jeudi 19 octobre 2017

Paeroa - Village d'antiquaires

Dans le sud de la région de Coromandel, Paeroa est le "village natal" de la boisson L&P avec sa bouteille géante commémorative, mais pas seulement ...
D'abord parce que née dans le sillage de la ruée vers l'or, elle existait dans "le coeur d'or" avant sa bouteille "mondialement connue en Nouvelle-Zélande" à laquelle il a ensuite fallu substituer de nouvelles activités amenant Paeroa à se réinventer en "village des antiquaires", baptisé localement Antique Town of New Zealand.

Photo du panneau Antique Town of New Zeland Paeroa Nouvelle-Zélande

Nous y sommes passé la première fois à la fin d'un week-end, après la fermeture des boutiques ...

Photo de la boutique Arkwrights Paeroa Nouvelle-Zélande

... mais nous y sommes retournés mi-septembre à l'occasion du Paeora Antique Fair & Vintage Cars Show pour y trouver un peu plus d'animation et prendre le temps de parcourir les différentes boutiques.
Bon, il ne faut surtout pas imaginer pouvoir y dénicher un fauteuil ou une commode d'époque parce que, sauf exception, ces "antiquités" néo-zélandaises ont techniquement moins de 200 ans. Le terme de "brocante" serait d'ailleurs plus approprié en français parce qu'on y trouve peu de meubles et surtout du "bric-à-brac" en tous genres.

Sur la grande rue, la boutique "Arkwrights" est la plus connue et celle qui semble attirer le plus de monde.

Photos de brocante Paeroa Nouvelle-Zélande

C'est la caverne d'Ali Baba avec des objets du quotidien entassés dans tous les coins, plus ou moins organisés par sections, de la vaisselle, des verres, des couverts, des jouets, des outils, des vêtements, etc. Il faut surtout faire attention de ne rien accrocher parce qu'il y en a de tous les côtés et de partout, on ne sait pas trop où donner de la tête, même la caisse enregistreuse est d'époque... chose étonnante, ces entassements ne sont même pas poussiéreux, tout est bien propre et rutilant !

Photos de brocantes Paeroa Nouvelle-Zélande

On retrouve le même capharnaüm dans les nombreuses autres boutiques de la rue ...

Photo devitrine antiquaire Paeroa Nouvelle-Zélande

Photo de brocantes Paeroa Nouvelle-Zélande

... certaines enseignes sont spécialisées, comme ici : bouteilles en tous genres et de toutes époques, articles publicitaires et militaires ... rien ne se perd, tout peut resservir ...

Photos de boutique d'antiquaire Paeroa Nouvelle-Zélande

Compte tenu de la concentration de brocanteurs qui y ont élu domicile, Paeroa mérite bien son titre auto-proclamé d"Antique Town" parfaitement approprié. Alors si on aime ça, on peut y passer des heures à farfouiller. Et pour ceux qui n'aiment pas chiner, la promenade dans le village n'est pas dénuée d'intérêt avec quelques bâtiments "historiques" et, en prime, un certain nombre de peintures murales sans doute inspirées de l'expérience de Katikati.
Ça mérite bien de s'arrêter au moins une fois !

Photo de peinture murale Paeroa Nouvelle-Zélande

Photo de fresque murale Paeroa Nouvelle-Zélande

Photo de Paeroa Hotel Paeroa Nouvelle-Zélande
Paeroa Hotel,  un hôtel "historique"  ©SM
Photo de L&P Café à Paeroa Nouvelle-Zélande
La devanture du L&P Café de Paeroa : une  autre bouteille géante à l'autre bout de la ville, la boucle est bouclée  !  ©SM  

dimanche 15 octobre 2017

Le coeur d'or de Coromandel (3) - Waihi Gold Mine Tour

Après la découverte des aspects historiques et techniques de la ruée vers l'or au Gold Discovery Center et leurs conséquences sur le paysage de la ville au Waihi Martha Rim Walk, le coeur d'or de Coromandel continue de se révéler avec Waihi Gold Mine Tour présentant la version actuelle et moderne de l'exploitation minière.

Photo du minibus du Waihi Gold Mine Tour Coromandel Nouvelle-Zélande
Waihi Gold Mine Tour   ©DM

Cette visite guidée démarre par la reprise de quelques éléments historiques présentés au bord du puits de Martha, étayés de photos apportées par le guide pour illustrer ses propos. Même en ayant déjà parcouru les abords du puits, son apport est utile pour de nombreux détails qui nous auraient échappés sans son aide. C'est par exemple le cas de cavités dans la paroi qui, vues de loin semblent minuscules mais n'en sont pas moins d'anciennes entrées de la mine mesurant presque trois mètres de haut et par lesquelles pouvaient circuler les camions.

Photo d'un ancien trou  d'accès à la mine de Martha Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Dans la paroi, un "trou de souris" de presque 3 mètres de la haut - Une des anciennes entrées de la mine  ©DM

Après cette introduction, on embarque dans un minibus qui attend devant le Gold Discovery Center où nous sommes équipés de gilets fluorescents et de casques de chantiers de sécurité pour aller découvrir les abords de la nouvelle mine de Correnso au sud-est de la ville même s'il ne faut surtout pas imaginer qu'avec cet équipement on va y descendre !

On apprend au passage que les mines de Waihi qui comprennent le puits à ciel ouvert de Martha et la mine souterraine de Correnso ont été rachetées en 2015 par OceanaGold, une société australienne qui avait déjà des intérêts en Nouvelle-Zélande dans les mines de l'Otago. En plus de l'exploitation minière, la licence de l'entreprise lui permet de mener à bien des programmes d'exploration géologique focalisés sur la recherche de nouveaux filons aurifères. Elle affiche par ailleurs une politique de gestion "citoyenne" avec, au volet des investissements communautaires, un fond dédié aux projets locaux (écoles, clubs ou associations) et une participation active au développement touristique et de reconversion de la ville. Elle a par exemple favorisé la création du Vision Waihi Trust's mine tour business qui s'occupe des visites guidées en fournissant le minibus et en assurant son entretien tout en autorisant l'accès au site de Correnso.  

Une fois dans cette zone à l'accès contrôlé, on effectue un premier arrêt sur une hauteur qui domine la mine avec son usine permettant l'extraction de l'or ...

Photo de la nouvelle mine d'or de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Vue d'ensemble de la mine actuelle et son usine d'extraction  - Waihi    ©DM

À l'arrière, un tunnel plonge dans la colline avec une route d'accès sur laquelle circulent les camions et engins qui descendent dans les profondeurs de la mine pour aller en extraire la substance.

Photo de la nouvelle mine de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
À l'arrière de l'usine, le tunnel de la mine  - Waihi    ©DM

De ce promontoire d'observation, on remarque aussi un immense tapis roulant qui permet d'acheminer les boues résiduelles - une fois l'extraction de l'or terminée - jusqu'au dessus de notre promontoire sur la colline opposée à celle de l'usine ...

Photo de la nouvelle mine d'or de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Sur la gauche de l'image, le tapis d'évacuation des boues résiduelles - Waihi    ©DM

Elles sont convoyée jusqu'au sommet derrière nous, pour être déversées dans un immense bassin que l'on devine à la forme géométriques rectangulaire pas très naturelle de la colline, même si les vaches qui paissent sur les pentes des parois extérieurs donnent un air bucolique à l'ensemble.

Photo des pentes du bassin pour les boues résiduelles mine de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Sur les pentes du bassin de rejet des boues résiduelles, les vaches paissent ...   ©DM 

Avec le temps, les boues se déposent au fond de cet immense bassin et se modifient sous l'action de la lumière. L'eau en surface pourra être réutilisée et à terme, les bassins seront reconvertis en marais.


Photo du panneau explicatif du tailing Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Panneau explicatif sur l'évacuation / retraitement des boues résiduelles de la mine - Waihi   ©SM
Vue aérienne des bassins de "tailing" de Waihi-Correnso    Source : site d'OceanaGold 

De retour dans le minibus, on nous conduit jusqu'à l'usine sur un parking proche de l'entrée du tunnel de la mine que nous pouvons observer à loisir sans toutefois avoir l'autorisation de sortir du véhicule. On nous montre un tableau sur lequel les employés présents sur le site se doivent d'accrocher leurs badges afin de savoir de façon immédiate et à tous moments qui est sur place.

De la même façon, nous sommes véhiculés pour un circuit à travers l'usine avec deux autres arrêts pour voir le chemin et le processus suivis par le minerais une fois qu'il est sorti de la mine et l'observation des différentes installations par lesquelles il doit passer.  

Pour finir, le guide nous dépose au coeur de l'ensemble, sur un poste d'observation spécialement aménagé qui nous permet de sortir pour de dernières explications sur le processus technique et une vue au centre de l'usine où le minerais est concassé puis écrabouillé dans une sorte de lessiveuse géante remplie de boules d'aciers qui n'y résistent pas, réduit en poudre, traité chimiquement avant d'en extraire l'or et de rejeter les boues qu'il faut retraiter et finalement évacuer.    

Photo de l'usine d'extraction de l'or mine de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Au coeur de l'usine d'extraction de l'or - Waihi    ©SM

... de là, on peut manipuler des grosses et les petites boules d'acier de l'étape "lessiveuse" qui s'usent et doivent être régulièrement remplacées aux différentes étapes ...

Photo de détails usine d'extraction de l'or mine de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Des boules d'acier qu'il faut changer tous les trois mois pour cause d'usure ... Waihi   ©SM

... tout ça pour trois grammes d'or par tonne de quartz ... mais aussi beaucoup d'argent en produit dérivé moins précieux (Waihi est une mine d'or mais on y extrait 70% à 90% d'argent du minerais) ...

Photo sur l'or extrait du quartz de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Panneau explicatif  sur l'or de Waihi extrait du quartz   ©SM

... avec encore plein d'informations à glaner sur les panneaux concis et très bien faits pour les touristes que nous sommes.

Photo des panneaux du Waihi Gold Mine Tour de Waihi Coromandel Nouvelle-Zélande
Au coeur de l'usine, très bien faits, les panneaux explicatifs du Waihi Gold Mine Tour   ©DM

Une visite très intéressante, d'autant plus appréciée qu'en ce mois de septembre, "en saison basse", nous étions les seuls visiteurs et que notre guide passionné et passionnant n'en a pas pour autant compté son temps, nous consacrant deux grosses heures, plus que son temps réglementaire.

Voir aussi :
Le coeur d'or de Coromandel (1) - Waihi Gold Discovery Center - ICI
Le coeur d'or de Coromandel (2) - Waihi Martha Pit Rim Walk - ICI 

Infos pratiques :
Gold Discovery Center  ICI
Adresse : 126, Seddon Street - Waihi
+64 (7) 863 9015
Ouvert tous les jours de 9:00 à 16:00 l'hiver (jusqu'à 17:00 l'été)
Waihi Gold Mine Tour (visite guidée de la mine) : 10:30 et 12:30 l'hiver (une visite supplémentaire l'après-midi en été)
   Prix adulte : 36 NZD
Waihi Gold Experience (accès au musée)
   Prix adulte :  25 NZD
Waihi Gold Rush Encounter (combinaison des deux, musée + visite guidée de la mine)
   Prix adulte : 55 NZD

Plus d'infos :
Oceanagold - Waihi mining ICI
Is Waihi losing its golden glow ? - NZ Herald 14/06/2015 - ICI
Gold mine slip hits workers - 50 jobs to go - News now 28/05/2015  ICI)

mercredi 11 octobre 2017

Boîtes aux lettres de Nouvelle-Zélande (5) - La récup

Retour à l'un de mes sujets de prédilection avec une nouvelle série de boîtes aux lettres de Nouvelle-Zélande. Cette fois, j'y ai regroupé des "modèles de récupération", les plus courants, les pas beaux, les pas chics, les bricolages bizarres et quelques modèles uniques qui montrent finalement que rien ne se perd et que tout peut trouver un nouvel usage et tant pis si c'est moche du moment que ça rempli sa fonction ....

Au fin fond des campagnes néo-zélandaises, le modèle de récupération numéro un dans le "boîtes-parade" c'est sans doute le "four micro-onde" dont voici trois modèles, trois parmi la multitude. Ils ont l'avantage de s'ouvrir facilement, d'être assez grands et étanches ... pas bête !







Le challenger, "number two" : la berthe ou bidon métallique traditionnel qu'utilisaient les éleveurs pour stocker le lait. La forte représentation de ces pots désormais désuets semble plus naturelle et plus logique dans les espaces ruraux où ils se déclinent en tous états et toutes couleurs. En voici là  encore trois exemples :





Viennent ensuite les bidons, boîtes et autres objets en plastique (bout de canalisation ci-après). C'est en général très vilain mais c'est sûrement mieux en boîte aux lettres au bord du trottoir plutôt qu'à la décharge !
Le plastique se découpe, se bricole ou est laissé en l'état; certains essayent d'y ajouter une touche personnelle avec un coup de peinture et des décorations...









Les contenants métalliques sont eux-aussi couramment employés.
Ci-après un bricolage dans ce qui était sans doute un ancien fut à bière ainsi que quelques modèles dont l'origine est parfois plus incertaine :










On passe ensuite à des modèles réalisés à partir d'objets plus ou moins courants devenus inutiles et qui retrouvent ainsi une nouvelle vie.
La boîte-tonneau, on aime bien :



La boîte-moteur de bateau dont j'avais déjà glissé un modèle plus ou moins équivalent dans la série sur la mer...



... comme la boîte-bouée. J'aime bien ce modèle, on dirait qu'il sourit !



Et la boîte-chasse d'eau, sans doute le comble du mauvais goût, mais bon, pourquoi pas ?



Dans la même veine, il y a aussi la boîte-poubelle :



 Et pour finir, une boîte relativement standard sans pied et donc tout simplement posée sur une vieille chaise, vive le système D !



À suivre.

Voir aussi :
Collections - Boîtes aux lettres

samedi 7 octobre 2017

TSB Wallace Arts Center et Monte Cecilia Park - Auckland

À Auckland, dans le quartier d'Hillsborough, le Pah homestead est une villa italianisante inspirée d'Osborne, la maison de l'île de Wright de la reine Victoria et du prince Albert. Depuis 2010, elle héberge le TSB Bank Wallace Arts Center, vitrine / centre d'exposition / galerie d'art moderne associé au Wallace Arts Trust qui s'est fixé pour mission de "soutenir, promouvoir et exposer les artistes contemporains néo-zélandais tout en offrant au public des ressources culturelles et historiques uniques pour accéder à leur art". En plus d'assurer la gestion du Pah Homestead et de ses collections, la fondation travaille en association avec une cinquantaine d'institutions - écoles, universités, hôpitaux - auxquelles sont prêtées des œuvres afin d'élargir et diversifier les audiences. Dans son rôle de mentor, elle récompense chaque année plusieurs œuvres et artistes contemporains avec les Wallace Arts Awards, prix les plus anciens et les plus importants de ce type en Nouvelle-Zélande.

Photo du Pah Homestead à Auckland Nouvelle-Zélande
Pah Homestead - Villa italianisante d'Auckland transformée en galerie d'art moderne   ©SM

Entièrement rénovées et aménagées entre 2009 et 2010 par le Auckland Council, la maison et ses galeries sont en accès libre (petites donations encouragées). En plus de la dizaine de salles d'expositions, la villa est agrémentée d'une boutique, de toilettes, d'un café et de tables agréablement disposées sous les vérandas extérieures ouvrant sur un jardin des sculptures qui mérite la visite. Il n'y a que la tour qui est habituellement fermée au public mais les inconditionnels ont la possibilité d'y grimper au moins une fois dans l'année, sur réservation, au moment du Heritage Festival* (journées du patrimoine).
   
Photos de statues du jardin des sculptures Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Dans le jardin des sculptures du Pah Homestead    ©SM
Photos du jardin des sculptures Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Encore des sculptures du jardin   ©SM

À l'intérieur, les expositions tournent et se renouvellent régulièrement. Au moment de notre passage, on pouvait voir les œuvres primées en 2017 par la fondation et participer au 6è prix des écoles secondaires en votant pour une des œuvres d'élèves des lycées d'Auckland, toutes de grande qualité. Dans un registre un peu différent, l'exposition T as in "Tea" présentait toute une série de théières insolites plutôt ludiques.

Photo de la salle de bal salle d'exposition du Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Dans la "salle de bal" (ancienne chapelle aussi), les Wallace Arts Awards 2017   ©SM
Photos de collection de théières Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Quelques théière amusantes de l'exposition "T as in "Tea"      ©SM

Cette visite ne serait pas complète sans un tour du parc de Monte Cecilia inscrit depuis 1998 à la liste des Premier Park d'Auckland, les plus prestigieux et les plus significatifs historiquement. La maison-Pah Homestead trône sur ses hauteurs et en fait partie intégrante.

Photo du parc de Monte Cecilia Auckland Nouvelle-Zélande
La grande pelouse du parc Monte Cecilia devant le Pah Homestead    ©SM

Historiquement, ces terres furent d'abord celles des Maoris qui avaient édifié à une époque ancienne un pa (village fortifié) sur les hauteurs. En 1844, elles furent achetées par un marchand qui les revendit en 1870 à Thomas Russell** avant qu'elles ne soient reprises par James Williamson, homme d'affaires et politicien qui fit raser les constructions pré-existantes pour édifier sa "gentleman's residence".
Construite entre 1877 et 1879, sa villa était la plus grande et la plus coûteuse de son époque. Le paysage de la propriété se devait d'être tout aussi soigné, paré de jardins et d'allées arborées dont subsistent de très beaux restes qui constituent aujourd'hui l'une des plus belles collections de grands arbres exotiques d'Auckland.

Photos d'arbres du parc Monte Cecilia au Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Dans le parc Monte Cecilia, des arbres majestueux !    ©SM

Le parc est en outre doté d'une grande pelouse et de points de vues superbes sur la baie de Manukau ainsi que sur les sommets des volcans de Mangere et de One Tree Hill.

Photo de vue sur One Tree Hill a partir du parc Monte Cecilia Auckland Nouvelle-Zélande
Vue sur One Tree Hill    ©SM
Photo de vue sur la baie de Manukau à partir du parc de Monte Cecilia Auckland Nouvelle-Zélande
Vue sur la baie de Manukau   ©SM

Williamson imaginait créer une dynastie familiale avec pour symbole de prestige cette propriété mais son rêve fut brisé par les crises boursières qui, en 1886, l'obligèrent à vendre par lots. À sa mort en 1888, la maison passa sous l'égide de la Banque de Nouvelle-Zélande avant d'être reprise par les Sœurs de la Miséricorde en 1913. Propriété du diocèse catholique d'Auckland pendant 90 ans elle a connu de multiples usages suivant les époques et les besoins, orphelinat, couvent, internat ou encore centre d'accueil pour réfugiés. Classée au patrimoine en 1983 par le NZ Historic Places Trust, elle a finalement été rachetée par le Auckland Council en 2002 mais la Monte Cecilia Catholic School, école dont les terrains de sport sont mitoyens rappellent cette longue emprise catholique.
Les restaurations commanditées par le Auckland Council en 2009 lui ont redonné son lustre. La structure originale n'avait pratiquement pas bougé, pas plus que les portes, fenêtres, plafonds, parquets et cheminées de marbre intacts. Le travail de remise en état mené sous la houlette d'un cabinet d'architectes local, Matthews & Matthews Architects Ltd a été récompensé en 2010 par un grand prix d'architecture, dans la catégorie "patrimoine"/Auckland (NZIA Auckland Architecture Award for Heritage).

Bref, une visite très intéressante un peu dans la lignée d'Alberton ou d'Highwick mais en mieux parce que s'ajoutent deux dimensions supplémentaires à l'aspect patrimonial : celle de la culture et de l'art d'une part, celle d'un grand parc avec ses allées, ses vieux arbres majestueux et ses vues d'autre part.
À faire et refaire.

Notes :
Heritage Festival Turret Tours sur réservation, voir le site TSB Wallace Arts Center / Events. (la session 2017 était programmée les 3, 4 et 5 octobre).
** Russell était Membre du Auckland Horticultural Society et on lui doit certaines des plantes remarquables de la propriété, ficus et chênes notamment, aujourd'hui magnifiques.

Plus d'infos :
Wallace Arts Trust ICI
TSB Wallace Arts Center ICI
NZIA - New Zealand Institute of Architects Incorporated ICI

mercredi 4 octobre 2017

Gouvernement : la balle est au King Maker

En Nouvelle-Zélande après les élections générales du 23 septembre, la couleur du nouveau gouvernement reste incertaine et dépendante de celui que tout le monde surnomme le "King Maker".

Winston Peters, le "King Maker"    Source : NZ Herald 

La redistribution des 120 sièges parlementaires ne sera pas arrêtée avant l'annonce officielle du 7 octobre, après le décompte des "votes spéciaux"* pouvant encore changer les résultats déjà diffusés par la commission électorale :
- 58 sièges pour les National-conservateurs
- 52 sièges pour l'opposition composée des Labor-travaillistes (45) et des Green (7) [En partant du principe qu'aucune surprise/tractation ne viendra remettre en cause cette alliance]
- 9 sièges pour New Zealand First mené par le charismatique Winston Peters, 72 ans, leader Maori surnommé le "King Maker"
- 1 siège pour ACT
Les partis United Future et Maoris sont éliminés des bancs de l'assemblée alors qu'aucune autre formation n'y fait son entrée.

Résultats temporaires des élections Générales 2017 - Source : NZ Herald / Commission électorale NZ

Dans cette configuration, c'est le "petit parti" NZ First qui détient le pouvoir de faire pencher la balance de la majorité d'un côté ou de l'autre de l'assemblée. Winston Peters, le King Maker, est habitué à jouer les arbitres et à faire basculer les gouvernements dans un sens ou dans l'autre : en 1996, il avait aidé le parti National à prendre le pouvoir contre un poste de vice-premier ministre alors qu'il s'était joint au Labor en 2005 en échange des affaires étrangères ...
Après "consultations internes" auprès de son parti la semaine dernière, les négociations sont maintenant ouvertes pour savoir où ira son allégeance qu'il fera chèrement payer en ministère(s) ainsi qu'en concessions politiques ... à moins qu'il ne choisisse une troisième voie le plaçant sur la touche d'opposition pour orienter, des bancs de l'assemblée et au cas par cas la politique d'un gouvernement National minoritaire. 

C'est l'occasion pour quelques députés de s'interroger sur le bien fondé de la représentation proportionnelle et du poids qu'elle accorde aux "petits partis" alors que d'autres soulignent que "rien ne dit que le parti le plus représenté a le droit moral de gouverner", un vrai sujet !

Le plus formidable dans cette période d'incertitude, c'est le pragmatisme de certains journalistes kiwis - de radio en particulier- qui ne se perdent pas en conjectures et adoptent une attitude plutôt reposante : partant du principe que le nouveau gouvernement résultera de tractations nécessitant du temps, ils préfèrent traiter d'autres sujets en attendant que ça se passe, une belle illustration de l'adage tout vient à point qui sait attendre !

Notes:
Les "votes spéciaux" sont ceux des électeurs qui n'ont pas pu se déplacer dans un bureau électoral le jour de l'élection, pour des raisons très variées mais bien définies (malades, handicapés, séjours à l'étranger, impossibilité justifiée de voter le jour du scrutin, inscriptions sur les listes à moins de 31 jours du scrutin, etc.). Ils représenteraient 15% de l'électorat et des voix traditionnellement plutôt Labor-travaillistes et Green-Écologistes.   

Plus d'infos :
Political Roundup : The Winston Peters Problem - NZ Herald 3/10/2017 ICI
Peters says he will get deal done in time as NZ First's caucus meeting goes into the night - Stuff 3/10/2017 ICI
It's time to ditch the MMP threshold - Stuff 2/10/2017 ICI
Hans Grueber : Nothing says the largest party has moral right to govern - NZ Herald 2/10/2017 ICI
Terry Dunleavy : Tyranny of the minority the elephant in the political room - NZ Herald 3/10/2017 ICI
Michael Cox : Peters has had every coveted posts except PM - NZ herald 4/10/2017 ICI

lundi 2 octobre 2017

Touche pas à mon mouton !

Au pays du mouton, un débat faisait rage ces derniers jours sur les ondes radiophoniques après que SAFE (Save Animals From Exploitation), l'association de défense des animaux, ait apporté son soutien à la campagne américaine PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) s'attaquant à la filière laine qui ne serait pas éthique et cruelle envers les ovins. Avec le support d'acteurs hollywoodiens emblématiques et de slogans rappelant des campagnes antérieures contre la fourrure, ce mouvement a en effet lancé une opération de boycott de la laine soutenue par des messages tels que "la cruauté ne me va pas (Joaquin Phoenix)"*  ...


... ou encore le classique "mieux vaut rester nu plutôt que porter de la laine (Alicia Silverstone)".


La Nouvelle-Zélande était donc en émoi avec de la consternation du côté de l'association des éleveurs parce que le mouton est tout de même un symbole national sur lequel une bonne partie de l'économie s'est construite.

Côté détracteurs, on dénonce des pratiques "systématiques et cruelles" avec par exemple des éleveurs de Queenstown qui auraient récemment tondus leurs moutons pour les "renvoyer dans le froid sans leur laine sur le dos". Au moment de la tonte, les pauvres bêtes seraient en outre "manipulées sans ménagement et coincées dans des positions inconfortables, du stress qui malgré le professionnalisme et la rapidité des gestes s'accompagne souvent d'entailles sur leur peau ... un véritable choc psychologique et thermique." Bref, "même si les signes de stress ne sont pas visibles - parce que l'évolution naturelle les en prévient pour les protéger des prédateurs - des recherches montreraient des montées hormonales attestant de l'inconfort des bêtes pendant qu'on les rase".
Plus que la tonte, c'est le "mulesling" et un ensemble de pratiques que dénonce l'association PETA. Mais le mulesling est employé surtout en Australie pour retirer des bouts de peau sur l'arrière train des animaux afin d'éviter que les excréments s'y accrochent avec dans leur sillage, les mouches et les parasites. Cette pratique est interdite en Nouvelle-Zélande qui préfère, pour les même raisons, celle du "lamb docking", le raccourcissement de la queue. PETA considère qu'elle pose aussi problème si elle n'est pas pratiquée avec l'emploi d'analgésiques. À la liste des doléances s'ajoutent encore "la castration", "la peur infligée par les chiens de troupeaux qui menacent les ovins" ou "le froid imposé par l'agnelage en hiver" ...

Le mouton, partie intégrante du paysage néo-zélandais   ©SM
Autant de griefs qui paraissent absurdes aux éleveurs néo-zélandais qui se veulent des spécialistes soucieux de leurs bêtes et non des brutes. Après tout le mouton c'est leur capital et leur gagne pain. Et pour ce qui est des accusations de maltraitance, ils justifient toutes les pratiques :

- la tonte peut être comparée à une simple "coupe de cheveux". La laine pousse naturellement sur le dos des animaux où elle finit par peser si bien que ne pas y toucher exposerait au contraire les bêtes à des risques sanitaires, notamment l'été quand les mouches et les parasites viennent s'y nicher,
- quant au choc thermique de la tonte, les ciseaux et les pratiques sont ajustés à la saison afin de laisser une épaisseur adaptée aux températures : plus épais à la fin de l'hiver, plus ras le plein été venu.
- pas besoin de donner des analgésiques aux animaux pour le lamb docking avec l'utilisation d'anneaux qui font le même office en engourdissant la queue, pour endormir la douleur,
- pour ce qui est de l'agnelage en hiver, il dépend moins des éleveurs que du cycle de reproduction des brebis qui démarre naturellement en mars avec pour corollaire des premières mises bas en août (hiver),

La Nouvelle-Zélande c'est aujourd'hui 27 millions* de moutons. Sur ce total, 26 millions sont de races croisées tondues plus pour le confort des animaux que pour la laine dont les revenus couvrent à peine les frais de tonte. À l'heure actuelle, l'aspect économique dominant de cet élevage ce n'est plus la laine mais la viande et la raison pour laquelle le nombre de bêtes s'est considérablement réduit au cours des dernières décennies si on le rapporte aux plus de 60 millions de bêtes de la "grande époque". Le mouton s'est fait dépasser par les bovins et l'industrie laitière mais s'il fait moins recette, il reste un symbole auquel sont attachés les néo-zélandais. C'est un peu dans leurs gènes comme le montrent les réactions du grand public qui laissent penser que la campagne américaine de boycott de la laine ne trouvera pas de véritable écho chez eux .
Il me vient alors en tête un autre slogan qui aurait sans doute ici plus de succès : "touche pas à mon mouton" !

*Notes :
- Si on y regarde bien et c'est tout de même un peu ironique : les moutons de l'affiche PETA avec Joaquin Phoenix sont bien nets et proprets, un si joli manteau n'est sûrement pas une "toison laissée libre" parce que si l'homme n'y met pas sa patte - et on le voit bien dans les champs à la fin de l'hiver - ça peut devenir plutôt lourd et encombrant pour la bête ...
- Pour mémoire, le nombre de 27 millions de moutons est à rapprocher de celui de la population néo-zélandaise estimée à 4,5 millions environ, soit désormais une moyenne de 6 moutons par habitant alors que le record avait été établi en 1982, avec 72 millions de moutons et un ratio de 22 moutons/hab.

Source : The Weekly Times - The ratio of person to sheep in NZ has dropped - 21/08/2014  
Plus d'infos :
(Re-)écouter :
- Newstalk ZB Chris Lynch "Farmers rely on their animals for income so to suggest they are mistreating them is nonsense"- 28/09/2017    ICI
- Newstalk ZB Christ Lynch "SAFE backing PETA over wool boycott" - 28/09/2017 ICI
- sur Radio New Zealand "Sheep farmers up against PETA on wool clothing" - 28/09/2017  ICI
SAFE (Save Animals From Exploitation) New Zealand  ICI
PETA (People for the Ethical Treatment of Animals)    ICI
NZ Wool - Promotion de la laine NZ   ICI
NZ Sheepbreeders association  ICI