mercredi 14 mars 2018

Chouette chasse aux hiboux à Auckland avec Big Hoot 2018

Depuis le 3 mars et jusqu'au 6 mai, plus d'une centaine de hiboux sont disséminés dans les rues et les quartiers d'Auckland, la chasse ouverte aux amateurs pour les dénicher.

Photo de Big Hoot Big Hoot 2018 Ackland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - The Big Hoot sur Vulcan Lane & High Street   ©SM
Sur le même modèle que la Cow Parade dont les vaches écument le monde depuis presque vingt ans, comme les lions de Lyon ou encore les ours de Berlin, Aukland se met à la page du street art animalier éphémère.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The big Hoot 2018 - Kintsukuroi Auckland Warf et Queen's Street  ©SM
L'idée des hiboux a été reprise d'une action similaire menée en 2015 au Royaume Uni*, lancée pour lever des fonds à l'occasion des quarante ans de la Child Cancer Foundation qui soutient les familles des enfants touchés par le cancer tout en menant des campagnes de sensibilisation et d'information.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - X-Ray Vision - Auckland Viaduct  ©SM
Le volatile a été choisi parce qu'il est associé à "l'imaginaire de la narration dans lequel il symbolise la sagesse, la migration, la diversité, l'apprentissage et l'intelligence".

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Watchful One devant le monument aux suffragettes  ©SM
Avec l'aide de la société Haier qui sponsorise l'événement d'Auckland, des artistes ont été mis à contribution pour habiller les hiboux qui seront vendus aux enchères à la fin de l'exposition, les bénéfices reversés à l'association s'occupant de la cause du cancer des enfants.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - To the Land where the Ponga Tree Grows - Quais des ferrys  ©SM
Produits "nus" par une société anglaise d'événementiel, Wild in Art, les modèles ont été fabriqués en deux tailles - grande (1,6 mètre - 48 créations) et moyenne (90 centimètres - 61 spécimens).

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Enchanted Frosty River Owl - Quai 10    ©SM
Les oeuvres réalisées sont exposées en extérieur (lieux de passage, rues, places, etc.) ou en intérieur (bibliothèques, centres culturels, centres commerciaux, etc) avec la concentration d'une trentaine de sujets au centre ville, le reste dispersé un peu partout dans les quartiers d'Auckland.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Making a Fuss - Auckland Art Galery  ©SM
La plupart des hiboux sont sponsorisés par des entreprises ou des organismes, les grands hiboux exécutés par des artistes plus ou moins reconnus alors que les modèles plus petits ont été confiés à des élèves, dans le cadre de projets scolaires.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Athena, Te Ahorangi et We are 23 - Central City Library  ©SM
Un jeu de piste à travers la ville permettant de découvrir ou d'approfondir la connaissance des quartiers, des noms d'oeuvres amusants avec ou sans jeux de mots pour parfaire son anglais (Beach T'Owl, Owl Black, Mr Me-Owl, etc.), des oeuvres inspirées de la culture locale, autant d'éléments qui garantissent l'aspect ludique, éducatif et culturel de l'exposition.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Mr Me-Owl - Auckland Viaduct  ©SM
Le site de l'événement donne pas mal d'informations, il existe également une App et une "Trail Map" avec informations et carte positionnant tous les hiboux de la ville* si on ne veut rien manquer mais on peut toujours laisser faire la chance et le hasard, surtout au centre ville.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - Life Cycle (fait avec des chambres à air) - Aotea Center  ©SM
Nota :
* Selon Child Cancer Foundation trois enfants sont diagnostiqués d'un cancer en Nouvelle-Zélande chaque semaine. À l'échelle nationale et à tout moment donné, l'association apporte une aide à 500 familles au travers d'un soutien individualisé à l'hôpital, la maison ou dans la communauté.   
* J'ai trouvé la Trail Map, gratuite, dans une galerie de la ville alors que l'office de tourisme n'avait pas d'informations, les employés ignorants de l'événement en cours et de peu d'aide.

Photo de hibou The Big Hoot 2018 Auckland Nouvelle-Zélande
The Big Hoot 2018 - I'm Puzzled - Quai 10  ©SM
Plus d'infos :
The big hoot Auckland   ICI
Child Cancer Foundation NZ   ICI
Wild in Art   ICI
The Big Hoot Birmingham  ICI
Cow Parade ICI
Biennale des lions - Lyon ICI
Buddy Bears Berlin ICI 

samedi 10 mars 2018

Les sages-femmes tirent la sonnette d'alarme en Nouvelle-Zélande

À la radio, dans les journeaux, les informations se multiplient pour dénoncer un secteur néo-zélandais en crise : celui des sages-femmes dont la corporation tire actuellement la sonnette d'alarme et lance des appels au secours au gouvernement. Créée fin février, une page Facebook appelée "Dear David, Aotearoa needs midwives" [Cher David, Aotearoa a besoin des sages-femmes], compte déjà plusieurs milliers de followers pour soutenir son action, avec dans son intitulé un prénom qui est une référence directe au ministre de la santé actuel, David Clark.

Photo de profil de la page Facebook "Cher David, Aotearoa a besoin de sages-femmes"
 Les photos de profil de la page se succèdent pour passer des messages, on a ainsi pu y lire :

" Cher David Clark, 
Vous êtes le ministre de la santé
Les sages-femmes d'Aotearoa* ont besoin de votre aide pour un financement adéquat de notre profession
Les sages-femmes font des burn-outs et sont nombreuses à partir
C'est le moment d'agir"


Photo de couverture Facebook (1)
 Et aussi :

"Cher David Clark,
La crise des sages-femmes en Nouvelle-Zélande résulte du sous-financement continuel de notre profession.
Une pénurie globale ne peut être reprochée aux centaines de burn-outs et de départs des sages-femmes.
Nous vous tendons la main pour montrer la voie et nous assurer le support du budget de mai 2018. 
 Ne nous oubliez pas. Ne nous abandonnez pas. Ne laissez pas notre système de maternité de classe international s'effondrer.
Pouvez-vous déjà nous entendre ? "


Photo de couverture Facebook (2)
Ou encore :

"Cher David Clarck,
En Nouvelle-Zélande, nous disposons d'un système de classe mondiale pour le suivi des maternités
Pour être à la hauteur de notre réputation nous avons besoin de garder l'expérience de nos sages-femmes qualifiées
Les femmes de Nouvelle-Zélande ne veulent pas perdre leurs sages-femmes LMC*
La crise de la profession des sages-femmes vient du sous-financement continuel"


Photo de couverture Facebook (3)
La page contient en outre une multitude de témoignages et de messages d'explications et de support aux sages-femmes, une profession au coeur du système néo-zélandais de suivi de grossesse qu'elles assurent presque entièrement. Leur financement est pris en charge par le système de santé alors que les gynécologues ne le sont pas sauf si la sage-femme détecte une grossesse à risque justifiant de réfèrer la patiente au médecin à qui elle passe alors la main. Plusieurs régions dont Auckland, Waikato, Tauranga et Canterburry connaissent une pénurie de ces personnels essentiels pour toutes les femmes enceintes et les naissances.

En décembre, les services de l'immigration ont placé le métier sur la liste des "immediate skill shortage" (compétences pour lesquelles les besoins sont immédiats), une inscription qui pourrait tenter des étrangers compétents (trois années d'expérience demandées) avec une immigration alors grandement facilitée même si le manque de personnel cache en réalité d'autres problèmes, celui d'un métier de plus ne plus mal payé qui s'effectue dans des conditions de plus en plus difficiles.
 


Une jeune sage-femme témoignait ainsi à la radio pour expliquer qu'elle a finalement choisi d'émigrer vers l'Australie pour pouvoir exercer son métier dans des conditions correctes et qu'à sa grande honte, tout en connaissant le problème local, elle revient désormais débaucher d'autres sages-femmes en Nouvelle-Zélande pour son nouveau pays.
Une autre expliquait que la nomenclature néo-zélandaise est basée sur des actes payés sans tenir compte du nombre de séances pour un suivi de grossesse (3 séance ou 15, kif kif), du nombre d'heures pour un accouchement (2 h ou 24 h, kif kif) ou des temps de déplacement à la campagne (À côté ou 1 heure de route, kif kif).

 


Des femmes enceintes n'arrivent pas à trouver de sages-femmes pour leur suivi de grossesse et les cliniques et hôpitaux n'arrivent pas plus à les recruter. C'est une réalité, la pénurie est constatée. Les sages-femmes cherchent à adresser le fond du problème en dénonçant le sous-financement récurrent du secteur depuis des années, corrélé à une détérioration continuelle de leurs conditions de travail. Plusieurs actions ont été menées ces dernières années pour essayer d'améliorer les choses avec l'étude d'une revalorisation du secteur entamée en 2017 par le gouvernement précédent qu'elles voudraient voir aboutir avec le nouveau gouvernement à l'échéance du prochain budget présenté en mai 2018. En mettant la pression aujourd'hui, les sages-femmes souhaitent s'assurer que leur profession ne sera pas oubliée dans le budget de santé et que les promesses seront tenues.

Source : news.com.au

Ajoutons pour l'anecdote que Jacinda Ardern, la toute nouvelle jeune première ministre a annoncé en début d'année qu'elle est enceinte [la Jacinda's baby-mania remplace désormais la Jacinda-mania de la campagne] et on peut espérer qu'ainsi placée aux premières loges, elle sera particulièrement attentive aux questions soulevées par cette crise.

Note :
* Aotearoa est le nom maori de la Nouvelle-Zélande, "le pays du long nuage blanc".
* LMC = Lead Maternity Carer (Soignant Maternité Principal)

Plus d'infos :
Midwifery in "crisis" with pregnant women unable to find lead maternity carers - NZ Herald 20/02/2018 ICI
"The midwife crisis is real" : Pleas for help to stop burn-outs, shortages and pay problems - Stuff 03/03/2018 ICI
Dear David, Aotearoa needs midwives - Page Facebook ICI
Articles en français traitant du suivi de grossesse en Nouvelle-Zélande et expliquant le système LMC :
Naître en Nouvelle-Zélande - Blog Tout feu tout femme - 3 mars 2017  ICI
Attendre un béné en Nouvelle-Zélande - Blog frogs-in-nz ICI

mardi 6 mars 2018

LIVRES - Wake d'Elizabeth Knox


Par un beau matin de printemps, les habitants de la colonie de Kahukura s'entretuent subitement et sauvagement, saisis par une mystérieuse folie meurtrière. Une poignée de survivants se retrouve complètement coupée du reste du monde, isolée par un champ immatériel qui empêche toute communication ou circulation avec l'extérieur de la zone. Abasourdis, les rescapés vont se regrouper pour essayer de faire face à la situation et survivre : une policière, un adolescent, un infirmier, une vieille dame et sa fille, un avocat américain, un routier, un propriétaire de bateau, une championne de triathlon, une gardienne du sanctuaire d'oiseaux rares, une étrange jeune fille "double", etc.
Ils comprennent rapidement qu'ils sont pris au piège par quelque chose d'invisible qui les dépasse, qui joue des forces ou des faiblesses de chacun pour les manipuler et les mener à bout comme un chat jouant avec une souris ...  Miraculés après une situation extrême, la solidité, la solidarité, la compassion et l'héroïsme de ces personnages ordinaires est ainsi mise à l'épreuve au coeur même de leur indentité.

Un roman qu'on hésite à classer entre le rayon horreur et celui de la psychologie, sortant de ma zone de prédilection habituelle. Une lecture qui n'en est pas moins intéressante pour la façon dont le thème est abordé, le contexte néo-zélandais et l'introduction à un auteur kiwi contemporain qui a son importance au plan national et plus largement, dans la littérature anglo-saxonne. Publié en 2013, Wake est le roman le plus récent d'Élizabeth Knox, auteur néo-zélandais populaire qui en a publié une douzaine auxquels s'ajoutent trois nouvelles autobiographiques et des quelques essais.  

After Z-Hour, son premier roman, fut édité en 1987 par Victoria University Press, l'université de Wellington dans laquelle elle valida, la même année, son cursus de littérature anglaise (English Lit. BA). À partir de 1997 et avec déjà cinq livres à son actif, son succès lui permet de se consacrer uniquement à l'écriture et sa carrière est étayée de nombreux prix et bourses parmi les plus prestigieux, y compris le Katherine Mansfield Fellowship. En 1998, elle se fait connaitre en dehors du seul cadre national avec The Vintner's Luck (La vigne du vigneron) traduit en six langues dont le français, le seul de ses romans qui soit disponible dans notre langue. Il faut donc pouvoir lire dans le texte si on souhaite découvrir un peu plus cet auteur qui couvre a priori une large variété de sujets en faisant la part libre à l'imagination.

Un écrivain sur lequel je reviendrai sans doute à l'occasion.

Titre original : Wake
Pas de traduction française
Auteur : Elizabeth Knox
Première publication : 2013

Plus d'infos :
Elizabeth Knox - NZ Book Council ICI
Elizabeth Knox Personal Website ICI
Katherine Mansfield Menton Fellowship - The Arts Foundation ICI

vendredi 2 mars 2018

Pouto Point, son phare et la plus longue plage routière de Nouvelle-Zélande

Dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, les côtes de la mer de Tasman sont entaillées de plusieurs havres protégés par des péninsules formant de longues excroissances de sable s'étalant sur des dizaines de kilomètres, des plages immenses considérées, lorsque la marée le permet, comme des extensions du réseau routier pour les véhicules 4x4 adaptés à ce type de terrain où s'applique alors les règles habituelles du code de la route.

Phare de pouto

La plus connue et la plus fréquentée de ces chaussées de sable, c'est Ninety Mile Beach à la pointe nord du Northland, accessible aux touristes grâce aux tours qui y sont organisés. Dans notre région d'Auckland, il n'en existe que deux, celle de Muriwai, plus d'une cinquantaine de kilomètres le long de la péninsule sud de Kaipara et celle de Karioitahi, un peu plus courte, sur la péninsule de Manukau Head*.


Ayant pris goût à ces espaces de liberté, j'avais repéré la péninsule de Pouto où se cache la plus longue des routes de sable du pays avec un record de 111 kilomètres que nous sommes partis découvrir à l'occasion du long week-end d'Auckland's day sachant que ce type d'excursion nécessite de mettre pas mal de kilomètres au compteur parce qu'il faut d'abord rejoindre la péninsule puis la parcourir dans les deux sens sur toute sa longueur.


Pour ce qui est de Pouto plus précisemment, il est nécessaire de contourner entièrement le havre de Kaipara (Kaipara Harbour), le plus grand de Nouvelle-Zélande, pour rejoindre Dargaville situé à 2h30 de route d'Auckland. Par ailleurs, l'organisation du planning doit impérativement tenir compte des horaires des marées, élément clé à connaitre de façon précise et indispensable avant de s'engager sur une plage routière quelle qu'elle soit (peu de points d'entrée/sortie).
Avec des marées prévues haute à 8h45 et basse à 16h30, nous avions bloqué une nuit à Dargaville pour commencer notre circuit le matin par la descente des 64 kilomètres de Pouto Road, la route/piste en dur qui traverse toute la péninsule pour rejoindre Pouto Point. Sur les premiers kilomètres, on profite de belles vues sur la rivière Wairoa et sur les rocs de Tokatoka et de Maungaraho dominant la rive opposée, vers l'est. Tant qu'à emprunter cette route du bout du monde, nous y avons ajouté un petit un crochet par Kelly's Bay, petite localité isolée, abritée à l'intérieur du havre de Kaipara où viennent aussi nicher des oiseaux ... mais bon, l'arrêt fut bref parce que l'objectif du jour c'était quand même la plage de Pouto et son phare.

Photo de Kelly's Bay havre de Kaipara Northland Nouvelle-Zélande
Kelly's Bay / Kaipara Harbour ©DM
Photo de Kelly's Bay havre de Kaipara Northland Nouvelle-Zélande
Kelly's Bay / Kaipara Harbour    ©DM

En arrivant à Pouto Point, une fois passées les quelques maisons établies sur les hauteurs tout au bout de la route, il suffit de prendre l'embranchement qui descend vers la plage où se trouvent toilettes et une série de panneaux d'informations dédiés aux Pouto Hidden Treasures (les secrets cachés de Pouto).

Photo de panneau Pouto Point Kaipara Northland Nouvelle-Zélande


Sur place un peu après 10h, la mer avait déjà commencé à descendre et des traces de voitures montraient que nous n'étions pas les premiers si bien que nous nous sommes engagés sur la plage en suivant ceux qui nous précédaient, des pêcheurs pour la plupart comme nous le constaterons un peu plus loin. Cet accès à la plage à Pouto Point est un passage facile et sans danger si bien qu'il n'y a pas trop de risques de s'enliser et qu'il n'y a ensuite plus qu'à suivre le rivage en partant d'abord vers l'ouest en longeant l'embouchure de Kaipara avant d'obliquer vers le nord au bord de la mer de Tasman. Pas mal de trous d'eau à contourner au départ lorsque la marée commence tout juste sa descente en évitant de remonter du côté du sable sec trop mou. Équipés de super pick-up truck, les pêcheurs du week-end étaient déjà installés au bord de l'eau pour faire tremper leurs lignes. Rarement isolés et toujours bien équipés, ils viennent ainsi passer la journée en famille et/ou en petit groupe.

Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Pouto Point, une plage à l'infini   ©SM
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Pouto, entrée nord du havre de Kaipara côté Northland - En face le bout de la péninsule sud, côté Auckland   ©SM
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande
Attention, trous d'eau ...  ©DM
Photo de plage Pouto Point Northland Nouvelle-Zélande

Après les premiers pêcheurs, on découvre rapidement le phare de Pouto positionné sur un roc de grès dominant d'immenses dunes situées à huit kilomètres des habitations les plus proches. Ce phare de Kaipara North Head est un exemple rare de phare construit en bois subsistant encore en Nouvelle-Zélande. Édifié en 1883-1884, il avait pour mission de guider les navires à l'entrée de Kaipara, particulièrement traitre du fait de barres de sables instables. Situé entre les régions du Northland et d'Auckland, sur la côte ouest de l'île du Nord, Kaipara était à cette époque le centre du transit des bois de kauris dont l'exploitation atteignit son apogée à la fin du 19ème et au début du 20ème lorsque ces arbres utilisés pour la construction et l'exportation poussaient encore en abondance.

Photo du phare de pouto Northland Nouvelle-Zélande

 À l'origine, le phare faisait partie d'un complexe plus important comprenant les résidences des familles de deux gardiens assurant une présence permanente, une station de signalisation et des bâtiments auxiliaires. Le phare d'origine mesurait 13,4 mètres et sa tour hexagonale s'étageait sur trois niveaux, entre fondations en béton et lanterne. À la différence d'un grand nombre de phares néo-zélandais préfabriqués et importés de Grande Bretagne, la construction de Kaipara Norht Head se fit avec des matériaux locaux : les murs intérieurs et extérieurs étaient faits de planches de kauris alors que des briques de basalte extraites du Mont Eden à Auckland assuraient la solidité du noyau pour offrir une structure capable de résister aux vents extrêmes. La conception est attribuée à John Blackett, un ingénieur associé à l'histoire du 19ème siècle, sans doute assisté du Capitaine Robert Johnson, connu pour avoir échaffaudé le premier plan national de couverture en phares, à l'origine d'un vaste programme de construction lancé par le gouvernement colonial entre 1860 et 1880. Le recours à des structures de bois permettait de mener les travaux à moindres coûts et le phare de Kaipara North Head fut le dernier des phares côtiers érigés pendant cette période.

Vue sur la plage et les voitures en contrebas du phare de Pouto donnant une idée de l'échelle ... Une bonne grimpette !   ©DM
La lanterne avait été importée d'Angleterre et mise en service en décembre 1884 et si l'intérieur du bâtiment servait surtout d'espace de stockage, des trappes permettaient aux poids du mécanisme de s'y déployer. Les jours de bonne visibilité, le rayon portait à 37 kilomètres mais le passage à l'entrée de Kaipara n'en restait pas moins traitre et pendant les premiers mois d'opérations, les gardiens assurèrent le rôle de sauveteurs à trois reprises pour l'Anabell, le Mary Annison et le Mathieu contribuant au surnom de "côte des épaves" donné à la région*.

Photo du phare de Pouto Northland Nouvelle-Zélande

Les conditions extrêmes mirent la station à rudes épreuves, les mouvements des dunes et l'érosion se révélant rapidement problématiques et amenant finalement les gardiens et leurs familles à se relocaliser à Pouto Point au début des années 1900 en entrainant le recrutement d'un gardien supplémentaire permettant d'assurer une présence permanente à la station, par rotation. À l'époque, la plupart des bâtiments annexes avaient déjà disparus sous les assaults du vent et/ou avaient dûs être délocalisés.
Ensuite automatisé (fonctionnement au gaz), le phare de Kaipara fût éteint au moment de la seconde guerre mondiale. Sa lanterne originale fut enlevée en 1944 pour être déplacée au Cape Saunders (sud-est de l'île du Sud / vers Dunedin) où elle est restée alors qu'une lanterne plus petite, prise au Cape Foulwind (nord-ouest de l'île du Sud, vers Westport) la remplaça. Ironiquement, le phare fut rallumé en novembre 1947 à la date marquant la fermeture officielle de Kaipara comme port d'entrée néo-zélandais, même si la navigation locale y reste autorisée. Finalement laissé à l'abandon, le phare fut définitivement décommissionné en 1955-1956.

Vue depuis la plateforme du phare de Pouto (vers l'ouest)   ©DM

Avec le support de la communauté de Pouto, c'est une association de défense du patrimoine formée dans les années 1970 qui lança finalement la restauration du phare placé alors sous l'égide du New Zealand Historic Places Trust qui l'intégra au patrimoine des propriétés historiques. Bien que très isolé, le phare est un objectif d'excursion relativement populaire qui attire plusieurs millers de touristes chaque année (35'000 selon des chiffres de la fin des années 1990). En plus de sa valeur architecturale, historique et culturelle, ce phare rappelle par sa présence le rôle essentiel joué par le transport maritime dans le développement sociaux-économique de la Nouvelle-Zélande.
Le phare est fermé et ne se visite pas mais il faut absolument faire la grimpette pour le voir de plus près et embrasser les vues spectaculaires qu'il domine. Les dunes alentours servent de terrain de jeu aux 4x4, quads et motos qui s'en donnent à coeur joie et sans restriction (enfants à bord et règles de sécurité parfois limites !), certains préférant d'ailleurs monter jusqu'au phare de cette façon plutôt qu'en marchant ... un sport visiblement admis dans ces dunes du Northland alors qu'il est strictement interdit pour préserver les dunes dans la région d'Auckland qui lui fait face.

Quads en pleine ascension de la dune du phare de Pouto   ©DM

Ensuite c'est roues libres pendant des kilomètres et des kilomètres de plage sur des espaces peu fréquentés où s'installe parfois un pêcheur et où l'on croise de temps en temps une voiture ou une moto. Les paysages évoluent et changent, on passe des zones de dunes plus ou moins hautes, plus ou moins larges, quelques ruisseaux, des falaises de lignite sans échappatoire où il vaut sans doute mieux éviter de se faire coincer par la marée sachant qu'il y a très peu d'accès intermédiaires à la plage [Glinks Gully et Mahuta Gap sont les seuls points référencés entre Pouto Point et Baylys Beach, la plage la plus proche de Dargaville)]. La lumière joue et évolue aussi et lorsque la chaleur devient trop intense elle recouvre l'horizon d'un voile de brume.

La mer de Tasman, la plage, des traces de roues, des dunes ...
... des sensations de désert et une largeur de plage immense à la pointe sud-ouest de la péninsule ...
Pour le GPS, on roule carrément dans la mer de Tasman en remontant vers le nord par la plage !   ©DM
 ... pour la sortie, continuer tout droit (ou pas) vers le nord sur des dizaines et des dizaines de kilomètres ...
Première sortie : Glink's Gully    ©DM
Un peu de brume de chaleur, des dunes comme des falaises et des largeurs de plages qui se réduisent

On ressent surtout ce sentiment incroyable d'immensité et de liberté, l'impression d'être seuls au monde en profitant de la chance prodigieuse d'être là entre ciel, mer, et plage. On se repait du silence et de la beauté toute simple de cette nature à l'état brut qui nous nourrit d'une plénitude indescriptible et nous remplit d'humilité.
Jusqu'à Baylys beach, la plage est comme une large autoroute toute lisse mais au delà, elle est plus encombrée, toujours praticable certes, mais avec plus d'obstacles, ruisseaux, rochers et cailloux ainsi que des bandes de passage parfois assez étroites, même à marée basse.

... pas toujours très large et des rochers à éviter...
... pour slalomer ...
... une petite chute d'eau et un ruisseau à enjamber.

À Omamari, la plage n'est plus praticable du fait des rochers et falaises et la sortie trop difficile pour notre véhicule avec du sable sec dans lequel on s'enlise un peu (ça encore, ça se gère) mais qui cache surtout de gros rochers dangereux pour la voiture qui n'est pas suffisemment surrélevée si bien que nous avons préféré rebrousser chemin pour retourner jusqu'à Baylys beach où la sortie est bien plus facile (passage d'une voie longeant un ruisseau). 

Notre carosse des sables !
Sortie à Baylys beach et ses dunes dont les hauteurs ressemblent à des remparts
Voiture mal adaptée ... Attention à l'enlisement, on ne trouve pas toujours des âmes charitables !

Une expérience unique à chaque fois et qui restera sans doute toujours une image forte attachée à la Nouvelle-Zélande, inégalable !

Baylys beach - Notre fidèle monture au coucher de soleil sur la mer de Tasman (♪♫ I'm a poor, lonesome cowboy !♫♪)
 
Notes :
Je n'ai pas trouvé de site qui recense toutes les plages routières de Nouvelle-Zélande (mais il existe des clubs 4WD) alors pour les dénicher à l'avance il faut se débrouiller en faisant des recherches et des recoupements sur Internet. Sur le terrain, le hasard fait parfois bien les choses puisqu'il nous a déjà permis de tomber sur certaines de ces plages.  
* Dans la région d'Auckland, les plages de Muriwai et Karioitahi sont les seules ouvertes à la circulation; elles nécessitent l'obtention préalable d'un permis gratuit, renouvelable annuellement, à demander sur le site du Auckland Council. Il s'obtient en trois minutes car il suffit de remplir un formulaire en ligne avec des informations personnelles de base, les informations du véhicule, la raison de la demande et le choix de la plage (un permis pour chaque plage) pour une délivrance immédiate. (ICI)
* Le musée de Dargaville est un bon endroit pour en savoir plus sur l'histoire de la région marquée par de nombreux naufrages. On recense environ 150 épaves gisant à l'entrée de Kaipara dans une zone maritime surnommée "the Graveyard" (le cimetière). 

Carte extraite de la brochure Pouto Hidden Treasures du Department of Conservation

Plus d'infos :
Brochure Pouto Hidden Treasures - Department of Conservation (format pdf) ICI
The shipwrecks of Pouto Point - Tourism Kauri Coast ICI
Kaipara North Head Lighthouse - Heritage New Zealand ICI
Pouto point - NZ Topo maps ICI
Pouto Point tides - Metservices ICI
Règles de conduites sur plage - Auckland Council  ICI

lundi 26 février 2018

Wai-o-tapu - Merveille géothermale - Rotorua (3)

Wai-O-Tapu* est parfois considéré et à juste titre comme le "Yellowstone" de Nouvelle-Zélande, toutes proportions gardées. Cette merveille géothermique est l'un de nos parcs préférés à Rotorua et sans doute le plus beau de Nouvelle-Zélande, où on peut facilement passer une bonne demi-journée sans voir filer le temps. Comme l'endroit est assez populaire, ça vaut le coup de se lever un peu tôt les jours de grande affluence pour devancer la foule et/ou de pratiquer la visite dans le sens inverse de celui indiqué par les panneaux.

Photo de la palette de l'artiste à wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Wai-o-Tapu - La palette de l'artiste   ©DM
Protégée depuis 1931, cette Scenic Reserve est située à 27 kilomètres au sud de Rotorua, sur la Highway 5, en direction de Taupo. Marquée sur sa frontière nord par le Maungakakaramea (la montagne arc-en-ciel), elle couvre 18 kilomètres carrés et constitue la zone d'activité géothermale et le système hydrothermal les plus importants de la zone volcanique de Taupo.
Une partie est publique, gérée par le Department of Conservation alors que la zone géothermale la plus spectaculaire est payante (geyser de Lady Knox inclus), louée au Runanga* propriétaire du terrain par l'opérateur "Wai-o-Tapu Thermal Wonderland" qui en assure la gestion depuis 2012. Reprise à la famille Sewell/Leinhardt qui exploita le site pendant 30 ans, l'affaire est ainsi passée sous le contrôle d'Arawa Group Holdings, une entreprise maorie locale.
Dans la partie publique, le détour par Mud Pool permet de voir de grandes mares de boues bouillonantes et giclantes qui valent bien un petit arrêt avant ou après la visite du parc géothermal principal.

Photo de Mud Pool Wai-o-Tapu à Roturoa Nouvelle-Zélande
Mud Pool - Wai-o-Tapu
Tous les matins, il est également possible de voir l'éruption du geyser de Lady Knox, provoqué vers 10h15 à la suite d'une courte animation. Tous les visiteurs s'y précipitent dans un mouvement de foule et de voitures et sont regroupés dans une sorte d'amphithéatre pour assister au spectacle ... À voir bien sûr si on n'a jamais vu de geyser mais une bonne idée aussi de l'éviter en profitant de ce que tout le monde y afflue pour bénéficier du parc géothermique alors vidé d'une grande partie de ses touristes.

Photo du geyser Lady Knox à Wai-o-Tapu Roturoa Nouvelle-Zélande
Amphithéâtre souvent plein à Lady Knox Geyser - Wai-o-Tapu   ©DM
Photo du geyser Lady Knox à Wai-o-Tapu Roturoa Nouvelle-Zélande
Wai-o-Tapu - Lady Knox Geyser - Une éruption "provoquée" tous les jours, comme un spectacle  ©DM

Les billets d'entrée (Lady Knox inclus) s'achètent au centre des visiteurs à l'entrée de la zone géothermale principale et il faut compter 32,50 NZD pour un ticket adulte qui comprend une brochure / carte permettant de se repérer et d'avoir des informations sur le terrain, les phénomènes géothermique, l'histoire, la faune et la flore de Wai-o-Tapu. La visite se découvre ensuite en accès libre, découpée en trois boucles (rouge, orange et jaune) qui s'enchaînent pour former un circuit complet de 3 kilomètres émaillé de 25 points d'intérêts détaillés dans la brochure, complétés sur le terrain de nombreux panneaux bien faits et intéressants.

Photo de panneau wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
C'est parti pour la visite par la première boucle, signalisation rouge !

La première partie traverse d'abord des paysages lunaires d'où s'élève des fumerolles ...

Photo de wai-o-Tapu Rotorua Nouvelle-Zélande

... le terrain est un véritable champ de mine troué de cratères plus ou moins importants, plus ou moins fumants, avec leurs fumerolles, des émanations de souffre et/ou des fonds de boues bouillonantes, liquides ou sèches .... 

Photo de panneau sur les cartère wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande

... des cratères aux noms on ne peut plus évocateurs : la maison du diable (Devil's home), le cratère du tonnerre (Thunder Crater), les pots à encre du diable (Devil's Imk Pots), le cratère de l'enfer (Inferno Crater), le bain du diable (Devil's bath) avec quelques variantes moins violentes et plus poétiques, "le cratère arc-en-ciel" (Rainbow Carter) ou le nid d'oiseau (Bird's Nest) ....

Photo de cratère de wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Photo de cratère de wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Photo de cratère de wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Photo de cratère de wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Photo de cratère de wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Le bain du diable ! 
À la limite de cette zone infernale, à la jonction des sentiers rouge et orange, des points de vues et la merveille des merveilles située au coeur de Wai-o-Tapu : la palette d'artiste (Artist's Palette) avec ses couleurs vibrantes sous le soleil   ...

Photo de la palette de l'artiste wai-o-tapu Rotoru Nouvelle-Zélande
Somptueuse palette multicolore de Wai-o-Tapu   ©DM
Photo de la palette de l'artiste wai-o-tapu Rotoru Nouvelle-Zélande

 ...  avec sa piscine de champagne (Champagne Pool) pétillante certes mais non consommable, même pas pour un bain, parce que brulante et fumante ...

Photo de champagne pool wai-o-tapu Rotoru Nouvelle-Zélande
Photo de champagne pool wai-o-tapu Rotoru Nouvelle-Zélande
Photo du panneau de champagne pool wai-o-tapu Rotoru Nouvelle-Zélande

... c'est tellement beau et fascinant, qu'on en oublierait presque le bassin opale (Opal Pool), la terrasse primevert (Primrose Terrace) et le geyser de Jean Batten baptisé en l'honneur de la célèbre aviatrice néo-zélandaise ...


Le sentier orange réserve lui aussi ses points de vue mais sert surtout à connecter la boucle rouge avec la jaune ...

Photo de vue à Wai-O-Tapu rotorua Nouvelle-Zélande
Vue sur "la poêle à frire" (The frying pan)  ©DM
... où l'on suit le chemin, d'autres passerelles de bois et des escaliers se glissant dans un paysage plus mixte et plus découpé, au milieu des arbres et de la végétation qui se font grignoter par les phénomènes venus des profondeurs du sous-sol ou qui essayent de gagner sur eux, on ne sait pas trop ...


... les visiteurs sont moins nombreux dans cette partie plus accidentée alors qu'elle réserve encore quelques surprises, sources et bassins aux noms évocateurs comme le bassin de l'huître (Oyster Pool) ...


... ou la grotte de soufre (Sulphur Cave) ...


... des conditions pas totalement hostiles où les oiseaux de la faune locale trouvent des endroits où s'ébattre ...

Photo d'oiseau à wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande

... alors que tout au bout, avant de revenir, le lac de Ngakoro et les paysages si paisibles aux alentours offrent à ce merveilleux parc de Wai-o-Tapu un écrin tout de verts et bleus  ...

Photo du lac de Ngakoro à wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
Photo d'e paysage à wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande

... non sans un certain contraste avec le grignotage de l'intérieur !

Photo  wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande

Photo wai-o-tapu Rotorua Nouvelle-Zélande
    
La promenade est évidemment encore plus belle sous le soleil ...  mais quel que soit le temps, s'il y a bien un parc à ne pas rater à Rotorua, c'est celui-ci, Wai-o-Tapu, un petit chef-d'oeuvre de la nature en action !

Notes :
* En maori, Wai-o-tapu signifie "eaux sacrées". 
À voir : très belle vidéo d'introduction sur le site de wai-o-tapu

Carte du parc géothermal de Wai-o-Tapu
Infos pratiques :
Adresse : 201 Waiotapu Loop Rd, Rotorua 3073, Nouvelle-Zélande
Ouvert tous les jours  :
- de 8h30 à 17h (du 1er avril au 31 octobre + jour de Noël)
- de 8h30 à 18h (du 1er novembre au 31 mars)
Lady Knox Geyser, tous les jours à 10h15 (explications et éruption provoquée)
Prix du ticket adulte (parc géothermal + Lady Knox Geyser) : 32,50 NZD
Achat du ticket sur place au Visitor Center ou directement sur le site de Wai-o-Tapu
Prévoir une demi-journée de visite. 

Plus d'infos :
Wai-o-tapu - Thermal Wonderland - Rotorua  ICI
Ngati Tahu - Ngati Whaoa - Runanga Trust  ICI