lundi 24 juillet 2017

Tokaanu Thermal Walk - Turangi

Situé au bord de la SH41, à 6 kilomètres de Turangi, Tokaanu Thermal Walk est un petit circuit pédestre balisé ne demandant pas plus d'une quinzaine de minutes pour découvrir ses sources chaudes et ses mares de boues bouillonnantes, perdues au milieu du bush.

Photo des sources et boues Tokaanu Thermal walk nouvelle-zélande
Tokaanu Thermal Walk - Turangi   ©SM

Ce secteur de Tokaanu appartient à la zone volcanique active de Taupo dont le périmètre va de White Island au nord jusqu'au Mt Ruapehu au sud. Ses eaux minérales naturelles proviennent de la pluie et de la neige lentement filtrées dans le massif du Tongariro qui le domine. Lorsqu'elles arrivent en sous-sol, ces eaux entrent en contact avec des roches volcaniques chaudes qui les repoussent vers la surface où elles émergent sous forme de sources chaudes riches en minéraux.


La tribu locale Ngati Turauia est installée à Tokaanu depuis le 16ème siècle, attestant d'une connaissance et d'une exploitation ancienne des lieux par les Maoris qui utilisaient les sources chaudes pour la cuisine, la lessive, le bain et les loisirs.
Aujourd'hui, ils gèrent le centre thermal avec piscines - bains privés ou piscine publique - ouvert aux visiteurs pour profiter des effets relaxants et thérapeutiques des eaux (Tokaanu Thermal Pools). Pour les adeptes et ceux qui ont le temps ...


Tokaanu Thermal Walk    ©SM

Un arrêt facile et sans détour, à faire sans hésiter quand on passe par cette route.

Nota : même si on ne souhaite pas prendre de bain, prendre le temps d'entrer à l'accueil du centre thermal pour voir la petite exposition et les panneaux explicatifs sur les phénomènes de Tokaanu et la région.

Infos pratiques :
Tokaanu Thernal Walk  - Accès libre
Tokaanu Thermal Pools
Tous les jours (sauf Noël) de 10h à 21h pour la piscine publique (20h pour les bains privés)
Prix d'entrée adulte : 8 NZD pour la piscine publique - 12 NZD pour le bain privé.

Plus d'infos :
Tokaanu Thermal Walk - Department of conservation ICI
Tokaanu Thermal Pools ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 5 (22/03/2017) 

samedi 22 juillet 2017

LIVRES - Settler's Creek / Sous la terre des Maoris de Carl Nixon





Titre original : Settler's Creek
Titre français : Sous la terre des Maoris
Auteur : Carl Nixon
Première édition : 2010





En Nouvelle-Zélande, après le suicide de Mark, 19 ans, la préparation de l'enterrement est source d'affrontement entre le père adoptif qui l'a élevé, d'ascendance européenne, et le père biologique, Maori : le premier souhaite le faire enterer dans la paroisse et le cimetière proche des terres familiales, le second sur les terres ancestrales en suivant les rites de la tribu ...

Un livre particulièrement noir, le deuil et les rites funéraires servant de catalyseurs au choc des cultures et à l'antagonisme de deux hommes pleins de certitudes. Une violence des sentiments qui conduit à des actes extrêmes et jusqu'au-boutistes de la part des deux partis alors que la situation économique en miroir des pères apporte une touche un peu ironique à l'histoire, sorte de revanche d'un peuple sur celui qui l'a colonisé. Des personnages rudes et une écriture froide. Un scénario troublant, inhabituel et assez déroutant. Un ensemble glaçant, qui peut mettre mal à l'aise alors qu'il reflète une certaine réalité propre à ce jeune pays du bout monde, construit dans l'isolement et l'éloignement, à la dure.

Un mot sur l'auteur :
Carl Nixon est un écrivain néo-zélandais né à Christchurch en 1967, auteur de nouvelles, romans et pièces de théâtre. Il a reçu de nombreux prix littéraires nationaux, y compris le prestigieux prix Katherine Mansfield (2007).
Largement traduit en allemand mais peu en français, Sous la terre des Maoris est pour le moment le seul livre de cet auteur disponible dans notre langue.

Plus d'infos :
Site de Carl Nixon ICI

mercredi 19 juillet 2017

La pierre sacrée des Maoris, un peu de Nouvelle-Zélande à Paris

Un peu de Nouvelle-Zélande à Paris avec l'exposition "La pierre sacrée des Maoris" présentée au musée du quai Branly - Jacques Chirac jusqu'au 1er octobre 2017.



Organisée en collaboration avec le musée national de Nouvelle-Zélande, Te Papa Tongarewa et l'iwi (tribu) Ngai Tahu, cette exposition est l'occasion de découvrir à Paris pounamu, la pierre verte sacrée des Moaris. Différente du jade chinois, on trouve la plus grande concentration de ces pierres dans l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, un matériau rare, solide et résistant, porteur des symboles de puissance, de prestige et d'autorité (mana) dans les croyances Maories. Elle sert traditionnellement à la réalisation d'outils, d'armes ou d'ornements culturels dont les précieux pendentifs Hei Tiki figurant des ancêtres (image choisie pour l'affiche de l'exposition).

Cette exposition donne des informations sur les différentes variétés de pounamu dont des exemplaires bruts sont présentés et peuvent être touchés, les lieux où on les trouve, l'histoire et la portée symbolique pour les Maoris, les légendes qui l'entoure, etc. Elle permet surtout d'admirer près de deux cents trésors (taonga) Maoris, des armes et pendentifs précieux (photos interdites du fait de leur aspect sacré).

Une exposition un peu exotique dans l'univers parisien afin de découvrir cette pierre si importante de la culture maorie.

Informations pratiques :
Exposition "La Pierre Sacrée des Maoris"
Musée du quai Branly - Jacques Chirac
Mezzanine Est
Du 23 mai 2017 au 1er octobre 2017
Ouvert mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h - vendredi et samedi de 11h à 21h - jeudi de 11h à 22h.
Fermé le lundi
Entrée gratuite le 1er dimanche de chaque mois.

En savoir plus :
Exposition La pierre sacrée des Maoris - Musée du quai Branly ICI

lundi 17 juillet 2017

Mount Albert - Owairaka - Volcan d'Auckland

Mount Albert est l'un des cônes volcaniques de la ville d'Auckland qui a donné son nom au quartier qu'il domine. Situé à 7 km du centre d'affaires, il occupe la position la plus occidentale du champ volcanique d'Auckland et sa cinquantaine de volcans identifiés.

Au sommet du Mount Albert - Owairaka    ©SM

Nommé en l'honneur d'Albert, conjoint de la reine Victoria, le mont avait plusieurs autres noms Maoris dont celui d'Owairaka (O "l'endroit/le domaine" de "Wairaka" / nom propre) et était associé à des légendes diverses. Dans l'une d'elles, il est question d'une femme nommée Wairaka : alors que son mari était parti à la chasse, elle fut séduite par le vent de l'ouest de Waitakere qui était amoureux d'elle et qui l'enleva. Alors qu'ils étaient poursuivis par l'époux qui les rattrappait, Wairaka se jeta à la mer et se noya avant de réapparaitre sous la forme d'une colonne rocheuse qui depuis, porte son nom. Une histoire illustrant les croyances traditionnelles, le lien qui existe entre les ancêtres maoris et la terre ainsi que la nature spirituelle associée aux montagnes, sacrées.

Au fil du temps et des rapports de pouvoirs, plusieurs tribus occupèrent Owairaka mais pour les Maoris nomades, le pa du Mount Albert était avant tout saisonnier. Jusqu'à 1'500 personnes pouvaient alors y graviter et les terrassements et trous encore visibles sur les pentes témoignent de leur passage.   

Mount Albert 1846 - Aquarelle de John Guise Mitford 

En 1841, les terrains alentour furent achetés aux Moaris par la couronne d'Angleterre qui les subdivisa en fermes où plusieurs familles notables d'Auckland trouvent leurs racines. À la fin du 19ème siècle, le quartier du Mt Albert devint la deuxième banlieue d'Auckland, après Remuera, avant qu'elle ne soit totalement intégrée à l'agglomération. Un quartier aujourd'hui contrasté recelant quelques très belles propriétés coloniales anciennes dont l'un des joyaux est Alberton.

Avec la colonisation, le Mount Albert servit de carrière pour la construction, notamment celle des balasts du chemin de fer. On peut encore observer l'endroit où passait la rampe d'accès servant au transport des matériaux, entre Toroa Terrace et la montagne. Ainsi exploitée - de 1840 à 1928 - la montagne se transforma et son sommet redessiné fut arasé d'environ 15 mètres. À l'origine, le Mount Albert-Owairaka comptait deux cratères mais l'un a été aplani au début des années 1900 pour en faire le terrain de sport qui existe toujours alors que l'autre a été utilisé à partir de 1945 pour créer un réservoir d'eau.

Terrain de sport du Mount Albert - Inscription de la date au dessus de la porte des vestiaires   ©SM

Comme la plupart des autres cônes émaillant le paysage de la ville, Mount Albert-Owairaka est aujourd'hui un parc public. Il ne faut pas le confondre avec le parc Albert (Albert Park) situé au centre ville et agrémentant lui aussi une colline d'origine volcanique. Le parc est accessible en voiture : on peut se garer à l'extérieur ou suivre la route circulaire intérieure, en sens unique dans le sens des aiguilles d'une montre, construite par le district après le démantèlement de la carrière en 1928.

On peut aussi s'y promener à pied, en suivant la route ou les sentiers praticables sur ses pentes. Outre le grand terrain de sport, le parc abrite un terrain protégé pour les amateurs de tir à l'arc, comme un rappel des activités sociales proposées à une autre époque sur la propriété voisine d'Alberton. Quelques panneaux explicatifs abimés donnent des informations géologiques et historiques mais ce qui reste tout de même le plus intéressant au Mount Albert - Owairaka Domain, ce sont surtout les vues :

... sur le centre ville à l'est...

Vue vers l'est du Mount Albert - Au loin, la tour d'Auckland et le Rangitoto à l'arrière plan     ©SM

... sur Waitakere Ranges et le port de Manukau à l'ouest...

Vue vers l'ouest du Mount Albert - Waitakere Ranges et Manukau Head   ©SM

... sur le port de Waitemata au nord ...

Vue au nord du Mount Albert - Port naturel de Waitemata   ©SM

... sur la ville et ses autres volcans au sud.

Vue au sud du Mount Albert - Mt Eden, Mt Hobson, Mt Wellington, One Tree Hill, etc.   ©SM

Les volcans d'Auckland - Voir aussi :
Auckland - Collection de volcans sur poudrière
Rangitoto, "landmark" naturel d'Auckland
Devonport
Maungawhau - Mont Eden, un incontournable d'Auckland
Panmure Lagoon, petite balade sympa d'Auckland
Mangere Mountain, Mangere Lagoon et Puketutu Island - Volcans d'Auckland

Plus d'infos :
Mt Albert Historical Society  ICI
Brochure détaillée Owairaka - Mt Albert Heritage walk - Auckland Council  ICI
Auckland Volcanoes - Blog "exploring ALL Auckland volcanoes in Auckland" - Mount Albert ICI

vendredi 14 juillet 2017

LIVRES - Where to live in Auckland de Stephen Hart

Où s'installer à Auckland ?



Cette question est l'une des toutes premières qu'on se pose en s'installant à Auckland et la réponse est évidemment extrêmement variable puisqu'elle dépend du budget, du lieu de travail, de la composition de la famille et des besoins de scolarisation, des moyens de transports, des goûts de chacun et de tout autre critère personnel important.

Sachant qu'Auckland est une ville très étendue et composée d'une foultitude de quartiers ou villages collés les uns aux autres, ce n'est pas forcément évident de s'y retrouver quand on débarque d'autant que tout le monde n'a pas la chance de pouvoir être accompagné par un agent immobilier capable de partager conseils et expérience.

Alors pour me repérer et tout savoir sur les différents quartiers, je me réfère encore régulièrement à un livre qui m'a été offert à mon arrivée, intitulé "Where to live in Auckland" de Stephen Hart. Il s'agit d'un guide pratique édité par un agent immobilier à l'attention d'un public d'acheteurs, comme l'indique le sous titre de la publication (The Essentiel Homebuyers' Guide).
S'il ne contient donc pas d'informations pratiques spécifiques à la location, il n'en est pas moins très utile. Son intérêt réside dans l'approche détaillée systématique qui est faite de tous les quartiers de la ville. L'ensemble est organisé en 55 zones couvrant plus de 200 quartiers de la ville d'Auckland, regroupées en cinq chapitres géographiques pour s'y retrouver facilement, du centre aux quatre points cardinaux.
Nota : Mon quartier que je positionne au sud géographique fait en réalité partie du découpage Est de la ville.

S'y retrouver en 5 points cardinaux, 55 zones et environ 200 quartiers ...

Ce livre c'est un peu le Michelin local de l'immobilier puisque l'auteur attribue à chaque quartier un nombre variable d'étoiles, cinq au maximum pour les endroits les plus cotés.

Pour chaque zone, on trouve un condensé des informations pratiques suivantes :
- une introduction avec des informations générales (impressions, histoire, anecdotes, etc.),
- une carte avec les différents quartiers la composant et des repères de couleur donnant des indications de profils*,
- un tableau "population profile"* indiquant le nombre d'habitants, des pourcentages sur l'âge (Moins de 15 ans et Plus de 65 ans) et la composition ethnique* (Parts d'Européens, Maoris, Polynésiens et Asiatiques),
- des informations autour de la question : "qui vit là?"
- le type de maison,
- les équipements (écoles, commerces, sports et loisirs) et leur cote étoilée sur 5,
- le marché immobilier (tendances, meilleures rues, des fourchettes de prix).

Bref, une mine d'informations utiles pour tous les nouveaux venus et essentielles pour ceux qui voudraient s'installer à long terme et investir. Pratique aussi pour la découverte des quartiers...

*Nota :
11 types de profils sont détaillés à la fin du livre (tels que professionels, familles, célibataires, diversité culturelle, maisons neuves, etc.), étayés par plusieurs types de sources (Recensement NZ, Etudes de marché, etc.).
Pas sûr qu'il serait possible de publier un guide équivalent en France, notamment pour ce qui est de la composition ethnique qui compose chaque quartier.

Titre : Where to live in Auckland, The Essential Homebuyers' guide
Auteur : Stephen Hart
Dernière édition (7ème édition) : 2012
À surveiller, une nouvelle édition ne devrait sans doute pas tarder. 
Prix : 45 NZD
 
Plus d'infos :
Where to live in Auckland - ICI

mardi 11 juillet 2017

Auckland - Collection de volcans sur poudrière

La ville d'Auckland est construite sur un vaste champ volcanique dont le nombre exact de "cheminées" n'est pas une certitude si ce n'est qu'il dépasse la cinquantaine. C'est un champ jeune et actif même si les volcans qui le composent sont aujourd'hui éteints si bien que la ville repose sur une poudrière pour laquelle la question n'est pas de savoir s'il y aura de nouvelles éruptions mais quand ...

Le champ volcanique d'Auckland et ses principaux volcans - Source : Stuff NZ

Ce contexte volcanique propre à la ville est très bien présenté et expliqué au premier étage du Musée Mémorial d'Auckland, dans une des salles d'expositions permanentes dédiées. Pour les scientifiques, c'est un sujet de recherche unique compte tenu de la population qui s'y concentre et il fait l'objet d'une large documentation alimentée régulièrement de nouvelles études relayées par la presse même si tout cela ne semble pas vraiment inquiéter la population de cette métropole la plus importante de Nouvelle-Zélande qui continue de grandir et de s'étaler sans réellement se préoccuper de ces questions.

Source : RNZ
Cette particularité géographique est pourtant fascinante et dans la masse d'informations disponibles, nous avons donc relevé les quelques éléments de certitudes suivants :

1 - la dernière éruption est celle de Rangitoto, elle remonte à 600 ans environ et les Maoris en ont été les témoins,
2 - la nature des volcans d'Auckland est de type explosif ...
3 -  ... et monogénique [volcan formé par une seule et unique éruption] si bien qu'ils ne frappent en principe pas deux fois au même endroit,
4 - le champ d'Auckland est localisé au dessus d'un point chaud situé à 100 kilomètres en dessous de la ville mais il est impossible de déterminer où il frappera de nouveau,
5 - sur le plan de la gestion des risques, les signes avant-coureurs devraient donner une marge d'une journée ou deux pour une évacuation à grande échelle de la population de la ville ... même si les scientifiques indiquent que la densité rend difficiles les mesures de ce qui se passe en sous-sol (11 sismomètres sont placés à travers la ville),
6 - une éruption aura des conséquences plus ou moins désastreuses sur les infrastructures de la ville selon l'endroit où elle se manifestera. Le risque ne tient pas tant au point de l'explosion, a priori relativement localisé et contenu, mais aux conséquences des phénomènes annexes (projections de cendres, coulées de laves, etc.) qui feront plus ou moins de dégâts selon les variables du terrain (lave canalisée ou non par des obstacles et plus ou moins longue) et les conditions météo du moment (vent, pluie qui peuvent élargir/diriger ou contenir le nuage de cendres, etc.)...
7 - ... une étude récente de Massey University a permis d'identifier les zones à plus hauts risques qui montre par exemple une très forte exposition de la zone de l'aéroport.

Identification des zones de risque - Auckland  Source : NZ Herald

Compte tenu de ces risques, on peut évidemment se demander pourquoi les hommes se sont installés à cet endroit (?). Si certaines sources semblent indiquer que les Maoris, les premiers arrivés, n'avaient simplement pas conscience du danger, que ce soit le cas ou non, cette question n'est dans le fond pas très importante parce que la justification est ailleurs. C'est la même qui continue d'attirer ceux qui s'installent et elle tient tout simplement à la qualité de l'endroit, cumulant tous les avantages :

1 - un isthme de quelques kilomètres entre deux ports naturels - Waitemata sur le golfe d'Hauraki/océan Pacifique et Manukau sur la mer de Tasman,
2 - la proximité de la mer et de ses ressources,
3 - de l'eau douce,
4 - des forêts,
5 - des sols fertiles,
6 - des cônes volcaniques offrant une position dominante défensive,
7 - ... et pour ne rien gâcher, des paysages superbes.

Bref, une qualité de vie qui garde aujourd'hui tous ses attraits !

Finalement, ce champ volcanique est pour nous un immense terrain de découvertes qui fourni des objectifs d'excursions multiples, avec ses cônes (ou ce qu'il en reste) offrant des points de vue sans cesse renouvelés sur la ville et ses lagons (maars) dont les abords aménagés permettent de jolies promenades.

Carte d'Hochstetter exposée au Musée Mémorial d'Auckland - 1859


Les volcans d'Auckland - Voir aussi :
Rangitoto, "landmark" naturel d'Auckland
Devonport
Maungawhau - Mont Eden, un incontournable d'Auckland
Panmure Lagoon, petite balade sympa d'Auckland
Mount Albert / Owairaka - Volcan d'Auckland
Mangere Mountain, Mangere Lagoon et Puketutu island - Volcans d'Auckland

Plus d'infos :
Auckland et le risque volcanique - Blog de Claude Grandpey : volcans et glaciers ICI
Auckland ... 500'000 personnes sur un point chaud - Blog Earth of Fire 23/08/2012 ICI 
Auckland Volcanic Field Geology - GNZ 21/01/2010  ICI
Auckland volcano drown out - Stuff NZ 23/08/2012 ICI
What to do during a volcanic eruption - Instructions de la défense civile NZ ICI 

vendredi 7 juillet 2017

Tongariro Alpine Crossing

La randonnée de Tongariro Alpine Crossing (Traversée Alpine du Tongariro) est l'une des marches d'une journée les plus réputées de Nouvelle-Zélande.
Assez ardue du fait du dénivelé (1'100m à 1'900m puis retour à 700m) et de la distance à parcourir (19,4 km) nécessitant entre 6 et 8 heures de marche, elle vaut tous les efforts : elle permet de traverser des paysages volcaniques exceptionnels et variés, vallées, cônes volcaniques, coulées de lave, lacs émeraude ou bleu, cratères, etc. avec des vues multiples qui en font un émerveillement de bout en bout.
Et pour les mordus du Seigneur des Anneaux, comme il s'agit du décor de la montagne du destin à Mordor, c'est bien sûr un incontournable absolu !
 
"Mordor" - Mt Ngauruhoe à Soda Springs   ©SM

Certains entreprennent la traversée en excursion à partir de Taupo mais pour s'épargner une cinquantaine de kilomètres de route le matin, il vaut mieux se rapprocher la veille du parc national du Tongariro et passer la nuit à Turangi, bourgade la plus importante située juste au nord du parc.
Établi en 1894, Tongariro National Park est le premier, le plus au nord et le plus ancien des parcs nationaux de Nouvelle-Zélande*. Il est également enregistré sur la liste des sites du patrimoine de l'humanité de l'UNESCO, à double titre, scientifique (depuis 1990), pour ses volcans actifs, et culturel (depuis 1993), pour son importance dans la culture maorie.

La randonnée ne constituant pas une boucle, il existe un système de navettes qui permet de laisser la voiture au point d'arrivée, à Ketetahi, et de se faire conduire en bus au point de départ à Mangatepopo situé à une demi heure de route.

Randonnée Tongariro Alpine Crossing - Source : Taupo DeBretts

La traversée compte cinq étapes (distances/dénivelé/temps) :
1 - De Mangatepopo à Soda Springs - 4,4 km / +200m / 1-1h30
2 - De Soda Springs à South Crater - 2 km / +360m / 1h
3 - De South Crater à Emerald Lake en passant par Red Crater - 2,6 km / +240m jusqu'au sommet puis -200m / 1h30
4 - D'Emerald Lake à Ketetahi Hut en passant par Central Crater- Blue Lake - 4 km / +60m puis -360m / 1-2h
5 - De Ketetahi Hut à Ketetahi - 6,4 km / -700m / 1h30 - 2h

Source : Turangi Alpine Shuttles

La première partie est facile et constitue une bonne mise en jambes. Elle est en pente douce et en partie facilitée par des passerelles de bois qui suivent un ruisseau et contournent une coulée de lave.

Première étape pour se mettre en jambes    ©SM

Au bout de la vallée, un crochet du chemin permet d'aller voir les chutes de Soda Springs qui donnent leur nom à l'étape. C'est là qu'il faut prendre son élan et que les choses se corsent avec la première montée qui permet de rejoindre South Crater entre les Mts Ngauruhoe et Tongariro.
  
L'été sur Tongariro Alpine Crossing, ça grimpe et on n'est pas tout seul !     ©SM

Pendant la montée, surnommée "Devil's staircase" (l'escalier du diable), on domine de plus en plus la vallée de Mangatepopo et la coulée de lave contournée au départ, avec un paysage assez désolé mais des vues grandioses :

Vues sur la vallée de Mangatepopo  ©SM

Pour ceux qui veulent monter au sommet du Ngauruhoe il faut quitter le chemin un peu avant l'arrivée à South Crater mais on peut aussi se contenter d'apprécier la vue sur ce cône volcanique majestueux culminant à 2'287 mètres.
Ngauruhoe est le point culminant du massif et la plus haute des bouches éruptives du volcan Tongariro qui en compte en fait une douzaine, imbriquées les unes aux autres :

Mt Ngautuhoe - Ajouter 3 heures à la randonnée pour aller admirer le point de vue du sommet ...  ©SM

À South Crater - ouvert vers le sud comme son nom l'indique - on traverse un paysage lunaire assez plat qui donne un peu de répit avant d'attaquer la dernière grande montée, celle qui mène au sommet de la randonnée qui culmine à Red Crater (1'870m) :

South Crater   ©SM

Beaucoup de pierraille et un terrain instable pour cette montée difficile et assez raide. En distance, on est à mi-chemin de la randonnée avec la possibilité pour ceux qui le souhaitent de monter jusqu'au sommet du Mt Tongariro en effectuant un crochet.
Pour la traversée "simple et sans extra", on passe par Red Crater où l'on s'expose au froid et au vent, même par une belle journée d'été et on domine alors toute la région alentour :

Au sommet, Red Crater et la vue vers l'est    ©SM

Au sommet, vue vers le nord sur Central Crater, le lac bleu et le lac Taupo à l'arrière plan   ©SM

On entame ensuite la descente en enfonçant les talons dans la pente faite d'éboulis jusqu'aux lacs émeraudes qui constituent, pour la plupart des randonneurs, le point d'arrêt pour se restaurer en profitant d'un panorama exceptionnel bien mérité :

Emerauld Lakes - Tongariro Alpine Crossing   ©SM

Il ne reste ensuite plus qu'à traverser le cratère central et rejoindre le lac bleu par la toute dernière petite montée...

Du lac bleu, dernier coup d'oeil vers Tongariro, Red Crater et Ngautuhoe    ©SM

 ... avant de redescendre les 1'000 mètres de dénivelé en continu qui permettent de rejoindre le parking de Ketetahi. 
  
Plus que 11 kilomètres !   ©SM

Pendant la descente, on remarque les fumerolles du cratère Te Maari dont la dernière éruption en 2012 avait entrainé la fermeture temporaire du Tongariro Alpine Crossing. Un rappel pour souligner que nous sommes dans une zone volcanique active et donc à risque :

Le chemin serpente et la végétation renait alors que s'échappent au loin les fumerolles de Te Maati  ©SM 

Au fur et à mesure de la descente, la végétation s'enrichit avec en contrebas le lac Rotoaira. 
 


Avant de rejoindre la forêt qu'il faut traverser pour atteindre le point d'arrivée, un dernier coup d'oeil en arrière permet de mesurer la distance parcourue, les fumerolles du cratère Te Maari servant de repère. 
 


La descente est longue et l'arrivée bienvenue mais quelle satisfaction et quelle belle journée, une randonnée exceptionnelle, à la hauteur de sa réputation !

*Nota :
En 1889, pour éviter les risques de division des terres et leur mise en vente, le grand chef Horonuku Te Heuheu, des tribus du centre de la Nouvelle-Zélande, fit don à la couronne des trois pics sacrés Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu, symboles des ancêtres et liens spirituels entre la terre et la tribu. Le souhait de ce chef était de les préserver en les intégrant au projet de parc national à l'étude dans l'île du nord, qui aboutit à la création de Tongariro National Park en 1894.

Infos pratiques :
Ce qu'il faut savoir : 
1 - Navettes : plusieurs compagnies proposent le service de navette qui est payant (de l'ordre de 30 NZD pour un trajet adulte de Ketetahi à Mangatepopo). 
Nota 1: Pour ceux qui ne sont pas motorisés, il est possible d'organiser le transport aller et retour à partir de l'hôtel et de Ketetahi.
Nota 2 : même si ce n'est pas le choix le plus fréquent, il est aussi possible de faire la randonnée dans l'autre sens en prenant le soin de s'organiser en conséquence. 
2 - Réservations : il est recommandé de réserver la navette à l'avance mais la compagnie indique toujours que c'est sous réserve de la météo car même en été, le temps ne permet pas toujours d'effectuer la randonnée.
Nota : pas de paiement à la réservation, nous l'avons fait en montant dans le bus. D'autant plus pratique que ne voyant pas arriver celui de la compagnie que nous avions contactée, nous avons pu monter sans problème dans celui d'une autre compagnie.
3 - Parking : Il n'y a pas de parking à l'arrivée de Ketetahi alors on laisse les voitures au bord du chemin.
--> Il vaut donc mieux arriver en avance pour trouver de la place et ne pas se retrouver tout au bout de la file et loin du point de ramassage des bus. 
--> Il est recommandé de ne rien laisser de précieux dans la voiture et de bien la fermer car les vols sont un problème. 
4 - À quelle heure partir ? Plusieurs horaires de navette. L'été, pour la traversée simple de  Mangatepopo à Katetahi, le bus de 8h30 est bien et suffisant mais c'est sans doute aussi l'heure à laquelle il y a le plus de monde. Il faut partir plus tôt pour ceux qui ont la forme et souhaitent faire l'une des extensions possibles pour monter au sommet du  Mont Ngauruhoe (2-3 heures de plus A/R et 600 mètres de dénivellé supplémentaires sur un terrain difficile) et/ou du Mont Tongariro (1h30 de plus A/R). 
5 - Prendre ses précautions et être équipé :
--> il y a des toilettes au départ et à l'arrivée, à Katetahi et à Mangatepopo. Sur le circuit, il n'y en a qu'à Soda Spring à une heure du départ environ puis plus rien avant le refuge de Ketetahi à quelques kilomètres de l'arrivée.
--> suivre les recommandations du Department of Conservation : il faut prévoir de l'eau en quantité suffisante, de quoi manger et des vêtements chauds car il n'y a aucun équipement ou ravitaillement possible une fois engagé sur le chemin. Même en été le temps peut changer subitement et avec l'altitude, en particulier au sommet il ne fait pas chaud.

Plus d'infos :
Notice en français - Tongariro Alpine Crossing - Department of Conservation  ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 4 (21/03/2017)