lundi 31 juillet 2017

Le marché du samedi de Matakana

À une heure de route environ au nord d'Auckland, Matakana se niche dans une jolie région de vignobles et d'oliveraies proche de Warkworth. Son marché agricole (farmers' market) du samedi matin est très réputé et attire pas mal de monde même si l'expérience montre que les marchés "importants en Nouvelle-Zélande" restent tout de même relativement modestes en termes de taille ou d'ambiance par rapport à nos marchés français.

Photos du marché de Matakana région d'Auckland Nouvelle-Zélande
Marché de Matakana  ©SM

En contrebas du centre d'informations touristiques, le marché de Matakana est composé d'un premier ensemble de structures de bois fixes avec des plans de bois travaillés, posés sur des tonneaux. Les stands centraux forment le coeur autour duquel s'agencent les autres pour constituer une placette où se concentre la zone dédiée à l'alimentation. Dans ce décor "rural fermier", les producteurs locaux font goûter et proposent à la vente leurs marchandises artisanales, huiles d'olives, miels, légumes, fromages, pains, produits bios, etc.

Photo enseigne du marché de Matakana Auckland Nouvelle-Zélande
Marché de Matakana   ©SM
 
À l'heure du déjeuner, il est possible de s'y restaurer et les queues s'allongent rapidement mais le choix de plats est large et varié : des crêpes françaises aux rouleaux de printemps vietnamiens en passant par les "meat pies" / tartes à la viande traditionnelles. Des tables sont disponibles pour prendre le temps de déguster tout ça, à moins de choisir de s'installer sur les gradins au bord de la rivière ou de préférer un des restaurants du village. Quant à l'animation, c'est prévu aussi : un groupe de musiciens est là pour mettre un peu d'ambiance, avec son emplacement dédié. 


Photo de l'église de Matakana Auckland Nouvelle-Zélande
Église de Matakana  ©SM

Un peu plus loin sur la rue principale de Matakana, derrière l'église, on trouve les produits non alimentaires avec quelques stands en extérieur, les autres regroupés dans un bâtiment communal en bois. On y voit de tout, des coquillages, des pierres, des objets de deuxième main, des  bijoux, des objets de bois, du tricot, des affiches, etc.
Rien vraiment qui sorte de l'ordinaire, c'est bon enfant et relativement basique si bien que nous n'y avons pas fait de folies !   

Photos du marché de Matakana région d'Auckland Nouvelle-Zélande
Marché de Matakana   ©SM

Un arrêt plutôt sympathique à caler avec une journée de découvertes dans la région qui ne manque pas d'atouts avec ses vignobles, parcs / circuits artistiques, plages sans oublier le magnifique parc régional de Tawharanui. 

À voir dans les environs :
Brick Bay Sculpture Trail - De l'art et du vin !
 
Infos pratiques :
Matakana Farmers' Market - Matakana - Région d'Auckland
Tous les samedis matins
De 8h00 à 13h00

Plus d'infos :
Matakana - Farmers' Market  ICI
Page Facebook Matakana Farmers' Market ICI
Tous les marchés de Nouvelle-Zélande - Authentic Farmer's markets  ICI

vendredi 28 juillet 2017

Mangere Mountain, Mangere Lagoon et Puketutu Island - Volcans d'Auckland

Dans la série "découverte des volcans d'Auckland", une exploration du côté de l'aéroport s'impose parce qu'en bordure de la baie de Manukau, plusieurs spécimens de choix s'y nichent :

1 - Mangere Mountain - Te Pane o Mataoho

Surplombant le quartier populaire de Mangere(1) où se concentrent des populations mixtes à dominante polynésienne, la "montagne de Mangere" est l'un des cones volcaniques les mieux préservés et les plus grands d'Auckland. Un "petit jeune" dont la dernière éruption remonterait à 18'000 ans environ.

Mangere Mountain - Premier cratère    ©SM

Les Maoris l'occupèrent pendant plus de 600 ans en utilisant sa position défensive naturelle pour l'édification d'un pa fortifié. La montagne portait alors le nom de "Te Pane o Mataoho", "la tête de Mataoho", ancêtre vénérable de l'iwi (tribu) locale Te Wai-o-Hua, nom qu'elle a "officiellement" retrouvé depuis 2012. Une population dense pouvait s'y concentrer, jusqu'à 3'000 habitants, et constituait l'une des colonies Polynésiennes pré-coloniales les plus importantes. Comme un peu partout ailleurs, il ne reste aujourd'hui plus que quelques traces de cette époque, des terrassements et des trous indiquant la place de maisons (whare) et de lieux de stockage (rua) des kumaras/patates douces, la récolte mère.     

Le pa de Mangere Mountain il y a 600 ans. Source: panneau de Mangere Mountain / Te Pane o Mataoho       ©SM

Aujourd'hui, la communauté Maorie locale reste très fortement attachée à la montagne devenue un parc public et elle propose des visites éducatives et culturelles guidées à ceux qui le souhaitent.

À Mangere Mountain, la route permet de rejoindre les terrains de sports avec vestiaires, toilettes et parking aménagés sur la partie Est du volcan où l'on peut laisser la voiture. De là, on rejoint le "Mangere Mountain Walkway" et ses sentiers permettant de parcourir les cratères de la montagne et ses hauteurs dont le sommet le plus élevé culmine à 106 mètres.
On marche dans un cadre de verdure paisible au milieu duquel paissent les vaches si bien qu'il vaut mieux regarder où on met les pieds ! Les formes du volcan avec ses deux cratères et son dôme de lave les séparant ("tholoid" - unique à Auckland) se dessinent parfaitement et les vues alentours sont absolument superbes, en particulier côté ville et côté baie de Manukau.
Plusieurs panneaux donnent des informations et les quelques structures en fonte fondues dans l'herbe, assez curieuses, sont en fait des sculptures sensées représenter des aspects de la vie traditionnelle des Maoris d'autrefois.
 
Mangere Mountain   ©SM

Une bonne heure d'exploration en prenant le temps de passer partout, d'admirer les vues et de faire des photos.

2 - Mangere Lagoon

Bien visible de Mangere Mountain, Mangere Lagoon est lui aussi un ancien volcan mais si le premier est caractéristique des volcans boucliers formant un cône de scories, le second est un parfait exemple de cratère de maar dessinant une forme circulaire quasi parfaite, envahie par la mer. 

Mangere Lagoon vu de Mangere Mountain    ©SM
 
La formation d'un maar est lié à la présence de l'eau en sous-sol au moment de l'éruption avec laquelle le magma entre en contact lorsqu'il remonte à la surface. En vaporisant une partie de l'eau, la pression augmente et entraine une expulsion un peu similaire à celle d'un bouchon de champagne.

Comme à Panmure Lagoon, Mangere Lagoon offre un objectif de balade facile et agréable. Les cyclistes peuvent en faire le tour lorsqu'ils parcourent le Watercare Coastal Walkway(2), un circuit découverte bordant la baie de Manukau sur 7 kilomètres entre le parc régional d'Ambury et Otuataua Stonefields.

En voiture, on rejoint directement le parking du lagon situé près d'une station de retraitement des eaux et la balade pour en faire le tour demande une demi-heure de marche environ. Une île est située au centre du lagon dont l'eau se retire presque complètement à marée basse et on y voit très bien, en arrière plan, les deux mamelons de Mangere Mountain qui se découpent dans le paysage voisin.

Mangere Lagoon et Mangere Mountain à l'arrière plan  ©SM
Chemin plat très facile et promenade agréable. Un lieu très tranquille. Notre voiture était seule sur le parking au moment de notre visite, un samedi, et nous y avons croisé en tout et pour tout deux cyclistes !  

3 - Puketutu Island - Moto-o-Hiaora

À proximité des deux sites précédents, on peut rejoindre l'île de Puketutu. Bien que l'intérieur soit le domaine de propriétés privées et de zones en cours d'aménagement fermées au public, il existe un petit parking juste après le pont d'où partent deux sentiers longeant le rivage. Il n'est pas possible de faire le tour complet de l'île car les deux sentiers ne se rejoignent pas : le sentier nord est relativement court et ouvert aux voitures alors que celui du sud de l'île est un peu plus long et réservé aux piétons. Des balades faciles, tranquilles et sympas qui tournent autour du cône de Pinnacle Hill surplombant le centre de l'île et qui surtout, permettent d'admirer les paysages de la baie de Manukau avec au loin, Manukau Head et Waitakere Ranges qui en délimitent l'entrée.

Baie de Manukau vue de Puketutu Island - Au loin, Manukau Head et Waitakere Ranges   ©SM

Sur le champ volcanique d'Auckland, Puketutu Island comptait autrefois plusieurs volcans mais ils ont servi de carrière pendant des années 1950 pour les travaux d'agrandissement de l'aéroport. Très largement exploités, seul le cône le plus élevé demeure, dominant le paysage du haut de ses 65 mètres, Pinnacle Hill.
Propriété d'un trust (association) de bienfaisance, l'île fait l'objet d'un projet de restauration à long terme. L'idée est d'utiliser les déchets biosolides produits par l'usine de retraitement des eaux voisines (visible sur Google Satellite - accolée au sud de Mangere Lagoon) pour reconstituer le relief de l'île. Le temps de réalisation est estimé à 35 années après lesquelles l'île pourrait entrer au registre des parcs régionaux. Selon le site de Watercare, partie prenante dans l'affaire, il ne manque plus que l'accord de la cour en charge de l'environnement pour lancer la mise en oeuvre.

Cette île qui doit donc, à terme, être "rendue à l'usage du public" sert également de base pour une activité controversée par les résidents et les conseils locaux. Depuis 2006, Living Earth y recycle en effet 75'000 tonnes de déchets végétaux annuellement. L'autorisation qui avait été initialement donnée pour 10 ans a été étendue au début de l'année 2016 pour une période complémentaire de 22 ans par l'Auckland Council, sans consultation publique, au grand dam des opposants.

Un site largement exploité par l'homme mais qui, avec un peu de patience, devrait connaître de meilleures heures dans un avenir qui reste lointain... En attendant, on en profite à la marge, comme on peut et c'est déjà pas si mal !

Google satellite - Puketutu Island - Ambury Regional Park - Mangere Domain et Mangere Lagoon

Notes :
(1) Mangere, le nom du quartier et par extension celui du volcan, vient d'une expression maorie "hau mangere" signifiant "les vents paresseux". Elle fait référence à la position abritée au pied de la montagne qui fait écran aux vents d'ouest dominants. 
(2) Pas besoin de vélo pour entreprendre le Watercare Coastal Walkway mais à pied, la section au départ d'Ambury est un peu longue et pas très intéressantes. Idem pour la section qui longe la station de traitement des eaux à proximité du lagon. Alors si la plupart des visiteurs préfèrent le vélo, c'est bien qu'il y a une raison ! A priori, une piste qui vaut le coup compte tenu du nombre de ses points d'intérêts quand on fait tout le circuit.  

Les volcans d'Auckland - Voir aussi :
Auckland - Collection de volcans sur poudrière
Rangitoto, "landmark" naturel d'Auckland
Devenport
Maungawhau - Mont Eden, un incontournable d'Auckland
Panmure Lagoon, petite balade sympa d'Auckland
Mount Albert / Owairaka - Volcan d'Auckland

Plus d'infos :
Mangere Mountain / Education Centre Te Pane o Mataoho   ICI
Brochure du Watercare Coastal Walkway  ICI
Puketiti Island - Watercare - ICI
Puketutu Island/Moto-o-Hiaora - Blog Auckland Volcanoes (Exploring ALL the volcanoes in Auckland)  ICI
Stink brewing over council approval for compost plant - NZ Herald 13/01/2016  ICI

mercredi 26 juillet 2017

Auckland l'hiver, la pluie et le beau temps !

À Auckland, le début de ce mois de juillet en plein coeur de l'hiver austral s'est fait remarqué par une vague de froid assez inhabituelle, les températures descendant bien en dessous de la barre des 10ºC. Les moyennes affichées par le thermomètre sont remontées depuis mais le temps reste extrêmement variable et humide si bien que sur une même journée, on peut rapidement passer du soleil à la pluie et de la douceur au froid humide et pénétrant.

Un peu bizarre quand on l'habitude de faire rimer juillet avec été et que les copains sont en train de se faire dorer la pilule mais tout à fait normal ici, juillet est le mois le plus froid de l'année, c'est de saison !

 
Prévisions météo à Auckland pour la fin juillet 2017

Du T-shirt à l'imper en passant par les pulls léger et épais, la stratégie des couches reste donc d'actualité pour toute sortie même si en matière d'habillement, on voit de tout, de la tenue short-tongs à la variante doudoune-bottes en passant par toutes les combinaisons possibles plutôt plus que moins cools.
À l'intérieur on s'emmitouffle. Il faut dire que la plupart des maisons* sont mal isolées et non chauffées et qu'il vaut mieux s'équiper un peu. D'ailleurs, pour nous, l'arrivée de l'hiver s'est d'abord annoncée dans notre supermarché où une gondole dédiée, stratégiquement positionnée à l'entrée du magasin, proposait les "essentiels" pour y faire face :


 ... avec des couvertures électriques chauffantes ...


... des chaussons et des couvertures traditionnelles ...


... ou encore des briquettes de bois pour les feux de cheminée ... 



Rien d'extrême toutefois et il ne faut pas se plaindre car Auckland est la ville "la plus chaude" et la "plus ensoleillée" de Nouvelle-Zélande grâce à son climat "océanique sans saison sèche" / "subtropical humide". Soleil et pluie toute l'année, une combinaison appréciée des agriculteurs, d'autant plus gagnante qu'Auckland ne connait en principe pas de températures extrêmes ou de grandes variations : l'amplitude entre le moment le plus froid et le plus chaud de l'année ne dépasse pas 10ºC alors que la moyenne annuelle s'établie autour de 16ºC. Un climat relativement doux qui, du fait de l'influence océanique, reste globalement plus frais qu'à Malaga en Espagne ou Monterrey en Californie pourtant situées dans l'hémisphère nord à une latitude équivalente à celle d'Auckland au sud. 

Une journée (voire même une heure) d'hiver à Auckland ...un coup la pluie, un coup le soleil...   ©SM

Alors oui, on ne sait jamais bien sur quel pied danser d'autant que les prévisions météos sont souvent très approximatives et rarement exactes tant joue la variabilité. Et s'il faut bien constater que la pluviométrie est élevée toute l'année, en toutes saisons, en particulier l'hiver, il est tout aussi vrai que les averses ne durent jamais longtemps, balayées par les vents venus de l'océan qui font rapidement place nette à un ciel bleu ensoleillé qui nous offre en soirées le spectacle de couchers de soleil en technicolore, sans cesse renouvelés, appréciés sans modération.

Couchers de soleil d'hiver - Auckland    ©SM


*Nota :
De construction récente et moderne, nous avons plutôt de la chance avec notre maison parce que nous pouvons en chauffer la pièce à vivre principale ... mais pas les chambres ... si bien que l'heure du coucher est parfois délicate quand il faut se glisser dans les draps froids même si on s'y habitue et qu'on dort finalement plutôt bien. Alors dans les accessoires d'hiver, quand on n'est pas adepte de la couverture electrique, on trouve aussi la bonne bouillote traditionnelle avec laquelle il est toujours possible de bassiner les lits, comme au temps de nos grands-mères !

Les saisons à Auckland - voir aussi :
Un automne à Auckland, ça balance pas mal...
Question chaude : faut-il bouger l'été en Nouvelle-Zélande ?
Demain, c'est l'été ...
À Auckland, c'est le printemps

lundi 24 juillet 2017

Tokaanu Thermal Walk - Turangi

Situé au bord de la SH41, à 6 kilomètres de Turangi, Tokaanu Thermal Walk est un petit circuit pédestre balisé ne demandant pas plus d'une quinzaine de minutes pour découvrir ses sources chaudes et ses mares de boues bouillonnantes, perdues au milieu du bush.

Photo des sources et boues Tokaanu Thermal walk nouvelle-zélande
Tokaanu Thermal Walk - Turangi   ©SM

Ce secteur de Tokaanu appartient à la zone volcanique active de Taupo dont le périmètre va de White Island au nord jusqu'au Mt Ruapehu au sud. Ses eaux minérales naturelles proviennent de la pluie et de la neige lentement filtrées dans le massif du Tongariro qui le domine. Lorsqu'elles arrivent en sous-sol, ces eaux entrent en contact avec des roches volcaniques chaudes qui les repoussent vers la surface où elles émergent sous forme de sources chaudes riches en minéraux.


La tribu locale Ngati Turauia est installée à Tokaanu depuis le 16ème siècle, attestant d'une connaissance et d'une exploitation ancienne des lieux par les Maoris qui utilisaient les sources chaudes pour la cuisine, la lessive, le bain et les loisirs.
Aujourd'hui, ils gèrent le centre thermal avec piscines - bains privés ou piscine publique - ouvert aux visiteurs pour profiter des effets relaxants et thérapeutiques des eaux (Tokaanu Thermal Pools). Pour les adeptes et ceux qui ont le temps ...


Tokaanu Thermal Walk    ©SM

Un arrêt facile et sans détour, à faire sans hésiter quand on passe par cette route.

Nota : même si on ne souhaite pas prendre de bain, prendre le temps d'entrer à l'accueil du centre thermal pour voir la petite exposition et les panneaux explicatifs sur les phénomènes de Tokaanu et la région.

Infos pratiques :
Tokaanu Thernal Walk  - Accès libre
Tokaanu Thermal Pools
Tous les jours (sauf Noël) de 10h à 21h pour la piscine publique (20h pour les bains privés)
Prix d'entrée adulte : 8 NZD pour la piscine publique - 12 NZD pour le bain privé.

Plus d'infos :
Tokaanu Thermal Walk - Department of conservation ICI
Tokaanu Thermal Pools ICI

Trois semaines sur les routes de Nouvelle-Zélande - Jour 5 (22/03/2017) 

samedi 22 juillet 2017

LIVRES - Settler's Creek / Sous la terre des Maoris de Carl Nixon





Titre original : Settler's Creek
Titre français : Sous la terre des Maoris
Auteur : Carl Nixon
Première édition : 2010





En Nouvelle-Zélande, après le suicide de Mark, 19 ans, la préparation de l'enterrement est source d'affrontement entre le père adoptif qui l'a élevé, d'ascendance européenne, et le père biologique, Maori : le premier souhaite le faire enterer dans la paroisse et le cimetière proche des terres familiales, le second sur les terres ancestrales en suivant les rites de la tribu ...

Un livre particulièrement noir, le deuil et les rites funéraires servant de catalyseurs au choc des cultures et à l'antagonisme de deux hommes pleins de certitudes. Une violence des sentiments qui conduit à des actes extrêmes et jusqu'au-boutistes de la part des deux partis alors que la situation économique en miroir des pères apporte une touche un peu ironique à l'histoire, sorte de revanche d'un peuple sur celui qui l'a colonisé. Des personnages rudes et une écriture froide. Un scénario troublant, inhabituel et assez déroutant. Un ensemble glaçant, qui peut mettre mal à l'aise alors qu'il reflète une certaine réalité propre à ce jeune pays du bout monde, construit dans l'isolement et l'éloignement, à la dure.

Un mot sur l'auteur :
Carl Nixon est un écrivain néo-zélandais né à Christchurch en 1967, auteur de nouvelles, romans et pièces de théâtre. Il a reçu de nombreux prix littéraires nationaux, y compris le prestigieux prix Katherine Mansfield (2007).
Largement traduit en allemand mais peu en français, Sous la terre des Maoris est pour le moment le seul livre de cet auteur disponible dans notre langue.

Plus d'infos :
Site de Carl Nixon ICI

mercredi 19 juillet 2017

La pierre sacrée des Maoris, un peu de Nouvelle-Zélande à Paris

Un peu de Nouvelle-Zélande à Paris avec l'exposition "La pierre sacrée des Maoris" présentée au musée du quai Branly - Jacques Chirac jusqu'au 1er octobre 2017.



Organisée en collaboration avec le musée national de Nouvelle-Zélande, Te Papa Tongarewa et l'iwi (tribu) Ngai Tahu, cette exposition est l'occasion de découvrir à Paris pounamu, la pierre verte sacrée des Moaris. Différente du jade chinois, on trouve la plus grande concentration de ces pierres dans l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, un matériau rare, solide et résistant, porteur des symboles de puissance, de prestige et d'autorité (mana) dans les croyances Maories. Elle sert traditionnellement à la réalisation d'outils, d'armes ou d'ornements culturels dont les précieux pendentifs Hei Tiki figurant des ancêtres (image choisie pour l'affiche de l'exposition).

Cette exposition donne des informations sur les différentes variétés de pounamu dont des exemplaires bruts sont présentés et peuvent être touchés, les lieux où on les trouve, l'histoire et la portée symbolique pour les Maoris, les légendes qui l'entoure, etc. Elle permet surtout d'admirer près de deux cents trésors (taonga) Maoris, des armes et pendentifs précieux (photos interdites du fait de leur aspect sacré).

Une exposition un peu exotique dans l'univers parisien afin de découvrir cette pierre si importante de la culture maorie.

Informations pratiques :
Exposition "La Pierre Sacrée des Maoris"
Musée du quai Branly - Jacques Chirac
Mezzanine Est
Du 23 mai 2017 au 1er octobre 2017
Ouvert mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h - vendredi et samedi de 11h à 21h - jeudi de 11h à 22h.
Fermé le lundi
Entrée gratuite le 1er dimanche de chaque mois.

En savoir plus :
Exposition La pierre sacrée des Maoris - Musée du quai Branly ICI

lundi 17 juillet 2017

Mount Albert - Owairaka - Volcan d'Auckland

Mount Albert est l'un des cônes volcaniques de la ville d'Auckland qui a donné son nom au quartier qu'il domine. Situé à 7 km du centre d'affaires, il occupe la position la plus occidentale du champ volcanique d'Auckland et sa cinquantaine de volcans identifiés.

Au sommet du Mount Albert - Owairaka    ©SM

Nommé en l'honneur d'Albert, conjoint de la reine Victoria, le mont avait plusieurs autres noms Maoris dont celui d'Owairaka (O "l'endroit/le domaine" de "Wairaka" / nom propre) et était associé à des légendes diverses. Dans l'une d'elles, il est question d'une femme nommée Wairaka : alors que son mari était parti à la chasse, elle fut séduite par le vent de l'ouest de Waitakere qui était amoureux d'elle et qui l'enleva. Alors qu'ils étaient poursuivis par l'époux qui les rattrappait, Wairaka se jeta à la mer et se noya avant de réapparaitre sous la forme d'une colonne rocheuse qui depuis, porte son nom. Une histoire illustrant les croyances traditionnelles, le lien qui existe entre les ancêtres maoris et la terre ainsi que la nature spirituelle associée aux montagnes, sacrées.

Au fil du temps et des rapports de pouvoirs, plusieurs tribus occupèrent Owairaka mais pour les Maoris nomades, le pa du Mount Albert était avant tout saisonnier. Jusqu'à 1'500 personnes pouvaient alors y graviter et les terrassements et trous encore visibles sur les pentes témoignent de leur passage.   

Mount Albert 1846 - Aquarelle de John Guise Mitford 

En 1841, les terrains alentour furent achetés aux Moaris par la couronne d'Angleterre qui les subdivisa en fermes où plusieurs familles notables d'Auckland trouvent leurs racines. À la fin du 19ème siècle, le quartier du Mt Albert devint la deuxième banlieue d'Auckland, après Remuera, avant qu'elle ne soit totalement intégrée à l'agglomération. Un quartier aujourd'hui contrasté recelant quelques très belles propriétés coloniales anciennes dont l'un des joyaux est Alberton.

Avec la colonisation, le Mount Albert servit de carrière pour la construction, notamment celle des balasts du chemin de fer. On peut encore observer l'endroit où passait la rampe d'accès servant au transport des matériaux, entre Toroa Terrace et la montagne. Ainsi exploitée - de 1840 à 1928 - la montagne se transforma et son sommet redessiné fut arasé d'environ 15 mètres. À l'origine, le Mount Albert-Owairaka comptait deux cratères mais l'un a été aplani au début des années 1900 pour en faire le terrain de sport qui existe toujours alors que l'autre a été utilisé à partir de 1945 pour créer un réservoir d'eau.

Terrain de sport du Mount Albert - Inscription de la date au dessus de la porte des vestiaires   ©SM

Comme la plupart des autres cônes émaillant le paysage de la ville, Mount Albert-Owairaka est aujourd'hui un parc public. Il ne faut pas le confondre avec le parc Albert (Albert Park) situé au centre ville et agrémentant lui aussi une colline d'origine volcanique. Le parc est accessible en voiture : on peut se garer à l'extérieur ou suivre la route circulaire intérieure, en sens unique dans le sens des aiguilles d'une montre, construite par le district après le démantèlement de la carrière en 1928.

On peut aussi s'y promener à pied, en suivant la route ou les sentiers praticables sur ses pentes. Outre le grand terrain de sport, le parc abrite un terrain protégé pour les amateurs de tir à l'arc, comme un rappel des activités sociales proposées à une autre époque sur la propriété voisine d'Alberton. Quelques panneaux explicatifs abimés donnent des informations géologiques et historiques mais ce qui reste tout de même le plus intéressant au Mount Albert - Owairaka Domain, ce sont surtout les vues :

... sur le centre ville à l'est...

Vue vers l'est du Mount Albert - Au loin, la tour d'Auckland et le Rangitoto à l'arrière plan     ©SM

... sur Waitakere Ranges et le port de Manukau à l'ouest...

Vue vers l'ouest du Mount Albert - Waitakere Ranges et Manukau Head   ©SM

... sur le port de Waitemata au nord ...

Vue au nord du Mount Albert - Port naturel de Waitemata   ©SM

... sur la ville et ses autres volcans au sud.

Vue au sud du Mount Albert - Mt Eden, Mt Hobson, Mt Wellington, One Tree Hill, etc.   ©SM

Les volcans d'Auckland - Voir aussi :
Auckland - Collection de volcans sur poudrière
Rangitoto, "landmark" naturel d'Auckland
Devonport
Maungawhau - Mont Eden, un incontournable d'Auckland
Panmure Lagoon, petite balade sympa d'Auckland
Mangere Mountain, Mangere Lagoon et Puketutu Island - Volcans d'Auckland

Plus d'infos :
Mt Albert Historical Society  ICI
Brochure détaillée Owairaka - Mt Albert Heritage walk - Auckland Council  ICI
Auckland Volcanoes - Blog "exploring ALL Auckland volcanoes in Auckland" - Mount Albert ICI