lundi 11 septembre 2017

L&P - World famous in New Zealand


"World famous in New Zealand" ... cette phrase qui ne manque pas d'humour est "mondialement connue en Nouvelle-Zélande" et intimement associée à L& P,  "LA boisson gazeuse nationale" enregistrée comme telle à la liste des "kiwiana"*, les choses typiquement néo-zélandaises qui déclenchent un réflexe nationaliste et nostalgique pavlovien pour tout kiwi bien né qui se respecte, où qu'il se trouve.


Photo de publicité L&P world Famous in New Zealand Paeroa Nouvelle-Zélande
World Famous in New Zealand - Publicité L&P    ©DM 

L&P, est l'abbréviation de Lemon & Paeroa, pour "Citron et Paeroa" du nom d'une petite ville située au sud de la péninsule de Coromandel un peu en amont de la vallée de l'or de Karangahake. Il y coule une source d'eau minérale naturellement gazeuze, sorte de Perrier ou de Vichy local dont les premières analyses/expertises furent établies en 1904 par Arthur Wohlman, fonctionnaire balnéologue, qui attribua le goût particulier de l'eau de Paeroa à sa forte concentration en bicarbonate de potassium, à partir de laquelle fut longtemps produit L&P avec le simple ajout d'un peu de citron.

Photo de bouteilles L&P au supermarché Nouvelle-Zélande
Dans mon supermarché, L&P en différentes versions : originale, "float" ou "sans sucre"    ©SM   

Un peu d'histoire entreprenariale ...

La source de Paeroa coulait sur un terrain privé qui changea plusieurs fois de mains entre 1889 et 1908 mais elle était connue de la population locale qui y avait accès et venait régulièrement s'y approvisionner. Les choses changèrent en 1908 avec son rachat par deux beaux-frères qui débutèrent la mise en bouteille à des fin commerciales et établirent la Paeroa Natural Mineral Water Company enregistrée en 1910. L'entreprise s'appuya sur le transport fluvial pour développer une clientèle importante couvrant un large rayon géographique de distribution comprenant Auckland. Dès 1908, son offre incluait le célèbre "Paeroa and Lemon" concocté par l'ajout de citron à l'eau mise en bouteille.

Entête du papier à lettre de Paeroa Natural Mineral Water Company - Source : Ohinemuri.org.nz

En 1915, la société fut rachetée par Grey and Menzies Limited, une entreprise locale de production d'eau gazeuse née en 1902 de la fusion de John Grey & Sons, société d'Auckland avec un comptoir sur Coromandel et Menzies Ltd qui avait son siège sur Thames (Coromandel) et des usines à Paeroa, Waihi et Te Aroha. Les années qui suivirent ce rachat furent florissantes et amenèrent de nouveaux investissement à Paeroa qui vit l'ouverture d'une nouvelle usine en 1926.
Populaire, le produit "Paeroa and Lemon" continua lui aussi sa progression, un temps "assemblé et distribué" à partir de l'usine d'Auckland avec l'eau brute venue de Paeroa avant d'être de nouveau préparé directement à l'usine de Paeroa (après 1934). Progressivement, le nom de cette boisson s'est transformée pour passer de "Paeroa & Lemon" à "Lemon & Paeroa" sans qu'il soit possible de déterminer le moment exact où la transition s'est faite sachant qu'on trouve par exemple les deux noms dans une publicité publiée dans un journal local en 1947.

En 1960, l'entreprise changea de propriétaire pour passer sous l'égide de New Zealand Brewery alors que Grey & Menzies continuait à en assurer la gestion. Plus tard, c'est une société locale d'Auckland qui en repris le contrôle, Schweppes Ltd pour former une nouvelle entitée appelée Contract Bottlers Ltd. Ce fut une période de changement pour  la ville de Paeroa qui passa alors par plusieurs étapes qu'on peut résumer en "grandeur et décadence" jusqu'à ce que cessent toutes les opérations de production avec la fermeture de la dernière usine en juillet 1980. La source est ensuite restée propriété de l'entreprise basée à Auckland jusqu'à ce qu'elle soit absorbée par le géant américain, Coca-Cola Amatil qui en a désormais le contrôle.

Différents logos de L&P  -  Source : Stuff.co.nz

Même si Paeroa ne produit plus de fameux L&P, la ville a gardé la fierté de l'avoir inventé en plus d'avoir été distinguée en 1969 par le prix de d'Excellence (Excellence Award) décerné par l'Institut des Embouteilleurs Britanniques (British Bottlers Institute) : L&P se targe ainsi d'être le seul produit non originaire des îles britanniques à avoir reçu une telle récompense de la part de cette honorable institution.

Une fierté qui se concrétise matériellement par une statue géante de bouteille de L&P,  point de pèlerinage obligatoire à Paeroa et icone figurant dans le top-ten national, photographiée des millions de fois et trouvant sa place jusque sur les timbres poste !

Photo de la bouteille L&P de Paeroa Nouvelle-Zélande
"LA" bouteille L&P, icone nationale de Paeroa - ©DM

Timbres Paeroa : séries 1998/Town Icons et 2014/Legendary Landmarks

La bouteille qui a déménagé à plusieurs reprises est immanquable, elle domine une placette aménagée au bord de la route principale à l'entrée est de Paeroa avec panneaux explicatifs et poubelle en forme de citron. Pour la petite histoire, la statue a été fusée avant d'être bouteille, déclinant d'abord le thème de la conquête spatiale en vogue pour la période promotionnelle des fêtes de Noël 1967. Avec quelques modifications et un bon coup de peinture aux couleurs de L&P, la bouteille fit son apparition l'année suivante, pérennisée sous l'égide de la maison mère de production de la boisson. Faite de blocs de béton recouverts de fibre de verre, la statue mesure 7 mètres de haut et 1,3 mètres de diamètre.

Photo du panneau the bottle rocket paeroa Nouvelle-Zélande
La fusée de Noël qui donna naissance à une bouteille ...   ©SM

Cette immense bouteille a un petit côté In Memmoriam parce que si la source coule toujours, elle est fermée au public et ne sert plus de matière première au L&P reconstitué artificiellement aujourd'hui en plus de décliner de nouvelles saveurs ou variétés, avec ou sans sucre. Dans le giron de Coca-Cola Amatil qui la commercialise, L&P reste toutefois une marque nationale historique et populaire contenue dans son slogan publicitaire "World famous in New Zealand" imaginé en 1993 par l'agence de publicité Saatch-Saatchi d'Auckland en contrat avec la firme américaine. Au gré des campagnes et des saveurs, la multi-nationale adapte parfois le slogan avec des variations amusantes comme par exemple "World Famous in New Zealand since AGES ago" (mondialement connu en Nouvelle-Zélande depuis des lustres) pour booster les bouteilles traditionnelles ou encore "World Famous in New Zealand since quite recently" (mondialement connu en Nouvelle-Zélande depuis peu) pour la version aspartam lancée en 2005.  

En 2009, ce slogan a fait l'objet d'une bataille juridique gagnée par Coca-Cola qui a pu finir d'en déposer la propriété au grand désarroi de celui qui soutenait que cette phrase, nom déposé de sa société et symbole kiwiana par excellence devait appartenir à tous les néo-zélandais et non à une société ...

Et le goût ? ...
... Très sucré... même pour la version aspartam, rappelant un peu le Canada Dry dont il a la couleur ... même si tout bon kiwi dira bien sûr que le goût est incomparable !


Quelques "kiwiana" !  





Notes :
* "kiwiana" est un "kiwi-isme" pour désigner des objets typiquement néo-zélandais dans lesquels toute la population se reconnait. "Kiwiana" a même sa capitale, la petite ville d'Otorohanga située à proximité des grottes de Waitomo.

Plus d'infos :
Histoire de Paeroa - Te Ara ICI
Lemon and Paeroa - Food & Beverage manufacturing Te Ara  ICI
The story of Lemon & Paeroa - Positive Paeroa ICI
L&P release new flavour Chilli&Lime, company rebrand - Stuff 03/10/216  ICI
World Famous in New Zealand - Newshub 15/12/2009 ICI
Otorohanga - Kiwiana Town  ICI

Sur youtube, à voir, quelques publicités L&P 100% kiwi :
L&P swimming pool bombs ICI
L&P Stubbies Ad (NZ) ICI
L&P Nothing much  ICI
L&P Ad ICI
Funny L&P Ad ICI

samedi 9 septembre 2017

Le coeur d'or de Coromandel (1) - Waihi Gold Discovery Center

Proche d'Auckland, la péninsule de Coromandel est réputée pour ses plages, ses paysages, ses sentiers de randonnée ou encore ses artisans mais son histoire et l'exploitation qui a été faite de ses ressources illustrent d'autres facettes tout aussi intéressantes à explorer.
Ainsi, c'est la fièvre de l'or qui est à l'origine de l'établissement des villages de Coromandel au nord-ouest (la première découverte d'or en 1852 attira 300 prospecteurs) ou de Thames au sud-ouest (l'or trouvé en 1867 attira plus de 5'000 hommes dans le sillage desquels la ville compta,  à son apogée, jusqu'à 18'000 habitants). Vers 1870, ces filons commençant à s'épuiser, l'intérêt se déplaça au sud-est de la péninsule, sur Waihi et les gorges de Karangahake constituant un "coeur d'or" aujourd'hui altéré mais toujours bien vivant.

Mine d'or de Martha à Waihi - Vue prise du sud, près de la Pumphouse    ©SM

En plein centre du village de Waihi, la mine "historique" de Martha est une béance monumentale et spectaculaire en attente de reconversion. Avant que l'or y soit découvert en 1878, c'était un éperon rocheux - Pukewa spur -servant d'étape et de cimetière aux maoris qui ne se réjouirent évidemment pas de l'arrivée des prospecteurs faisant peu cas de leurs protestations. En 1900, il ne restait plus rien de la colline, complètement arasée pour récupérer un or qui se mérite, celui qu'il faut extraire du quartz qui le renferme. La mine employait alors une large communauté et en 1908, Waihi était la ville de la province d'Auckland qui connaissait la plus forte croissance avec une population trois fois supérieure à celle d'Hamilton.

Photo proportion d'or extrait d'un rocher Waihi Nouvelle-Zélande
De l'or qui se mérite, quelques milligrammes seulement pour un rocher de la taille représentée par la structure métallique

L'histoire des mines de Waihi couvre ainsi trois siècles, de ses débuts au 19ème siècle - au pic, à la pioche et à la dynamite- jusqu'à l'exploitation moderne qui continue à en être faite deux siècles plus tard. Depuis les glissements de terrains 2015 de son mur nord, la mine "historique" a toutefois été fermée mais l'exploitation minière n'a pas cessée, elle s'est déplacée de quelques centaines de mètres au sud-est de Waihi où elle génère chaque semaine une production valorisée à 2-3 millions de NZD.

Pour le visiteur lancé sur les traces de l'or, le parcours initiatique commence au Gold Discovery Center situé sur Seddon Street, la rue principale de Waihi. Récent (2014) et primé (i-site innovation Award Winner 2015), c'est le centre d'accueil touristique qui fourni les informations aux visiteurs de passage, sert de guichet pour l'entrée du musée et/ou la visite guidée des mines, à faire de façon indépendante ou combinée.

Photo du Gold Discovery Center à Waihi Nouvelle-Zélande
Gold Discovery Center Waihi   ©SM

Il abrite dans ses sous-sol un musée tout neuf, savamment baptisé  Waihi Gold Experience, à voir absolument.
Les premières salles sont dédiées à l'histoire et aux premières époques de la mine de Martha, nom de la nièce favorite de celui qui découvrit le filon. On apprend énormément de choses, on manipule, on observe, on participe, tout est très bien présenté, de façon plutôt ludique pour tout savoir sur les moyens et techniques d'exploitation et d'extraction de l'or aux différentes époques, la naissance du village et les conditions de vie des mineurs, leurs origines, les conflits sociaux de 1912 qui marquent les débuts du Labor Party actuel, la production, l'étendue des tunnels, etc.

Photos du musée de Waihi Gold Discovery Center Nouvelle-Zélande
Gold Discovery Center de Waihi - Ludique et informatif   ©SM

Après les salles de l'époque héroïque, on passe aux temps modernes par un couloir donnant quelques généralités sur les attraits et les spécificités de l'or. Là encore beaucoup d'explications pertinentes et instructives, illustrées d'interviews et de films, l'ensemble toujours très abordable pour présenter les techniques et méthodes d'exploitation actuelles, les engins utilisés, les conséquences et précautions prises pour l'environnements, le stockage, le transport, la protection de l'or, les projets de reconversion du puits de Martha, etc.

Une visite idéale par temps de pluie, mais à ne surtout pas négliger par beau temps car elle permet d'aborder tous les autres sites de cette région avec une vision "éduquée", très utile pour comprendre l'origine de toutes les "ruines" de la gorge de Karangahake où la nature cherche sans encore y réussir totalement à reprendre ses droits sur l'histoire et le passage de l'homme.

Voir aussi :
Le coeur d'or de Coromandel (2) - Waihi Martha Pit Rim Walk  ICI

Infos pratiques :
Gold Discovery Center  ICI
Adresse : 126, Seddon Street - Waihi
+64 (7) 863 9015
Ouvert tous les jours de 9:00 à 16:00 l'hiver (jusqu'à 17:00 l'été)
Waihi Gold Mine Tour (visite guidée de la mine) : 10:30 et 12:30 l'hiver (une visite supplémentaire l'après-midi en été)
   Prix adulte : 36 NZD
Waihi Gold Experience (accès au musée)
   Prix adulte :  25 NZD
Waihi Gold Rush Encounter (combinaison des deux, musée + visite guidée de la mine)
   Prix adulte : 55 NZD

Plus d'infos :
Waihi Gold Discovery Center ICI
Waihi - Te Ara ICI

jeudi 7 septembre 2017

Katikati - Capitale de la peinture murale en Nouvelle-Zélande

Petite ville néo-zélandaise ancrée au bord de la Western Bay ouvrant sur le Pacifique, Katikati est la capitale nationale de la peinture murale, une galerie à ciel ouvert qui ne cesse de s'agrandir, affichant plus de soixante œuvres illustrant son histoire et son héritage, siège biennal d'un concours et d'un festival dédiés qui prennent de plus en plus d'ampleur et source d'inspiration pour le reste du pays ...

Photo du panneau de Katikati avec sa mascotte le Pukeko Nouvelle-Zélande
Panneau de Katikati avec sa mascotte, le pukeko

Une "success story" née du marasme économique de la fin des années 1980. À l'époque, la crise de 1988 est passée par là, et les exploitations laitières comme les vergers de kiwis sur lesquels reposent les revenus agricoles n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Simple ville de passage au sud de Coromandel et au nord de la Bay of Plenty, Katikati existe alors à peine sur la carte touristique et elle est menacée par un projet de déviation risquant de la court-circuiter.
Des revenus insuffisants, pas d'emplois, pas d'attractivité avec pour conséquence une diminution de la population, la crise frappe et tout va mal mais la communauté locale choisit de réagir pour mieux rebondir en se fédérant autour du projet "open air art".
S'inspirant du succès de Chemainus, un village canadien découvert par une concitoyenne au cours d'un voyage, la collectivité décide d'adopter et d'adapter la stratégie des cousins d'amérique : l'idée est de transformer Katikati en galerie à ciel ouvert pour en faire le premier village néo-zélandais de peintures murales, en exploitant le patrimoine historique et culturel local comme source d'inspiration.

Photo montage de peintures murales de Katikati Nouvelle-Zélande
Montage de plusieurs illustrations des "pionniers" de Katikati : une cuisine, la traversée, une maison et son jardin.   ©SM

Vingt-cinq ans plus tard, cette histoire illustrée est accessible à tous, exposée un peu partout sur les murs du village comme un gigantesque livre d'images à feuilleter avec les pieds, en marchant. Le plaisir de la découverte est aiguisé par la variété des styles, des sujets, des époques ou du patrimoine naturel et multiculturel mis en valeur. Des oeuvres qui ont redonné vie, fierté et attractivité à Katikati en initiant un cercle vertueux générant de nouvelles initiatives qui s'enrichissent au fil des ans avec le concours et le festival de "murals", l'adoption du pukeko comme mascotte (ça change du kiwi !) ou encore les aménagements d'un sentier nature et sculptures.

Plan du village avec la localisation des 66 points d'intérêts actuels, à compléter bientôt !

Le centre d'information fournit des cartes, vend des souvenirs et propose des visites guidées mais on peut se débrouiller seul pour découvrir les lieux tranquillement, à son propre rythme, sachant que chaque peinture est référencée, numérotée et annotée d'explications.

Poster de Katikati, en vente à la boutique du centre d'information

Beaucoup des panneaux sont dédiés aux pionniers venus d'Irlande pour établir la colonie de Katikati et à la vie courante comme ici, cette reprise d'une photo de classe devant l'école de Waitekohe du début du 20ème siècle ...  

Photo de la peinture murale waitekohe School à Katikati Nouvelle-Zélande
"Waitekohe school" par Irene Tuscia Falconer (1991/2000/2009) - Détails ici  ©SM

... ou le défrichage réalisé par les colons avec sur ce mur sur un repos dominical mérité ("Sunday in a Bushcamp").

Photo de peinture murale de Katikati Nouvelle-Zélande
"Sunday in a Bush Camp - 1" par Anne de Silva (1993/2011) - Détails ici   ©SM

Les thèmes ne manquent pas : la participation aux deux guerres mondiales ... les maoris, premiers occupants tout de même ... la nature, les loisirs, les transports, les personnalités ...

Photo montage de peintures murales de Katikati Nouvelle-Zélande

... l'activité laitière et l'évolution du transport du lait ...

Photo de Grass Root peinture murale de Katikati Nouvelle-Zélande
"Grass Roots" par Jonathan Grange (2016) - Détails ici   ©SM

... les artisans et les services locaux...

Photo de Central Motors peinture murale de Katikati Nouvelle-Zélande
"Central Motors" par Geoffrey Fuller (1992) - Détails ici   ©SM

... les autruches du révérend Kattern qui avait monté une ferme expérimentale dans la région ...

Photo de Rev. Kattern s Ostriches peinture murale de Katikati Nouvelle-Zélande
"Rev. Kattern's Ostriches" par Malcolm Pitkeathly (1992) - Détails ici   ©SM

... poissons, oiseaux et animaux familiers du bord de mer ...

Photo de River to Sea peinture murale de Katikati Nouvelle-Zélande
"River to sea" par Leigh Dylan (2013) - Détails ici  ©SM

...mosaïque et diversité des supports ...

Photo de Early Ventures peinture murale de Katikati Nouvelle-Zélande
"Early Ventures" par Jocelyn Mountain & Ailsa Shaw (1991) - Détails ici   ©SM

... comme par exemple cette statue installée sur un banc en plein milieu du village, à côté d'un pou (ancêtre maori) marquant l'entrée du musée de Katikati qui occupe l'ancienne caserne !

Photo de la sculpture Barry à Katikati Nouvelle-Zélande
"Barry (kiwi bloke)" par Donald Paterson (1999) - Détails ici     ©SM

Et pour une visite exhaustive, s'ajoute aussi le Bird Walk et le Haiku Pathway, sentiers aménagés le long de la rivière (Uretara stream), l'un menant à la mer par le marais, l'autre sinuant à l'arrière du village. L'initiative a débuté en 2008 pour rendre hommage à Brian Chudleigh, un photographe animalier spécialiste des oiseaux et fervent protecteur de la faune locale. D'autres espèces (anguille, phoque) sont venu s'adjoindre aux sculptures d'oiseaux (moa, faucon, etc) sur les bords du chemin ainsi que des rochers gravés de haikus, courts poèmes adaptés aux lieux.
 
Photo de Waikrako the friendly eel à Katikati Nouvelle-Zélande
"The friendly eel / Waikrako" par Sam Dunlop (2013) - Détails ici   ©SM  

 Une demi-journée de visite plutôt ludique pour tout découvrir, le temps d'une pause entre deux étapes ... après tout, le nom de la ville retrouve ici tout son sens puisque le mot maori "katikati" (prononcer ke-ti-ke-ti) signifie "grignotter / faire une pause avant le long trajet à faire" !


Nota :
Dates du prochain festival de Katikati : 30 septembre au 7 octobre 2017
Thème : "the future is our children"
Toutes les informations sur : Katitkati Open-Air Art -  ICI



Plus d'infos :
Katikati mural town  ICI
La source de l'inspiration du projet Katikati : Chemainus / Canada  ICI
Katikati Haiku Pathway  ICI


 

lundi 4 septembre 2017

One Tree Hill Domain / Maungakiekie - Volcan repère d'Auckland

One Tree Hill Domain ou Maungakiekie(1) de son nom maori est la réserve naturelle d'origine volcanique s'imbriquant dans Cornwall Park dont elle se distingue pour former deux parcs souvent confondus, comptant parmi les plus emblématiques et les plus anciens de la ville. À une dizaine de kilomètres du centre ville, cet ensemble forme un havre de paix et de verdure agréable en toutes saisons, apprécié tout autant des locaux que des touristes de passage qui se doivent d'y faire une visite.

Nous, on préfère se garer dans Cornwall Park pour mériter par quelques efforts et un bol d'air le sommet de One Tree Hill - 182 mètres - qui reste accessible(2) aux voitures pour ceux qui manquent de courage et/ou souhaitent se contenter d'aller y contempler la vue. Il est marqué d'une obélisque fichée comme une épingle dans le paysage pour servir de point de repère aux quatre coins d'Auckland.

Photo de One Tree Hill Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill - Volcan repère d'Auckland avec son obélisque    ©SM

Pour y monter à pied, on peut couper à travers champs mais en suivant le tracé de la route, on voit mieux les restes des trois cones de scories qui façonnent le relief. Deux des cratères forment de grands amphithéatres ouverts par les brèches laissées sur le passage de la lave,

 l'un au nord-est  ...

Photo de One Tree Hill cartère nord-est Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill - Cratère nord-est     ©SM

... et l'autre au sud-ouest, à proximité d'un terrain dédié au club de tir à l'arc local .

Photode One Tree Hill cartère sud-ouest Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill - Cratère sud-ouest     ©SM

Quant au troisième cratère, encore bien formé et souvent occupé par des moutons, il constitue un terrain d'expression ludique avec des messages en pierres de lave variant au fil des visites.

Photo du cratère ecntral One Tree Hill Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill - Cratère central    ©SM

Errigée en 1940(3) pendant les cérémonies du centenaire de la ville et des commémorations de la signature du traité de Waitangi, l'obélisque du sommet est dédiée au peuple maori et à Sir John Logan Campbell, "père d'Auckland" qui, en 1901, fit don "au peuple de Nouvelle-Zélande" des terrains du parc mitoyen qui porte aujourd'hui son nom. Le choix de monument fut inspiré par les voyages de Sir John en Egypte pour payer tribu au peuple maori dont il était un grand admirateur. Conçue par Richard Atkinson Abbott, l'obélisque repose sur un socle fait de blocs de basalte et de pierres taillées alors que sa construction de 33 mètres de haut est en béton armé recouvert d'une couche de roches apportées de Coromandel.

Photo de l'obelisque de One Tree Hill Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill - L'obélisque    ©SM

One Tree Hill fut pendant longtemps le siège du pa (village fortifié) maori le plus grand et le plus important de l'époque pré-européenne, abritant une population estimée à 5'000 habitants. Il faut dire que l'endroit est particulièrement stratégique, parfaitement situé entre océan Pacifique (Waitemata harbor) et mer de Tasman (Manukau harbor) en plein milieu de l'isthme d'Auckland avec un point de vue idéal pour surveiller tout passage entre le Northland et le reste de l'île du nord. Une combinaison gagnante associant proximité de la mer et de ses ressources, terrain volcanique fertile et position défensive dont on retrouve les traces dans les terrassements et les trous très visibles sur le terrain. 

Plan du pa de One Tree Hill Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill - Plan de l'ancien "pa" maori (musée de Cornwall Park)  ©SM

Ce sont sans doute les luttes maoris, une défaite et la mort d'un chef qui conduisirent à l'abandon du pa en 1795 même si les justifications historiques ne sont pas totalement expliquées et gardent leur aura de mystère.

En 1845, quand Auckland devint la toute nouvelle capitale de Nouvelle-Zélande et qu'elle était alors en pleine expansion, une large parcelle de terrains englobant les collines volcaniques fut vendue par la tribu des Ngati Whatuala controlant alors la zone à Thomas Henry, un marchand. Au moment de la transaction, la couronne préempta toutefois les 115 acres du relief volcanique qui servirent à l'établir One Tree Hill Domain. Plus tard, en 1853, Brown & Campbell racheta à Thomas Henry les terrains autour de One Tree Hill qui forment la partie de Cornwall Park depuis la donation de 1901.        

Avec son bassin de lave de 20 km2, One Tree Hill est, après Rangitoto, le deuxième plus grand volcan de la région et si son âge n'est pas établi, on sait toutefois qu'il dépasse les 28'500 ans.

One Tree Hill avant 2001, avec son arbre !

Quant au nom de One Tree Hill(4) il est lié à l'arbre unique qui poussait près du sommet. À l'origine, il s'agissait d'un arbre endémique, un totara, mais il fut coupé par les colons européens en 1852. Remplacé plus tard par un pin de Monterey planté par Sir John Logan Campbell, celui-ci fut coupé à son tour en 2001, en signe de protestation par des maoris qui jugeaient cette essence d'arbre inappropriée au site si bien que One Tree Hill est actuellement une "colline d'un arbre sans arbre" où l'on ne se lasse jamais d'aller admirer les vues en 360º balayant la ville et toute la région alentour.

Photos de vues sur Auckland et Manukau Harbor de One Tree Hill Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill - Vue côté centre ville et vue du côté de la baie de Manukau   ©SM

Un landmark de la liste des "endroits à voir" d'Auckland à compléter par la visite de Cornwall Park même si personnellement je garde une préférence pour le Mount Eden / Maungawhau !    

Nota :
(1) Littéralement "montagne du kiekie", le kiekie étant une plante endémique. 
(2) À terme, il est prévu que les sommets volcaniques d'Auckland ne seront plus accessibles aux voitures. Depuis l'année dernière, c'est par exemple déjà le cas du Mount Eden / Maungawhau.
(3) Dressée en 1940, l'obélisque n'a été officiellement inaugurée qu'en 1948, une fois la seconde guerre mondiale terminée. En effet, les croyances maoris ne permettent pas la tenue de telles cérémonies pendant le cours d'un conflit. 
(4) Littéralement, la "colline avec un arbre" était aussi l'un des autres noms donné au massif par les maoris dans leur langue.

Plan de One Tree Hill Cornwall Park Auckland Nouvelle-Zélande
One Tree Hill Domain, la partie jaune s'imbriquant dans Cornwall Park

Plus d'infos :
Cornwall Park  ICI
Maungakiekie - One Tree Hille Roadside stories - nz history ICI

Les volcans d'Auckland, voir aussi :
Auckland - Collection de volcans sur poudrière
Rangitoto, "landmark" naturel d'Auckland
Devonport
Maungawhau - Mont Eden, un incontournable d'Auckland
Panmure Lagoon, petite balade sympa d'Auckland
Mount Albert / Owairaka - Volcan d'Auckland
Mangere Mountain, Mangere Lagoon & Puketutu island
Otuataua Stonefields Historic Reserve  
Le Bassin d'Orakei - Volcan d'Auckland

mercredi 30 août 2017

Toilettes publiques de Nouvelle-Zélande (1)

Avec mes petites lubies de collectionneuse et mon regard attiré par les choses les plus banales du quotidien, j'ai démarré il y a quelques temps une nouvelle série de photos sur un sujet qui nous concerne tous à un moment où un autre, celui des toilettes publiques. Ces lieux d'aisance à composante avant tout pratique, habituellement plutôt discrets, planqués ou fortement banalisés, s'affichent en Nouvelle-Zélande avec une dimension parfois véritablement créative, plus ou moins artistique.

Structure en béton avec deux visages se faisant face et cachant deux "cabines" en forme de barques dont les "ponts" sont réalisés en bois de kauri avec des détails en cuivre, les toilettes de Matakana, "sentinels" de leur petit nom, en sont un parfait exemple. Très photographiées, elles sont stratégiquement installées à l'entrée du village, au bord d'un rond point qui relie la route principale, un parking et la grand'rue à laquelle elles font face. Impossible de les rater !  

Photos de The Sentinels - Toilettes publiques de Matakana Nouvelle-Zélande
The sentinels - Toilettes publiques de Matakana   ©SM

Inaugurées en 2009, leur réalisation coûteuse et controversée a pris pas mal de temps puisque l'idée en avait initialement été lancée en 2002. L'appel d'offre avait vu l'entrée en compétition de 25 propositions dont celle du gagnant, un jeune homme du cru, Steffan de Haan alors étudiant à Elam School of Fine Arts à l'université d'Auckland où il a imaginé ce design pour rappeler l'importance historique de la construction navale dans la région.

La motivation du projet de Matakana trouve ses origines à Kawakawa, un village situé plus au nord, dans la région de Bay of Islands au Northland où les toilettes publiques locales sont devenues célèbres et l'attraction touristique locale. Elles furent conçues par Friedensreich Hundertwasser, un artiste d'origine autrichienne installé dans la région qui en a assuré la réalisation en 1998 pour son village d'adoption quand il a fallu rénover cet espace public. Installé sur la rue principale qu'on emprunte quand on se dirige vers le nord, ce "petit coin" est lui aussi inratable :

Photos des toilettes publiques de Kawkawa Northland Nouvelle-Zélande
Toilettes publiques de Kawakawa, Northland - Friedensreich Hundertwasser (source Google) 

Plus récemment, en 2012, l'idée a encore fait des petits à Paihia dans la Bay of Islands où les toilettes publiques qui étaient alors dans un état déplorable ont été rénovées en dix jours. Le résultat est d'un goût peut-être un peu douteux mais très kitch, réalisé sous la houlette de "Creative Communities" avec des commerçants et des volontaires locaux. Des toilettes mises en harmonie avec les autres aménagements réalisés sur l'espace public de bord de mer voisin. Véhiculant une image jusqu'alors négative, cet espace utilitaire s'est transformé avec presque rien pour devenir lui aussi une attraction touristique, avec peut-être une apparence plus ludique qu'artistique.

Photo des toilettes publiques de Paihia Bay of Islands Nouvelle-Zélande
Toilettes publiques de Paihia, Bay of Island    ©SM


Comme quoi, quelque chose d'aussi banal peut jouer de vecteur de promotion touristique et/ou de support d'expression artistique, un espace à ne surtout pas négliger !

À suivre.

Plus d'infos :
Wait over for Matakana toilets - Stuff 11/05/2009  ICI
Kawakawa public toilets - Te Ara  ICI
Hundertwasser - Bay of Island  ICI
Vidéo youtube - Timelapse - Maiki Hill Public Toilets project - Focus Paihia  ICI
Creative Communities NZ ICI

"Collections", voir aussi :
Collections - Plaques d'immatriculations personnalisées
Bancs publics de Nouvelle-Zélande (1) - Bucklands Beach et Tamaki River
Boîtes au lettres de Nouvelle-Zélande (4) - Les modèles uniques
Collections - Boîtes aux lettres

lundi 28 août 2017

Arcs-en-ciel à gogo

En hiver à Auckland quand le soleil joue à cache-cache avec la pluie et que le ciel ne sait plus où donner de la tête, c'est la fête de l'arc-en-ciel. Nous n'en avons jamais vu autant, en si peu de temps et de façon aussi spectaculaire et parfaite qu'en ce mois d'août 2017 passé en Nouvelle-Zélande.

L'apothéose, c'est sans doute ce double arc-en-ciel qui s'est manifesté à Coromandel au dessus des champs après un grain de courte durée venu de la mer, fort et puissant. Une double arche auréolée d'une douce lumière voilée. Une merveille !   

Photo d'arc-en-ciel à Coromandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Arc-en-ciel double à Coromandel - Août 2017   ©DM

Persistante, l'arche double nous a suivis pendant plusieurs kilomètres en continuant de s'offrir en spectacle avec de subtils changements de décor, avant de s'atténuer et de disparaitre dans une ultime révérence. 

Photo d'arc-en-ciel à  Cormandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Arc-en-ciel à Coromandel - Août 2017   ©SM

À la fin du même week-end et alors que nous n'avions pas vu la pluie de la journée, manifestation d'un nouveau dôme coloré au dessus de la chaîne de Coromandel en guise d' "au revoir et revenez nous voir"! On ne s'en lasse pas, il se dessine cette fois dans un ciel laiteux éclairé par la lumière rasante de fin de journée alors bien sûr, "clic-clac photo", on s'émerveille et on l'immortalise lui aussi !

Photo d'arc-en-ciel à Coromandel Nouvelle-Zélande - Rainbow Coromandel New Zealand
Coromandel - Août 2017   ©SM

Un véritable festival quand on y ajoute par exemple cette arche récoltée par nos enfants en voyage vers Roturoa et le lac Taupo, prise au dessus du site de Craters of the Moon :

Photo d'arc-en-ciel à Craters of the Moon Nouvelle-Zélande - Rainbow Craters of the Moon New Zealand
Arc-en-ciel à Craters of the Moon - Taupo août 2017   ©MM

Ou encore les manifestations récurrentes et sans cesse renouvelées dans notre voisinage, sur fond de ciel gris :

Photo d'arc-en-ciel à Half-Moon-Bay Nouvelle-Zélande - Rainbow over Half Moon Bay Auckland New Zealand
Arc-en-ciel au dessus d'Half-Moon-Bay - Août 2017  ©SM

Ou plus atténué, un autre jour, capturé sur fond de ciel lumineux alors qu'il commence à disparaitre :

Photo d'arc-en-ciel à Half-Moon Bay Nouvelle Zélande - Rainbow over Half Moon Bay Auckland New Zealand
Arc-en-ciel au dessus d'Half-Moon-Bay - Août  ©SM

En Nouvelle-Zélande, le festival des arcs-en-ciel c'était en août, une cuvée 2017 exceptionnelle !

samedi 26 août 2017

Les trois soeurs - Three Sisters

Les Trois Soeurs (Three Sisters) et l'Éléphant (Elephant Rock) sont des rochers emblématiques de la côte longeant la mer de Tasman, au nord de la région de Taranaki. Un endroit relativement isolé à proximité de Tongaporutu, loin de tout et nécessitant un crochet d'une soixantaine de kilomètres par Okau Road à partir de la Forgotten World Highway ou une remontée de 67 kilomètres par la NH3 en partant de New Plymouth (plus si on arrive par le nord).
Comme le site n'est accessible qu'à marée basse, il vaut mieux s'assurer des horaires des marées avant de s'y aventurer.

Trois soeurs et une quatrième lors de notre passage en mars 2017 ... mais sans éléphant !

Attaquée par les éléments, cette portion de côte est en évolution constante : les trois soeurs étaient quatre au début du 20ème siècle et plus que deux il y a encore peu alors que l'éléphant a perdu sa trompe en 2016 et se désagrège. Si le format du paysage peut changer avec le temps, il n'en reste pas moins spectaculaire car de nouvelles "soeurs" continuent de sortir des falaises avant de se faire engloutir à leur tour. Lors de notre passage en mars 2017, il n'y avait plus déléphant mais quatre soeurs plus ou moins érodées ...

Panneau explicatif sur le site des Three Sisters avec des photos d'éléments disparus ou "mourants"

L'accès au site part du parking aménagé au sud du pont de Tongaporutu, en suivant sur une grosse centaine de mètres l'estuaire de la rivière lorsqu'il se dégage à marée basse. Un terrain au départ un peu vaseux et glissant puis constitué de sable noir agrémenté de quelques galets.



Sur les falaises de 25 mètres dominant le parcours, on voit l'érosion à l'oeuvre, des glissements de terrains récents entrainant la végétation dans leur chute, les formations constituant les différentes couches de roche et les stries des plissements de terrain ...



Un premier gros rocher creusé de plusieurs tunnels marque l'ouverture sur la mer de Tasman et le point après lequel on peut découvrir les piliers rocheux dessinant les soeurs. 


On peut y traverser ces grottes-tunnels, observer des rochers tout ronds émergeants de la roche ou des troncs d'arbres coincés ainsi qu'une sculpture de masque taillée dans le rocher ...


Viennent ensuite les soeurs dont une arche qui affrontent couragement les éléments dans un combat perdu d'avance ...


Un lieu au bout du bout du monde, qui se mérite mais le vaut bien !

Nota :
Si l'accès à la plage n'est pas possible, on peut tout de même voir les formations à partir d'un point de vue situé au nord du pont, à partir de Pilot Road.

Plus d'infos :
Memory is all that's left of Elephant Rock, now trunk-less- Stuff 05/12/2016  ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 5 (22/03/2017)