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jeudi 20 septembre 2018

Voyager en Nouvelle-Zélande pendant l'hiver austral, un vrai bon plan !

Ce n'était vraiment pas prémédité parce que nous avions initialement prévu de voyager en mars-avril, à la fin de l'été austral et le début de l'automne, pour profiter encore de la 'belle saison" néo-zélandaise ... mais voilà, les circonstances sont telles que nous n'avons pas pu prendre la route avant la mi-juin et que nous avons finalement dû voyager pendant la saison hivernale australe pour conclure dignement et comme nous  le souhaitions une paranthèse kiwie de presque deux ans ... une obligation qui s'est finalement révélée être un véritable bon plan testé sur 6/7 semaines, essentiellement dans l'île du sud, avec quelques inconvénients mineurs largement compensés d'avantages plus qu'intéressants.

Photo en hiver sur la route du mont Sunday Nouvelle Zélande
Sur la route du Mount Sunday - Hiver 2018

Quand on voyage en Nouvelle-Zélande au coeur de l'hiver il ne faut évidemment pas se leurrer et s'organiser en prenant en compte les contraintes de saison :

1 - Des journées courtes qui se terminent tôt.
À la mi-juin, le soleil se lève assez tard - vers 7h30 - et la nuit s'installe très tôt et très rapidement, dès 17h.   

2 - Dans certaines régions, il existe des risques de "black ice" (plaques de verglas) et/ou de chutes de neige sur la route qui ne permettent pas toujours de circuler où et quand on veut, surtout la nuit. Pas de pneus neige, les automobilistes sont équipés de chaînes qu'ils fixent en se garant sur le bord des routes quand nécessaire, à mi-chemin en montant aux stations de ski par exemple.
Ceci dit, même dans les régions de montagnes, les vallées et les routes sont en général plutôt larges, les zones de danger bien identifiées et indiquées avec, parfois seulement, des fermetures de routes*. Pendant notre road trip, cela ne nous a jamais posé de problème même si nous avons vu à plusieurs reprises des voitures retournées au bord de la route, victimes du black ice qui est un danger bien réel.

3 - Certains sites, attractions, restaurants, motels et/ou toilettes peuvent être fermés quelques semaines en hiver. Certains lieux sont alors impraticables (toilettes en montagnes) ou les propriétaires d'établissements d'accueil profitent de la baisse d'activité pour prendre leurs propres vacances et/ou pour effectuer des travaux de réfection.
C'est parfois dommage pour certain lieux emblématiques comme Cathedral Caves dans les Catlins, fermés et totalement inaccessibles en hiver même si, pour ce qui concerne les sites, ces fermetures restent des exceptions. 



Mises à part ces trois restrictions, auxquelles on peut facilement s'adapter en planifiant son voyage, en vérifiant les conditions d'ouvertures sur Internet et en essayant de profiter au maximum des journées entre 8h30 et 17h, l'hiver présente pas mal d'avantages :

1 - Du côté de la météo d'abord, sachant que les amplitudes de températures ne sont jamais extrêmes entre l'été et l'hiver**, les conditions atmosphériques se révèlent en fait parfois meilleures en hiver.
C'est par exemple le cas de toute la côte ouest de l'île du sud de la Nouvelle-Zélande, une région extrêmement humide (300 jours de pluies par an) que nous n'avions pas pu apprécier lors d'un précédent passage estival copieusement arrosé et que nous avons enfin pu découvrir sous le soleil et dans toute sa splendeur pendant les mois d'hiver, les plus secs de l'année ... sans compter que l'accumulation de neige y ajoute au passage un effet esthétique spectaculaire.

Photo du mont cook Nouvelle Zélande
Survol panoramique vers le Mount Cook, plus haut sommet de Nouvelle-Zélande, entre Tasman Lake et Tasman Sea
 2 - Qui dit saison "basse" dit également moindre fréquentation et des prix d'hébergement très compétitifs, presque toujours significativement plus bas qu'en été.
Nous qui n'aimons pas la foule, nous avons ainsi apprécié les croisières, les vols panoramiques, les musées, les sites, les balades et/ou toutes autres "attractions" en petits comités qui favorisent la convivialité aussi bien avec les accompagnateurs - plus détendus et accessibles que lorsqu'ils doivent gérer de grands groupes - qu'avec les autres voyageurs pour des partages d'expériences et l'échange de bons plans (par exemple, survol du Mont cook à partir du lac Tekapo avec seulement trois passagers dans l'avion, ce qui nous a permis de passer d'un hublot à l'autre pour s'en mettre doublement plein les yeux !).     
Côté hébergement, nous avons presque toujours eu le choix*** en variant le type de nuitées et en réservant souvent au dernier moment, au jour le jour. Dans les motels nous avons bénéficié de prix d'au moins 30% inférieurs à ceux de l'été avec des upgrades de chambres en petits appartements, chauffage inclus, avec là encore des hôtes accessibles, sympathiques et avec du temps à nous consacrer.


Photo d'un rocher en forme de coeur Nouvelle-Zélande
I ♥ NZ - Rocher sur la côte ouest de la Nouvelle-Zélande

3 - Autre bénéfice du voyage en hiver : les rencontres animalières de saison.
Le meilleur exemple est celui de la région de Kaikoura, réputée pour ses excursions-découvertes des baleines; certaines espèces (cachalot ou orque) sont installées dans ses eaux à l'année mais d'autres comme les baleines à bosses n'y passent qu'en hiver, en transit lorsqu'elles remontent de l'Antarctique, un vrai plus pour les amoureux de nature...

Photo d'un panneau passage de pingoins Nouvelle-Zélande


Sur tous les plans, ce voyage pendant l'hiver austral s'est donc révélé un vrai bon plan et cet avis semble partagé par les autres voyageurs rencontrés en chemin. Forts de cette expérience, nous n'hésitons désormais pas à recommander à tous ceux qui envisagent le voyage vers la Nouvelle-Zélande de sérieusement considérer cette option qui permet d'éviter la flambée des prix et l'engorgement**** de l'été austral sans en réduire l'intérêt, bien au contraire.

Nota :
* Quelle que soit la saison, quand on circule en Nouvelle-Zélande, il faut toujours avoir le réflexe de consulter le site du NZ Transport Agency et ses pages Traffic and Travel Information pour s'assurer que les routes à emprunter sont bien ouvertes. À cause de la glace l'hiver ou plus souvent du fait de glissements de terrains - en toutes saisons - la fermeture de certaines routes obligent parfois à des détours de dizaines, voire de centaines de kilomètres.
** Sur les 6/7 semaines de notre séjour, nous avons pique-niqué quasiment tous les jours dans la nature à midi. 
*** À l'exception peut-être de Queenstown et de Wanaka, villes très courues et plus congestionnées (en juillet, saison des sports d'hiver et vacances d'hiver locales).
**** À savoir : la Nouvelle-Zélande a des infrastructures de tourisme relativement limitées face à l'afflux massif de touristes à la saison haute, sachant que les érangers s'ajoutent aux vacanciers locaux profitant de leurs "grandes vacances". Depuis quelques années, cet engorgement est renforcé par les demandes du marché asiatique avec un pic de visites au moment du nouvel an chinois.  

jeudi 22 février 2018

La saison des cyclones en Nouvelle-Zélande - C'est E.T. de décembre à avril

En avril 2017, on nous avait annoncé l'arrivée de l'apocalypse avec le cyclone Cook, des prévisions qui s'étaient finalement avérées largement surrévaluées sur Auckland même s'il a laissé son lot de dégâts ... Il a été suivi un peu plus tard des restes de Donna dont les pluies diluviennes ont fait pas mal de dommages dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, inondations et beaucoup de glissements de terrains.
En cette année 2018, nous avons déjà eu quelques jours de pluies intensives et un premier coup de vent en janvier avec le passage de Feihi, de la roupie de sansonnet à côté de Gina dont les prévisions météo se sont progressivement précisées à la une des journaux cette semaine avant de frapper brutalement le pays.
 
Mais, mais ... des cyclones en Nouvelle-Zélande, qui l'eut cru ?

Cyclone Gita au dessus des Tonga - 16-02-2018 - Source: NZ Herald

Et oui, bien que située très au sud et protégée par des eaux plutôt froides, la Nouvelle-Zélande est régulièrement balayée par des queues de cyclones quand le pays ne subit pas un impact ricochet plus violent, ce qui arrive, en moyenne, au moins une fois par saison. Alors il faut le savoir, la saison des cyclones en Nouvelle-Zélande c'est comme ailleurs dans le reste du Pacifique sud, une période qui s'étale, grosso modo, de décembre à avril [c'est à dire la période estivale la plus touristique].

Impact après le passage de Fehi en Nouvelle-Zélande - Février 2018 - Source : NZ Herald

Un "cyclone tropical" c'est le nom adopté dans le Pacifique sud-ouest et l'océan Indien ; le mot est différent mais c'est le même phénomène que les "ouragans" de l'Atlantique nord et l'est Pacifique ou que les "typhons" familiers en Asie du sud-est et en Chine, des tempêtes qui commencent toutes sous la chaleur des tropiques.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 15/02/2018 - Source : AccuWeather

La spécificité d'ici, dans l'hémisphère Sud, c'est que ces cyclones tournent dans le sens des aiguilles d'une montre ... pour le reste, c'est pareil que partout ailleurs : ils tirent leur énergie de la chaleur dégagée sous les tropiques lorsque la vapeur d'eau se condense en pluie, mesurent jusqu'à 500 km de large avec "un oeil" de calme en leur centre qui n'a presque aucun nuage et pas/peu de vent.

Prévisions de l'impact de Gita sur la Nouvelle-Zélande au 18/02/2018, ça se précise - Source : AccuWeather

Parce que les eaux sont plus froides vers le sud et qu'elles leur fournissent moins de chaleur, ces cyclones ont tendance à s'affaiblir lorsqu'ils se dirigent vers la Nouvelle-Zélande (et le pôle sud) en perdant leurs caractéristiques de tempête tropicale pour se transformer en "tempêtes latérales" appelées "extratropicales" (ET) par les scientifiques pour désigner ce mouvement vers le pôle et les changements de structure qui l'accompagnent.

En arrivant vers la Nouvelle-Zélande, ces tempêtes n'en gardent souvent pas moins une force suffisante pour générer des vents destructeurs, une mer haute et de fortes pluies. Parfois même, les restes de cyclones tropicaux s'intensifient en zone extratropicale pour devenir de puissantes "tempêtes de latitude moyenne" capables d'infliger des pertes en vies humaines et de graves dommages matériels. Une transformation et un impact très variables qui dépendent de la période, du parcours, et de la phase dans laquelle se situe le cycle d'El Niño/La Niña. 

Photo aérienne des innondation de Whakatane en avril 2017 Bay of Plenty Nouvelle-Zélande
Avril 2017 - Après la passage de Cook, rupture d'une brèche et inondations de Whakatane dans la Bay of Plenty  ©DM

Certains de ces épisodes E.T. ont particulièrement marqué la Nouvelle-Zélande :

--> le cyclone Giselle en avril 1968 qui s'est intensifié dans le sud de son parcours avec des vents de 270 km/h soufflant sur Wellington, provoquant la mort de 51 personnes dans le naufrage du Wahine, ferry assurant la traversée régulière entre l'île du Nord et celle du Sud.
 
Le naufrage du Wahine pendant le cyclone Giselle - 1968 Source : Wikipedia Common

--> le cyclone Bola qui a balayé et dévasté le nord de la Nouvelle-Zélande en mars 1988 avec des vent dantesque et plus de 900 mm de pluies déversées sur son passage en causant de sérieux dégâts.
--> ou encore Fergus et Drena qui ont provoqués vents et pluies torrentielles dans l'île Nord en pleine période touristique en décembre 1996.

Imprimés dans la mémoire collective, Giselle et Bola sont les étalons du pire, la référence des journalistes qui s'en servent souvent à l'annonce d'un nouvel épisode particulièrement menaçant pour le pays mais l'expérience de Cook nous a montré qu'à trop crier au loup, ils ne semblent pas toujours écoutés.

Ce qui nous a aussi beaucoup frappé ce sont les masses d'eaux qui tombent à chaque passage et les dégâts révélateurs qu'ils engendrent : inondations, glissements de terrains qui sont autant de signes de la fragilité des terres, des côtes et des pentes de ce magnifique pays dont les colons, en détruisant massivement les forêts pour en faire des pâturages, en ont très fortement et largement fragilisé les sols.  
  

Les cyclones 2017 et 2018 en Nouvelle-Zélande :
(Nota : l'échelle de classification comprend 5 niveaux, fonction de la force/vitesse des vents)

Tableau de classification des cyclone en Nouvelle-Zélande - Source : MetService

Année 2017 :
Bart - Février - Cat.1 / Cook - mars-avril - Cat.3  / Donna - avril-mai - Cat.5 / Ella - mai - Cat.2
Année 2018 :
Feihi - janvier - Cat.1 / Gita - février - Cat.5

Plus d'infos :
Weather : Cyclone Donna leftovers bring heavy rain to New Zealand - Newshub 11/5/2017 ICI
Heightened cyclone risk for northern New Zealand this season, says Niwa - Stuff 15/10/2017 ICI National Institute of Water and Atmospheric Research - Niwa Taihoro Nukurangi ICI
How often is New Zealand hit by tropical cyclones ? - Niwa / Mark Sinclair- 1/03/2002  ICI
Tropical Cyclone Monitoring  - Met Service ICI
Cyclone Gita : Why it is speeding up as it approaches New Zealand - NZ Herald 20/02/2018 ICI 

lundi 28 août 2017

Arcs-en-ciel à gogo

En hiver à Auckland quand le soleil joue à cache-cache avec la pluie et que le ciel ne sait plus où donner de la tête, c'est la fête de l'arc-en-ciel. Nous n'en avons jamais vu autant, en si peu de temps et de façon aussi spectaculaire et parfaite qu'en ce mois d'août 2017 passé en Nouvelle-Zélande.

L'apothéose, c'est sans doute ce double arc-en-ciel qui s'est manifesté à Coromandel au dessus des champs après un grain de courte durée venu de la mer, fort et puissant. Une double arche auréolée d'une douce lumière voilée. Une merveille !   

Photo d'arc-en-ciel à Coromandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Arc-en-ciel double à Coromandel - Août 2017   ©DM

Persistante, l'arche double nous a suivis pendant plusieurs kilomètres en continuant de s'offrir en spectacle avec de subtils changements de décor, avant de s'atténuer et de disparaitre dans une ultime révérence. 

Photo d'arc-en-ciel à  Cormandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Arc-en-ciel à Coromandel - Août 2017   ©SM

À la fin du même week-end et alors que nous n'avions pas vu la pluie de la journée, manifestation d'un nouveau dôme coloré au dessus de la chaîne de Coromandel en guise d' "au revoir et revenez nous voir"! On ne s'en lasse pas, il se dessine cette fois dans un ciel laiteux éclairé par la lumière rasante de fin de journée alors bien sûr, "clic-clac photo", on s'émerveille et on l'immortalise lui aussi !

Photo d'arc-en-ciel à Coromandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Coromandel - Août 2017   ©SM

Un véritable festival quand on y ajoute par exemple cette arche récoltée par nos enfants en voyage vers Roturoa et le lac Taupo, prise au dessus du site de Craters of the Moon :

Photo d'arc-en-ciel à Craters of the Moon Nouvelle-Zélande - Rainbow Craters of the Moon New Zealand
Arc-en-ciel à Craters of the Moon - Taupo août 2017   ©MM

Ou encore les manifestations récurrentes et sans cesse renouvelées dans notre voisinage, sur fond de ciel gris :

Photo d'arc-en-ciel à Half-Moon-Bay Nouvelle-Zélande - Rainbow over Half Moon Bay Auckland New Zealand
Arc-en-ciel au dessus d'Half-Moon-Bay - Août 2017  ©SM

Ou plus atténué, un autre jour, capturé sur fond de ciel lumineux alors qu'il commence à disparaitre :

Photo d'arc-en-ciel à Half-Moon Bay Nouvelle Zélande - Rainbow over Half Moon Bay Auckland New Zealand
Arc-en-ciel au dessus d'Half-Moon-Bay - Août  ©SM

En Nouvelle-Zélande, le festival des arcs-en-ciel c'était en août, une cuvée 2017 exceptionnelle !

mercredi 26 juillet 2017

Auckland l'hiver, la pluie et le beau temps !

À Auckland, le début de ce mois de juillet en plein coeur de l'hiver austral s'est fait remarqué par une vague de froid assez inhabituelle, les températures descendant bien en dessous de la barre des 10ºC. Les moyennes affichées par le thermomètre sont remontées depuis mais le temps reste extrêmement variable et humide si bien que sur une même journée, on peut rapidement passer du soleil à la pluie et de la douceur au froid humide et pénétrant.

Un peu bizarre quand on l'habitude de faire rimer juillet avec été et que les copains sont en train de se faire dorer la pilule mais tout à fait normal ici, juillet est le mois le plus froid de l'année, c'est de saison !

 
Prévisions météo à Auckland pour la fin juillet 2017

Du T-shirt à l'imper en passant par les pulls léger et épais, la stratégie des couches reste donc d'actualité pour toute sortie même si en matière d'habillement, on voit de tout, de la tenue short-tongs à la variante doudoune-bottes en passant par toutes les combinaisons possibles plutôt plus que moins cools.
À l'intérieur on s'emmitouffle. Il faut dire que la plupart des maisons* sont mal isolées et non chauffées et qu'il vaut mieux s'équiper un peu. D'ailleurs, pour nous, l'arrivée de l'hiver s'est d'abord annoncée dans notre supermarché où une gondole dédiée, stratégiquement positionnée à l'entrée du magasin, proposait les "essentiels" pour y faire face :


 ... avec des couvertures électriques chauffantes ...


... des chaussons et des couvertures traditionnelles ...


... ou encore des briquettes de bois pour les feux de cheminée ... 



Rien d'extrême toutefois et il ne faut pas se plaindre car Auckland est la ville "la plus chaude" et la "plus ensoleillée" de Nouvelle-Zélande grâce à son climat "océanique sans saison sèche" / "subtropical humide". Soleil et pluie toute l'année, une combinaison appréciée des agriculteurs, d'autant plus gagnante qu'Auckland ne connait en principe pas de températures extrêmes ou de grandes variations : l'amplitude entre le moment le plus froid et le plus chaud de l'année ne dépasse pas 10ºC alors que la moyenne annuelle s'établie autour de 16ºC. Un climat relativement doux qui, du fait de l'influence océanique, reste globalement plus frais qu'à Malaga en Espagne ou Monterrey en Californie pourtant situées dans l'hémisphère nord à une latitude équivalente à celle d'Auckland au sud. 

Une journée (voire même une heure) d'hiver à Auckland ...un coup la pluie, un coup le soleil...   ©SM

Alors oui, on ne sait jamais bien sur quel pied danser d'autant que les prévisions météos sont souvent très approximatives et rarement exactes tant joue la variabilité. Et s'il faut bien constater que la pluviométrie est élevée toute l'année, en toutes saisons, en particulier l'hiver, il est tout aussi vrai que les averses ne durent jamais longtemps, balayées par les vents venus de l'océan qui font rapidement place nette à un ciel bleu ensoleillé qui nous offre en soirées le spectacle de couchers de soleil en technicolore, sans cesse renouvelés, appréciés sans modération.

Couchers de soleil d'hiver - Auckland    ©SM


*Nota :
De construction récente et moderne, nous avons plutôt de la chance avec notre maison parce que nous pouvons en chauffer la pièce à vivre principale ... mais pas les chambres ... si bien que l'heure du coucher est parfois délicate quand il faut se glisser dans les draps froids même si on s'y habitue et qu'on dort finalement plutôt bien. Alors dans les accessoires d'hiver, quand on n'est pas adepte de la couverture electrique, on trouve aussi la bonne bouillote traditionnelle avec laquelle il est toujours possible de bassiner les lits, comme au temps de nos grands-mères !

Les saisons à Auckland - voir aussi :
Un automne à Auckland, ça balance pas mal...
Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?
Demain, c'est l'été ...
À Auckland, c'est le printemps

vendredi 12 mai 2017

Un automne à Auckland, ça balance pas mal ...

Six mois que nous sommes installés à Auckland, le temps passe et les saisons aussi, avec déjà l'arrivée plus ou moins officielle de l'hiver dans quinze jours.

Et l'automne alors ?

Photo AUtomne à Auckland Nouvelle-Zélande
En cherchant, un peu de jaune au milieu du vert... mais avec quelques fleurs s.v.p. !   ©SM

L'automne à Auckland ne ressemble pas à ceux que nous avons pu connaître ailleurs et alors que j'y réfléchis et que je cherche à le qualifier, deux mots me viennent en tête : "imperceptible" et "instable".

Imperceptible d'abord parce que la végétation ne nous envoie aucun signal, en tout cas, pas ceux auxquels nous sommes habitués. Autour de nous, à quelques exceptions près, les arbres restent verts verts verts* et on voit encore fleurir toutes sortes de petites fleurs aux faux airs de printemps. Ici, les feuilles mortes ne se ramassent pas à la pelle, on en a bien sûr mais il faut un peu les chercher ...

Il y a tout même un signe qui ne trompe pas, celui des jours qui raccourcissent, un phénomène amplifié depuis le changement d'heure du 2 avril signalant la fin de l'heure d'été (Fin du Daylight Saving Time qui reprendra au printemps, le 24 septembre).
De chez nous, on mesure aussi le changement d'axe du globe, avec un soleil couchant qui a largement déplacé son lit : il a quitté le Mont Wellington où il allait se nicher l'été en s'étirant et en prenant son temps pour la pointe de la tour d'Auckland où il plonge désormais rapidement en nous offrant chaque soir une explosion de couleurs, comme un éclat en signe de protestation contre des nuits envahissantes, plus froides et plus profondes.   

Couchers de soleil - De l'été (sur le Mt Wellington, à gauche du balcon) à l'automne (en face de la maison)   ©SM
  
Quant à l'instabilité, elle se caractérise de plusieurs façons, dans la durée et sur la journée, comme une valse hésitation ou un pendule de plus en plus fou qui oscille d'un côté et de l'autre sans savoir exactement où aller et s'arrêter. 
En mars et avril, l'automne était officiellement là mais il restait très discret, totalement effacé pour laisser la part belle à l'été qui n'en finissait pas de durer en nous offrant de magnifiques journées ensoleillées, riches en lumière. Depuis la mi-avril, le pendule perd un peu la tête et s'affole d'un coup, des journées hivernales froides succèdent brutalement à des journées douces et estivales, dans un mouvement incertain de va-et-vient.   
De plus en plus, l'instabilité touche les journées mêmes et il ne faut surtout pas se fier au temps que l'on découvre le matin au réveil : pluie, soleil, nuages, froid, chaud peuvent se succéder en quelques heures voire en quelques minutes. On commence à expérimenter "plusieurs saisons sur une même journée"et il faut être parés quand on sort, en commençant à adopter la stratégie des couches pour s'éffeuiller quant les températures remontent et se couvrir et se protéger quand elles baissent et/ou que la pluie arrive.

Bref, l'automne hésite entre été et hiver, sans jamais imposer sa propre marque sinon cette versatilité et j'ai en l'écrivant, une p'tite phrase qui me trotte dans la tête, sur un air de Michel Berger / France Gall : l'automne "♫♪♫ ça balance pas mal à Auckland, ça balance pas mal ♪♫♪" !

*Nota : le spectacle automnal des arbres à feuilles caduques qui changent de couleurs peut être admiré dans quelques régions de Nouvelle-Zélande, notamment l'Otago dans l'île du Sud et Hawkes Bay dans l'île du nord qui sont réputés pour ça. 

Les saisons à Auckland - voir aussi :
Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?
Demain, c'est l'été ...
À Auckland, c'est le printemps

jeudi 13 avril 2017

Cyclone Cook, le calme avant la tempête ...

Grand calme aujourd'hui à Auckland, tout le monde retient son souffle en attendant le passage du cyclone Cook qui devrait toucher les côtes de Nouvelle-Zélande à partir de 18 heures ce soir.

Bucklands Beach / Auckland 13/4/2017 - Le grand calme ....   ©SM

Après un week-end de pluies torrentielles en mars qui avaient provoqué des inondations à Coromandel et à Thames, on a remis ça la semaine dernière avec la queue du cyclone Debbie qui avait dévasté la côte australienne avant d'arriver chez nous en provoquant de nouveaux dégâts, glissements de terrains, rupture d'une digue et inondation d'un village dans la Bay of Plenty ... alors dicton ne saurait mentir, jamais deux sans trois, la troisième sera la bonne, voici que se présente Cook, très menaçant après son passage sur la Nouvelle-Calédonie, il arrosera la Nouvelle-Zélande pour le week-end de Pâques.

Beaucoup de messages d'avertissements, la météo et le pays sont en alertes maximales :

- Cook pourrait être la pire tempête que la Nouvelle-Zélande ait connu depuis des générations,
- Les résidents des zones cotières de l'est de Coromandel ont été évacuées, 
- 137 écoles et 133 crèches fermées ce matin dans l'île du nord ainsi que plusieurs universités,
- Thames, Coromandel et Bay of Plenty sont en état d'urgence,
- Alerte maximale pour la population de la Bay of Plenty qui doit être prête à une évacuation à tout moment, sans préavis,
- La côte Est est exposée aux risques de vagues hors normes, d'inondations et d'érosion, 
- Les hélicoptères et les services d'urgence sont en alerte,
- Il est demandé à la population de remettre ses projets de vacances de Pâques, de ne pas prendre la route et de ne pas s'exposer aux risques météo.

... et ciel laiteux au dessus de Rangitoto en attendant la tempête  ©SM


Mais tout le monde n'a pas forcément l'esprit civique et il semble que certaines routes d'Auckland sont très encombrées par ceux qui jouent la montre et essayent de partir avant l'arrivée de la tempête, malgré les nombreux avertissements de ne "prendre aucun risque". Il faut dire qu'il était fortement question ce matin de fermer le pont d'Auckland donnant accès au nord du fait des prévisions de raffales de vent dangereuses à 130-160 km/h mais aux dernières nouvelles, la défense civile est revenue sur cette possibilité de fermeture.

Certaines routes à l'Est et au Nord d'Auckland sont déjà inondées et fermées après un premier passage de pluies hier après-midi; à certains endroits, on estime qu'il pourrait encore tomber l'équivalent d'un mois de pluie en moins d'une journée à l'arrivée de Cook.

Des perturbations sont également à prévoir pour les vols internationaux et nationaux.     
 
Trajectoire probable de Cook - Source : NZ Herald


Selon les prédictions, le cyclone passera entre Tauranga et Whakatane sur la Bay of Plenty et les zones les plus impactées se situeront dans un rayon de 100 à 150 kilomètres, repassant en partie dans le sillage de Debbie qui a laissé son lot de dégâts. Mais si les 40mm de pluie par heure enregistrés avec Debbie étaient déjà exceptionnels, ce sera pire avec Cook qui devrait apporter non seulement 50 mm de pluie par heure mais aussi de terribles raffales de vents avec un risque énorme en termes d'érosion sur des sols fragilisés sans parler des maisons exposées, des coupures d'électricité probables, des toits et des arbres emportés ou des rivières sortant de leur lit... Cook sera bref et violent, du jamais vu depuis plus de vingt ans et le cyclone Giselle de 1968 qui avait provoqué le désastre du Wahine, un ferry qui a coulé entre Lyttelton et Wellington en emportant avec lui 52 personnes.

Aujourd'hui, Auckland, le Northland, le Far North, la Bay of Plenty, Waikato, Gisborne et Hawke's Bay seront les premier impactés, même si la ville d'Auckland reste légèrement en périphérie. La tempête devrait ensuite se déplacer rapidement vers le sud en direction de Wellington et du détroit de Cook pour arriver demain sur l'île du sud, Christchurch puis les côtes de l'Otago.

Les services météorologiques WeatherWatch faisaient d'ailleurs remarquer qu'il s'agit d'une première dans l'histoire avec une tempête nommée "Cook" qui non seulement frappera le détroit du même nom mais sera en plus directement au dessus de lui !

Brace, Brace !
 
Sources :
NZ Herald - ICI

vendredi 17 février 2017

Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?

Les titres du NZ Herald le 25 janvier 2017


Alors que les "grandes vacances d'été" 
viennent de se terminer en Nouvelle-Zélande 
et que les écoliers ont repris le chemin de l'école, 
une question a beaucoup
alimenté les conversations
après avoir fait l'actualité 
 fin janvier :

Faut-il changer les dates de l'été ?

Voilà une problématique 
qui rejoint un sujet 
que j'avais développé avec :




Cette fois, il ne s'agit toutefois pas tout à fait de la question des dates des saisons, toujours aussi floues, mais de celles des vacances d'été que certains voudraient voir décalées d'un mois, la faute à l'été pourri ! 




Mais de quoi s'agit-il exactement (2) ?

1 - Cette année, dans la plupart des régions de Nouvelle-Zélande, l'été a été plutôt pourri en décembre et en janvier avec des records de froid au sud du pays. L'été a semble-t-il fini par arriver en ce début de mois de février après avoir tardé à venir.

2 - À cette réalité, s'ajoute la "perception" qu'il s'agit d'une tendance : que l'été n'est plus ce qu'il était, qu'il a glissé pour se "décaler" un peu plus tard par rapport à ce que le pays pouvait connaitre par le passé, pour des raisons que certains n'hésitent pas à attribuer aux changements climatiques. 

3 - En Nouvelle-Zélande l'année scolaire démarre en février, entre Auckland's Day et Waitangi Day. Comme dans le reste du monde occidental, elle fait suite à une longue coupure pour les "vacances d'été" qui commencent ici un peu avant Noël, à la mi-décembre, au début de l'été austral.

Conclusion : décembre et janvier sont pourris, l'été tarde et février est plus estival si bien que les grandes vacances sont gâchées alors que les enfants doivent retourner à l'école au moment où il fait le plus chaud et le plus beau.

De là à la solution, il n'y a qu'un pas : il suffit de changer les dates du calendrier scolaire pour faire en sorte que les vacances d'été commencent en février au lieu de fin décembre


Pétition Peter Dunne/United Future 2017
Peter Dunne, député parlementaire pour le parti centriste United Future*, s'est emparé de la question fin janvier :
 il a d'abord lancé une pétition 
avant de soumettre sa proposition au parlement pour qu'elle y soit étudiée (4)
Cela risque de prendre un peu de temps parce qu'une modification du calendrier aurait des  conséquences pour plusieurs secteurs d'activités importants, de l'éducation à l'industrie touristique en passant par les services publics. 
Mais le député est confiant, fort d'avoir déjà initié et porté le projet du changement des horaires d'été effectif dans le pays depuis 2007.


L'idée du nouveau calendrier serait d'avoir :

→ une coupure courte au moment des fêtes de Noël et du nouvel an,
→ un retour à l'école en janvier pour terminer l'année scolaire,
→ des vacances d'été décalées à février,
→ une reprise pour une nouvelle année scolaire en mars.


Du côté de l'éducation (2), cela pourrait être une bonne chose car la reprise en février avec un temps chaud n'est pas toujours favorable à la concentration en classe. Par contre, du fait de programmes chargés et déjà difficiles à boucler, un changement n'est envisageable qu'avec un glissement équivalent des périodes d'examens... mais alors, la période des fêtes de fin d'année n'aura rien d'idéal pour ceux qui doivent faire rapidement les corrections.

Des industriels du tourisme (2) estiment quant à eux que cela peut avoir des retombées positives si l'on considère qu'un temps plus stable et plus chaud incitera les Kiwis à profiter d'avantage de ce que le pays à offrir et que les professionnels seront moins soumis aux risques d'annulations liées aux intempéries au moment des grandes vacances. Par contre, les modifications de calendrier envisagées risquent d'exacerber une demande saisonnière déjà tendue en faisant coïncider les grandes vacances nationales avec la plus haute saison pour les visiteurs internationaux dont la demande a été boostée ces dernières années côté asiatique du fait des vacances du nouvel an chinois.


Beaucoup de points à résoudre, peser et débattre qu'on pourrait résumer à:
les Kiwis ne sont pas sortis de l'auberge ! 


Et ceci d'autant moins qu'on peut tout de même s'interroger sur la justesse du postulat de base qui stipule que :

"L'été est meilleur en février qu'en janvier" 

Alors, mythe ou réalité ?

C'est une analyse sur laquelle mon journal de référence (3) s'est là encore penché en faisant appel à l'expertise d'une scientifique du NIWA (National Institute of Water and Atmosphere) qui a étudié et comparé les températures maximales et le nombre de jours de pluie enregistrés en janvier et en février sur une période longue et significative.

Qu'indiquent les chiffres ?

Si les gens ont généralement l'impression que février est le mois le plus chaud et le plus sec, ce n'est pas la même réalité suivant les régions. Pour Gisborne et Masterton par exemple, février est, en moyenne, plus humide et plus froid que janvier. Globalement et sur la durée, les températures moyennes de janvier et février ne diffèrent que d'un seul degré. La "perception" actuelle d'une différence plus importante est sans doute faussée par le mois de février exceptionnel de 2016 pendant lequel des records de températures avaient été enregistrés. L'étude de l'historique contrebalance cette impression et montre que ce mois n'est pas toujours le meilleur et qu'il n'est pas à l'abri d'épisodes de mauvais ou même de très mauvais temps.
Pour la scientifique, aucun élément de l'analyse ne permet de conclure à un quelconque "glissement" ou changement de rythme de l'été. Cette période est tout simplement et par définition "variable" et cette variabilité du climat est seule responsable du temps d'été.

Dans le même article (3), les journalistes se sont amusés à reprendre et décortiquer tous les chiffres, à grand renfort de courbes et de comparaisons sans finalement détecter de "nouvelle" tendance ou aboutir à d'autres conclusions.

En fait, si le temps d'été en Nouvelle-Zélande est très variable c'est lié
à sa position unique et extrême sur le globe terrestre (1) :
deux îles des 40ème rugissants, complètement isolées et soumises aux influences des vents du sud Pacifique !

Alors si la Nouvelle-Zélande n'est pas chapeautée par les hautes pressions d'un anticyclone, le pays est totalement exposé. C'est ce qui s'est passé en cette fin d'année 2016 et ce début 2017 : les anticyclones restaient au dessus de la mer de Tasman et le sud de l'Australie pour laisser le pays soumis à un temps extrêmement variable, empêchant l'installation d'un été long et chaud.






Tout ça pour dire que les fondements scientifiques d'un changement de temps sont loin d'être établis et que la donne n'est de toute façon pas maîtrisée. Le débat sur l'opportunité d'un changement de calendrier scolaire n'en est pas moins lancé et les parlementaires auront à se prononcer.

Une affaire à suivre en ne perdant tout de même pas de vue, bon sens oblige :

la Nouvelle-Zélande est le "pays du long nuage blanc" 
pas celui du "soleil chaud et sec" (1).  

(ou alors ça se saurait !)


Nota :
* Député depuis 1984, Peter Dunne est aujourd'hui l'unique représentant au parlement du parti centriste United Future. Il a toujours occupé une position ministérielle dans les gouvernements qui se sont succédés depuis 2008 (sauf le temps d'une suspension en 2013, levée en 2014), associé avec le parti Maori au parti gouvernemental minoritaire.

Sources et plus d'infos :
(1) New Zealand Summer : why are we waiting ? - NZ Herald 08/01/2017 - ICI
(2) Change of seasons: Time to move the Kiwi summer ? - NZ Herald 25/01/2017 - ICI
(3) Is summer really occuring later ? We crunch the numbers - NZ Herald 29/01/2017 - ICI
(4) United Future leader Peter Dunne launches petition on whether New Zealand should change summer dates - NZ Herald 26/01/2017 - ICI
(2) Summer solution: move it - Via pressReader - ICI