mercredi 11 octobre 2017

Boîtes aux lettres de Nouvelle-Zélande (5) - La récup

Retour à l'un de mes sujets de prédilection avec une nouvelle série de boîtes aux lettres de Nouvelle-Zélande. Cette fois, j'y ai regroupé des "modèles de récupération", les plus courants, les pas beaux, les pas chics, les bricolages bizarres et quelques modèles uniques qui montrent finalement que rien ne se perd et que tout peut trouver un nouvel usage et tant pis si c'est moche du moment que ça rempli sa fonction ....

Au fin fond des campagnes néo-zélandaises, le modèle de récupération numéro un dans le "boîtes-parade" c'est sans doute le "four micro-onde" dont voici trois modèles, trois parmi la multitude. Ils ont l'avantage de s'ouvrir facilement, d'être assez grands et étanches ... pas bête !







Le challenger, "number two" : la berthe ou bidon métallique traditionnel qu'utilisaient les éleveurs pour stocker le lait. La forte représentation de ces pots désormais désuets semble plus naturelle et plus logique dans les espaces ruraux où ils se déclinent en tous états et toutes couleurs. En voici là  encore trois exemples :





Viennent ensuite les bidons, boîtes et autres objets en plastique (bout de canalisation ci-après). C'est en général très vilain mais c'est sûrement mieux en boîte aux lettres au bord du trottoir plutôt qu'à la décharge !
Le plastique se découpe, se bricole ou est laissé en l'état; certains essayent d'y ajouter une touche personnelle avec un coup de peinture et des décorations...









Les contenants métalliques sont eux-aussi couramment employés.
Ci-après un bricolage dans ce qui était sans doute un ancien fut à bière ainsi que quelques modèles dont l'origine est parfois plus incertaine :










On passe ensuite à des modèles réalisés à partir d'objets plus ou moins courants devenus inutiles et qui retrouvent ainsi une nouvelle vie.
La boîte-tonneau, on aime bien :



La boîte-moteur de bateau dont j'avais déjà glissé un modèle plus ou moins équivalent dans la série sur la mer...



... comme la boîte-bouée. J'aime bien ce modèle, on dirait qu'il sourit !



Et la boîte-chasse d'eau, sans doute le comble du mauvais goût, mais bon, pourquoi pas ?



Dans la même veine, il y a aussi la boîte-poubelle :



 Et pour finir, une boîte relativement standard sans pied et donc tout simplement posée sur une vieille chaise, vive le système D !



À suivre.

Voir aussi :
Collections - Boîtes aux lettres

samedi 7 octobre 2017

TSB Wallace Arts Center et Monte Cecilia Park - Auckland

À Auckland, dans le quartier d'Hillsborough, le Pah homestead est une villa italianisante inspirée d'Osborne, la maison de l'île de Wright de la reine Victoria et du prince Albert. Depuis 2010, elle héberge le TSB Bank Wallace Arts Center, vitrine / centre d'exposition / galerie d'art moderne associé au Wallace Arts Trust qui s'est fixé pour mission de "soutenir, promouvoir et exposer les artistes contemporains néo-zélandais tout en offrant au public des ressources culturelles et historiques uniques pour accéder à leur art". En plus d'assurer la gestion du Pah Homestead et de ses collections, la fondation travaille en association avec une cinquantaine d'institutions - écoles, universités, hôpitaux - auxquelles sont prêtées des œuvres afin d'élargir et diversifier les audiences. Dans son rôle de mentor, elle récompense chaque année plusieurs œuvres et artistes contemporains avec les Wallace Arts Awards, prix les plus anciens et les plus importants de ce type en Nouvelle-Zélande.

Photo du Pah Homestead à Auckland Nouvelle-Zélande
Pah Homestead - Villa italianisante d'Auckland transformée en galerie d'art moderne   ©SM

Entièrement rénovées et aménagées entre 2009 et 2010 par le Auckland Council, la maison et ses galeries sont en accès libre (petites donations encouragées). En plus de la dizaine de salles d'expositions, la villa est agrémentée d'une boutique, de toilettes, d'un café et de tables agréablement disposées sous les vérandas extérieures ouvrant sur un jardin des sculptures qui mérite la visite. Il n'y a que la tour qui est habituellement fermée au public mais les inconditionnels ont la possibilité d'y grimper au moins une fois dans l'année, sur réservation, au moment du Heritage Festival* (journées du patrimoine).
   
Photos de statues du jardin des sculptures Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Dans le jardin des sculptures du Pah Homestead    ©SM
Photos du jardin des sculptures Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Encore des sculptures du jardin   ©SM

À l'intérieur, les expositions tournent et se renouvellent régulièrement. Au moment de notre passage, on pouvait voir les œuvres primées en 2017 par la fondation et participer au 6è prix des écoles secondaires en votant pour une des œuvres d'élèves des lycées d'Auckland, toutes de grande qualité. Dans un registre un peu différent, l'exposition T as in "Tea" présentait toute une série de théières insolites plutôt ludiques.

Photo de la salle de bal salle d'exposition du Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Dans la "salle de bal" (ancienne chapelle aussi), les Wallace Arts Awards 2017   ©SM
Photos de collection de théières Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Quelques théière amusantes de l'exposition "T as in "Tea"      ©SM

Cette visite ne serait pas complète sans un tour du parc de Monte Cecilia inscrit depuis 1998 à la liste des Premier Park d'Auckland, les plus prestigieux et les plus significatifs historiquement. La maison-Pah Homestead trône sur ses hauteurs et en fait partie intégrante.

Photo du parc de Monte Cecilia Auckland Nouvelle-Zélande
La grande pelouse du parc Monte Cecilia devant le Pah Homestead    ©SM

Historiquement, ces terres furent d'abord celles des Maoris qui avaient édifié à une époque ancienne un pa (village fortifié) sur les hauteurs. En 1844, elles furent achetées par un marchand qui les revendit en 1870 à Thomas Russell** avant qu'elles ne soient reprises par James Williamson, homme d'affaires et politicien qui fit raser les constructions pré-existantes pour édifier sa "gentleman's residence".
Construite entre 1877 et 1879, sa villa était la plus grande et la plus coûteuse de son époque. Le paysage de la propriété se devait d'être tout aussi soigné, paré de jardins et d'allées arborées dont subsistent de très beaux restes qui constituent aujourd'hui l'une des plus belles collections de grands arbres exotiques d'Auckland.

Photos d'arbres du parc Monte Cecilia au Pah Homestead Auckland Nouvelle-Zélande
Dans le parc Monte Cecilia, des arbres majestueux !    ©SM

Le parc est en outre doté d'une grande pelouse et de points de vues superbes sur la baie de Manukau ainsi que sur les sommets des volcans de Mangere et de One Tree Hill.

Photo de vue sur One Tree Hill a partir du parc Monte Cecilia Auckland Nouvelle-Zélande
Vue sur One Tree Hill    ©SM
Photo de vue sur la baie de Manukau à partir du parc de Monte Cecilia Auckland Nouvelle-Zélande
Vue sur la baie de Manukau   ©SM

Williamson imaginait créer une dynastie familiale avec pour symbole de prestige cette propriété mais son rêve fut brisé par les crises boursières qui, en 1886, l'obligèrent à vendre par lots. À sa mort en 1888, la maison passa sous l'égide de la Banque de Nouvelle-Zélande avant d'être reprise par les Sœurs de la Miséricorde en 1913. Propriété du diocèse catholique d'Auckland pendant 90 ans elle a connu de multiples usages suivant les époques et les besoins, orphelinat, couvent, internat ou encore centre d'accueil pour réfugiés. Classée au patrimoine en 1983 par le NZ Historic Places Trust, elle a finalement été rachetée par le Auckland Council en 2002 mais la Monte Cecilia Catholic School, école dont les terrains de sport sont mitoyens rappellent cette longue emprise catholique.
Les restaurations commanditées par le Auckland Council en 2009 lui ont redonné son lustre. La structure originale n'avait pratiquement pas bougé, pas plus que les portes, fenêtres, plafonds, parquets et cheminées de marbre intacts. Le travail de remise en état mené sous la houlette d'un cabinet d'architectes local, Matthews & Matthews Architects Ltd a été récompensé en 2010 par un grand prix d'architecture, dans la catégorie "patrimoine"/Auckland (NZIA Auckland Architecture Award for Heritage).

Bref, une visite très intéressante un peu dans la lignée d'Alberton ou d'Highwick mais en mieux parce que s'ajoutent deux dimensions supplémentaires à l'aspect patrimonial : celle de la culture et de l'art d'une part, celle d'un grand parc avec ses allées, ses vieux arbres majestueux et ses vues d'autre part.
À faire et refaire.

Notes :
Heritage Festival Turret Tours sur réservation, voir le site TSB Wallace Arts Center / Events. (la session 2017 était programmée les 3, 4 et 5 octobre).
** Russell était Membre du Auckland Horticultural Society et on lui doit certaines des plantes remarquables de la propriété, ficus et chênes notamment, aujourd'hui magnifiques.

Plus d'infos :
Wallace Arts Trust ICI
TSB Wallace Arts Center ICI
NZIA - New Zealand Institute of Architects Incorporated ICI

mercredi 4 octobre 2017

Gouvernement : la balle est au King Maker

En Nouvelle-Zélande après les élections générales du 23 septembre, la couleur du nouveau gouvernement reste incertaine et dépendante de celui que tout le monde surnomme le "King Maker".

Winston Peters, le "King Maker"    Source : NZ Herald 

La redistribution des 120 sièges parlementaires ne sera pas arrêtée avant l'annonce officielle du 7 octobre, après le décompte des "votes spéciaux"* pouvant encore changer les résultats déjà diffusés par la commission électorale :
- 58 sièges pour les National-conservateurs
- 52 sièges pour l'opposition composée des Labor-travaillistes (45) et des Green (7) [En partant du principe qu'aucune surprise/tractation ne viendra remettre en cause cette alliance]
- 9 sièges pour New Zealand First mené par le charismatique Winston Peters, 72 ans, leader Maori surnommé le "King Maker"
- 1 siège pour ACT
Les partis United Future et Maoris sont éliminés des bancs de l'assemblée alors qu'aucune autre formation n'y fait son entrée.

Résultats temporaires des élections Générales 2017 - Source : NZ Herald / Commission électorale NZ

Dans cette configuration, c'est le "petit parti" NZ First qui détient le pouvoir de faire pencher la balance de la majorité d'un côté ou de l'autre de l'assemblée. Winston Peters, le King Maker, est habitué à jouer les arbitres et à faire basculer les gouvernements dans un sens ou dans l'autre : en 1996, il avait aidé le parti National à prendre le pouvoir contre un poste de vice-premier ministre alors qu'il s'était joint au Labor en 2005 en échange des affaires étrangères ...
Après "consultations internes" auprès de son parti la semaine dernière, les négociations sont maintenant ouvertes pour savoir où ira son allégeance qu'il fera chèrement payer en ministère(s) ainsi qu'en concessions politiques ... à moins qu'il ne choisisse une troisième voie le plaçant sur la touche d'opposition pour orienter, des bancs de l'assemblée et au cas par cas la politique d'un gouvernement National minoritaire. 

C'est l'occasion pour quelques députés de s'interroger sur le bien fondé de la représentation proportionnelle et du poids qu'elle accorde aux "petits partis" alors que d'autres soulignent que "rien ne dit que le parti le plus représenté a le droit moral de gouverner", un vrai sujet !

Le plus formidable dans cette période d'incertitude, c'est le pragmatisme de certains journalistes kiwis - de radio en particulier- qui ne se perdent pas en conjectures et adoptent une attitude plutôt reposante : partant du principe que le nouveau gouvernement résultera de tractations nécessitant du temps, ils préfèrent traiter d'autres sujets en attendant que ça se passe, une belle illustration de l'adage tout vient à point qui sait attendre !

Notes:
Les "votes spéciaux" sont ceux des électeurs qui n'ont pas pu se déplacer dans un bureau électoral le jour de l'élection, pour des raisons très variées mais bien définies (malades, handicapés, séjours à l'étranger, impossibilité justifiée de voter le jour du scrutin, inscriptions sur les listes à moins de 31 jours du scrutin, etc.). Ils représenteraient 15% de l'électorat et des voix traditionnellement plutôt Labor-travaillistes et Green-Écologistes.   

Plus d'infos :
Political Roundup : The Winston Peters Problem - NZ Herald 3/10/2017 ICI
Peters says he will get deal done in time as NZ First's caucus meeting goes into the night - Stuff 3/10/2017 ICI
It's time to ditch the MMP threshold - Stuff 2/10/2017 ICI
Hans Grueber : Nothing says the largest party has moral right to govern - NZ Herald 2/10/2017 ICI
Terry Dunleavy : Tyranny of the minority the elephant in the political room - NZ Herald 3/10/2017 ICI
Michael Cox : Peters has had every coveted posts except PM - NZ herald 4/10/2017 ICI

lundi 2 octobre 2017

Touche pas à mon mouton !

Au pays du mouton, un débat faisait rage ces derniers jours sur les ondes radiophoniques après que SAFE (Save Animals From Exploitation), l'association de défense des animaux, ait apporté son soutien à la campagne américaine PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) s'attaquant à la filière laine qui ne serait pas éthique et cruelle envers les ovins. Avec le support d'acteurs hollywoodiens emblématiques et de slogans rappelant des campagnes antérieures contre la fourrure, ce mouvement a en effet lancé une opération de boycott de la laine soutenue par des messages tels que "la cruauté ne me va pas (Joaquin Phoenix)"*  ...


... ou encore le classique "mieux vaut rester nu plutôt que porter de la laine (Alicia Silverstone)".


La Nouvelle-Zélande était donc en émoi avec de la consternation du côté de l'association des éleveurs parce que le mouton est tout de même un symbole national sur lequel une bonne partie de l'économie s'est construite.

Côté détracteurs, on dénonce des pratiques "systématiques et cruelles" avec par exemple des éleveurs de Queenstown qui auraient récemment tondus leurs moutons pour les "renvoyer dans le froid sans leur laine sur le dos". Au moment de la tonte, les pauvres bêtes seraient en outre "manipulées sans ménagement et coincées dans des positions inconfortables, du stress qui malgré le professionnalisme et la rapidité des gestes s'accompagne souvent d'entailles sur leur peau ... un véritable choc psychologique et thermique." Bref, "même si les signes de stress ne sont pas visibles - parce que l'évolution naturelle les en prévient pour les protéger des prédateurs - des recherches montreraient des montées hormonales attestant de l'inconfort des bêtes pendant qu'on les rase".
Plus que la tonte, c'est le "mulesling" et un ensemble de pratiques que dénonce l'association PETA. Mais le mulesling est employé surtout en Australie pour retirer des bouts de peau sur l'arrière train des animaux afin d'éviter que les excréments s'y accrochent avec dans leur sillage, les mouches et les parasites. Cette pratique est interdite en Nouvelle-Zélande qui préfère, pour les même raisons, celle du "lamb docking", le raccourcissement de la queue. PETA considère qu'elle pose aussi problème si elle n'est pas pratiquée avec l'emploi d'analgésiques. À la liste des doléances s'ajoutent encore "la castration", "la peur infligée par les chiens de troupeaux qui menacent les ovins" ou "le froid imposé par l'agnelage en hiver" ...

Le mouton, partie intégrante du paysage néo-zélandais   ©SM
Autant de griefs qui paraissent absurdes aux éleveurs néo-zélandais qui se veulent des spécialistes soucieux de leurs bêtes et non des brutes. Après tout le mouton c'est leur capital et leur gagne pain. Et pour ce qui est des accusations de maltraitance, ils justifient toutes les pratiques :

- la tonte peut être comparée à une simple "coupe de cheveux". La laine pousse naturellement sur le dos des animaux où elle finit par peser si bien que ne pas y toucher exposerait au contraire les bêtes à des risques sanitaires, notamment l'été quand les mouches et les parasites viennent s'y nicher,
- quant au choc thermique de la tonte, les ciseaux et les pratiques sont ajustés à la saison afin de laisser une épaisseur adaptée aux températures : plus épais à la fin de l'hiver, plus ras le plein été venu.
- pas besoin de donner des analgésiques aux animaux pour le lamb docking avec l'utilisation d'anneaux qui font le même office en engourdissant la queue, pour endormir la douleur,
- pour ce qui est de l'agnelage en hiver, il dépend moins des éleveurs que du cycle de reproduction des brebis qui démarre naturellement en mars avec pour corollaire des premières mises bas en août (hiver),

La Nouvelle-Zélande c'est aujourd'hui 27 millions* de moutons. Sur ce total, 26 millions sont de races croisées tondues plus pour le confort des animaux que pour la laine dont les revenus couvrent à peine les frais de tonte. À l'heure actuelle, l'aspect économique dominant de cet élevage ce n'est plus la laine mais la viande et la raison pour laquelle le nombre de bêtes s'est considérablement réduit au cours des dernières décennies si on le rapporte aux plus de 60 millions de bêtes de la "grande époque". Le mouton s'est fait dépasser par les bovins et l'industrie laitière mais s'il fait moins recette, il reste un symbole auquel sont attachés les néo-zélandais. C'est un peu dans leurs gènes comme le montrent les réactions du grand public qui laissent penser que la campagne américaine de boycott de la laine ne trouvera pas de véritable écho chez eux .
Il me vient alors en tête un autre slogan qui aurait sans doute ici plus de succès : "touche pas à mon mouton" !

*Notes :
- Si on y regarde bien et c'est tout de même un peu ironique : les moutons de l'affiche PETA avec Joaquin Phoenix sont bien nets et proprets, un si joli manteau n'est sûrement pas une "toison laissée libre" parce que si l'homme n'y met pas sa patte - et on le voit bien dans les champs à la fin de l'hiver - ça peut devenir plutôt lourd et encombrant pour la bête ...
- Pour mémoire, le nombre de 27 millions de moutons est à rapprocher de celui de la population néo-zélandaise estimée à 4,5 millions environ, soit désormais une moyenne de 6 moutons par habitant alors que le record avait été établi en 1982, avec 72 millions de moutons et un ratio de 22 moutons/hab.

Source : The Weekly Times - The ratio of person to sheep in NZ has dropped - 21/08/2014  
Plus d'infos :
(Re-)écouter :
- Newstalk ZB Chris Lynch "Farmers rely on their animals for income so to suggest they are mistreating them is nonsense"- 28/09/2017    ICI
- Newstalk ZB Christ Lynch "SAFE backing PETA over wool boycott" - 28/09/2017 ICI
- sur Radio New Zealand "Sheep farmers up against PETA on wool clothing" - 28/09/2017  ICI
SAFE (Save Animals From Exploitation) New Zealand  ICI
PETA (People for the Ethical Treatment of Animals)    ICI
NZ Wool - Promotion de la laine NZ   ICI
NZ Sheepbreeders association  ICI

vendredi 29 septembre 2017

Quel décalage horaire entre la France et la Nouvelle-Zélande ?

Dimanche dernier, nous avons avancé nos montres d'une heure et sommes passés en Daylight Saving Time alors que la France n'est pas encore passée à l'heure d'hiver ... Mais alors, quel est le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France ?

Article matheux, attention ça va chauffer !!!  ...





... ou comment illustrer mois par mois, par un tableau et des couleurs, le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France en fonction des saisons et des dates de changement d'heure :

Mois par mois - Les décalages horaires entre NZ et France pour l'année calendaire 2017

Explications :

Colonnes "saison" :
Situées dans deux hémisphères opposées, les saisons sont inversées entre la Nouvelle-Zélande et la France. Elles sont récapitulées en quatre couleurs dans le tableau en les calant sur une approche "approximative", "à la néo-zélandaise", c'est à dire en simplifiant au mois "entier" plutôt que de tenir compte de leurs dates de solstices/équinoxes qui tombent en cours de mois sans rien apporter à la problématique du décalage horaire.

Colonnes "heure":
Les deux pays pratiquent l'heure d'été ("daylight saving" en NZ) et l'heure d'hiver identifiées en deux couleurs dans le tableau. Les règles appliquées ne sont pas tout à fait les mêmes* dans les deux pays si bien que les dates de changement d'heure sont différentes, elles sont donc reportées dans le tableau.
Résultat : les heures d'été et d'hiver sont inversées sauf aux périodes de changement intermédiaires où les heures d'été se chevauchent d'une semaine ou un mois (jamais les heures d'hiver).

Colonne centrale "Décalage horaire", en rose :
On en déduit le décalage horaire entre la Nouvelle-Zélande et la France qui sera de 12 heures, 11 heures ou 10 heures selon le moment de l'année.




De façon pratique, pour l'appliquer, il suffit de se rappeler que la Nouvelle-Zélande est le premier pays après la ligne de changement de date et qu'elle est donc toujours en avance sur la France, si bien que :
-->  De Nouvelle-Zélande on soustrait le décalage à l'heure locale pour déterminer l'heure française (si le résultat est négatif, la France est encore "la veille" à J-1),
--> De France, on ajoute le décalage à l'heure locale pour connaitre l'heure en NZ (si le total est supérieur à 24, la Nouvelle-Zélande est déjà passée au jour d'après à J+1),


Exemple 1 :
Le 28 septembre à Auckland,
Le tableau donne un décalage de 11 heures NZ-France,
S'il est 16 heures à Auckland, il est 16 - 11 = 4 heures du matin le même jour en France.
Exemple 2 :
C'est le 15 décembre en France,
Le tableau donne un décalage de 12 heures NZ-France,
S'il est 11 h à Paris, il est 11 + 12 = 23 h le même jour à Auckland,


Toujours un casse-tête mais une bonne occasion de mettre à jour la page de ce blog et d'y ajouter deux horloges qui indiquent en temps réel l'heure d'Auckland et celle de Paris ... ça évite les calculs et c'est plus simple, non ?

Et pour répondre à la question posée en introduction : le week-end dernier, nous sommes passés de 10h à 11h de décalage avec la France ...pour un mois seulement parce que le 28 octobre, il passera à son maximum de 12h.

Notes :
* Depuis 2007, suite à un débat au parlement et à une enquête d'opinion nationale, le "Daylight Saving" (heure d'été) est observé en Nouvelle-Zélande du dernier dimanche de septembre au premier dimanche d'avril.
Pour ce qui est des règles françaises, les dates sont calées sur le dernier dimanche de mars (début de l'heure d'été) et le dernier dimanche d'octobre (début de l'heure d'hiver).

Pour 2018 et les années suivantes, la structure du tableau reste toujours la même, il faut juste modifier les dates de changements d'heures pour chaque pays en fonction de leurs calendriers respectifs :

Mois par mois, les décalages horaires entre NZ et France pour l'année calendaire 2018

Plus d'infos :
Daylight Saving - NZ Government  ICI

mardi 26 septembre 2017

La dune, le lac et la chute de Wainamu - Waitakere Ranges Regional Park

Caché dans les terres à un kilomètre en amont de la plage de Te Hanga / The Bethells, le sentier du lac Wainamu* est un bijou à multiples facettes niché en limite du parc régional de Waitakere Ranges. Le chemin démarre du petit parking sur Bethells Road situé juste à côté d'un pont qui chevauche le ruisseau Waiti dont il faut d'abord suivre les méandres sableux ...

Photo du ruisseau Waiti Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

Rapidement, le paysage se transforme, soudain coupé d'une gigantesque dune de sable noir totalement insolite entre les collines verdoyantes à l'intérieur des terres. Accumulé en plusieurs phases sur des centaines d'années, ce sable est resté piégé à cet endroit après la dernière glaciation quand la mer est descendue à son niveau actuel. Sa masse s'impose dans le paysage comme un barrage de retenu naturel bloquant le flux de l'eau en amont qu'il emprisonne pour former le lac Wainamu.
    
Photo de la dune de sable Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

Aujourd'hui cette dune appartient à un particulier qui le fait amplement savoir même si les marcheurs ont l'autorisation de la traverser pour rejoindre directement le lac Wainamu situé de l'autre côté.  

Photo de la dune de sable Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

On fait alors une bonne grimpette avec la drôle d'impression de traverser un désert, une sensation bizarre au milieu du vert des collines qui tranche tout autour. La marche dans le sable n'est pas difficile parce qu'on ne s'y enfonce pas trop, il est bien tassé. Lorsqu'on se retourne en approchant du sommet, on peut apercevoir au loin la mer de Tasman sous les nuages dans le "V" du relief alors que trois petits points, d'autres marcheurs du week-end, donnent une indication de l'échelle.

Photo de la dune de sable Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

Des hauteurs en plateau, on commence alors à deviner le lac retenu par ce sable noir dérivé pour partie des roches volcaniques de Taranaki, porté en d'autres temps jusqu'au nord par des courants côtiers. Wainamu** est l'un des trois lacs d'eau douce ainsi créés par le sable à proximité de Te Henga / The Bethells avec Kawaupaka et Waiataru mais c'est le seul accessible parce que les deux autres sont sur des terrains privés fermés.

Photo de la dune de sable Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

En se rapprochant encore du lac, on domine de très haut le ruisseau longé au départ. Il sert de chemin alternatif pour rejoindre le lac ou en revenir, celui que nous emprunterons au retour. Immenses toboggans de sable, les pentes font le régal des amateurs de sensations et des enfants qui viennent les dévaler en glissant sur des planches ou sur les fesses quand ils ne sont pas équipés. C'est un véritable divertissement national que nous avons déjà eu l'occasion de voir pratiquer près du cap Reinga, dans la baie d'Hokianga ou aux environs de Raglan, partout où se dressent des dunes de sable géantes.
Mais ici les pentes se dressent parfois presque comme des falaises, abruptes et vertigineuses, dangereuses même comme nous pourrons le constater plus tard dans la journée avec un accident grave nécessitant la venue de l'hélicoptère de secours appelé pour évacuer un blessé. Pour les simples amateurs de paysage, ça reste heureusement sans risque !

Photo de la dune de sable Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

La dune forme ensuite une plage au bord du lac, idéale pour les pique-niques, une pause ou les baigneurs qui y trouvent une zone plus sûre et une eau plus chaude que celles de la mer de Tasman (avec même des toilettes publiques !).
De là, on peut se lancer dans le tour du lac que nous avons effectué dans le sens inverse des aiguilles d'une montre avec encore des panneaux qui rappellent que cette partie traverse des terrains privés. Ce qu'ils n'indiquent pas, c'est l'état du sentier qui n'était le jour de notre passage et sur de longues sections que bouillasse profonde et glissante, parfois glaiseuse et collante, impossible à contourner si bien que nous avons fini crottés jusqu'aux chevilles ... Nous ne sommes sans doute pas encore suffisamment assimilés mais la cool attitude aurait été de retirer les chaussures et de marcher pieds nus comme certains kiwis n'hésitent pas à le faire ! Beurk, beurk, beurk !      

Photo du lac Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

Les chaussures ça se nettoie alors pas de regrets d'autant que le chemin laisse entrevoir de très beaux points de vues sur le lac, sa plage de sable noir avec la dune en arrière plan, comme ici ...

Photo du lac Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

.. ou encore là :

Photo du lac Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

On passe au pied de collines boisées et des zones de marais au bord du lac :

Photo de Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

Tout au bout du plan d'eau, les efforts sont récompensés par une jolie cascade, la chute de Wainamu aussi appelée Waitohi Falls.

Photo de la chute de Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

Elle a plusieurs niveaux et est surveillée par l'ancêtre Maori Kowhatukiteuru dont le pou (statue) est marqué à l'arrière de spirales, symboles des nombreuses sources de la région. Elles sont exposées près de l'endroit autrefois réservé aux rituels préparant les jeunes nageurs que la tribu locale envoyait faire provision de Kainmoana (fruits de mers).  


Un dernier coup d’œil à la chute et on peut repartir par la rive nord qui traverse des zones publiques plus praticables que celle du sud même si le sentier n'est, là encore, pas totalement exempt de zones de gadoue (avec un petit air et une chanson de Gainsbourg dans la tête bien sûr !).

Photo de la chute de Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

Le circuit autour du lac est bouclé lorsqu'on revient vers la plage de départ, au pied de la dune ... 

Photo de la dune de sable et du lac de Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande

... et que le sentier est dominé par des champs où paissent des moutons derrière les clôtures, signes de l'activité agricole qui s'y pratique et de la position "en limite" de cette partie du parc régional. 

Photo de champs à Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande


On termine le circuit en longeant le ruisseau dans lequel il faut inévitablement mettre les pieds pour traverser (bonne occasion de nettoyer les chaussures !). On a alors une vision impressionnante, "par le bas", de la hauteur de la dune alors que les points qui la dominent sont ceux qui s'adonnent à la glisse, avec ou sans planche.

Photo du ruisseau à Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande


À l'arrivée, une balade de 8 kilomètres environ pour laquelle il faut compter 2h00/2h30 de marche. Le terrain a un peu de dénivelé pour grimper la dune mais pour notre visite, la seule véritable difficulté était plutôt la boue de la rive sud que l'on peut éviter si on la craint en se contentant d'un aller-retour par la rive nord, à moins d'attendre la période plus estivale qui devrait assécher le terrain.   

Photo du panneau de Lake Wainamu Tracks au lac Wainamu Waitakere Regional Park Auckland Nouvelle-Zélande


Notes :
* Cette boucle partage une section du Hillary Trail, la randonnée de plusieurs jours à travers les Waitakere Ranges. Du parking, elle se connecte au Te Henga Walkway qui part vers la mer alors que le sentier de la rive sud permet de rejoindre Houghton Track qui rejoint l'intérieur du parc régional.
**Il est parfois difficile de trouver le sens des mots maoris. Nom géographique, Wainamu est sans doute constitué de "Wai" qui signifie "l'eau" et "namu" pour les "sandflies" (mouches des sables) ... tout à fait possible compte tenu des piqûres constatées les jours suivants sur les bras exposés ! Kawaupaka est le nom d'un oiseau alors qu'on retrouve le "wai" d'eau dans "Waiataru" complété de a et taru qui font sans doute référence à des herbes.

Plus d'infos :
Lake Wainamu Track - Auckland Council ICI
History of Te Henga / Bethells Beach - Te Henga Bethells Community Hub ICI
Wainamu Falls - New Zealand Waterfalls ICI