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mardi 15 octobre 2019

Cape Farewell, le moins visité des caps cardinaux

La Nouvelle-Zelande est maintenant derrière nous mais pas les souvenirs que nous y avons laissés. Alors après un an d'absence sur ce blog, avant de le faire évoluer pour lui donner une orientation peut-être un peu différente, il est temps d'y revenir pour partager encore quelques unes de nos expériences et/ou découvertes en pays Kiwi en commençant par le moins visité des caps cardinaux du pays, le cap Farewell marquant la pointe nord de l'île du Sud.

Photo du cap Farewell Nouvelle-Zelande
Cape Farewell   ©SM
Sur une falaise, ce cap et son arche, qui évoque un peu celle d'Étretat, ont la particularité d'être prolongés vers l'est par une longue bande de sable, Farewell spit : quand on regarde une carte ou une photo aérienne, cette extrémité de l'île du sud semble dessiner une tête de kiwi dont le long bec plonge dans Golden Bay.

Source : Wikipedia commons - Vue satelite de cape Farewell / Farewell spit
Si l'endroit est un peu boudé des visiteurs ce n'est pas qu'il manque d'interêt mais du fait de son isolement en territoire maori, au bout d'une route en cul de sac qui va jusqu'à la petite localité de Collingwood, une impasse par laquelle il faut ensuite revenir pour pouvoir repartir vers d'autres directions. C'est un peu le bout du monde mais Collingwood est un village charmant, constitué essentiellement d'une grand-rue, de quelques bâtiments "historiques", d'une ou deux échoppes, de restos et de l'agence de Farewell Spit Eco Tours qui propose plusieurs types d'excursions pour découvrir la réserve voisine, protégée pour ses colonies d'oiseaux.

Photo de Court House cafe Collingwood Nouvelle-Zelande
Court House, un des bâtiments "historiques" de Collingwood aujourd'hui transformé en café   © SM
Toujours bien fait, le site du DOC (Department of Conservation) détaille toutes les balades et circuits VTT qu'il est possible de faire dans le coin, il n'en manque pas ... mais pour bien découvrir le "spit" nous avons opté pour l'Eco tour organisé, parce que leurs véhicules 4x4 sont les seuls autorisés à circuler sur la bande de sable et le seul moyen de s'y rendre. La contrainte : les marées qui imposent les horaires de visite lorsque la plage est praticable, avec des départs (1) parfois très matinaux, à marée descendante, retour 6 heures plus tard, à marée montante. Pour nous, les conditions étaient idéales avec un rendez-vous à 7h45 pour un départ à 8h15, au lever du jour, d'autant plus que notre visite, pendant l'hiver austral, s'est faite en tout petit comité constitué par notre couple, un autre couple et notre guide/chauffeur : un bus pour nous presque tous seuls, un traitement royal.

Photo de l'enseigne de Farewell Spit Eco Tours Nouvelle-Zelande
Enseigne de Farewell Spit Eco Tours / Collingwood

Une fois embarqués, le bus 4x4 quitte Collingwood en direction du nord par le chemin qui longe la Golden Bay, via Pakawau et Puponga. Par une route de sable un peu mou sur laquelle nous étions heureux de ne pas conduire nous mêmes, il faut ensuite traverser le spit dans sa largeur pour rejoindre la côte nord et la plage au bord de la mer de Tasman, qui constitue la "route" pour les prochaines heures.

Pour la visite, l'ordre des arrêts peut varier mais quatre au moins sont programmés :

-  "Fossil point" : dans la partie nord ouest, au pied de falaises qui regorgent de fossiles de coquillages incrustés dans la roche, un livre de géologie à ciel ouvert.

Photo de fossile a Fossil Point Farewell Spit Nouvelle-Zelande
Fossile incrusté sur le rocher à Fossil Point   ©SM
- "Lighthouse" : le phare et les installations à la presque (2) pointe de la bande de sable où les participants bénéficient d'un snack (muffins) et d'une boisson chaude. L'arrêt est suffisamment long pour une petite balade en autonomie et avoir le temps de regarder les quelques photos, objets et ossements exposés sur place.

Photo du phare de Farewell Spit Nouvelle-Zelande
Lighthouse Farewell Spit   ©S
- "sand dune & panoramic view" : escalade de la dune pour admirer la vue entre Golden Bay et Tasman Sea et s'amuser à glisser/dégringoler à la descente.

- "Cape Farewell" : point le plus au nord de l'île du sud, au milieu des champs de la ferme de Puponga, gérée sous la supervision du Doc.

Il faut en outre ajouter les arrêts qui dépendent de la faune rencontrée en chemin, c'est plein de bêbêtes, que ce soient des animaux marins type phoques ou surtout volants, c'est ici le royaume des oiseaux, notamment les fous de Bassan (Gannets) selon la saison.
À Condition de bien maîtriser l'anglais, le chauffeur-guide est une source inépuisable et passionnante d'informations.

Photo de Farewell Spit plage et mer Nouvelle-Zelande
Plage et mer à perte de vue   ©SM

Quant aux impressions... C'est la magie et la liberté des grandes plages de la Nouvelle-Zélande, un peu comme à Muriwai (qui a aussi ses fous de Bassan), Pouto ou Ninety Miles Beach dans l'île du nord. Des kilomètres et des kilomètres à rouler sur le sable, les dunes d'un côté, la mer de l'autre et rien ni personne d'autre autour, que la nature grandiose à l'état pur.

Nous on a tout simplement adoré et on recommande cette excursion nature passionnante et si bien organisée.

... Avec juste un petit regret indépendant de l'agence, lié à nos obligations : ne pas être resté un peu plus longtemps pour aller découvrir la plage de Wharariki, en solo, à l'ouest du cap, il nous a manqué un peu de temps pour le faire.

Notes :
(1) Le tour est également soumis aux conditions de lumière et bien que l'agence essaye de proposer une excursion chaque jour, elle n'est pas toujours en mesure de le faire. Bien consulter leur site et se renseigner à l'avance pour éviter les déceptions. Par contre, il ne semble pas y avoir de "minimum" requis ; nous étions un peu inquiets sur ce point mais l'agence nous a assuré que le tour partait même si nous restions les seuls inscrits.
(2) Les véhicules n'ont pas l'autorisation d'aller dans la zone delà du phare, réservée aux oiseaux.

Liens utiles :
Brochure du DOC (Department of Conservation) : Farewell Spit et Puponga farm ICI
Farewell Spit Eco Tours ICI

J42-22/07/18

jeudi 20 septembre 2018

Voyager en Nouvelle-Zélande pendant l'hiver austral, un vrai bon plan !

Ce n'était vraiment pas prémédité parce que nous avions initialement prévu de voyager en mars-avril, à la fin de l'été austral et le début de l'automne, pour profiter encore de la 'belle saison" néo-zélandaise ... mais voilà, les circonstances sont telles que nous n'avons pas pu prendre la route avant la mi-juin et que nous avons finalement dû voyager pendant la saison hivernale australe pour conclure dignement et comme nous  le souhaitions une paranthèse kiwie de presque deux ans ... une obligation qui s'est finalement révélée être un véritable bon plan testé sur 6/7 semaines, essentiellement dans l'île du sud, avec quelques inconvénients mineurs largement compensés d'avantages plus qu'intéressants.

Photo en hiver sur la route du mont Sunday Nouvelle Zélande
Sur la route du Mount Sunday - Hiver 2018

Quand on voyage en Nouvelle-Zélande au coeur de l'hiver il ne faut évidemment pas se leurrer et s'organiser en prenant en compte les contraintes de saison :

1 - Des journées courtes qui se terminent tôt.
À la mi-juin, le soleil se lève assez tard - vers 7h30 - et la nuit s'installe très tôt et très rapidement, dès 17h.   

2 - Dans certaines régions, il existe des risques de "black ice" (plaques de verglas) et/ou de chutes de neige sur la route qui ne permettent pas toujours de circuler où et quand on veut, surtout la nuit. Pas de pneus neige, les automobilistes sont équipés de chaînes qu'ils fixent en se garant sur le bord des routes quand nécessaire, à mi-chemin en montant aux stations de ski par exemple.
Ceci dit, même dans les régions de montagnes, les vallées et les routes sont en général plutôt larges, les zones de danger bien identifiées et indiquées avec, parfois seulement, des fermetures de routes*. Pendant notre road trip, cela ne nous a jamais posé de problème même si nous avons vu à plusieurs reprises des voitures retournées au bord de la route, victimes du black ice qui est un danger bien réel.

3 - Certains sites, attractions, restaurants, motels et/ou toilettes peuvent être fermés quelques semaines en hiver. Certains lieux sont alors impraticables (toilettes en montagnes) ou les propriétaires d'établissements d'accueil profitent de la baisse d'activité pour prendre leurs propres vacances et/ou pour effectuer des travaux de réfection.
C'est parfois dommage pour certain lieux emblématiques comme Cathedral Caves dans les Catlins, fermés et totalement inaccessibles en hiver même si, pour ce qui concerne les sites, ces fermetures restent des exceptions. 



Mises à part ces trois restrictions, auxquelles on peut facilement s'adapter en planifiant son voyage, en vérifiant les conditions d'ouvertures sur Internet et en essayant de profiter au maximum des journées entre 8h30 et 17h, l'hiver présente pas mal d'avantages :

1 - Du côté de la météo d'abord, sachant que les amplitudes de températures ne sont jamais extrêmes entre l'été et l'hiver**, les conditions atmosphériques se révèlent en fait parfois meilleures en hiver.
C'est par exemple le cas de toute la côte ouest de l'île du sud de la Nouvelle-Zélande, une région extrêmement humide (300 jours de pluies par an) que nous n'avions pas pu apprécier lors d'un précédent passage estival copieusement arrosé et que nous avons enfin pu découvrir sous le soleil et dans toute sa splendeur pendant les mois d'hiver, les plus secs de l'année ... sans compter que l'accumulation de neige y ajoute au passage un effet esthétique spectaculaire.

Photo du mont cook Nouvelle Zélande
Survol panoramique vers le Mount Cook, plus haut sommet de Nouvelle-Zélande, entre Tasman Lake et Tasman Sea
 2 - Qui dit saison "basse" dit également moindre fréquentation et des prix d'hébergement très compétitifs, presque toujours significativement plus bas qu'en été.
Nous qui n'aimons pas la foule, nous avons ainsi apprécié les croisières, les vols panoramiques, les musées, les sites, les balades et/ou toutes autres "attractions" en petits comités qui favorisent la convivialité aussi bien avec les accompagnateurs - plus détendus et accessibles que lorsqu'ils doivent gérer de grands groupes - qu'avec les autres voyageurs pour des partages d'expériences et l'échange de bons plans (par exemple, survol du Mont cook à partir du lac Tekapo avec seulement trois passagers dans l'avion, ce qui nous a permis de passer d'un hublot à l'autre pour s'en mettre doublement plein les yeux !).     
Côté hébergement, nous avons presque toujours eu le choix*** en variant le type de nuitées et en réservant souvent au dernier moment, au jour le jour. Dans les motels nous avons bénéficié de prix d'au moins 30% inférieurs à ceux de l'été avec des upgrades de chambres en petits appartements, chauffage inclus, avec là encore des hôtes accessibles, sympathiques et avec du temps à nous consacrer.


Photo d'un rocher en forme de coeur Nouvelle-Zélande
I ♥ NZ - Rocher sur la côte ouest de la Nouvelle-Zélande

3 - Autre bénéfice du voyage en hiver : les rencontres animalières de saison.
Le meilleur exemple est celui de la région de Kaikoura, réputée pour ses excursions-découvertes des baleines; certaines espèces (cachalot ou orque) sont installées dans ses eaux à l'année mais d'autres comme les baleines à bosses n'y passent qu'en hiver, en transit lorsqu'elles remontent de l'Antarctique, un vrai plus pour les amoureux de nature...

Photo d'un panneau passage de pingoins Nouvelle-Zélande


Sur tous les plans, ce voyage pendant l'hiver austral s'est donc révélé un vrai bon plan et cet avis semble partagé par les autres voyageurs rencontrés en chemin. Forts de cette expérience, nous n'hésitons désormais pas à recommander à tous ceux qui envisagent le voyage vers la Nouvelle-Zélande de sérieusement considérer cette option qui permet d'éviter la flambée des prix et l'engorgement**** de l'été austral sans en réduire l'intérêt, bien au contraire.

Nota :
* Quelle que soit la saison, quand on circule en Nouvelle-Zélande, il faut toujours avoir le réflexe de consulter le site du NZ Transport Agency et ses pages Traffic and Travel Information pour s'assurer que les routes à emprunter sont bien ouvertes. À cause de la glace l'hiver ou plus souvent du fait de glissements de terrains - en toutes saisons - la fermeture de certaines routes obligent parfois à des détours de dizaines, voire de centaines de kilomètres.
** Sur les 6/7 semaines de notre séjour, nous avons pique-niqué quasiment tous les jours dans la nature à midi. 
*** À l'exception peut-être de Queenstown et de Wanaka, villes très courues et plus congestionnées (en juillet, saison des sports d'hiver et vacances d'hiver locales).
**** À savoir : la Nouvelle-Zélande a des infrastructures de tourisme relativement limitées face à l'afflux massif de touristes à la saison haute, sachant que les érangers s'ajoutent aux vacanciers locaux profitant de leurs "grandes vacances". Depuis quelques années, cet engorgement est renforcé par les demandes du marché asiatique avec un pic de visites au moment du nouvel an chinois.  

vendredi 13 avril 2018

La vallée de Waimangu - Plus jeune sytème géothermal au monde - Rotorua (4)

Né le 10 juin 1886 à la suite de la dernière éruption du Mont Tarawera, le système géothermal de la vallée de Waimangu est considéré comme "le plus jeune au monde". C'est aussi le seul dont la création pleine et entière soit le résultat direct d'une éruption volcanique, un lieu de recherche et d'observation unique depuis 130 ans alors qu'un nouvel écosystème s'y est progressivement développé. Une vallée qui a aujourd'hui le double statut de Scenic Reserve (parc protégé) et de Wildlife Refuge (refuge pour la vie sauvage).

Photo de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
L'entrée de la vallée de Waimangu aujourd'hui (2017)

Au moment de l'explosion du Mt Tarawera de 1886, ce secteur de Rotorua fut entièrement détruit et remodelé alors qu'une crevasse de 17 kilomètres fissurait le mont Tarawera en deux. Le lac de Rotomahana explosa, multiplia sa taille par vingt en entrainant la destruction des célèbres terrasses roses et blanches englouties sous ses eaux.

Charles Blomfield - L'éruption du Mont Tarawera
Charles Blomfield - Les terraces blanches de Rotorua
Charles Blomfield - Les terraces roses de Rotorua
La vallée est constituée de sept cratères autour desquels, dans les quinze ans qui suivirent l'éruption, se sont développées les sources chaudes du système géothermique de Waimangu. Dans ces paysages ravagés, il fallu une trentaine d'années pour que les plantes refassent leur apparition et depuis, la nature s'est totalement regénérée, flore et faune y prospérent à nouveau si bien qu'il est difficile aujourd'hui d'imaginer la dévastation qui a pu régner à cet endroit ... alors pour aider un peu l'imagination, des fresques peintes à l'entrée du centre d'accueil en proposent une représentation, en contraste le plus complet avec la végétation qui dépasse de tous côtés !

Photo de fresque de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Une représentation de la vallée de Waimangu, renivelée et sans vie après les éruptions de 1886
Côté géothermique, le système reste lui aussi bien vivant et actif. Ainsi 1900 fut marqué par l'apparition du geyser de Waimangu, le plus grand jamais enregistré. Son explosion formait un jet brulant et puissant, expulsant vapeur et roches sur une hauteur de 450 mètres, un phénomène qui dura quatre ans, jusqu'en novembre 1904. Plus tard, en 1917, une série d'explosions massives amenèrent la formation du Frying Pan Lake (lac de la poêle à frire), la plus grande source d'eau chaude au monde.
    
Photo de Frying Pan Lake dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Dans Echo Crater, Frying Pan Lake (lac de la poèle à frire) est la plus grande source chaude au monde   ©DM
Waimangu est beaucoup moins fréquenté que Wai-o-Tapu et les visiteurs ont plusieurs options de découvertes avec un sentier plus ou moins long, avec ou sans croisière sur le lac Rotomahana et une navette de bus gratuite avec trois points d'arrêt dans le parc. Gérés par Waimangu Volcanic Valley Ltd, une société privée, en contrat avec le gouvernement néo-zélandais, le parking et le centre d'accueil sont situés tout en haut de la vallée d'où partent la route et le chemin de découverte, en descente jusqu'au lac en contrebas.

Photo de la route de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
La route intérieure de la vallée de Waimangu pour la navette de bus ...   ©DM
Photo du chemin de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
... ou le chemin des randonneurs !  ©DM
Le jour de notre visite, une partie du sentier était totalement impraticable dans le bas du parc, endommagée par des pluies torrentielles des jours précédents si bien que nous avons dû nous limiter aux chemins de la partie haute où sont concentrés, heureusement pour nous, les phénomènes géothermiques les plus spectaculaires. Nous avons  ensuite pu enchaîner par une descente en bus jusqu'au lac où nous avions choisi de profiter de l'extension croisière.  
Le lac de Southern Crater (le cratère Sud) est le premier que l'on aperçoit dans la descente en offrant une image plutôt calme et bucolique malgré quelques glissements de terrain récents, visibles sur ses flancs et apportant une décoloration passagère à ses eaux.

Photo de Southern Crater vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Waimangu - Le lac de Southern Crater  ©DM
On rejoint ensuite Echo Crater (le cratère de l'écho), et son lac bouillant, les plus grandes sources chaudes au monde que l'on domine avant d'en suivre la rive, impressionnantes ! ... et aucune envie d'aller y tremper les doigts !

Photo de Frying Pan Lake dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Echo Crater / Frying Pan Lake  ©DM
On se rapproche alors de la falaise dominant ces eaux fumantes, Cathedral Rocks d'où s'échappent des fumerolles qui apportent leur touche infernale, histoire de ne pas être en reste !

Photo de Cathedral Rocks la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Cathedral Rocks enveloppés de fumerolles   ©DM
De là, une échappée permet de rejoindre Inferno Crater (le cratère infernal), plus petit et rempli d'une eau turquoise ; c'est en fait le plus grand geyser du monde même si le phénomène n'est désormais plus visible, caché au fond du lac, perceptible par quelques fumerolles seulement, s'échapant des parois alentour. Il ne faut d'ailleurs pas se fier à l'apparente tranquillité et à la beauté de l'eau dont la température varie de 35 à 80ºC avec un pH d'acidité à 2,2. En suivant un cycle complexe d'environ 38 jours, ce lac connait des variations de niveau de +/- 12 mètres, jusqu'au débordement dont la hauteur est indiquée par les parois blanches de dépôt de silice donnant à l'eau sa couleur si particulière, elle aussi variable en fonction de l'ensoleillement.

Photo de Inferno Crater dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Inferno Crater et ses eaux fumantes bleues turquoise
Nous n'avons pas pu avoir accès aux quatre autres cratères Raupo Pond Crater (le cratère du bassin de Raupo), Fairy Crater (le cratère des fées) et Black Crater (le cratère noir) situés derrière Inferno Crater mais nous avons suivi le ruisseau brûlant (hot stream) dont le cours fumant est marqué de nombreux phénomènes géothermiques ...

Photo du hot stream de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Chemin du Hot Stream - Waimangu   ©SM
Photo du hot stream de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Waimangu Hot Stream   ©DM
... un monde en mutation avec des couleurs parfois étonnantes notamment autour du petit geyser de Bird's Nest Terrace (terrace du nid d'oiseau).

Photo de Bird's Nest Terrace et geyser dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Bird's Nest Terrace (et son geyser à gauche de l'image) - Un vert bouteille étonnant !   ©DM
Une fois à l'arrêt de bus, nous nous sommes faits conduire jusqu'au lac Rotomahana, en observant en passant et de loin, les Warbirck Terrace, Buttresses Marble Terrace et Iodine Pool.

Photo du lac Rotomahana dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Le lac de Rotomahana et sa jetée, au fond de la vallée de Waimangu   ©DM
De là, nous avons embarqué à bord du petit caboteur à la coque verte, le Waimangu Ariki Midawa, pour la croisière sur le lac Rotomahana remplaçant les anciens lacs (pré-1886) de Rotomahana et Rotomakariri, recouvrant une quinzaine de cratères et les célèbres terraces roses et blanches disparues dont la position et la trace ont été confirmées il y a peu par des plongées exploratoires. 

Photo du bateau de Rotomahana dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Le p'tit bateau du lac Rotomahana    ©DM
S'en suit une croisière commentée d'environ 45/60 minutes, sur le lac le plus profond de l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, rempli en une quinzaine d'année après l'éruption de 1886 du Mt Tarawera surplombant le bout du lac actuel, pour en faire le plus jeune des grands lacs naturels du pays devenu un sanctuaire pour la vie sauvage.

Photo du lac de Rotomahana dans la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
La masse du Mt Tarawera domine le bout du lac de Rotomahana à l'opposé de Waimangu   ©DM
Le circuit longe d'abord la rive sud du lac et l'île de Patiti, paradis pour les oiseaux endémiques depuis que les animaux nuisibles en ont été éradiqués. Il se poursuit jusqu'au cercle de l'anse formée par le cratère de Star Hill, presque complètement inondé, mais à la forme très caratéristique.

Photo de Star Hill Crater lac Rotomahana vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
À l'intérieur de Star Hill Crater   ©DM
L'aspect paisible du lac se fait plus contrasté au retour quand on passe près des zones actives de Pink Bay (baie rose), Fumarola Bay (baie des fumerolles) et Donne Cliffs (falaise de Donne) avec leurs couleurs et panaches de fumées.

Photo de fumerolles la Rotomahana vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Des roches vivantes !   ©DM
Photo de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
La nature en action au bord du lac de Rotomahana  ©DM
Une fois de retour à la jetée, il ne reste plus qu'à remonter jusqu'au centre d'accueil, en marchant ou en prenant la navette. Une belle demi-journée de découverte un peu hors des sentiers battus, toute en contraste avec l'alliance de l'eau et du feu, celle d'une nature paisible et sauvage reprenant ses droits à côté des phénomènes géothermiques violents, apaisés mais toujours bien actifs.

Photo de la vallée de Waimangu Rotorua Nouvelle-Zélande
Beaucoup d'oiseaux sur les étangs de Waimangu - Vue au niveau du lac en direction de la vallée  ©DM

Infos pratiques :
Adresse : 587 Waimangu Rd, Rotorua 3043 (à 20 km de Rotorua)
Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h (jusqu'à 18h en janvier)
Prix de base adulte : 38,50 NZD (45 NZD avec la croisière sur le lac Rotomahana)
Navette bus gratuite à l'intérieur du parc
Brochure d'explications comprise dans le prix d'entrée / disponible en plusieurs langues.

Carte de la vallée de Waimangu - Zones du lac en bleu plus foncé indiquent la taille des deux lacs pré-1886
Voir aussi :
Wai-o-Tapu - Merveille géothermale - Rotorua (3)
La magie des sources d'Hamurana - Rotorua (2)
Rotorua (1) - Coeur géothermique et culturel de la Nouvelle-Zélande
White Island - Dans le cratère du volcan le plus actif de Nouvelle-Zélande
Orakei Korako - La vallée cachée

Plus d'infos :
Waimangu Volcanic Valley ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 21 (07/04/2017) 

vendredi 6 avril 2018

Te Rau Puriri - Waionui lagoon et Shelly's beach - Kaipara Sud

Ayant déjà eu à plusieurs reprises l'occasion de profiter de la plage de Muriwai sur toute la longueur de la façade ouest de la péninsule sud du havre de Kaipara, nous sommes partis en exploration sur la côte opposée donnant sur la partie intérieur de Kaipara Harbour au nord d'Helensville, dans la région d'Auckland.

Photo de la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Panneau d'information de Shelly's Beach : "grands requins blancs vus récemment dans ce secteur"  ©DM

Premier arrêt : le parc régional de Te Rau Puriri

Photo de Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Panorama vu du parking de Te Rau Puriri   ©DM


À proximité du lac d'Ototoa (qu'il faudra retourner découvrir de façon plus approfondie), cette propriété de 247 hectares ouvrant sur Kaipara, à la pointe de South Head, a été rachetée par la région en 2005, un mélange de terres agricoles vallonnées et de ravins plus ou moins abrupts au bord d'un ruisseau. C'est un peu au bout du monde sur une route heureusement pas très fréquentée car l'accès est dangereux : l'entrée du parking n'est pas annoncée et située dans un virage en haut d'une côte !

Photo du panneau de Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande


Par un beau samedi d'été, nous y étions d'ailleurs seuls avec pour unique compagnie les moutons et les vaches des champs voisins. Sur place, peu d'aménagements : le parking, une cabine pour les toilettes, deux panneaux à l'entrée et des piquets au code blanc/orange pour baliser le circuit ouvert aux marcheurs et aux cavaliers, une boucle de 7,5 km.

Photo de Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Moutons et paysages ruraux de Kaipara South Head   ©DM

Une descente progressive vers Kaipara par les crêtes ...

Photo de Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Par le chemin des crêtes de Te Rau Puriri   ©DM

...  pour arriver tout en bas sur un bout de rivage colonisé par les oiseaux sur Kaipara Harbour, la plus grande baie intérieure de Nouvelle-Zélande [Les espèces d'oiseaux de rivage y sont relativement variées. Cette zone côtière est l'une des trois zones de la région ayant une importance ornithologique nationale et internationale] ...

Photo d'Oyster catchers à Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Oyster Catchers et cygnes - Te Rau Puriri   ©DM
... et une remontée en suivant le ruisseau de Patauoa avant de regrimper une côte abrupte jusqu'aux paddocks du parking (à moins de faire le parcours dans l'autre sens !).

Photo de Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
On attaque le chemin du retour vers le parking ... Te Rau Puriri   ©DM

Les vues sont belles [on s'aperçoit au retour de la balade que certains visiteurs ne s'arrêtent d'ailleurs à Te Rau Puriri que pour ça] et le paysage essentiellement agricole, avec des zones de marais, de bush et de forêt en cours de régénération.

Photo de Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Paysage de paturages avec vaches et mouton avec un peu de forêt et de bush    ©DM

Le nom du parc, Te Rau Puriri, rappelle que ces terres étaient connues des Maoris pour les bosquets de Puriri qui y poussaient.
Une jolie promenade, très tranquille.   

Deuxième arrêt : Mosquito Beach

Un petit parking au bout de la route de South Head. Une descente courte, très abrupte, un peu défoncée et encombrée de branches et près de l'estuaire d'un ruisseau, un rivage envahit par la végétation. Un coin très apprécié des pêcheurs mais où nous n'avons finalement fait qu'un bref arrêt, sans photo, la marée encore trop haute pour en permettre une meilleure découverte. 

Troisième arrêt : Waionui Lagoon

Par Trig Road / Tasman Road / Inland Road et Lagoon Road, la route puis les pistes de plus en plus défoncées permettent de rejoindre Waionui Lagoon, le lagon de la pointe de la péninsule sud de Kaipara. Il faut traverser les forêts de pins de Woodhill après le portail d'entrée annonçant des zones militaires de tirs [Une forêt qui traverse toute la péninsule, plantée à une autre époque pour en stabiliser les dunes menaçant Helensville et sa voie de chemin de fer pour Auckland].

Photo de Waionui Lagoon sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Au bord du lagon de Waionui, les pins ont fait place aux kanukas  ©SM
Avec un 4x4, on peut longer la rive du lagon lorsque la marée descend, en restant bien au bord pour éviter la vase de la mangrove.

Photo de Waionui Lagoon sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
À marée descendante, la rive devient une route pour les 4x4 - Waionui Lagoon   ©DM

On profite alors des dégagements de la vue, avec une île, les dunes du bout de la plage de Muriwai qui s'effilochent en bande de sable alors qu'au delà, sur l'autre rive de l'entrée de Kaipara, à la pointe de Pouto, elles sont massives et immenses avec en leur milieu, un petit point blanc où l'on peut deviner le phare de Pouto.

Photo de Waionui Lagoon sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
De la mangrove, de l'eau, des dunes à Waionui Lagoon  ©DM
Photo de Waionui Lagoon sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
L'île de Waionui Lagoon   ©DM
Un lieu qui sert de terrain de jeux aux locaux qui connaissent le coin et viennent y faire du quad, pêcher ou pour les curieux comme nous, attirés par la découverte des paysages.

Quatrième arrêt : Shelly's Beach

Shelly's beach est une petite localité à l'intérieur de Kaipara située presque en face de Gibb's farm qu'on devine, et dont la rive a la particularité d'avoir suffisamment de fond pour être toujours navigable, même à marée basse. C'est donc un endroit de choix pour les pêcheurs et les propriétaires de bateaux qui viennent y mettre leurs esquifs à l'eau ou les en retirer. Campeurs et vacanciers apprécient aussi le calme de cette destination qui propose une variété de séjours à la ferme dans une zone à la production variée (chèvres, alpacas, biches, maïs, fruits semi-tropicaux comme la noix de macadame, l'avocat ou le kaki).

Photo de Shelly's beach sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
La jetée de Shelly's Beach   ©DM
Photo de Shelly's beach sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Shelly's Beach, un endroit idéal pour sortir ou mettre à l'eau un bateau   ©DM
Un café, un terrain de jeu et des places pour les camping cars agrémentent le bord de l'eau et sa jetée au bout de laquelle un panneau met en garde contre les requins blancs "vu récemment". Renseignements pris, c'est tout un groupe de requins blancs qui a été aperçu ici en 2015, avec huit individus qui semblent s'y être abrité un temps, à des fins reproductives. Le pays n'a presque aucun grands prédateurs si ce n'est ces requins blancs dont une étude récente estime le nombre à 5'500 individus ayant élu domicile dans la mer de Tasman, entre Australie et Nouvelle-Zélande. La presse se fait ainsi régulièrement l'écho d'individus aperçus le longs des côtes, le plus souvent sur la mer de Tasman, occasionnellement dans l'océan Pacifique.

Photo de Shelly's beach sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Dans Kaipara, navigabilité assurée à Shelly's Beach, quelle que soit la marée   ©DM

Quelques sentiers et la zone de rivage à marée basse offrent de jolies promenades avec même, caché derrière une souche au pied d'une falaise, un rocher à la forme phallique si évocatrice que certains n'ont sans doute pas hésité à aider la nature pour en préciser la forme !? 

Photo de Shelly's beach sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
La première baie, immédiatement au sud de Kelly's beach   ©DM
Photo de Shelly's beach sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Lorsque la marée descend, les rives de Kaipara se transforment en une immense vasière   ©DM
Photo de Shelly's beach sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
La nature à l'état brut ?   ©DM
Photo de Shelly's beach sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande
Des falaises fragiles qui s'effritent et s'effondrent régulièrement, très caractéristiques des côtes néo-zélandaises   ©DM

À une heure d'Auckland, l'excursion à la péninsule sud de Kaipara est une plongée dans un monde perdu, hors des sentiers battus et des foules, à faire quand on a un peu de temps !

À savoir, autres points d'intérêt de la région, situés à proximité :
- Les eaux chaudes / piscines de Parakai Springs
- Helensville - Départ de croisières dans le havre de Kaipara - Le musée d'Helensville pour en savoir plus sur l'histoire et la région de Kaipara Harbour.  

Photo de la carte du parc de Te Rau Puriri sur la péninsule sud de Kaipara Harbour Nouvelle-Zélande

Plus d'infos :
Old Man Kaipara - NZ geographic  ICI
Revealed : the number of great white sharks lurking in the Tasman - NZ Herald 05/02/2018  ICI
Two-meter great white shark gives fishermen a fright north of Auckland - Stuff 05/01/2018   ICI
Brochure Helensville ICI