du matin le même jour en France.
Exemple 2 :
C'est le 15 décembre en France,
Le tableau donne un décalage de 12 heures NZ-France,
S'il est 11 h à Paris, il est 11 + 12 = 23 h le même jour à Auckland,


Toujours un casse-tête mais une bonne occasion de mettre à jour la page de ce blog et d'y ajouter deux horloges qui indiquent en temps réel l'heure d'Auckland et celle de Paris ... ça évite les calculs et c'est plus simple, non ?

Et pour répondre à la question posée en introduction : le week-end dernier, nous sommes passés de 10h à 11h de décalage avec la France ...pour un mois seulement parce que le 28 octobre, il passera à son maximum de 12h.

Notes :
* Depuis 2007, suite à un débat au parlement et à une enquête d'opinion nationale, le "Daylight Saving" (heure d'été) est observé en Nouvelle-Zélande du dernier dimanche de septembre au premier dimanche d'avril.
Pour ce qui est des règles françaises, les dates sont calées sur le dernier dimanche de mars (début de l'heure d'été) et le dernier dimanche d'octobre (début de l'heure d'hiver).

Pour 2018 et les années suivantes, la structure du tableau reste toujours la même, il faut juste modifier les dates de changements d'heures pour chaque pays en fonction de leurs calendriers respectifs :

Mois par mois, les décalages horaires entre NZ et France pour l'année calendaire 2018

Plus d'infos :
Daylight Saving - NZ Government  ICI

mercredi 26 juillet 2017

Auckland l'hiver, la pluie et le beau temps !

À Auckland, le début de ce mois de juillet en plein coeur de l'hiver austral s'est fait remarqué par une vague de froid assez inhabituelle, les températures descendant bien en dessous de la barre des 10ºC. Les moyennes affichées par le thermomètre sont remontées depuis mais le temps reste extrêmement variable et humide si bien que sur une même journée, on peut rapidement passer du soleil à la pluie et de la douceur au froid humide et pénétrant.

Un peu bizarre quand on l'habitude de faire rimer juillet avec été et que les copains sont en train de se faire dorer la pilule mais tout à fait normal ici, juillet est le mois le plus froid de l'année, c'est de saison !

 
Prévisions météo à Auckland pour la fin juillet 2017

Du T-shirt à l'imper en passant par les pulls léger et épais, la stratégie des couches reste donc d'actualité pour toute sortie même si en matière d'habillement, on voit de tout, de la tenue short-tongs à la variante doudoune-bottes en passant par toutes les combinaisons possibles plutôt plus que moins cools.
À l'intérieur on s'emmitouffle. Il faut dire que la plupart des maisons* sont mal isolées et non chauffées et qu'il vaut mieux s'équiper un peu. D'ailleurs, pour nous, l'arrivée de l'hiver s'est d'abord annoncée dans notre supermarché où une gondole dédiée, stratégiquement positionnée à l'entrée du magasin, proposait les "essentiels" pour y faire face :


 ... avec des couvertures électriques chauffantes ...


... des chaussons et des couvertures traditionnelles ...


... ou encore des briquettes de bois pour les feux de cheminée ... 



Rien d'extrême toutefois et il ne faut pas se plaindre car Auckland est la ville "la plus chaude" et la "plus ensoleillée" de Nouvelle-Zélande grâce à son climat "océanique sans saison sèche" / "subtropical humide". Soleil et pluie toute l'année, une combinaison appréciée des agriculteurs, d'autant plus gagnante qu'Auckland ne connait en principe pas de températures extrêmes ou de grandes variations : l'amplitude entre le moment le plus froid et le plus chaud de l'année ne dépasse pas 10ºC alors que la moyenne annuelle s'établie autour de 16ºC. Un climat relativement doux qui, du fait de l'influence océanique, reste globalement plus frais qu'à Malaga en Espagne ou Monterrey en Californie pourtant situées dans l'hémisphère nord à une latitude équivalente à celle d'Auckland au sud. 

Une journée (voire même une heure) d'hiver à Auckland ...un coup la pluie, un coup le soleil...   ©SM

Alors oui, on ne sait jamais bien sur quel pied danser d'autant que les prévisions météos sont souvent très approximatives et rarement exactes tant joue la variabilité. Et s'il faut bien constater que la pluviométrie est élevée toute l'année, en toutes saisons, en particulier l'hiver, il est tout aussi vrai que les averses ne durent jamais longtemps, balayées par les vents venus de l'océan qui font rapidement place nette à un ciel bleu ensoleillé qui nous offre en soirées le spectacle de couchers de soleil en technicolore, sans cesse renouvelés, appréciés sans modération.

Couchers de soleil d'hiver - Auckland    ©SM


*Nota :
De construction récente et moderne, nous avons plutôt de la chance avec notre maison parce que nous pouvons en chauffer la pièce à vivre principale ... mais pas les chambres ... si bien que l'heure du coucher est parfois délicate quand il faut se glisser dans les draps froids même si on s'y habitue et qu'on dort finalement plutôt bien. Alors dans les accessoires d'hiver, quand on n'est pas adepte de la couverture electrique, on trouve aussi la bonne bouillote traditionnelle avec laquelle il est toujours possible de bassiner les lits, comme au temps de nos grands-mères !

Les saisons à Auckland - voir aussi :
Un automne à Auckland, ça balance pas mal...
Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?
Demain, c'est l'été ...
À Auckland, c'est le printemps

lundi 5 juin 2017

En Nouvelle-Zélande, Queen's day et Arbor day, doublé gagnant en 2017

En Nouvelle-Zélande, nous bénéficions d'un jour férié et d'un pont systématique le premier week-end de juin, grâce à Queen's Day fixé non pas à la date anniversaire de la reine mais le premier lundi de juin. La reine c'est évidemment Elizabeth II qui, indépendamment de son titre de reine d'Angleterre, est aussi reine de Nouvelle-Zélande.

En 2016 - Timbres néo-zélandais émis pour les 90 ans de la Reine Elizabeth II

Évidemment, ça peut paraître bizarre quand on sait que la date d'anniversaire de la reine n'est pas en juin mais le 21 avril ... Mais finalement, pas si étonnant puisque c'est la même chose en Angleterre où "l'anniversaire officiel" est célébré un samedi de juin avec le déploiement d'une grande parade militaire et la publication de listes de personalités recevant les honneurs de la reine à cette occasion. Une tradition qui, sans rentrer dans les détails, remonterait à 1748 et au roi George II depuis lequel l'anniversaire privé du suzerain serait dissocié de sa célébration officielle fixée au début de l'été.

Pas de défilé militaire en Nouvelle-Zélande à l'occasion de Queen's day, par contre c'est le moment de l'année où, comme en Angleterre, une Queen's Honours List est publiée afin de gratifier des personnalités et des citoyens pour leur contribution au bien public, dans tous les domaines.

... Et puis en Nouvelle-Zélande, ce premier week-end de juin marque le début de l'hiver si bien que Queen's Day est aussi traditionnellement plus ou moins associé à l'ouverture de la saison de ski !

Source : Pinterest

Cette année, du fait du calendrier, Queen's Day tombe en plus le 5 juin et lui donne une dimension symbolique supplémentaire puisqu'en Nouvelle-Zélande cette date est aussi celle de Arbor Day, le jour des arbres.
Un jour qui fit sa première apparition dans le calendrier néo-zélandais à la fin du 19ème siècle. Un décret de 1892 en avait fait un jour non travaillé pour les fonctionnaires*, fixé à l'époque au 4 août. Ce jour là, les écoliers, les fonctionnaires et les employés des services publics locaux qui prenaient une journée de congé pour participer, plantaient des milliers d'arbres, souvent des espèces exotiques. La pratique perdura ainsi chaque année de 1892 à 1914, jusqu'à ce que la première guerre mondiale détourne l'attention sur d'autres préoccupations.
La journée pour planter des arbres fut réintroduite en 1934 et c'est à partir de 1977 qu'elle fut avancée au 5 juin pour se caler sur la journée mondiale de l'environnement tout en se recentrant sur le reboisement d'espèces endémiques.

Source: Te Ara / New Zealand Forest Service (1950)

Ce 5 juin 2017 est donc  une journée chargée de symboles en Nouvelle-Zélande, tout à la fois Queen's Day, Arbor Day, journée internationale de l'environnement et débuts de la saison de ski ... mais à vrai dire, plus que tout encore, une journée de vacances et l'occasion de profiter d'un grand week-end en ce début d'hiver !  
 
Nota :
- En Australie, Queen's day est décalé d'une semaine par rapport à la Nouvelle-Zélande puisque leur "jour de la reine" est fixé au deuxième lundi de juin.
- *Le jour des arbres n'a jamais été un jour férié à part entière en Nouvelle-Zélande.

Plus d'infos :
Arbor Day - Te Ara  ICI
Celebrating Imperial Ties - Te Ara ICI
Arbor Day Events 2017 - NZArb / NZ Arboricultural Association - ICI 

vendredi 12 mai 2017

Un automne à Auckland, ça balance pas mal ...

Six mois que nous sommes installés à Auckland, le temps passe et les saisons aussi, avec déjà l'arrivée plus ou moins officielle de l'hiver dans quinze jours.

Et l'automne alors ?

Photo AUtomne à Auckland Nouvelle-Zélande
En cherchant, un peu de jaune au milieu du vert... mais avec quelques fleurs s.v.p. !   ©SM

L'automne à Auckland ne ressemble pas à ceux que nous avons pu connaître ailleurs et alors que j'y réfléchis et que je cherche à le qualifier, deux mots me viennent en tête : "imperceptible" et "instable".

Imperceptible d'abord parce que la végétation ne nous envoie aucun signal, en tout cas, pas ceux auxquels nous sommes habitués. Autour de nous, à quelques exceptions près, les arbres restent verts verts verts* et on voit encore fleurir toutes sortes de petites fleurs aux faux airs de printemps. Ici, les feuilles mortes ne se ramassent pas à la pelle, on en a bien sûr mais il faut un peu les chercher ...

Il y a tout même un signe qui ne trompe pas, celui des jours qui raccourcissent, un phénomène amplifié depuis le changement d'heure du 2 avril signalant la fin de l'heure d'été (Fin du Daylight Saving Time qui reprendra au printemps, le 24 septembre).
De chez nous, on mesure aussi le changement d'axe du globe, avec un soleil couchant qui a largement déplacé son lit : il a quitté le Mont Wellington où il allait se nicher l'été en s'étirant et en prenant son temps pour la pointe de la tour d'Auckland où il plonge désormais rapidement en nous offrant chaque soir une explosion de couleurs, comme un éclat en signe de protestation contre des nuits envahissantes, plus froides et plus profondes.   

Couchers de soleil - De l'été (sur le Mt Wellington, à gauche du balcon) à l'automne (en face de la maison)   ©SM
  
Quant à l'instabilité, elle se caractérise de plusieurs façons, dans la durée et sur la journée, comme une valse hésitation ou un pendule de plus en plus fou qui oscille d'un côté et de l'autre sans savoir exactement où aller et s'arrêter. 
En mars et avril, l'automne était officiellement là mais il restait très discret, totalement effacé pour laisser la part belle à l'été qui n'en finissait pas de durer en nous offrant de magnifiques journées ensoleillées, riches en lumière. Depuis la mi-avril, le pendule perd un peu la tête et s'affole d'un coup, des journées hivernales froides succèdent brutalement à des journées douces et estivales, dans un mouvement incertain de va-et-vient.   
De plus en plus, l'instabilité touche les journées mêmes et il ne faut surtout pas se fier au temps que l'on découvre le matin au réveil : pluie, soleil, nuages, froid, chaud peuvent se succéder en quelques heures voire en quelques minutes. On commence à expérimenter "plusieurs saisons sur une même journée"et il faut être parés quand on sort, en commençant à adopter la stratégie des couches pour s'éffeuiller quant les températures remontent et se couvrir et se protéger quand elles baissent et/ou que la pluie arrive.

Bref, l'automne hésite entre été et hiver, sans jamais imposer sa propre marque sinon cette versatilité et j'ai en l'écrivant, une p'tite phrase qui me trotte dans la tête, sur un air de Michel Berger / France Gall : l'automne "♫♪♫ ça balance pas mal à Auckland, ça balance pas mal ♪♫♪" !

*Nota : le spectacle automnal des arbres à feuilles caduques qui changent de couleurs peut être admiré dans quelques régions de Nouvelle-Zélande, notamment l'Otago dans l'île du Sud et Hawkes Bay dans l'île du nord qui sont réputés pour ça. 

Les saisons à Auckland - voir aussi :
Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?
Demain, c'est l'été ...
À Auckland, c'est le printemps

mercredi 25 janvier 2017

NOUVELLE-ZÉLANDE - Le bout du monde, c'est quand même loin ...

La Nouvelle-Zélande est souvent évoquée comme "le pays du bout du monde", la distance apportant une aura de mystère et d'inaccessibilité en guise d'exostisme. Et s'il est vrai que c'est une superbe destination de voyage offrant des paysages magnifiques et une formidable bouffée d'air et de liberté avec ses grands espaces, le rêve a aussi un prix pour celui qui se laisse séduire et choisit de s'y installer : celui de l'éloignement.


Détail - Table d'orientation Maungawhau - Mt Eden Auckland - ©SM

La table d'orientation de Maungawhau - Mont Eden indique des distances séparant Auckland d'autres villes du monde en affichant 18'550 km pour Paris. 
Alors quand on sait que la plus grande longueur terrestre est celle de l'équateur avec 40'075 km et que la plus grande distance séparant deux points sera au maximum de la moitié, c'est-à-dire plus ou moins 20'000 km, on y est presque !




Du reste, ce n'est pas sorcier, il suffit de se pencher sur un globe et de le faire tourner en imaginant l'axe passant par la France dans l'hémisphère nord pour ressortir à l'endroit diamétralement opposé dans l'hémisphère sud pour constater que la Nouvelle-Zélande est quasiment à l'antipode. Deux communes françaises* sont d'ailleurs officiellement diamétralement reliées à deux îles proches de la Nouvelle-Zélande et appartiennent au club très fermé des "4% de la surface du globe qui possède des points antipodaux situés tous les deux sur des terres émergées".
À l'inverse, on peut noter que l'antipode d'Auckland est situé en Espagne, à  Séville l'Andalouse, distante de 19'926 km.

Source wikipedia common - Cartes superposées inversées / superposition des antipodes
De France il est donc difficile de faire plus loin que la Nouvelle-Zélande et alors qu'il est facile de comprendre la notion d'antipode d'un point de vue théorique, ce n'est toutefois qu'une fois sur place qu'on réalise vraiment l'ampleur de ce qu'il représente, de façon très pratique quand en plus il faut cumuler :

- des saisons inversées ... ça c'est plutôt rigolo d'autant qu'en s'organisant bien on peut profiter de deux étés, skier en été (français) ou passer Noël à la plage pendant l'hiver (français),     

- 12 heures de décalage ... ça c'est déjà moins commode : quand la journée commence en France, elle se termine en Nouvelle-Zélande et quand elle s'achève en France, c'est déjà le lendemain chez les kiwis qui ont toujours un temps d'avance, le pays se positionnant juste après la ligne de changement de date,  

- 24 heures de vols au moins, en deux étapes minimum, sans compter les temps d'escales pour voyager d'Auckland à Paris (ou inversement) ... ça c'est déjà plus héroïque et du lourd ... parce qu'en pratique, on peut difficilement passer sous la barre des 28 heures de voyage sachant qu'il faut encore ajouter plusieurs heures à ce temps minimum pour peu qu'il faille se connecter à un point en province à l'arrivée et/ou au départ.

Le voyage est non seulement long (très long) et donc fatiguant mais il peut aussi se révéler extrêment coûteux quand on ne peut le programmer des mois à l'avance parce que la Nouvelle-Zélande n'est pas située sur les grands axes commerciaux où la concurrence et les volumes permettent de jouer sur le prix des vols.

La destination se révèle donc idéale pour ceux qui ont du temps ou qui cherchent à prende la tangente en maximisant le nombre de kilomètres avec la France mais il faut avoir conscience que les choses peuvent se compliquer une fois installés sur place lorsqu'une urgence survient et qu'il faut rentrer au plus vite, parce qu'alors le bout du monde c'est loin ... vraiment très très loin !


* Alzon/Gard antipode de Waitangi/île de Chatham au large de la Nouvelle-Zélande
   et Bouillé-Ménard/Maine-et-Loire antipode des îles Bounty appartenant à la Nouvelle-Zélande
   (source wikipédia / Point antipodal  ICI)

jeudi 12 janvier 2017

AEROPORT D'AUCKLAND / Jean Batten terminal : c'est quoi l'avion au plafond ?

Avec les fêtes de fin d'année, les occasions de se rendre au terminal international de l'aéroport d'Auckland se sont enchaînées et à force de patienter dans le hall des arrivées j'ai commencé à m'intéresser aux détails des éléments du décors, en particulier l'avion années 1930 suspendu au plafond avec cette question inscrite au mur pour interpeler les visiteurs :
 "pourquoi y-a-t-il un avion suspendu au plafond ?"

Percival Gull Monoplane de Jean batten - Aéroport Auckland - Arrivées Internationales - ©SM

La réponse ?

On la trouve sur le mur le plus proche de l'avion et la balustrade vitrée située à l'étage d'où l'on peut voir l'antique machine volante d'un peu plus près ... 
Le mur affiche un grand portrait de Jean Batten avec les mentions "1909-1982" et "World-famous New Zealand Aviatrix" (aviatrice mondialement connue).
Jean Batten ? A vrai dire, je n'en avais jamais entendu parler avant de m'installer à Auckland début novembre 2016 mais je me rattrape depuis car elle n'arrête pas de se manifester, dans différents contextes :
1 - D'abord au terminal international de l'aéroport qui porte son nom,
2 - ensuite lors du Auckland free Walking tour qui passait par la place portant son nom au pied d'un immeuble où elle a vécu, le guide nous a parlé de cette conquérante du ciel qui fait la fierté du pays,
3 - enfin, c'est moins "glamour", lors de la visite du Howick Historical Village qui présente des toilettes ayant appartenu à sa famille (oui, les toilettes, la petite cabine en bois qu'on plaçait autrefois au fond des jardins) ... mais ça prouve bien que quand on a une héroïne nationale on essaye de s'en approprier un bout quitte à la caser à n'importe qu'elle sauce ...


©SM


Quant à la balustrade surplombant le hall des arrivées, elle présente une sorte de frise chronologique sur la vie, les exploits et les caractéristiques de l'avion le plus important pour les conquêtes de Jean Batten.
C'est une sorte de jeu de piste éducatif dans l'aéroport, pas mal fait et dont l'idée est plutôt bonne, à deux réserves près :
- le manque de lisibilité des informations placées sur les vitres, 
- leur accessibilité restrainte du fait des tables du food-court qui s'y collent,
avec au final,
peu d'adeptes à ce petit jeu,
on ne vient pas à l'aéroport pour ça !



Il n'en reste pas moins que Jean Batten est une icône nationale, une femme qui a su se faire une place dans un monde d'hommes en battant ou en établissant de nombreux records de vols faisant d'elle une personnalité mondialement connue des années 1930 et à la suite desquels elle a reçu moultes distinctions honorifiques.

Statue de Jean Batten - Aéroport d'Auckland - ©SM

À son actif :

- En 1934 : vol en solo de l'Angleterre à l'Australie en 14 jours et 22 heures avec un Gipsy Moth (elle bat de plus de 4 jours le précédent record détenu par Amy Johnson, une aviatrice anglaise)

- En 1935 : vol Australie- Angleterre en 17 jours, première femme à effectuer ce "vol retour".

- En 1935 : record du monde Angleterre-Brésil, Jean Batten parcoure 5'000 miles en 61 heures avec le Percival Gull. Cet exploit établi également le record de vitesse de la traversée de l'Atlantique sud et permet d'inscrire la première femme à la liste des pilotes ayant réalisé la liaison aérienne Anleterre-Amérique du sud. Pour cette performance, elle est honorée de l'Ordre national de la Croix du Sud, première personne autre qu'un membre de la famille royale à être ainsi distinguée.

- En 1936 : elle est le tout premier pilote à avoir effectué le vol solo direct Angleterre-Nouvelle-Zélande (Auckland) soit 14'224 miles en 11 jours et 43 minutes avec son Percival Gull. C'est sans doute l'exploit qui reste le plus connu et le plus cher au coeur des néo-zélandais. Au passage, ce vol permis d'établir un nouveau record de vitesse pour la traversée Australie-Nouvelle-Zélande en 10 heures 30 minutes.
Son exploit fut honoré par les Maori de Roturoa, sa ville natale : ils lui donnèrent le nom d'Hine-o-te-Rangi (Fille du ciel) et lui offrirent une cape de plumes de chef. Elle fut également nommée Commandeur de l'ordre de l'Empire Britannique (CBE) et reçu la croix de chevalier de la Légion d'honneur française.

- En 1938, elle est la première femme à recevoir la médaille de la Fédération aéronatique internationale, la plus haute distinction de l'aviation.

Timbre de 1990, série "heritage"/"achievers" émise pour les 150 ans de la Nouvelle-Zélande
Toujours encouragée et soutenue par sa mère, Jean Batten était une femme douée, engagée, passionnée et volontaire qui a marqué son époque et l'histoire de l'aviation jusqu'à ce que la deuxième guerre mondiale change la donne et mette un terme à l'époque des pionniers du ciel.
Surnommée la "Garbo du ciel" par Ian Mackersey dans la biographie qu'il lui consacre, sa vie ferait un formidable roman balisé par les deux guerres mondiales, marqué par l'aventure et les voyages avec un volet amoureux jalonné de fiançailles mais jamais de mariage, une séductrice qui utilisait ses conquêtes pour servir ses desseins et obtenir le financement de ses cours de pilotage et de ses avions ... une pionnière du sponsoring aussi qui après la célébrité et la mort de sa mère en 1966, connu une fin de vie solitaire et une mort tragique, inhumée dans l'anonymat le plus complet au coeur d'une fosse commune des Baléares où elle repose.

Cette héroïne nationale a contribué à placer la Nouvelle-Zélande sur la carte du monde à son époque mais elle pourrait aussi illustrer le côté progressiste de son pays où les pionnières ont su très tôt s'imposer, se faire entendre et prendre leur place (la Nouvelle-Zélande est par exemple le premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes, dès 1893)...

... Bref, une sacrée nana sur laquelle l'avion pendu de l'aéroport d'Auckland cherche à attirer l'attention et rappeler les exploits malgré l'indifférence ambiante ! 

15 septembre 2016 - Doodle Google pour le 107ème anniversaire de Jean Batten
Nota :
Le livre My Life de Jean Batten, publié en 1938 chez George G. Harrap & Company Limited est disponible en anglais, en version digitale sur le site de l'université Victoria de Wellington. Un témoignage accessible et une narration linéaire assez factuelle évoquant notamment les conditions des vols qui suivaient des  repères terrestres, passaient par l'enregistrement dans des stations de l'empire britannique, le tout avec des instruments et des moyens relativement rudimentaires.

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Hine : fille
Rangi : ciel, jour

Sources et plus d'infos :
Biographie Jean Batten - Te Ara - ICI
My Life de Jean Batten - Version digitale - Victoria University of Wellington - ICI
Jean Batten, "la fille du ciel" - page 114 / Portraits légendaires d'aviateurs, Hervé Gouinguenet ICI
Jean Batten Doodle - ICI

mercredi 30 novembre 2016

Demain, c'est l'été...

En bonne petite écolière française, j'ai appris il y a déjà bien longtemps que les quatre saisons changeaient en fonction du calendrier astronomique au moment des équinoxes et des solstices. Alors en passant dans l'hémisphère sud, je pensais que la règle serait certes inversée mais plus ou moins la même.

Quelle ne fut donc pas ma surprise ce matin d'entendre quelqu'un s'exclamer "on ne dirait pas que l'été commence demain"...

... mais ...
....mais...

..... demain c'est le 1er décembre ?!?! 

D'où la question : 
Quel est le calendrier officiel des saisons en Nouvelle-Zélande ? 

Les premières recherches mènent à des sites touristiques qui donnent des conseils aux voyageurs mettant en avant la meilleure saison pour découvrir la Nouvelle-Zélande, sans trop de détails et avec parfois des petites divergences d'une agence à l'autre. Ainsi, pour citer deux agences francophones, "Voyage en Nouvelle-Zélande" nous apprend que "l'été de décembre à février, c'est la saison haute" alors que chez "Frogs-in-NZ" il est question d'"un été qui s'éternise de janvier à mai"...  

J'ai donc continué à chercher en espérant trouver des sources plus "officielles" pour découvrir finalement ... 
...qu'il n'en existe pas !

Mais j'ai quand même trouvé un article répondant à mes interrogations, publié en 2011 sur un site d'actualités météorologiques "Weatherwatch.co.nz / New Zealand's Weather News Authority" qui nous apprend :

1- Les kiwis ne sont pas toujours d'accord sur le sujet qui fait l'objet de débats pour savoir si les saisons doivent commencer en début de mois calendaire ou en fonction du calendrier astrologique à l'inverse de celui de l'hémisphère nord comme le voudraient les puristes.

2 - Il n'existe pas de règle "officielle" : WeatherWatch.co.nz avait contacté le ministère de l'Intérieur en 2011 afin de comprendre pourquoi la Nouvelle-Zélande est décalée par rapport à l'hémisphère nord pour ses dates de changement de saisons. Selon le responsable de l'époque, il n'existe en fait aucun élément "officiel", aucune législation ou règlementation définissant le début et/ou la fin des saisons si bien que le cycle est "libre" : il n'est pas défini par l'État et il n'existe aucune agence ou autorité autre qui en aurait le contrôle.
   
3 - L'usage en Nouvelle-Zélande admet donc que les saisons commencent le 1er du mois, en mars, juin, septembre et décembre pour respectivement l'automne, l'hiver, le printemps et l'été, ces dates étant sans doute des "approximations" au début des mois d'equinoxes et solstices.


4 - C'est une pratique qui a peu de chance d'être changée ou de faire l'objet d'une legislation d'autant que si on en croit l'enquête menée par journal auprès de ses lecteurs :
- 38% pensaient que les saisons doivent commencer au début des mois
- 26% pensaient que les saisons doivent commencer au moment des équinoxes et des solstices
- 36% pensaient que les saisons ... n'ont pas de dates et arrivent ... quand elles arrivent !    

Ça c'est la cool attitude et le pragmatisme kiwi ! 
Alors pourquoi se poser de bêtes questions ? 
Chez les kiwis, on fait comme les kiwis, donc 
demain c'est l'été  ... 
le 21 décembre aussi ... 
et pareil quand il fait chaud !
De toute façon, moi j'vous l'dis, y'a pû d'saisons !


NZ's seasons out of sync with majority of world - Article WeatherWatch 10/09/2011  ICI

lundi 14 novembre 2016

Tremblement de terre de Hanmer Springs



Alerte tsunami - 14/11/2016 12:18am
Au réveil ce matin, ce sont plusieurs messages arrivés par différents canaux (mails, whatsapp, Facebook) demandant si "tout va bien" qui nous informent qu'il y a eu un tremblement de terre en Nouvelle-Zélande cette nuit. 
Une alerte tsunami nous est également parvenue couvrant initialement l'ensemble de la façade est du pays avant d'être réduite à la zone allant des côtes de Welllington (au sud de l'île du nord) à la péninsule de Banks (au sud de Christchurch dans l'île du sud).
 cf. carte ci-contre publiée par le site de la défense civile

D'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter, le séisme d'une profondeur de 16 km a frappé vers minuit la région de  Hanmer springs (voir ci-après). Il a aussi lourdement touché la région de Kaikura, une zone touristique connue notamment pour les baleines, située dans l'île du sud à 2h30 au nord de Christchurch et à 2h au sud de Picton. Les secousses ont été ressenties par les noctambules jusqu'à Auckland à plus de 900km au nord alors que plongés dans les bras de Morphée, nous, nous dormions comme des bébés et n'avons rien ressenti.



Tremblement de terre - Hanmer Springs 14/11/2016 (source: radio.co.nz)


Selon le US Geological Survey, ce séisme serait le plus important enregistré dans la région depuis 1929. En février 2011, Christchurch déjà avait souffert d'un séisme d'une magnétude de 6,3 et la ville située en plein sur l'épicentre avait subit d'énormes dommages dont elle se remet à peine. 




Depuis ce matin, les nouvelles tournent en boucle sur le séisme dont il faut évaluer les dégâts : au moins 2 morts, plus de 250 repliques en douze heures dont certaines importantes, la highway 1 (route principale de la façade est de l'île du sud) coupée par les glissements de terrain, d'autres routes coupées par des crevasses, le traffic ferrovière interrompu de même que les ferrys entre les deux grandes îles, des ponts et des infrastructures effondrés avec des zones qui se retrouvent complètement isolées, Wellington la Capitale qui tourne au ralenti et a subit des dégâts, etc.

Dans l'actualités, je note plusieurs sujets qui reviennent tout le temps à commencer par celui d'exploitations laitières avec plus de 600 vaches à traire qui n'ont plus d'électricité pour le faire automatiquement et qui n'ont pas l'énergie suffisante pour la conservation du lait.
Ensuite et parce que l'année scolaire touche à sa fin, hémisphère sud oblige, celui des élèves qui ne peuvent pas passer leurs examens de fin de secondaire, les NCEA (National Certificate of Educational Achievement), qualification reconnue par les entreprises et clé d'entrée dans les universités... mais là-dessus, le message est clair, les élèves qui ne peuvent pas passer leur examen obtiendront comme note celle de leur contrôle continu de l'année, ça va en arranger certains mais pas ceux qui comptaient sur l'épreuve pour améliorer leur score.
Enfin, le sujet des cambriolages de plusieurs maisons évacuées du fait de l'alerte tsunami où des malfrats ont eu l'indélicatesse de passer après le départs des occupants ou encore celui de femmes enceintes isolées des infrastructures hospitalières pour leur accouchement...

Le gouvernement est mobilisé autour de son premier ministre John Key et son ministre de la défense civile, Gerry Brownlee qui ont activé un peu après minuit le Centre National de Gestion des Crises (NCMC - National Crisis Management Center) regroupant des scientifiques, des policiers, des personnels de santé, du transport et de la défense chargés d'apporter le soutien nécessaire aux autorités locales.

Financièrement, il semble selon les déclarations entendues que les réserves épuisées par la reconstruction de Christchurch aient eu le temps de se reconstituer et devraient permettre de faire face à ce nouveau coup dur pour la Nouvelle-Zélande car après le choc (beaucoup de témoignages très forts sur l'intensité inhabituelle de ce séisme) il va falloir reconstruire ...

... jusqu'à la prochaine fois ...

Parce que la Nouvelle-Zélande c'est tout sauf stable, on y enregistre jusqu'à 15'000 séismes par an, ce qui n'a rien de surprenant quand on sait que le pays est pile poil à la limite des plaques tectoniques de l'Australie et du Pacifique et qu'il est le seuil sud-ouest de la ceinture de feu du Pacifique. 

Site de l'ambassade de France en Nouvelle-Zélande  ICI 

vendredi 11 novembre 2016

A Auckland, c'est le printemps !


Photos de fleurs au printemps à AUckland Nouvelle-Zélande ©SMEn novembre dans l'hémisphère sud le printemps bat son plein et le papillon de Hans Christian Andersen aurait bien du mal à faire son choix parmi les petites fleurs... Mais que dis-je, la voilà sa solution lorsqu'à l'automne il se lamente que "ce n'est pas tout de vivre; encore faut-il la liberté, un rayon de soleil et une petite fleur"... la liberté, son rayon de soleil et sa petite fleur il les trouvera ici à Auckland,  dans l'autre hémisphère !
 
Il faut dire que dans notre quartier, des fleurs on en trouve partout, dans les jardins, les terrains vagues, le bord des plages, au pied des falaises... Des petites, des grandes, des pétales, des clochettes, des corolles, des modestes, des longues, des penchées, des couchées, des solitaires, des touffues, des blanches, des rouges, des oranges, des roses, des violettes, c'est une explosion de formes et de couleurs !  
 
Photos de fleurs au printemps à Auckland Nouvelle-Zélande ©SM
Certaines sont familières comme les marguerites, les paquerettes, les pensées, les lavandes ou les géraniums qui sont faciles à reconnaitre et à nommer même pour la plus nulle des nuls en botanique.
D'autres prennent des teintes inhabituelles comme les  coquelicots en tenue de semi-deuil, habillés de mauve. Et toutes les autres que je ne peux nommer, je les admire et leur tire le portrait.

Comme le papillon, je passe de l'une à l'autre et elles se pâment, dansent avec le vent et me régalent de leurs parfums, sûres de leur séduction.



 À Auckland c'est le printemps, c'est beau et on se sent bien tout simplement !


Le Papillon / Hans Christian Andersen (page 20)  ICI