Affichage des articles dont le libellé est Noël. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Noël. Afficher tous les articles

samedi 18 novembre 2017

À Auckland le Père-Noël est de retour sur Queen street

En arrivant l'année dernière au début du mois de novembre, j'avais déjà constaté qu'Auckland n'était pas en retard pour préparer les fêtes de Noël. Cette année, rebelotte, le 15 novembre les vitrines sont déjà toutes décorées, notre voisin a commencé à poser les premières guirlandes de son invraissemblable concours personnel d'illuminations qui durera tout le mois de décembre jusqu'à Noël et puis surtout, l'immense et emblématique Père-Noël de Queen street domine à nouveau la plus importante artère de la ville. Droit dans ses bottes, vêtu de son uniforme rouge, entouré de cadeaux et accompagné de ses deux rennes monumentaux, le géant à barbe blanche n'a pas pris une ride depuis l'année dernière et réaffirme sa position d'emblême débonnaire qu'il occupe depuis son apparition en 1960.

Fidèle au poste : le Père-Noël d'Auckland sur Queen Street - La saison des fêtes de fin d'année 2017 est lancée !  ©SM

Son histoire appartient au patrimoine national puisqu'elle figure - sans être tout à fait à jour - sur le site de NZ History (Histoire de la Nouvelle-Zélande) du ministère de la Culture et du Patrimoine, avec ses hauts et ses bas, des changements d'adresses et de propriétaires et les retouches émaillant sa saga. Ce Père-Noël avait été conçu au départ comme une attraction commerciale chargée d'attirer les clients dans le grand magasin Farmers qu'il surmontait à l'angle de Hobson street et de Wyndham street où il a d'abord officié chaque année pendant trente ans. La structure de 18 mètres pesant plus de cinq tonnes, en fibre de verre supportée par des tubes d'acier avait alors une partie automatisée composée d'un oeil clignotant et d'un doigt articulé. Ces deux gestes censés inciter les clients à entrer dans le magasin ont disparu en 2009 alors que l'aspect douteux et un peu pervers qu'ils donnaient au personnage lui avaient valu le surnom de "Creepy Santa".

L'icone n'en avait pas moins gagné le coeur des habitants, une première fois inquiets au moment de la mise en vente du magasin Farmer du centre ville dans les années 1990 coïncidant avec la décision de confier sa célèbre parade de Noël à une association indépendante. Le Père-Noël trouva alors refuge pendant quelques années au dessus d'un centre commercial où officiait un autre magasin Farmer, à Manukau, en périphérie d'Auckland. Décrépi et plus assez présentable, il disparut ensuite pendant deux ans à la fin des années 1990 avant d'être racheté pour 1 dollar symbolique par une agence de relations publiques. Celle-ci fit appel à toutes sortes de supporters et de sponsors pour restaurer Santa Claus et le ramener en centre ville au dessus de Whitcoulls sur Queen's street où il parque désormais ses rennes pour les fêtes de fin d'année.
Les coûts de stockage, de montage, de démontage et d'entretien n'en sont pas moins énormes si bien que la continuité de la tradition est régulièrement remise en cause, avec plusieurs coups de chaud dont le dernier, en 2014, a bien failli lui être fatal.
Bon an mal an, le bonhomme bienveillant s'accroche pourtant et continue de veiller au dessus de l'agitation citadine pour rappeler, d'une génération à l'autre, une certaine continuité de l'esprit de Noël.

Note :
À voir aussi sur Queen street : les très belles vitrines du grand magasin Smith and Caughey Ltd avec leurs automates et l'histoire qu'ils racontent, un peu dans la même veine que la tradition des Galeries Lafayettes à Paris. Le thème de cette année 2017 : les pirates. 
 
Vitrine de Noël Smith & Caughey sur Queen street (2017) - Les pirates à l'honneur.    ©SM

Voir aussi :
Farmers Santa Parade - Bientôt Noël (2016) ICI
Illuminations de Noël, Franklin road Christmas lights (2016) ICI
Pohutukawa, arbres de Noël de NZ  ICI

Plus d'infos :
Auckland's giant santa - NZ History ICI
Auckland miracle : Queen Street Santa's been saved - NZ Herald 23/10/2014 ICI

vendredi 9 décembre 2016

POHUTUKAWA - "Arbre de Noël" de Nouvelle-Zélande

S'il y a bien une chose qui m'émerveille depuis notre arrivée à Auckland - plus que les terrains de golf - ce sont les arbres, en particulier les specimens majestueux incroyablement emberlificotés qu'on trouve partout dans la région, accrochés tels des équilibristes aux flancs des falaises et au bord des plages : pohutukawa (et rata) surnommés "arbres de Noël de Nouvelle-Zélande" du fait de leur fleuraison rouge-flamboyant à cette période de l'année.

Pohutukawas - ©SM

L'apparition de ce vermillon serait d'ailleurs le signe annonçant avec certitude le début de l'été mais comme les arbres ne semblent pas tous d'accord, on revient au débat relatif aux dates de début d'été parce que si quelques arbres rayonnent et se sont parés de leurs premières fleurs depuis déjà une bonne quinzaine de jours, d'autres restent frileusement dans l'expectative et en sont encore totalement dépourvus.

Donné à l'arbre par les Maoris, le nom "pohutukawa" est en lien direct avec son panache rouge estival. Le mot est en effet composé de "hutukawa" signifiant "coiffure de plumes rouges" et de "po" placé au début du mot qui peut avoir plusieurs sens, celui de "nuit" mais aussi celui plus large du "monde souterrain" par lequel transitent les esprits au moment de la mort donnant ainsi un sens sacré à l'arbre.


Fleuraison - Pohutukawas - ©SM

D'ailleurs, chez les Maoris, certains pohutukawas se distinguent, plus vénérés que d'autres :
- Celui de Te Reinga à la pointe nord de l'île du nord est le plus important parce qu'il marquerait le lieu de départ des âmes par lequel elles transitent vers Haiwiki, l'île d'origine des Maori où ils doivent retourner au moment de la mort afin de rentrer en paix chez eux.
- Les racines de ceux de Tangi to korowhiti et de Kawhai renfermaient une cavité utilisée par les tohunga (sortes de guides sprirituels) pour conduire les cérémonies en lien avec la guerre. 
 - Celui de Nga-uri-apo est un arbre funéraire tapu (tabou) dans l'île de Tuhua (Mayor Island).

Mais sans être systématiquement sacré, le pohutukawa ordinaire était lui aussi un arbre important pour les Maoris pour de nombreuses raisons pratiques et symboliques. Ainsi, un pohutukawa, c'est :
- la première chose que l'on voit en s'approchant des côtes,
- le dernier repère en les quittant,
- utile pour la fabrication des armes, des outils et la construction de bateaux,
- un piège naturel qui attire les oiseaux alors faciles à attraper,
- un point d'amarrage au bord de l'eau pour y attacher les canots,
- le dernier repos des morts que l'on plaçait à l'abri de ses racines et de sa canopée,
- un symbole de sagesse du fait de son grand âge et de ses formes,
- une représentation de la force spirituelle par sa résistance et sa tenacité à s'accrocher aux falaises,
- la source de plusieurs légendes et un lien entre le ciel et la terre.

Fleuraison - Pohutukawas - ©SM

Selon une histoire de la tradition Arawa, le chef Tauninihi retira sa coiffe de plumes rouges en appercevant les fleurs rouges de la canopée et en pensant qu'il en trouverait une plus belle en arrivant sur cette nouvelle terre alors inconnue. Il découvrit ensuite son erreur.
Cette parabole serait une façon de montrer qu'Aotearoa est digne du pays d'où l'on venait et que pohatukawa est le signe d'identification marquant le lien entre les deux, la confirmation de la relation existante entre le pays qu'on a laissé et le nouveau qu'on investit. Elle montre aussi que pohutukawa et ses fleurs entrent dans la mythologie d'origine dès le moment de l'arrivée des Maoris sur leur nouveau territoire.

Dans une autre légende souvent reprise, les fleurs rouges du pohutukawa sont le sang d'un héro mythique appelé Tawhaki qui se répandit lorsqu'il tomba du ciel alors qu'il cherchait à l'atteindre pour y retrouver/venger l'un de ses ancêtres.
Avec ce type d'histoire, l'exemple des ancêtres établit des principes humains de conduite qui montrent ici leur capacité d'aller de la terre au ciel, un élément fondamental des croyances Maories. Que ce soit un lieu ou une chose, tout ce qui est attaché à Tawhaki est particulièrement prestigieux et cela souligne une fois de plus l'importance que les Maoris attachent au pohutukawa identifié comme arbre majeur.

Pour le côté un peu savant, pohutukawa (et rata) sont des arbres endémiques à feuillage persistant qui  appartiennent à la famille des myrtacées (Myrtaceae) regroupant environ 3'000 espèces dans le monde, souvent productrices d'huiles aromatiques, parfois de fruits comestibles, parmi lesquels on peut citer l'eucalyptus, le goyavier, la myrte du maquis méditerranéen ou le giroflier. Géographiquement, ce sont des plantes des régions tempérées, sub-tropicales à tropicales dont on trouve les plus grandes concentrations en Australie et en Amérique tropicale alors que la Nouvelle-Zélande compte 19 espèces dans cette famille, arbres, arbustes et plantes grampantes.

Pohutukawas - ©SM
Le pohutukawa développe généralement plusieurs troncs, peut atteindre 20 mètres de hauteur, se couvrir d'une couronne de 35 mètres et vivre 1'000 ans. Troncs et branches sont parfois festonnés de racines aériennes et leurs feuilles vertes foncées sur le dessus sont velues sur le dessous, couvertes de sortes de poils blancs épais. Ces arbres aiment l'air marin chargé de sel. On les trouve à l'état sauvage naturel sur tout le pourtour nord de l'île du nord* où ils constituent l'essentiel des forêts côtières mais il complémentent aussi les forêts intérieures de kauris. Les arbres rencontrés plus au sud de l'île du nord ont été plantés par l'homme et il est difficile de savoir si ceux qui poussent dans les terres près de Rotorua et du lac Taupo sont une occurence naturelle ou s'ils ont été plantés par les Maoris.

Capables de pousser sur des sols pauvres, les pohutukawas ont colonisé les flancs du Rangitoto dans le golfe d'Hauraki après sa dernière éruption il y a 600 ans, si bien qu'ils y constituent aujourd'hui la plus importante forêt de cette espèce.
Les racines et la plante dans son ensemble sont capables d'une grande flexibilité d'adaptation qui explique ses circonvolutions, se modelant au terrain pour aller chercher les poches d'humidité là où elles sont et selon les besoins. C'est cette adaptabilité aux conditions qui rend chaque arbre unique et magique, des êtres forts et massifs, complètement alambiqués et biscornus mais d'une solidité et d'une longévité redoutables. L'arbre prévient l'érosion et protège les sols mais gare au jour où il tombe après sa mort, il peut emporter avec lui tout un pan de falaise dont il assurait le maintien.

Vieux pohutukawas et nouvelles plantations - Project Crimson - ©SM

Son bois solide et durable, résistant à l'eau et aux insectes, extrêmement dur et noueux était difficile à travailler et c'est cette caractéristique qui le protégea de toute surexploitation. Les européens s'en servirent pour la construction navale, utilisant notamment les noeuds des racines et des branches à la fabrication de solides chevilles pour les coques des navires.
Comme beaucoup d'autres des espèces endémiques de Nouvelle-Zélande après des millénaires d'isolation, l'arbre possède toutefois peu de défenses naturelles contre des maladies ou les espèces apportées par l'arrivée des hommes. Menacé, il souffre particulièrement du grignotage incontrôlable des opposums qui peut lui être très rapidement fatal (Avec ce type d'exemple, on comprend rapidement le pourquoi de la psychose nationale avec ses lois de "biosécurité").  

Pohutukawas - ©SM
Avec la fleuraison, on remarque à leurs concerts de piallements de grandes concentrations d'oiseaux dans les arbres. Les fleurs qui resemblent à des pompons sont composées d'étamines rouges réparties en boule autour d'une sorte de coupe remplie d'un nectar qui les attirent de même que les insectes, lézards et chauve-souris afin qu'ils jouent leur rôle essentiel à la reproduction par polénisation des fleurs. Plus tard viendra le fruit, une capsule sèche remplie de centaines de petites graines qui ont besoin de lumière pour germer et peuvent le faire en terrain ouvert, dans les fissures et trous des falaises. Les pousses grandissent très rapidement les premières années, de l'ordre de 30 centimètres par an (5-10 cm pour le diamètre) mais la croissance ralentie avec l'âge pour ne plus ensuite gagner que 10 cm par an (2 mm de diamètre). 

Dans la famille des myrtacées, rata (R), qui compte plusieurs variétés, est un cousin proche de pohutukawa (P). Rata et Pohutukawa appartiennent à la même espèce (Métrosidéros / "coeur de fer"), ont beaucoup de points communs et peuvent s'hybrider, souvent confondus parce que difficiles à distinguer pour les néophytes. Mais en étant un peu pointilleux et un peu observateurs, quelques nuances permettent de les distinguer en se référant aux fiches du Project Crimson, par exemple :
- à la naissance, l'un pousse à partir de la graine dans le sol (P) alors que l'autre démarre souvent comme épiphyte (R) c'est-à-dire que la plante pousse en se servant d'une autre plante en support, 
- la couleur des fleurs est plutôt rouge-brun pour l'un (P), rouge écarlate pour l'autre (R),
- la taille des étamines de 4-7 cm est un peu plus longue pour (P) que pour (R) qui ne dépasse pas 3 cm,
- les fruits et graines forment un bouquet d'environ 30 gousses pour (P) contre un bouquet de 10-15 gousses pour (R)
- les feuilles sont sans doute l'élément le plus distinctif et le plus facile à observer. Elles font  4-7 cm et sont de forme arrondie ou pointue et velue pour (P), plus petite pour (R) à 2-4 cm avec une forme ronde légèrement dentelée.

Chant de Noël et cartes de voeux
 
Pohutukawa ou rata, peu importe, ce sont des arbres iconiques de la Nouvelle-Zélande particulièrement mis à l'honneur en cette saison estivale / période de Noël qu'ils symbolisent. Mais je n'ai pas eu besoin d'attendre leur fleuraison pour les remarquer; bon pied bon oeil, leur pouvoir de séduction est irrésistible et s'amplifie avec l'âge si bien que je me devais de dédier un article à ces augustes vieillards qui ne cessent de me fasciner, avec pour finir, un peu de poésie ...


Pohutukawa 
(Jan Kemp / en hommage au poète néo-zélandais Curnow)
old pohutukawa
still living
fedgings scrapping
in his branches
he grapples
the isthmus of two harbours
(Dont on peut faire la traduction approximative suivante : Vieux pohutukawa, toujours en vie, oisillons piaillants, en ses branches, ancrage, de l'isthme aux deux ports)


*la zone de Taranaki à l'ouest jusqu'à la péninsule de Mahia à l'est 

Nota :
Project Crimson est une association créée en 1990 en partenariat avec le ministère de l'environnement à une époque où 90% des pohutkawas côtiers avaient disparus, L'association travaille à la défense et à la protection des ratas et pohutukawas de Nouvelle-Zélande. Depuis sa création, les bénévoles ont planté des centaines de milliers d'arbres, plus de 300'000 au compteur.  

Aujourd'hui dans mon petit lexique Maori - Français :
Aetearoa : pays du nuage blanc
Hutukawa : coiffe de plumes rouges
Po : nuit - monde souterrain
Tapu : tabou - interdit
Tohunga : guide spirituel

Sources et plus d'infos :
Pohutukawa and biodiversity - Department of conservationICI
Pohutukawa - The Encyclopedia of New Zealand - ICI
Site du Crimsom project (voir en particulier les Fact-sheet de la page ressources) - ICI
Pohutukawa - Department of Conservation - ICI
Department of conservation - Fiche Rata and Pohutukawa : Native Plants ICI 
Pohutukawa trees - NZ History - ICI

mardi 6 décembre 2016

Illuminations de Noël - Franklin road Christmas lights

Après la Farmers Christmas Parade et les vitrines des commerçants, d'autres signes annoncent que le compte à rebours pour les fêtes de fin d'année a bien commencé à Auckland et cette fois, c'est du côté des particuliers que ça se passe.

Pour certains, accrocher quelques boules et guirlandes sur un sapin de Noël posé près d'une fenêtre et suspendre des chaussettes à l'intérieur de la maison, ça ne suffit pas. Il faut s'ateler aussi à décorer l'extérieur, le palier, les murs et le toit de la maison sans oublier le jardin avec une profusion de décorations et de lumières pour que ça se voit bien et démontrer ainsi le sérieux que l'on porte à la question !


Les décorations de Noël, c'est du  sérieux !   ©SM

... Et croyez-moi, ce n'est pas une mince affaire comme nous avons pu le constater en observant  l'un de nos voisins à la tache depuis la mi-novembre (je n'exagère pas), chaque jour apportant un nouvelle élément de décoration toujours plus kitch : d'abord des guirlandes blanches lumineuses savamment disposées en pluie sur ses haies, puis quelques guirlandes bleues, un immense sapin lumineux sur la façade extérieure, un puits illuminé dans l'allée, un Père-Noël dans son traineau tiré par ses rennes au clair de lune sur le toit, un autre Père-Noël lumineux s'activant sur sa balançoire dans la cour, une mongolfière lumineuse sur un mât avec sa nacelle "Merry Christmas" le tout surmonté d'un ange et d'une étoile (un montage difficile, plusieurs journées de travail !), des cerfs lumineux dont l'un avec une tête mobile, d'autres Père-Noël versions gonflables se balançant au vent ou montant et descendant, un bonhomme de neige sur le balcon, etc. Un peu dubitatifs, un peu étonnés mais aussi admiratifs de cette ardeur, nous profitons chaque soir de ce spectacle privé.     

Ce voisin est toutefois un cas un peu unique dans notre quartier mais en allant du côté du centre ville sur Franklin Road, entre Victoria Park et Ponsoby Road, on peut assister à une même débauche de décorations et de lumières,  à l'échelle de toute une rue cette fois dans laquelle tous les voisins se prêtent au jeu, ou presque (de l'ordre de 105 maisons sur 115).

Franklin Road Christmas Lights -   ©SM
Initié il y a maintenant 23 ans par un comité de quartier, les Christmas Lights de la rue Franklin font maintenant partie des traditions de Noël d'Auckland pour l'émerveillement chaque année renouvelé des enfants qui viennent les admirer en famille mais aussi celui des grands, parents, touristes et photographes en tous genres. Un incontournable tel que les travaux d'amémagement d'Auckland Transport actuellement en cours dans le quartier sont complètement suspendus pendant tout le mois de décembre afin de ne pas perturber ce spectacle de rue gratuit et la centaine de millier de visiteurs qu'il attire entre le 1er décembre et le réveillon de Noël ... avec dans leur sillages, quelques bataleurs, vendeurs de bonbons ou de ballons et musiciens sans oublier un service spécial de nettoyage pour faire face à l'augnentation du passage des piétons sur cette rue essentiellement résidentielle comptant quelques professionnels (dentiste, architecte, etc.). 

Franklin Road Christmas Lights -  ©SM
C'est aussi l'occasion de voir quelques jolies maisons edwardiennes dans un quartier relativement aisé et proche du centre, habituellement très tranquille qui connecte le centre avec la rue commerçante de Ponsoby et ses restaurants. 
En bon citoyens soucieux de l'environnement, les illuminations ne sont pas prolongées au-delà de 23h avec le soucis d'économiser l'électricité (même si la note doit être déjà copieuse !) et peut être aussi celui de ménager la tranquilité du voisinage après le passage des hordes nocturnes qui ne se gènent pas et franchissent parfois sans complexe la limite des propriétés pour des photos in-situ. Les efforts des uns et des autres sont très variables, entre démesure et simplicité, excentricité (Pikachu au milieu des Père-Noël) et humour (sur une façade, "grand signe "ditto" dirigé vers le voisin), etc.

Bref, une orgie de lumières qui rappelle l'extravagance de certaines banlieues américaines avec lesquelles les néo-zélandais pourraient concourrir sans honte avec toutes leurs chances. 

Noodle Night Markets - ©SM
Notons que cette année, le début des illuminations concordait avec la venue pour la première fois à Auckland du Noodle Night Markets, un concept venu d'Australie où ces marchés existent depuis 18 ans. Organisé dans le parc de Victoria, au bout de Franklin Road, il était facile de combiner et de profiter des deux événements sur une même soirée d'autant que le Noodle Night Market se veut une fête gastronomique avec quelques animations (danse du lion par exemple) proposant des plats des différents pays d'Asie (Chine, Thaïlande, Inde, Malaisie, etc.) sur le modèle des cuisines de rues de Hong Kong ou Singapour, avec des dumplings, dim sum, soupes de nouilles, curries, etc. Un événement qui a eu beaucoup de succès à Christchurch, Wellington et Queenstown où il est passé avant Auckland. Un programme a priori séduisant mais finalement assez décevant, certainement pas à la hauteur du battage médiatique qui l'a entouré : beaucoup monde donc de longues queue à tous les stands pour une nourriture assez bas de gamme, sans grande saveur, lourde et grasse.

La tour d'Auckland aux couleurs de Noël - ©SM



Infos pratiques Franklin Road Christmas Lights :
Franklin Road - Auckland
(entre Victoria Park et Ponsoby Road).
Du 1er au 24 décembre 
De 18h30 à 23h chaque soir.
(Mieux une fois la nuit tombée, après 21h). 


Pour en savoir plus :
Page Facebook - Franklin Road Christmas Lights  ICI
Projet de rénovations de Franklin Road par Auckland Transport - ICI
Auckland's top ten Christmas Light Display - Auckland for Kids   ICI

lundi 28 novembre 2016

Farmers Santa Parade - Bientôt Noël !

Dans l'hémisphère sud on a beau inverser les saisons, Noël sera fêté comme partout ailleurs le 25 décembre, dans un petit mois. En la matière, on peut dire que les néo-zélandais ne sont pas en retard puisque nous avons pu constater dès notre arrivée début novembre que les vitrines et décorations de "saison" étaient déjà sorties un peu partout ... Et quand j'écris "de saison", je le fais avec le sourire parce que ça fait quand même drôle de voir le Père-Noël dans son gros manteau, ses lutins emmitouflés ou encore les flocons et la fausse neige alors qu'autour de nous c'est le printemps avec déjà un avant goût d'été !

Bientôt Noël ! - ©SM

On remarque aussi un certain "gigantisme" dans la préparation de ces festivités avec des Pères-Noël, des boules décoratives ou des bonnets de Noël monumentaux en ville ou aux abords des centres commerciaux. 
Quant au sapin de Noël de 10 mètresde haut d'Auckland, il a été érigé sur la grande place du centre ville, Aotea Square sans avoir à abattre ou déplacer aucun abre puisqu'il est entièrement fabriqué de briques Lego avec un petit effort d'adaptation pour le Père-Noël qui l'accompagne, représenté en short et portant une planche de surf, un beau coup promotionnel pour le fabricant des petites briques !


Père-Noël et rennes géants de "Farmers" - Sapin Lego - ©SM

Bref, Noël a beau être une tradition chrétienne apportée par les colons européens, c'est aussi une grande fête commerciale dont on retrouve le sponsoring à l'origine du grand défilé de Noël à Auckland, la Farmers Santa Parade organisée tous les ans fin novembre depuis 1934 (83 ans cette année), en plein centre ville où nous nous sommes mélés au public ce dimanche 27 novembre 2016. Comme son nom l'indique, le défilé est l'apanage de l'enseigne Farmers dont le siège est basé à Auckland même si sa gestion dépend depuis 1990 du Auckland Children's Christmas Parade Trust, une association à but non lucratif. Le nom de  "Farmers" reste cependant accolé à celui du défilé et il est le plus largement promu pendant toute la procession à côté d'autres anonceurs plus discrets.   


Mais finalement peu importe qui finance, ce défilé est une fête qui attire la foule tout au long de son parcours d'environ 2 kilomètres partant de l'angle de Cook steet et Mayoral Drive en passant par Queen street jusqu'à Custom Street East à l'angle du Britomart, une nouveauté cette année pour le final du fait des travaux du quartier.  
Les VIP avaient droit à des tribunes devant la façade de Farmers avec son Père-Noël et ses rennes géants alors que les dizaines de milliers  d'autres personnes (250'000 ?) dont beaucoup de familles avec enfants s'étaient installées tout au long du trajet. Certains étaient mieux organisés que d'autres, arrivés en avance pour se réserver les premières loges avec couvertures au sol afin de bien marquer son espace et tout ce qu'il faut pour son petit confort, pliants, pique-niques, chapeaux, etc.


La parade commence à 13 heure. En quelques chiffres, elle est constituée de près de 280 créations présentées par 4'000 participants défilant pendant un peu plus d'une heure avec des fanfares, dont trois écossaises avec kilts et cornemuses, quelques majorettes et cheerleaders, des chars, des ballons, des clowns, des danseurs, des chanteurs, des princesses, des pirates, des pompiers, des échasses, des serpentins, des représentants de différentes nationalités et communautés (chinoise, coréenne, japonaise, indienne, indonésienne, etc.) et j'en oublie. Evidemment, pour le plus grand plaisir des enfants, des personnages de Disney et autres blockbusters agrémentaient les chars et les ballons du cortège alors que dans un autre registre, des athlètes olympiques et paralympiques étaient à l'honneur, exhibants leurs médailles rapportées des derniers jeux de Rio ...


... mais celui qui était le plus attendu se devait de conclure le défilé c'était le Père Noël et ses rennes à qui il revient toujours de marquer le point final !


A noter que le défilé est suivi d'animations sur Aotea Square avec notamment des manèges, des concerts et des stands pour se restaurer alors que les restaurants alentour sont pris d'assaut...
... et pour finir, un coup de chapeau admiratif pour les services de la ville d'Auckland qui nettoient les rues avec une efficacité redoutable et de façon remarquablement organisée à la fin de la parade ! 
  
Un bon moment de joie collective épargné par la pluie qui aura heureusement attendu la fin de journée pour se manifester, sans doute pas inoubliable mais certainement un "must-see" du "vivre Auckland" !

Plus d'infos :
Farmers Santa Parade  ICI
VIDEO YOUTUBE - Mise en place du sapin de Noël en Lego d'Auckland 2016   ICI